Si vous deviez citer une phrase qui vous a marqué(e) dans la littérature, ce serait...

Bonjour,
J'aimerai recueillir des idées de vous amoureux de lecture sur une phrase,dans un livre(évoquant la tritesse,le désespoir,le triomphe,la beauté,l'espoir......),qui vous aurait touchée et pourquoi celle-là plus qu'une autre?

MERCI
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Réponses

  • L'incipit d' Aurélien d' Aragon : " La première fois qu' Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide", phrase géniale qui annonce tout le sujet du roman, à savoir les amours compliquées d' Aurélien et Bérénice. Phrase innatendue, originale, brillante.
    Une grande histoire d' amour avec ce roman fabuleux !
    Encore une autre du même roman : " Il n' y a pas d' amour heureux" , aphorisme pessimiste mais tellement réaliste. La grande force du roman est de montrer la contradiction des sentiments amoureux tout comme chez mon nouvel ami Zweig :

    De La Confusion des sentiments : " Je frémis, en proie à une double sensation, à la fois étrange et terrible : mon âme s' abandonnait à lui, et pourtant, j' étais épouvanté jusqu' aux tréfonds de moi-même par la répulsion qu' avait mon corps à se trouver ainsi au contact d' un homme- dans une inquiétante confusion des sentiments qui donnait à cette seconde, que je vivais sans l' avoir voulue, une étourdissante durée." Période magnifique qui condense le roman.

    De Vingt-quatre heures de la vie d' une femme : " Elles ( les mains ) retombèrent toutes les deux, véritablement mortes et non pas seulement épuisées; elles retombèrent avec une expression si accusée d' abattement et de désillusion, comme foudroyées et à bout de course, que mes paroles sont impuissantes à le décrire." Importance essentielle des mains, métonymies de l' homme aimé. Puissance du geste.
  • Hmm,
    Eh Bien...MERCI..Vous m'avez donnez envie d'en savoir plus sur ces oeuvres bien que la phrase ''il n'y a pas d'amour heureux'' dans Aurélien,ça me déprime un peu mais c'est toujours bien d'avoir des avis!
  • pa$c@line a écrit:
    Bonjour,
    J'aimerai recueillir des idées de vous amoureux de lecture sur une phrase,dans un livre(évoquant la tritesse,le désespoir,le triomphe,la beauté,l'espoir......),qui vous aurait touchée et pourquoi celle-là plus qu'une autre?

    MERCI
    Eh bien, la fin de L'Education sentimentale : après 500 pages de roman, les deux personnages pincipaux évoquent une "aventure" qui leur est arrivée avant que le roman ne commence et concluent que c'était le plus beau jour de leur vie. Comme raccourci de la désillusion, je ne vois pas mieux. Flaubert est prodigieux dans ces passages lapidaires, et je dois admettre que ça provoque un grand plaisir en moi.
  • =)

    "...car elle était si humble de cœur et si douce que sa tendresse pour les autres et le peu de cas qu’elle faisait de sa propre personne et de ses souffrances, se conciliaient dans son regard en un sourire où, contrairement à ce qu’on voit dans le visage de beaucoup d’humains, il n’y avait d’ironie que pour elle-même, et pour nous tous comme un baiser de ses yeux qui ne pouvaient voir ceux qu’elle chérissait sans les caresser passionnément du regard."
    (Du côté de chez Swann, éd. Folio 1988, p.12.)
  • Le rapprochement avec "Je me suis longtemps mouché de bonne heure" s'impose avec tant de force que cela me fait penser à une amie musicienne qui, parlant de différentes lectures, avait dit: "Mein kampf, j'aime moins".
    Par opposition je propose: "Va-t-en à la malheure, excrément de la terre." Ronsard dit mieux qu'on ne saurait dire aujourd'hui.
  • "et si les coeurs qui se brisent et qui saignent étaient autre chose que des façons de parler ; à l'usage des poètes, je vous jure qu'on aurait pu trouver derrière moi, sur la plaine blanche, une longue trace de sang."
    LE PETIT CHOSE Alphonse Daudet
  • kafka86 a écrit:
    "et si les coeurs qui se brisent et qui saignent étaient autre chose que des façons de parler ; à l'usage des poètes, je vous jure qu'on aurait pu trouver derrière moi, sur la plaine blanche, une longue trace de sang."
    LE PETIT CHOSE Alphonse Daudet
    magnifique! =)
    Jean-Luc Picard a écrit:
    =)

    "...car elle était si humble de cœur et si douce que sa tendresse pour les autres et le peu de cas qu’elle faisait de sa propre personne et de ses souffrances, se conciliaient dans son regard en un sourire où, contrairement à ce qu’on voit dans le visage de beaucoup d’humains, il n’y avait d’ironie que pour elle-même, et pour nous tous comme un baiser de ses yeux qui ne pouvaient voir ceux qu’elle chérissait sans les caresser passionnément du regard."
    (Du côté de chez Swann, éd. Folio 1988, p.12.)
    Ah là je ne connais pas dutout l'auteur ni le livre(pardonnez mon ignorance) mais vraiment la décription est profonde
    Putakli a écrit:
    Le rapprochement avec "Je me suis longtemps mouché de bonne heure" s'impose avec tant de force que cela me fait penser à une amie musicienne qui, parlant de différentes lectures, avait dit: "Mein kampf, j'aime moins".
    Par opposition je propose: "Va-t-en à la malheure, excrément de la terre." Ronsard dit mieux qu'on ne saurait dire aujourd'hui.
    hmm..je ne suis pas certaine d'avoir saisi le sens des phrases :"préservez-moi de mes amis;mes ennemis je m'en charge",j'aime bien =)
  • pa$c@line a écrit:
    Ah là je ne connais pas du tout l'auteur ni le livre (pardonnez mon ignorance)
    Rhôôôôô... Marcel Proust. =)
    Cela dit, Dieu te pardonnera peut-être cette lacune. Moi, c'est moins sûr. ;)
  • La phrase de Rostand dans Cyrano de Bergerac.

    Cyrano de Bergerac : " Eh bien ! oui, c'est mon vice.
    Déplaire est mon plaisir. J'aime qu'on me haïsse."
  • "Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard."

    Dans un poème d'Aragon qui se nomme
    Thomas1604 a écrit:
    " Il n' y a pas d' amour heureux"
  • Magnifique, vraiment magnifique!!!!!

    ce a quoi j'ajouterai:


    "Il est bon d'être ancien et mauvais d'être vieux"

    Victor Hugo
  • "Aujourd'hui, maman est morte", de vous savez quoi, de vous savez qui.



    Et ne me demandez pas pourquoi. :lol:
  • Je n'ai jamais demandé à ce que je lis que le vertige. C'est d'Aragon, et ça résume parfaitement ... tout :D
  • Personne ne peut énumérer tous les cas où la consolation est une nécessité. Personne ne sait quand tombera le crépuscule et la vie n’est pas un problème qui puisse être résolu en divisant la lumière par l’obscurité et les jours par les nuits, c’est un voyage imprévisible entre des lieux qui n’existent pas. Je peux, par exemple, marcher sur le rivage et ressentir tout à coup le défi effroyable que l’éternité lance à mon existence dans le mouvement perpétuel de la mer et dans la fuite perpétuelle du vent. Que devient alors le temps, si ce n’est une consolation pour le fait que rien de ce qui est humain ne dure – et quelle misérable consolation, qui n’enrichit que les Suisses !
    Stig Dagerman, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier.


    Ce n'est pas de la littérature française. Mais ce sont parmi les plus belles lignes que j'ai pu lire...
    Le reste du texte est du même niveau.
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