Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour, Bonsoir.
Je suis en première L , et j'ai pour dans deux semaines environ un commentaire du texte à rendre. Mais voilà à chaque fois ou presque je me trompe ou je fais trop de hors-sujet. Je ne me demande pas que l'on me "ponde" mon plan ou mon commentaire, mais juste que l'on m'aide à trouver la bonne analyse ou pas du tout. Je commence à être découragée. Merci.

Alors voici le texte :
Les Cloches du sommeil

Avant c’était le temps des petits matins d’août
Quand un peu de brouillard s’élève des eaux calmes
Et que l’herbe est trempée de rosée goutte à goutte
Et que le bateau plat glisse comme une palme

Avant c’était le temps des bains du crépuscule
Et des eaux attiédies par le brûlant du jour
Le temps du romarin le temps des libellules
Le temps du temps perdu le temps d’un autre amour

Mais il faut maintenant changer de ton de tour
Car trop de mes amis sont morts en pleine nuit
Et j’ai pu trop souvent aux premiers pas du jour
M’éveiller en veillant un jeune mort transi

J’ai vu le sang couler j’ai vu des chars brûler
J’ai vu mourir des hommes et des enfants perdus
M’ont demandé à boire et leur vie s’écoulait
Dans mes mains maladroites et le vin répandu

C’est le temps maintenant de ne plus oublier
Ceux qu’on a réveillés pour les faire mourir
Ceux qui chaque matin s’en vont les mains liées
Le long d’un long couloir qui n’en veut pas finir

C’est le temps maintenant d’avoir une autre voix
Et de sonner sans fin les cloches du sommeil
Et de rendre aux dormeurs l’espérance et la foi
De chanter aux vivants le chant du grand réveil.


Claude ROY
J'ai trouvé un "plans" (vous voyez déjà le problème, c'est une calamité)

I- Le temps avant la guerre.
II- Pendant la guerre.
II- le temps présent



J'ai trouvé aussi qu'il y avait plusieurs anaphores dans ce texte, le registre lyrique. (nostalgie, présence des sentiments )...


Mais voilà je n'arrive pas à associer la forme avec mes idées, je suis une catastrophe.

Réponses

  • Hi!
    Pour commencer, il me semble que tu hésites entre un "II-Pendant la guerre" et un "II-Le temps présent", non?
    Si c'est le cas, y a pas à hésiter. ça a l'air clair que dans ce poème, le temps présent c'est la guerre. Idem!
  • Euh.. oui. C'est pas faux, Merci !

    Mais je crois que je me "plante" vraiment parce que on est censé avoir d'après mon professeur " trois parties bien distinctes", et là je vois vraiment pas.
  • Sinon je viens de remarquer qu'il y a beaucoup de références au crépuscule, petit matin et nuit. Je sais pas si ça te tente de réfléchir là-dessus, mais ça a l'air d'une piste exploitable... Ah mais quand même!grrr
    C'est pas vrai, ça fait bien quinze fois que je relis ton poème et les deux derniers vers- sûrement les plus importants!- me laissent toujours aussi perplexe...
  • C'est exactement ça ! C'est un véritable casse tête ce poème !

    J'ai trouver aussi dans le premier un rapport à la nature assez important.

    Et pour ce qui est du temps : matin crépuscule, il appraït un peu partout mais aussi avec la répétition du mots temps.
    Enfin là je ne sais pas si tu me suis. C'est assez mal exprimé. Mais en fait j'ai trouver trois temps dans le poème :
    - Avant la guerre
    - Pendant la guerre, c'est à dire là ou il décrit ce qu'il a vécu les désastres de la guerres.
    - Le temps de rendre hommage à ceux qui sont morts pour la guerre..

    Mais c'est surement pas ça.
  • Mwoui, ne t'égare pas trop sur la description de la nature dans le temps d'avant la guerre. C'est juste pour louer la beauté du monde, l'innocence, etc... qu'il te parle de la rosée du petit matin et des jolies libellules. Fondamentalement ça n'a pas grande importance dans son poème.
    Enfin, à part commencer par quelque chose de beau pour contraster avec ce qui suit... tu vois?
  • Bien sûr que j'allais pas développer sur les libéllules et le temps du romain. Mais bon je sais pas je peut-être dire que ça contribue à une sorte d'atmosphère de paix, un quelque chose dans ce genre là.
  • Mais à part ça je trouve assez flou ce qu'il décrit comme le temps présent...
    Selon toi il y aurait le temps de la guerre, puis le temps de l'hommage?
    C'est pas forcément évident. On pourrait dire que le moment de la guerre, c'est justement là où on fait honneur aux sacrifiés...
    Faut trouver, ça. Je crois que si on arrive à déchiffrer cette histoire bizarro-temporelle, les derniers vers seront limpides comme de l'eau de roche!:)
  • "Et de sonner sans fin les cloches du sommeil
    Et de rendre aux dormeurs l’espérance et la foi
    De chanter aux vivants le chant du grand réveil."




