L’avenir du concours de l’agrégation

La menace se précise...

http://sorbonneengreve.revolublog.com/disparition-de-l-agregation-une-information-qui-circule-a825518

Avec des informations potentiellement significatives à confirmer :
Aujourd'hui, lors du CA de l'ENS-LSH, Olivier Faron et Tristan Lecoq (président du CA) ont affirmé, à court-moyen terme (disons une toute petite poignée d'années), que "la mort de l''agrégation" était quasiment entérinée.

En janvier, le directeur de Cachan va officiellement annoncer à ses étudiants qu'ils n'auront pas intérêt à passer le concours, et annoncera dans la foulée la suppression de la préparation à l'agreg dans son Ecole. En gros, première pierre symbolique, qui fera boule de neige.
Et pendant ce temps-là, le supérieur, naturellement, se divise :/ :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/11/24/polemique-autour-du-concours-de-l-agregation_1271306_3224.html
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Réponses

  • Inquiétant, bien sûr.
    Cela dit, la mort de l'agreg est un serpent de mer. On en parlait déjà quand j'étais en Hk (il y a vingt ans passés).
    Mais je reconnais que la menace semble se préciser...
    Cela dit, dût l'agreg disparaître, on aura toujours besoin d'une voie royale filière d'excellence pour former des profs de haut niveau. Celle-ci ne fera que changer de nom. Les cartes seront en apparence redistribuées, mais les "mains" se reconstitueront d'une façon ou d'une autre.
    Ce qui est à craindre, c'est qu'au système actuel, qui a au moins le mérite d'être national et officiel, se substitue un système officieux.
  • Chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles, je commence à en avoir vraiment assez...

    Je suis en IUFM pour préparer le Capes et en cas de réussite, je voulais passer l'agrégation. Je croyais que c'était le seul concours à être encore à l'abri et voilà qu'ils veulent aussi le supprimer. Je suis écoeurée, j'entends toutes sortes de choses et je ne sais plus quoi penser de ce qui va nous tomber sur la tête.
  • Bruxelles, en 2007, souhaitait la suppression des concours - CAPES et Agreg - français pour l'accès à l'enseignement. ( La France étant le seul pays de l'Union qui a deux concours pour ces fonctions, dans les autres pays apparemment ce sont des attributions de postes avec des examens et un unique concours )

    Ce projet avait été accepté par Xavier Darcos, mais depuis la nomination du nouveau Ministre de l'Education National : Luc Chatel, ce projet semble en voie de retard. Et cette suppression, appuie de Bruxelles toujours, devait ne pas être d'actualité avant 2012... ( Il me semble que c'était un sujet sur LCP ou BFMTV )

    Ces informations sont donc erronées? Le projet est avancé?!
  • (oups... bête erreur de ma part)
  • Effectivement, en refaisant des recherches j'ai confondu avec la lettre de mission de Xavier Darcos en date du 20 septembre 2007 - qui faisait référence au métier d'enseignant mais pas de référence à CAPES / Agrégation.
    ( http://www.education.gouv.fr/cid75724/premieres-decisions-sur-evolution-des-metiers-education-nationale.html )

    Je m'excuse de ma confusion.
  • Arthur a écrit:
    Ces questions ne sont pas du ressort du Ministère de l'Education Nationale mais du Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (ministre V. Pécresse).

    Cordialement.
    Le recrutement des enseignants du second degré, via l'agrégation ou le CAPES, est du ressort du Ministère de l'Education Nationale.
  • Jean-Luc Picard a écrit:
    Ce qui est à craindre, c'est qu'au système actuel, qui a au moins le mérite d'être national et officiel, se substitue un système officieux.
    Sans doute… mais le système actuel n'est déjà pas si officiel. Officiellement, l'agrégation n'est pas nécessaire pour enseigner à l'Université et elle forme des enseignants pour le lycée. :lol:
    Si la suppression de l'agrégation a pour conséquence de distinguer nettement dans la formation les voies qui mènent à l'enseignement secondaire de celles qui mènent à l'enseignement supérieur, ça me semble plutôt une bonne chose.
  • Trialph a écrit:
    ...Le système actuel n'est déjà pas si officiel. Officiellement, l'agrégation n'est pas nécessaire pour enseigner à l'Université et elle forme des enseignants pour le lycée. :lol:
    Si la suppression de l'agrégation a pour conséquence de distinguer nettement dans la formation les voies qui mènent à l'enseignement secondaire de celles qui mènent à l'enseignement supérieur, ça me semble plutôt une bonne chose.
    Sur ce point, vous avez tout à fait raison.
  • Question bête, si ils suppriment l'agrégation... sur quels critères seront recrutés les nouveaux professeurs pour Université ? je suppose qu'il restera encore des anciens agrégés en priorité mais à la longue ?
  • Trialph a écrit:
    Jean-Luc Picard a écrit:
    Ce qui est à craindre, c'est qu'au système actuel, qui a au moins le mérite d'être national et officiel, se substitue un système officieux.
    Sans doute… mais le système actuel n'est déjà pas si officiel. Officiellement, l'agrégation n'est pas nécessaire pour enseigner à l'Université et elle forme des enseignants pour le lycée. :lol:
    Si la suppression de l'agrégation a pour conséquence de distinguer nettement dans la formation les voies qui mènent à l'enseignement secondaire de celles qui mènent à l'enseignement supérieur, ça me semble plutôt une bonne chose.
    L'agrégation a (avait) au moins le mérite d'être un critère objectif pour départager les candidats à l'enseignement supérieur. Si l'on doit se contenter de l'évaluation des seuls travaux de recherche, on entre dans un système beaucoup plus sujet à caution. C'est surtout en ce sens que je regretterais la suppression de ce concours.

