Fiches méthode Bac de français 2020

"Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint
La folie et l'horreur, froides et taciturnes."

Pourquoi le participe passé n'est-il pas au féminin? Je m'attendais à "réfléchies".
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Réponses

  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour, Alph.

    C'est vrai que l'accord "normal" serait réfléchies au féminin pluriel, puisque ce sont bien la folie et l'horreur qui sont réfléchies.

    Mais en versification classique, ce e muet à l'intérieur du vers aurait compté comme une syllabe supplémentaire. Et je pense que cette orthographe est ici une "licence poétique" pour éviter treize syllabes...

    Sous toutes réserves, cependant.
  • Bonjour Alph,

    Des variantes ont existé pour ce vers, voir ici (puis remonter à la page 131).

    Édit : Baudelaire aurait pu mettre le verbe à l'infinitif, l'alexandrin aurait été sauf et sans faute :
    - Et je vois tour à tour réfléchir sur ton teint

    Muriel
  • JehanJehan Modérateur
    Je vois réfléchir...

    Mais peut-on le dire au lieu du correct "Je vois se refléchir" ?
    (qui nous ferait hélas remonter à 13 syllabes)

    Ici, la forme simple et la forme pronominale ne me semblent pas équivalentes.
  • Non, c'est une simple inadvertance: le vers aurait été parfaitement correct avec réfléchies.
  • Merci de vos réponses. Quelles que soient les raisons personnelles de Baudelaire, je tenais surtout à m'assurer que l'accord se fait en théorie. Je doutais de ma grammaire.
  • Putakli a écrit:
    Non, c'est une simple inadvertance: le vers aurait été parfaitement correct avec réfléchies.
    Pas selon les règles classiques. Comme un "e" final qui suit une voyelle et précède une consone ne peut ni se prononcer (selon l'usage phonétique), ni subir une apocope (selon les règles de prosodie), il est tout simplement proscrit à l'intérieur du vers (mais autorisé en fin de vers, où le "e" final ne fait pas partie du décompte des syllabes).
  • Jehan a écrit:
    Je vois réfléchir...

    Mais peut-on le dire au lieu du correct "Je vois se refléchir" ?
    (qui nous ferait hélas remonter à 13 syllabes)

    Ici, la forme simple et la forme pronominale ne me semblent pas équivalentes.
    Bonjour Jehan,

    Dans la Grammaire du français de Wagner et Pinchon, page 275, on trouve :
    289. Omission du pronom complément

    C'était un usage courant au XVIIe siècle et encore assez fréquent au XVIIIe siècle que de ne pas exprimer le pronom complément lorsque l'infinitif d'un verbe pronominal dépendait des verbes écouter, laisser, sentir, voir.

    Tout ceux qu'on voit dans l'air et la terre mouvoir. (Racan)
    [Se mouvoir]

    Veux-tu que de sa mort je t'écoute vanter. (Corneille)
    [Te vanter]

    Me sentant affaiblir. (J.-J. Rousseau)
    [Sentant que je m'affaiblisais]
    [...]
    En poésie, même au XIXe siècle, l'usage d'une tournure désuète peut aider à garder la saveur d'un vers tout en respectant le compte des syllabes.

    Muriel
  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour, Muriel.

    Merci de cette mise au point convaincante !
  • moreemoree Membre
    Bonjour,

    je dois rédiger un commentaire sur ce poème mais je ne le comprends pas.
    J'aurais besoin d'aide.

    Merci d'avance.
  • JehanJehan Modérateur
    La muse malade

    Ma pauvre muse, hélas! qu'as-tu donc ce matin ?
    Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes,
    Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint
    La folie et l'horreur, froides et taciturnes.

    Le succube verdâtre et le rose lutin
    T'ont-ils versé la peur et l'amour de leurs urnes ?
    Le cauchemar, d'un poing despotique et mutin,
    T'a-t-il noyée au fond d'un fabuleux Minturnes ?

    Je voudrais qu'exhalant l'odeur de la santé
    Ton sein de pensers forts fût toujours fréquenté,
    Et que ton sang chrétien coulât à flots rythmiques

    Comme les sons nombreux des syllabes antiques,
    Où règnent tour à tour le père des chansons,
    Phoebus, et le grand Pan, le seigneur des moissons.

    Bonsoir.

    La muse personnifie l'inspiration du poète.
    Dans les quatrains, ce par quoi il est inspiré.
    Dans les tercets, ce par quoi il aimerait être inspiré.
    Compare les champs lexicaux des quatrains et des tercets...
  • moreemoree Membre
    Bonjour,j'ai limpression que ma compréhension du texte n'est pas la bonne.

    pour moi, le poète exprime que son inspiration est très touché à cause qu'il n'a pas de succès; il est donc physiquement et moralement très affaibli. c'est ce qui l'entour qui provoque un obstacle à la création: il est agnoisser, son équlibre mental perturbé;il aimerais retrouvé son inspiration passé et repprendre le dessus

    De plus , je dois faire un commentaire en montrant l'importance de l'inspiration personnifiée par la muse; pour moi, je ne vois que le fait que sans cette inspiration , il ne peut pas rencontrer le succès, et aussi que cela ce repporte donc sur son physique et son mental.l'auteur est totalement boulversé.
    est-ce juste?
  • Bonjour je suis en première littéraire, et j'ai un sujet type bac sur la poésie à faire en français pour la rentrée.
    Les textes sont:
    - Les Regrets, Joachim du Bellay, Sonnet VI.
    - Les délices de la poésie française, François de Malherbe, Sonnet à Caliste.
    - Les fleurs du mal, Charles Baudelaire, La muse malade.
    - Il y a, Guillaume Apollinaire, Per te praesentit aruspex.

