bonjour à tous


je suis passionnée de littérature antique et me plonge actuellement dans l Iliade. Mais je suis décue de la traduction de lecomte de lisle- qu on m avait pourtant vantée-.

Auriez vous une traduction à me conseiller? quelles sont les plus valables?

d avance merci de votre aide!
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Réponses

  • La traduction de Leconte de Lisle colle à la lettre du texte, c'est ce qui fait son intérêt, et aussi sa limite, car cela nuit souvent à l'élégance. La traduction de Paul Mazon, en Folio, est très bien. Pour l'Odyssée : tout sauf Victor Bérard.
  • Bonjour.
    Entièrement d'accord. Pour l'Odyssée, la belle traduction de Jacottet est au programme de T L pour les deux années qui viennent.
  • Je connais un petit extrait d'une traduction qui a le mérite de redonner tout le rythme à l'épopée d'Homère. Malheureusement je ne connais pas le nom de l'auteur de cette traduction en héxamètres.

    "Muse me chante cet homme, rusé, ingénieux, en voyage,
    Seul il erra sans retraite quand il eut de la vielle de Troie
    Pris et pillé les mystères. En mer a souffert et vécu
    Peur et angoisse en son âme. Lutta pour sauver ses amis même
    Or, il voulait ramener ses comparses, sa peine fut vaine
    Car et malgré son courage, ces derniers tous ensemble périrent.
    Fous qu'ils étaient, ils tuèrent, mangèrent d'Elios les taureaux.
    Lui ce grand dieu qui se venge, rendit leur retour impossible..."

    Je ne suis pas sûre de la ponctuation.
  • @Lucretius
    C'est drôle, ma traduction préférée est celle de Bérard. J'en ai parlé avec un ami en Khâgne classique: lui désapprouve l'"alexandrin". Après une longue discussion, j'aurais tendance à dire que Bérard s'éloigne du texte (quel poète peut l'éviter?) au profit d'une langue que j'estime très belle. Sa version serait donc moins "fiable" dans l'optique d'un travail comparatiste. Ne parlant moi-même pas encore grec, j'ai forcément un point de vue dépendant entièrement du style français, et je n'ai pas tenu compte dans mon jugement que l'alexandrin n'a rien à voir avec le schéma type "- v - v " de la poésie grecque.

    Une question, cependant: C'est bien la première fois que je trouve Bérard ainsi décrié, est-ce fréquent? Il me semblait pourtant qu'il était tenu pour être un des plus grands spécialistes d'Ulysse.
  • La traduction de Jaccottet est à mon avis bien plus élégante que celle de Bérard.
  • Le vers épique français, c'est le décasyllabe plutôt que l'alexandrin, effectivement. Personnellement, j'aime aussi assez Bérard (sans avoir beaucoup comparé avec Jaccottet), justement pour ses quelques lourdeurs et son vocabulaire un tantinet archaïque, qui rend comme il faut le style homérique à mon avis. Il est vrai que j'ai trop peu fréquenté Homère jusqu'ici, surtout en ce qui concerne les traductions.
  • L' Illiade a eu un effet complètement soporifique sur moi et pourtant dieu sait que j' adore la mythologie gréco-latine. Mais vingt pages sur un catalogue de vaisseaux ou cinquante pages sur des combats, à la fin ça devient un peu indigeste... Par contre, L' Odyssée m' a beaucoup plu, surement à cause de son côté plus romanesque.
  • ZaloZalo Membre
    Pour ce qui est de la littérature antique, il existe une collection que je conseille vivement, c'est l'édition Les Belles Lettres Reconnaissable à sa couverture jaune, ainsi qu'une chouette. C'est ma professeure d'histoire grecque qui me l'a conseillée. Pour elle, les traductions de cette édition sont les meilleures.
  • Bonjour !
    Je suis étudiant en langues et lettres françaises et romanes et j'aimerais me lancer dans la lecture des textes fondateurs, en commençant par l'Iliade et l'Odyssée mais ne sachant lire le grec ancien, j'aimerais que vous me conseilliez une bonne traduction ; je ne cherche ni une tentative de remise en forme de l'hexamètre dactylique et encore moins une simplification du texte, au contraire. J'aimerais m'assurer d'avoir lu une version compréhensible en français sans devoir retourner au texte tout en étant la plus fidèle possible.

    PS : pour essayer de me faire ma propre idée, je me suis lancé dans la comparaison de traductions française (à partir de celle de Leconte de Lisle) - qu'en pensez-vous ? Je retranscris les débuts des chants 1-9 et 24 (choix totalement arbitraire) de l'Iliade et Odyssée et compare.
    Zalo a écrit:
    Pour ce qui est de la littérature antique, il existe une collection que je conseille vivement, c'est l'édition Les Belles Lettres Reconnaissable à sa couverture jaune, ainsi qu'une chouette. C'est ma professeure d'histoire grecque qui me l'a conseillée. Pour elle, les traductions de cette édition sont les meilleures.

    En effet, ce sont des éditions dont les traductions et établissement de textes font souvent référence !
  • LaoshiLaoshi Membre
    Ce sont des éditions bilingues.
    Tu as le texte grec et le texte français en regard.
    Pour Homère, dans cette collection, le texte a été établi et traduit par Paul Mazon, helléniste de grand renom.
  • L'Odyssée a été traduite par Victor Bérard. Paul Mazon, c'est l'Iliade.
  • LaoshiLaoshi Membre
    Oui, c'est l'Iliade que j'avais en tête, et sous les yeux, je ne sais pourquoi.
  • Et Victor Bérard écrit en alexandrins blancs. Un réussite aussi bien philologique que poétique.
    De son berceau de brume, à peine était sortie l'Aurore aux doigts de roses, qu'Ulysse revêtait la robe et le manteau. La Nymphe se drapa d'un grand linon neigeux, à la grâce légère ; elle ceignit ses reins de l'orfroi le plus beau ; d'un voile retombant, elle couvrit sa tête, puis fut toute au départ de son grand cœur d'Ulysse.

    Odyssée, V, v.228-233, éd. Les Belles Lettres.
  • LaoshiLaoshi Membre
    Je ne peux dire que waouhhh !
  • Je vais oser une hérésie : la traduction me paraît parfois plus belle que le modèle !
  • LaoshiLaoshi Membre
    Une belle infidèle alors ? ;)
  • Non, belle et fidèle, à l'image de Pénélope : ;)
    Mais Ulysse, à ces mots, pris d'un plus vif besoin de sangloter, pleurait. Il tenait dans ses bras la femme de son cœur, sa fidèle compagne !
    Elle est douce, la terre, aux vœux des naufragés, dont Posidon en mer, sous l'assaut de la vague et du vent, a brisé le solide navire : ils sont là, quelques-uns qui, nageant vers la terre, émergent de l'écume ; tout leur corps est plaqué de salure marine ; bonheur ! ils prennent pied ! ils ont fui le désastre !... La vue de son époux lui semblait aussi douce : ses bras blancs ne pouvaient s'arracher à ce cou.


    Odyssée, 23, v. 231 - 240, éd. Les Belles Lettres.
  • LaoshiLaoshi Membre
    Magnifique !
  • Les Belles Lettres. Les bien nommées! :)
  • kaylkayl Membre
    Bonsoir
    Que pensez-vous de la traduction d'Eugène Bareste ?
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