    D'autre part, séparer trop nettement les voies de la recherche des voies du secondaire, n'est-ce pas reculer et faire de la recherche une élite inacessible pour certaines classes sociales ? Je ne connaîs pas beaucoup d'étudiants désargentés qui miseront sur un master recherche sans garantie de réussir par la suite dans le supérieur (étant donné la concurrence et la difficulté de décrocher un poste). Personnellement, j'ai fait mon Master 2 après avoir eu l'agreg, autrement dit une fois que j'avais une garantie pour l'avenir : le contraire aurait été impossible, je me serais censurée toute seule.
  • Il y a aussi ceux qui passent l'agrégation et qui ne l'ont pas après un M2... Quelle voie pour ceux-là, même s'ils ont eu des mentions TB en master 2 ? Il y a un problème là...
  • Lysdanslavallee a écrit:
    D'autre part, séparer trop nettement les voies de la recherche des voies du secondaire, n'est-ce pas reculer et faire de la recherche une élite inacessible pour certaines classes sociales ? Je ne connaîs pas beaucoup d'étudiants désargentés qui miseront sur un master recherche sans garantie de réussir par la suite dans le supérieur (étant donné la concurrence et la difficulté de décrocher un poste).
    C'est déjà un problème : en effet, il n'y a aucune garantie d'avoir un poste dans le supérieur pour les docteurs. La situation tend même à gagner en absurdité, puisque pour des raisons budgétaires, les universités préfèrent recruter des PRAG que des maîtres de conférence. Du coup, on se demande vraiment à quoi sert une thèse en Lettres. Même avec l'agrégation et la garantie d'avoir un poste dans le secondaire, c'est un défi moral que de consacrer plusieurs années de sa vie à travailler d'arrache-pied à une thèse à la fin de laquelle on retrouvera sans doute le poste qu'on avait déjà avant de la faire. Au moment où je me suis inscrite en thèse, mon directeur m'a longuement parlé de l'incertitude des débouchés, et je me suis engagée en sachant que je devais aussi pouvoir considérer ma thèse comme une fin en soi. C'est tout de même une drôle de situation.
    J'avais ouï-dire (mais je n'en ai aucune confirmation) que seuls les bénéficiaires d'une allocation de recherche pourraient s'inscrire en thèse. Cela limiterait évidemment le nombre d'inscrits, et augmenterait donc les chances d'obtenir un poste. Cela ne me semble pas moins une solution calamiteuse, parce qu'injuste : les critères d'attribution d'allocation sont trop opaques.
    Dernière remarque : il est légitime qu'un doctorant cherche à assurer ses arrières en conservant la possibilité d'exercer un autre métier en cas d'échec dans le supérieur. Mais pourquoi cet autre métier devrait-il être enseignant dans le secondaire? L'intitulé de l'emploi est le même, "enseignant", mais ces deux métiers n'ont vraiment pas grand-chose à voir l'un avec l'autre.
  • Mon directeur de thèse est formel : une thèse sans agrégation ne sert à rien...
    C'est le mail que je viens d'avoir de lui...
    Je suis en préparation pour l'agrégation et j'ai peur de le rater... Et surtout : ce qu'il y a "après".
  • Jérémy a écrit:
    Mon directeur de thèse est formel : une thèse sans agrégation ne sert à rien...
    C'est à la fois très angoissant et très motivant. Si ne pas être sûr de vouloir un concours est la meilleure façon de le rater, l'inverse est sans doute également vrai. Le tout est de faire en sorte que la motivation l'emporte sur l'angoisse ;)
  • Jérémy a écrit:
    Mon directeur de thèse est formel : une thèse sans agrégation ne sert à rien...
    C'est un peu excessif, parce qu'il y a des disciplines sans agrégation, comme l'histoire de l'art, où l'on peut donc devenir enseignant avec "juste" un doctorat.
    Mais en même temps, je comprends le souci de ton professeur de te mettre les "clefs" en main et je dis régulièrement la même chose à mes propres élèves.

    En outre, beaucoup d'étudiants commencent une thèse pour se donner le change, reculer l'entrée sur le marché du travail ou "contourner" (psychologiquement du moins) leur échec aux concours. C'est une pure fuite en avant, et si dur que cela puisse paraître, les professeurs de fac ont raison de décourager ces étudiants.

    Une thèse demande beaucoup de travail et surtout de persévérance. Elle doit correspondre à un vrai projet, sinon elle finit au fond d'un tiroir après deux ans d'efforts intermittents.
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