    Je suis sûr de ne pas prendre la dissertation mais j'hésite entre le commentaire et le sujet d'invention. Pour le commentaire, il faut commenter l'extrait de Baudelaire. Pour le sujet d'invention, il s'agit de faire un dialogue entre deux poètes: l'un défend l'inspiration et l'autre le travail poétique.

    J'ai déjà une petite idée de plan pour le commentaire:
    I: Le poète.
    II: La muse
    III: L'allégorie, dédoublement du poète.

    Qu'en pensez-vous? Pouvez-vous m'aider?

    Merci
  • Voici le poème :
    La muse malade

    Ma pauvre muse, hélas ! qu'as-tu donc ce matin ?
    Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes,
    Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint
    La folie et l'horreur, froides et taciturnes.

    Le succube verdâtre et le rose lutin
    T'ont-ils versé la peur et l'amour de leurs urnes ?
    Le cauchemar, d'un poing despotique et mutin,
    T'a-t-il noyée au fond d'un fabuleux Minturnes ?

    Je voudrais qu'exhalant l'odeur de la santé
    Ton sein de pensers forts fût toujours fréquenté,
    Et que ton sang chrétien coulât à flots rythmiques,

    Comme les sons nombreux des syllabes antiques,
    Où règnent tour à tour le père des chansons,
    Phoebus, et le grand Pan, le seigneur des moissons.

    => Que comptes-tu mettre dans ta partie sur le poète ?
  • Oui c'est celui-là.
    J'ai beaucoup d'idées mais ne sais pas où les placer. Je ne sais pas comment organiser mes idées. Je sais qu'il faut que j'évoque le fait que la muse est Baudelaire lui-même: le succube est un démon féminin et le démon masculin est l'incube. Baudelaire parle de succube alors que la muse est une femme. On peut peut-être conclure que le poète a fait une confusion qui montre que la muse c'est lui.
    Pouvez-vous m'expliquer la différence entre l'inspiration et le travail poétique pour le sujet d'invention s'il vous plaît?
  • Pour reprendre tes remarques :

    1/ Je ne pense pas que Baudelaire fasse de confusion entre incube et succube.

    2/ En fait, il s'agit d'un manque d'inspiration (cf. titre)

    3/ On pourrait faire 3 parties en gros :

    * le constat : pas d'inspiration
    * l'interrogation : pourquoi
    * le souhait du poète (deux dernières strophes);

    4/ Différence entre inspiration et travail poétiques : l'un ne va pas sans l'autre. L'inspiration peut donner des idées mais il s'agit de les mettre en forme. Du Bellay, Malherbe et Baudelaire ont beaucoup-beaucoup travaillé. Je connais moins Apollinaire.
  • Merci pour vos réponses.
    Je crois que je vais laisser tomber le commentaire, et m'intéresser plutôt au sujet d'invention ou peut-être même à la dissertation, qui est:
    Les auteurs de ce corpus ont tous choisi une forme fixe, le sonnet. Mais la contrainte n'est-elle pas une entrave à l'expression personnelle du poète?

    Je pourrai dire:
    Non: - des contraintes sont plus simples que d’autres à respecter. Ex : le poème en vers libre (seule contrainte à respecter : la présence d’alinéas)
    - Un poème en prose est affranchi de contraintes formelles, le poète peut donc laisser libre cours a son expression personnelle.
    - Possibilité de faire une suite de poème sur le même sujet et donc d'exprimer ses sentiments en plusieurs fois.

    Oui: - Les contraintes amènent des limites aux poètes.
    - Expression personnelle réduite.

    Qu'en pensez-vous?
  • Attention de ne pas sortir du sujet : on ne te demande pas de t'étaler sur les poèmes en prose mais sur les sonnets, une forme particulièrement stricte.

    Je ne suis pas d'accord avec ta phrase "expression personnelle réduite". Au contraire...

    Tu le sais bien, on n'est jamais aussi libre que dans une prison, en dépit des apparences... ;)
  • Merci pour l'aide. Je vais me mettre au sujet d'invention je cherche des idées. J'ai encore un peu le temps pour faire un travail convenable. Merci.
  • Bonsoir,
    Je suis nouvelle sur le site et je viens de me rendre compte que cette discussion pourrai s'avere etre interressante pour un devoir que j'ai.

    @litterature20, Pourriez vous me dire ce que vous avez mis dans l'ecriture d'invention? Histoire que je puisse me faire une idee. :)
  • JehanJehan Modérateur
    Cela fait six mois que Litterature20 a posté sur le site...
    Peu de chance qu'elle te réponde !
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