Elle s'est plu(e) à... Elle s'est complu(e) à...

Bonjour,

Le participe passé de se plaire à est-il invariable, comme celui de plaire ?

Exemple : Les deux fillettes se sont bien plu. Pas de problème (se est un complément indirect, équivalenr d'un datif).

Mais que doit-on dire : Elle s'est plu à faire enrager son frère, ou Elle s'est plue ? Et s'est-elle complue à lui faire plaisir, ou elle s'y est-elle complu ? Il me semblerait que dans ces cas se est bien complément direct ? Les lumières de Jehan me sont nécessaires...

Zorah
«13

Réponses

  • Bonjour !

    Tout comme pour plaire, le participe passé du pronominal "se plaire" - et celui de ses composés - est invariable !

    Elle s'est plu à faire enrager son frère.
    Elle s'est complu à lui faire plaisir.

    Elle a plu à qui ? A elle-même. A faire quoi ? A lui faire plaisir.

    Je ne crois pas que "se" soit COD du participe... Je pencherais plutôt pour un C.O.I. (plaire étant un transitif indirect, il ne peut avoir de COD).

    Attendons vérification, cela vaut mieux.

    Bien cordialement,
    Zadek.
  • Bonjour,

    Grevisse, dans Le Français correct, dit ceci.
    Le « N.B. » signalé n'étant pas consultable en ligne, je vous le recopie (page 267, paragraphe 963 ) :
    N.B. Plus d'un auteur cependant fait variable le participe de se plaire, se déplaire, se complaire : Chez tous elle s'était PLUE à éveiller l'amour (A. Maurois). — Presque jamais les hommes ne s'étaient COMPLUS à un aspect aussi barbare [...] (Aragon).
    Un autre jugement nuancé ici (Littré).

    Muriel
  • JehanJehan Modérateur
    On retiendra tout de même que l'invariabilité est "l'usage le plus général".
    Et comme c'est le plus simple...
  • Je pense moi aussi que l'invariabilité est nettement préférable.
  • Aucune discussion possible alors :D ! Ne me suis-je pas trompé en attribuant au "se" la fonction de COI ?
    Je ne crois pas que "se" soit COD du participe... Je pencherais plutôt pour un C.O.I. (plaire étant un transitif indirect, il ne peut avoir de COD).
  • JehanJehan Modérateur
    Tu ne t'es pas trompé...
    On considère en général que c'est bien un COI...
    Puisque le verbe simple, comme tu l'as dit, est un transitif indirect.
    D'où l'invariabilité.

    Seuls les tenants (minoritaires) du participe variable considèrent que le "se" de "se complaire" n'est pas plus analysable que le " se" de "se souvenir", par exemple...
  • Eh bien merci à vous trois, Muriel, Jehan, Zadek. Avant vos explications je pensais naïvement (?) que deux phrases telles que se vautrer dans la fange et se complaire dans le malheur s'analysaient strictement de la même façon, et que l'on pouvait donc écrire, au passé, Elles se sont vautrées dans la fange et Elles se sont complues dans le malheur. Mais c'est quand même subtil, n'est-ce pas ?
  • Zorah a écrit:
    Elles se sont vautrées dans la fange et Elles se sont complues dans le malheur.
    Ou elles se sont complu dans le malheur ! Finalement, c'est selon le locuteur : on choisit ou non de respecter la règle, c'est bien cela ?
  • Un moment de réflexion suffit en effet à comprendre que vautrer et complaire n'acceptent pas la même construction : on peut dire à la rigueur vautrer quelqu'un dans la boue, c'est un transitif direct. Mais il est imposssible de dire complaire quelqu'un dans le malheur : complaire n'est qu'apparemment un transitif direct dans la phrase Elles se sont complues dans le malheur. D'où l'absence préférable d'accord, parfaitement logique selon moi.

    Le cas de se dans se souvenir me paraît différent. Le verbe était jusqu'à la fin du XIXème siècle un impersonnel, il ne le reste aujourd'hui que dans la langue littéraire ou par recherche d'un effet poétique : Il me souvient, il lui souvient, t'en souvient-il ? Ce n'est finalement que par corruption de la conjugaison impersonnelle que notre verbe pronominal a vu le jour. De ce fait les pronoms qui s'analysaient sans difficulté dans une phrase pronominale deviennent d'analyse délicate une fois la phrase mise sous la forme pronominale telle que nous la connaissons actuellement : je me souviens, il se souvient, t'en souviens-tu ?
  • Zorah a écrit:
    D'où l'absence préférable d'accord, parfaitement logique selon moi.
    Bonjour,

    Il n'y a pas "d'absence préférable d'accord", il n'y a tout simplement jamais d'accord. Les participes passés "plu" et "complu" sont invariables.

    Bonne journée à tous.
  • Pourquoi se complaire est-il classé pronominal autonome (j'ignorais cette classification) ici
    donc entraînant l'accord avec le sujet selon cela. Il va falloir corriger les pages grammaire du site !
  • Dictionnaire des difficultés de la langue française de A.V. Thomas, page 305 (à l'article "participe passé des verbes pronominaux") :

    Le participe passé des verbes qui ne peuvent avoir de complément d'objet direct reste invariable : Ils se sont ri de ma faiblesse. Ils se sont nui. Elle s'est plu à le tourmenter. Les fêtes se sont succédé jusqu'au lendemain. Que d'hommes se sont craints, déplu, détestés, haïs, menti, trompés, nui ! (ils ont craints eux, déplu à eux...)

    Il en est ainsi de :
    se complaire, se convenir, se déplaire, s'entre-nuire, se mentir, se nuire, se parler, se plaire, se ressembler, se rire, se sourire, se succéder, se suffire, se survivre.


    Anne, les articles de grammaire que vous citez ne sont pas faux, mais simplement incomplets et, à mon avis, manquent de clarté et de précision.
  • Catherine75 a écrit:
    Anne, les articles de grammaire que vous citez ne sont pas faux, mais simplement incomplets et, à mon avis, manquent de clarté et de précision.
    Si, ils sont faux. Pourquoi les a-t-on ajoutés ?
  • JehanJehan Modérateur
    Anne a raison.

    Ces deux liens sont issus du même article de "Michel", et il y a contradiction explicite entre ces deux extraits.

    Après le développement selon lequel les participes des pronominaux autonomes s'accordent avec le sujet, viennent les exemples :
    Voici quelques verbes pronominaux autonomes : s’acharner, s’adonner, s’affaiblir, s’agir (de), s’amener, s’amuser, s’apercevoir (de), s’appesantir (sur), s’approprier, s’attacher (à), s’attaquer (à), s’attendre (à), s’aviser (de), se cabrer, se carrer, se chamailler, se complaire...
    On trouve ceci :
    Les verbes essentiellement pronominaux « s’entrenuire », « se rire », « se plaire (à ou dans) », « se déplaire » et « se complaire » font exception à la règle. Leur participe passé ne s’accorde pas.
    Alors ?
  • Jehan a écrit:
    Ces deux liens sont issus du même article de "Michel", et il y a contradiction explicite entre ces deux extraits.
    Effectivement. Tout à l'heure, j'ai parcouru trop rapidement les articles, en diagonale, sans lire tous les exemples.
    Il me semble important de les modifier.
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