    Pour moi ce sont les morts pendant la guerre.
    "Les cloches du sommeil" , en fait c'est les cloches du glas et qui rendent hommage aux morts. J'ai un note là dessus. D'où mon idée de l'hommage.

    Le fait aussi que les deux premiers quatrains commence par Avant, et que le troisième commence par Mais là on voit bien le temps qui change.
    Le quatrième il est dans le même esprit que le troisième, c'est à dire il relate ce qu'il vit ou voit durant le guerre. Et après avec le "C'est le temps maintenant " au début du cinquième et du sixième, c'est comme si il disait ce qu'il doit à présent.



    En je sais pas, ça se trouve c'est totalement pas ça.
    Je désespère pas =D
  • Bonsoir.

    Une des rares choses que j'ai pu assimiler concernant le commentaire, c'est qu'il n'y a jamais de fausse réponse, de hors-sujet. Vous devez traiter le texte selon votre sensibilité personnelle, en mettant en perspective les éléments du texte qui appuient et justifient votre interprétation.
    [0]Avant c’était le temps // des petits matins d’août (a)
    Quand un peu de brouillard // s’élève des eaux calmes (b)
    Et que l’herbe est trempée // de rosée goutte à goutte (a)
    Et que le bateau plat glisse // comme une palme (b)

    [0]Avant c’était le temps // des bains du crépuscule (c)
    Et des eaux attiédies // par le brûlant du jour (d)
    Le temps du romarin // le temps des libellules (c)
    Le temps du temps perdu // le temps d’un autre amour (d)

    [2]Mais il faut maintenant // changer de ton de tour (d)
    Car trop de mes amis // sont morts en pleine nuit (e)
    Et j’ai pu trop souvent // aux premiers pas du jour (d)
    M’éveiller en veillant // un jeune mort transi (e)

    [1]J’ai vu le sang couler // j’ai vu des chars brûler (f)
    J’ai vu mourir des hommes // et des enfants perdus (g)
    M’ont demandé à boire // et leur vie s’écoulait (f)
    Dans mes mains maladroit(es) // et le vin répandu (g)

    [2]C’est le temps maintenant // de ne plus oublier (f)
    Ceux qu’on a réveillés // pour les faire mourir (h)
    Ceux qui chaque matin // s’en vont les mains liées (f)
    Le long d’un long couloir // qui n’en veut pas finir (h)

    [2]C’est le temps maintenant // d’avoir une autre voix (i)
    Et de sonner sans fin // les cloches du sommeil (j)
    Et de rendre aux dormeurs // l’espérance et la foi (i)
    De chanter aux vivants // le chant du grand réveil. (j)
    Ce poème est paru en 1942, cela vous laisse imaginer de quelle guerre il parle.
    Vous voulez travailler le texte de manière linéaire. Pourquoi pas : dans un premier temps, au brouillon, ce peut être une bonne idée. Repérez les mouvements du texte, et cherchez à déterminer le cheminement du poète. Notamment la succession des différents mouvements que vous aviez identifiés
    Vous avez identifié la présence d'anaphores. Qu'en déduire ? Quels effets veut-il produire sur le lecteur ? C'est un poème : étudiez la versification, les rimes, les assonances, jeux de langage, etc.

    Collectez toutes les idées qui vous passent par la tête, établissez votre problématique, construisez votre plan et intégrez-y vos idées ;)

    Cordialement
  • Eurêka!!! Entiendo! Wakarimashita!!! I get it!!!! SAVVYYY!!!!

