Grammaire française Participe passé

Bonjour :)

Qu'elle serait la bonne orthographe pour l'interjection "Pauvre de nous" :

"Pauvre de nous" ou "Pauvres de nous" ?

Merci pour vos réponses :)


Au passage, qu'elle serait la bonne orthographe pour la phrase suivante :

"Qu'elle serait la bonne orthographe"

ou

"Quelle serait la bonne orthographe" ?

Merci encore :)
«1

Réponses

  • Bonsoir.

    « Pauvre de nous » (car « pauvre de » est une expression fixe, invariable, je crois).
    « Quelle serait la bonne orthographe » ? (pronom interrogatif).

    Cordialement.
  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour.

    1) Si j'étais tout seul, oui : "Pauvre de moi !"
    Mais nous sommes plusieurs.
    L'adjectif pauvre se met bien sûr au pluriel.
    "Pauvres de nous !"
    Une expression joliment détournée par Brassens
    dans sa chanson "La femme d'Hector" :

    En notre tour de Babel
    Laquelle est la plus bell',
    La plus aimable parmi
    Les femm's de nos amis ?
    Laquelle est notre vraie nounou
    La p'tite sœur des pauvres de nous ?


    2) On écrit : "Quelle serait la bonne orthographe ?"
    Quelle est un adjectif interrogatif, le féminin de quel :
    Quel est le bon mot ? (masculin)
    Quelle est la bonne orthographe ? (féminin)
  • Bonjour,

    Il me paraît aussi parfaitement clair: il faut accorder.
    Mais, "pauvres de nous", une édition du big Larousse soutient le contraire. De même, le TFL est ambigu !

    Pour trouver une issue, disons que j'étais la plus pauvre d'entre nous...
  • 412 Formes des phrases averbales.
    (...)
    Construction propre à pauvre, attestée aussi avec nous, beaucoup plus rarement avec d’autres pronoms personnels : Pauvre de moi et pauvre d’elle ! (A. Daudet, Port-Tar., II, 3.) — Pauvre d’eux et pauvre de nous tous ! (Duhamel, cit. Rob.) — Rarement aussi avec un nom coordonné : Pauvres de nous et des saintes veuves du Prophète ! (A. Djebar, Femme sans sépulture, p. 79.) — Hanse exige l’accord de pauvre avec le pronom : Pauvres de nous. Le singulier dans l’ex. de Duhamel, dans ceux que cite Rézeau, p. 746, et déjà chez Maizeroy, cit. Plattner, montre que la construction n’est plus analysée. Elle est peut-être d’origine méridionale, et Rézeau considère que c’est aujourd’hui encore un méridionalisme. Pourtant elle fait partie de notre langue familière à nous, gens du Nord
    (Grevisse
  • Au temps pour moi :) !
  • Ce n'est pas la peine de t'excuser puisqu'effectivement de grands auteurs utilisent le singulier !
  • Je me suis tout de même trompé sur le « Quelle », que j'ai appelé « pronom interrogatif », et non « adjectif démonstratif » :)...
  • Mais c'est toi qui a raison, c'est un pronom interrogatif dans ce cas :
    [Quel, pron. interr. suivi de être, interroge sur l'identité ou sur la qualité]
    Tlfi
  • JehanJehan Modérateur
    Pour l'accord de "Pauvre(s) de nous", à ma grande surprise, le Petit Robert donne lui aussi le singulier. Mais j'ai du mal à saisir la logique de ce non-accord.

    Quant à quel(le)...
    Grammaire Robert & Nathan, p.84 :
    Quelle fonction l'adjectif interrogatif peut-il occuper ?
    Il peut occuper la fonction d'attribut du sujet :
    Quelle est votre adresse ?
    Il s'accorde en genre et en nombre avec le sujet comme les autres adjectifs attributs.

    Autre extrait du TLF :
    2. [En interr. indir.]
    a) [Quel, adj. interr.: quel + subst.] Plusieurs circonstances m'ont tout d'abord fait comprendre la grandeur du sacrifice que Dieu exigeait de moi, et dans quel abîme me précipitait le parti que me conseille ma conscience (RENAN). Elle comprit par quelle gêne je reculai l'heure de les lui présenter; elle se contenta de les voir à travers moi; les aimant par moi (GIRAUDOUX).
    b) [Quel, attribut] On dit qu'il est des routes sur la mer; mais elles ne sont pas tracées, et Bernard ne savait quelle était la sienne (GIDE), Faux-monn., 1925, p. 1208). Jérôme hésite au seuil. ? Julia, il dit, viens voir quel est celui-là qui s'approche dans le chemin? (GIONO)
    Si le mot est adjectif en fonction épithète, je suppose qu'il l'est aussi en fonction attribut ...