    Eeeexplikazione: "les dormeurs" évidemment les morts, c'est confirmé juste après vu qu'il fait un contraste avec "les vivants".
    Et donc ce fameux chant du grand réveil, c'est la Libération bien sûr! Après la guerre, l'occupation et même si il parle encore de la période de conflit ça veut dire la fin des batailles!
    D'ailleurs à un moment il parle de personnes aux mains liées le long d'un couloir, il doit s'agir de résistants ou juifs (mais dans le contexte, les résistants qui veulent encore se battre pour leur patrie) qui vont vers l'"échafaud".
    DONC à mon sens cette dernière strophe signifie, si on veut faire une paraphrase très grossière: "il y a des morts en permanence, il faut leur faire honneur et espérer que grâce à eux nous sortirons de cette période de ténèbres" Et merci beaucoup à Zadek! je cherchais justement la date de parution du poème. Il me semblait bien qu'il s'agissait de la 2nde guerre, mais je voulais savoir quelle période était désignée par "maintenant".
    Donc oui Yûki, l'auteur parlait bien de l'occupation qui a suivi les batailles, sans être pour autant un moment très reluisant dans notre histoire, et pas de la paix qui permet de se recueillir. Car on fait honneur aux morts, mais des morts, il y en a toujours à ce moment! Comme le dit ce cher Claude "sonner sans fin les cloches du sommeil (éternel!)", en attendant le "grand réveil" qu'est la libération. Bon voilà, j'espère que je t'ai un peu aidée...
    C'est vrai que ce poème est pas super facile, mais maintenant j'arrive déjà à mieux le cerner. Ton idée de avant/pendant/après la guerre n'était pas si mal, même si c'est un peu linéaire, comme dit Zadek. Enfin, le tout ce serait de trouver une autre façon de traiter le sujet, autrement que par la succession chronologique. A moins que ta prof attende précisément de toi que tu fasse ces trois parties avant/pendant/après la guerre. Ce serait pas étonnant, mais j'ai pas l'impression que la partie "avant" offre beaucoup de possibilités... à toi de voir.
  • Wahou !
    Merci beaucoup a vous deux, j'y vois beaucoup plus clair. Dommage que mon prof veut trois parties, même si c'est un peu linéaire au moins il pourra pas me dire que je fais du hors sujet, même si je suis d'accord avec ce que a dit Zadek.
    Bon je vais réfléchir ce soir à mon plan et le posterais demain. En tous cas merci à tous les deux !
  • Waray a écrit:
    Fondamentalement ça n'a pas grande importance dans son poème.
    Enfin, à part commencer par quelque chose de beau pour contraster avec ce qui suit... tu vois?
    Fondamentalement, je ne suis pas d'accord :P. S'il y consacre deux strophes, c'est que cela a beaucoup d'importance pour lui, d'autant que ce sont les deux premières strophes. Il y a à creuser. Votre interprétation du poème est l'une des innombrables possibles, mais peut-être faut-il plus précisément considérer la raison d'une telle ambigüité, et donc d'une telle diversité dans l'interprétation. Travaillez peut-être sur le choix des mots, des images (omniprésentes ici), ainsi que sur le travail périphrastique, qui en devient euphémique parfois. Il serait bon de comprendre le "pourquoi".

    Quelques exemples tout bénins qui montrent combien chaque terme est important.

    J’ai vu le sang couler j’ai vu des chars brûler
    A première vue, le matérialisme de l'image des "chars brûlant" semble s'opposer au symbolisme du "sang coulant" qui, cela saute aux yeux, représente, par synecdoque, la mort des hommes. Pour autant, les chars qui brûlent sont tout aussi symboliques. Je ne parle même pas du parallélisme, très net.

    De même l'absence d'identité est traumatisante dans ce poème : il voit "des hommes", "des enfants", il évoque "ceux qu'on a réveillés" mais reste toujours très équivoque. Pour quelle raison ?

    M’ont demandé à boire et leur vie s’écoulait
    Dans mes mains maladroites et le vin répandu

    Bien sûr, un jeu de mot entre le "boire", et le "s'écoulait". On pourrait presque penser à un hypallage.

    Plus explicite encore : "Le long d’un long couloir qui n’en veut pas finir". L'auteur aurait pu dire "le long d'un couloir qui n'en veut pas finir", mais non, il insiste bien "le long d'un long couloir". Procédé d'instance tout à fait révélateur.

    Ce ne sont que quelques pistes, très insuffisantes, mais qui vous proposent une méthode d'étude : on analyse concrètement l'utilisation, la présence de chaque mot. Bien sûr, il faut rattacher le fond à la forme, et exposer une vision cohérente de l'extrait.

    En espérant vous avoir aidé, et ne pas m'être trompé.
    Cordialement.
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