    Denis-Sancier (p.306) en fait un déterminant et non un pronom :
    Quels sont ces livres ? (attribut du sujet)

    La grammaire Hachette de Mauger (p.60) parle d'adjectif interrogatif:
    "Quels sont vos parents ?"
  • TennoTenno Membre
    Zadek a écrit:
    Je me suis tout de même trompé sur le « Quelle », que j'ai appelé « pronom interrogatif », et non « adjectif démonstratif » :)...
    Adjectif interrogatif, pas démonstratif. =)

    Personnellement, je pencherais plus pour le pronom, effectivement.

    Quelle est la bonne orthographe du mot "lapain" ?"
    "Lapin" est la bonne orthographe du mot "lapain".

    "Quelle" remplace ici un nom, c'est donc un pronom, à mon avis. C'est l'étymologie du "pronom" < pro - nomen, à la place du nom.

    =)
  • JehanJehan Modérateur
    Quelle est la bonne orthographe du mot "lapain" ?"
    "Lapin" est la bonne orthographe du mot "lapain".
    "Quelle" remplace ici un nom.
    Si l'on suit ce raisonnement, dans cet exemple, quelle (qui serait donc ici pronom féminin) remplacerait "lapin" (masculin par défaut).
    Curieux pronom, d'un genre différent de ce qu'il remplace.
    En fait, quel(le)(s), comme font les adjectifs et déterminants, s'accorde avec le nom qualifié ou déterminé... Ici, le nom féminin "orthographe".

    Et dans : "Quelle orthographe pour le mot lapin" ?
    Ici, l'adjectif épithète "quelle" ne remplace évidemment pas quoi que ce soit.
    Alors que la réponse à la question sera la même.

    Robert 2009 :
    QUEL, QUELLE
    I) adj. interrog. (servant généralement à questionner sur la nature ou l'identité d'une personne ou d'une chose) A. interrog. direct. .1 (attribut) Quelle est donc cette jeune fille qui chante ? (MUSSET) Quel est le but de la vie ? (MAUROIS) .2 (épithète) Quelle mouche vous pique ?
  • TennoTenno Membre
    Hum, ça m'a l'air de tenir sur ses deux jambes, tandis que je proposais une explication cul-de-jatte. :P

    Toutes mes excuses.
  • Robert a suprimé le II ?
    II pronom interrogatif (seult devant un partitif) "De nous deux, quel est le plus méprisable ? " (Daudet)
    Je complète la citation du TLFI :
    b) [Quel, pron. interr. suivi de être, interroge sur l'identité ou sur la qualité]
    [L'interr. porte sur l'animé]
    (...)
    [L'interr. porte sur l'inanimé]
    [Quel interroge sur la détermination ou sur la qualité] Tu pleures, ô mon roi! Quelle est donc ta souffrance? De ma fidélité tu connais la constance! (MORÉAS, Iphigénie, 1900, I, 1, p. 12). Quelles sont ces images qui pénètrent l'enfant d'un trouble passionné? Jamais il ne les avait vues; et pourtant il les connaissait: il les a reconnues (ROLLAND, J.-Chr., Aube, 1904, p. 69). Mon anxiété se tournait plus que jamais vers la Belgique. Quelle serait son attitude? Le roi Albert a donné trop de preuves de sa loyauté à la cause alliée pour qu'il ne soit pas possible de dire aujourd'hui que, par ses attaches de famille et sa forme d'esprit, on pouvait craindre de le voir se tourner vers nos ennemis (JOFFRE, Mém., t. 1, 1931, p. 215).
    Comment faire la différence ?
  • JehanJehan Modérateur
    Non, bien sûr. Robert n'a pas supprimé le II...

    Mais dans l'exemple cité ( "De nous deux, quel est le plus méprisable ? "), quel ne peut effectivement être adjectif.
    De quel nom serait-il l'épithète ou l'attribut ?
    On voit bien dans la phrase de Daudet qu'il n'est qu'une variante du pronom interrogatif lequel.
  • J'ai cité le II de Robert, parce qu'effectivement on ne trouve pas quel comme pronom interrogatif dans les grammaires. Alors que penser du Tlfi, comment reconnaître ce pronom qui n'existe peut-être pas ?
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