Subjonctif présent ou imparfait ?

Bonsoir à tous,
Dans cette phrase ci-dessous :
Il a fallu que la situation devienne dramatique pour que les autorités prennent les mesures nécessaires.
Peut-on écrire : Il a fallu que la situation devînt/soit devenue dramatique pour que les autorités prennent les mesures nécessaires ?
Merci pour vos réponses .
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Réponses

  • Dire "Il a fallu que la situation soit devenue dramatique pour que les autorités prennent les mesures nécessaires" me semble correct ! Dans ce cas, la subordonnée s'ancre dans un passé révolu...

    A vérifier !
  • Merci pour votre réponse .
  • "devînt" est simplement plus soutenu, en ce qu'il respecte les règles classiques de la concordance des temps, et "devienne" relève du langage courant et relâché.
    Par contre "soit devenue" par opposition à "devienne" exprime bien que l'action est révolue. En adoptant les règles de la concordance, on dirait : "fût devenue".
  • Je plussoie sur Zadek sans vérifier. Ce qui est un peu douteux, mais, peut-être, toléré, c'est "devienne", à cause de la discordance des temps. Quant à devint, c'est la discordance des modes. Sur le mode temporel, on devrait dire :" C'est quand...devint"
    Quant à l'imparfait du subjonctif, il appartient à une langue morte. Il faut le dire.
    Je m'aperçois (en lisant les réponses posées entre temps, que je suis hors de toute légalité. Cela ne me gêne pas, mais je l'indique pour qu'on ne penne pas ce que je fais pour un usage légal et autorisé.
  • Pas de polémique SVP ;) Il est vrai que si l'on suit la règle grammaticale, il a fallu que ... doit être suivi par un imparfait du subjonctif (bien que la formulation semble "pompeuse" voire désuète ) ...
  • La règle grammaticale d'antan : Putakli n'a pas totalement tort de parler de langue morte, je dirais plutôt moribonde.
  • Obsolète, l'imparfait du subjonctif ? Que j'aimasse, que tu aimasses, qu'il aimât... Vraiment ? Je n'avais jamais ouï telle histoire... Encore que le plus-que-parfait du subjonctif, je le conçois aisément, mais l'imparfait ... Alors, personnellement, "Il a fallu que la situation devînt dramatique pour que les autorités prennent les mesures nécessaires" me va bien :P !
  • Si tu veux respecter la concordance jusqu'au bout : "pour que les autorités prissent..."

    Ta propre phrase confirme bien l'obsolescence de l'imparfait du subjonctif (parfaitement parallèle à celle du plus que parfait, ce qui est logique).
  • Je n'ai pas même pris garde à la suite de la phrase : c'est encore mieux :P !
    Merci bien pour votre aide,
    Zadek
  • Sinon, c'est pas Cicéron qui a dit « Oderint, dum metuant »
  • C'était donc ici :P ! En réalité, Cicéron a bien repris cette locution - tirée du poète tragique Accius - dans son De Officiis (I,28,97)... Mais vous avez raison, comme souvent d'ailleurs.
  • Salut !
    J'ai une question à vous poser sur l'emploi du subjonctif.
    D'abord, voici le contexte, l'extrait de Les misérables :
    Dans les premières années de la Restauration, M. Gillenormand, qui était encore jeune, – il n’avait que soixante-quatorze ans en 1814, – avait habité le faubourg Saint-Germain, rue Servandoni, près Saint-Sulpice. Il ne s’était retiré au Marais qu’en sortant du monde, bien après ses quatrevingts ans sonnés.
    Et en sortant du monde, il s’était muré dans ses habitudes. La principale, et où il était invariable, c’était de tenir sa porte absolument fermée le jour, et de ne jamais recevoir qui que ce soit, pour quelque affaire que ce fût, que le soir. Il dînait à cinq heures, puis sa porte était ouverte. C’était la mode de son siècle, et il n’en voulait point démordre. (...)

    Comme vous voyez, dans la phrase soulignée, Hugo a utilisé pour les deux propositions subordonnées circonstancielles(concession? opposition?) le subjonctif présent et imparfait.
    Je ne comprends pas pourquoi et veux savoir la règle concernée.
    1. Quelle est la différence syntaxique ou sémantique ?
    2. Si on écrit :
    a) C’était de ne jamais recevoir qui que ce soit, pour quelque affaire que ce soit, que le soir.
    b) C’était de ne jamais recevoir qui que ce fût, pour quelque affaire que ce fût, que le soir.
    c) C’était de ne jamais recevoir qui que ce fût, pour quelque affaire que ce soit, que le soir.

    laquelle phrase est-elle correcte ou incorrecte ?

    Je souhaite que ma question soit compréhensible, et je vous remercie d'avance.
  • Je peux t'en proposer trois explications :

    Elle est si commune que l'on peut prendre qui que ce soit pour construction figée.

    Peut-être qu'avec les deux subjonctifs, il a rendu la phrase plus douce à l'oreille. (Les Français n'aiment pas la répétition des mots.)

    Dans la langue classique, l'imparfait du subjonctif corresponde au conditionnel de l'indicatif. On peut y voir, donc, une nuance d'éventualité. Qui que ce soit : supposons qu'il y ait quelqu'un à la porte. Pour quelque affaire que ce fût : Si je le recevais, je découvrais qu'il était venu pour quelle affaire ?

    Même si la troisième me semble suffisante et très logique, il ne faut pas sous-estimer l'importance de l'oreille.
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Très bonne observation, Hwang, et c'est effectivement surprenant.
    Les raisons affectives de préférer le subjonctif imparfait au présent pour l'un des deux subjonctifs me paraissent plus fondées sur l'euphonie que sur le sens (même si l'on peut éventuellement prétendre que l'affaire en question a pris naissance avant que la personne apparaisse à la porte). La formule "qui que ce fût" a souvent été employée par Hugo sans problème et il aurait pu (voire "dû" selon les canons classiques de la grammaire) l'utiliser ici, mais cette formule un peu lourde aurait pâti de la répétition avec "quelque affaire que ce fût". Hugo a préféré faire une petite entorse à la cohérence et à la concordance au profit de la variété dans la phrase, l'absence du répétition si proche dans la phrase.
  • Obsolète, l'imparfait du subjonctif ? scanda notre invité :|

    C'est une affaire de goût. On ne peut simplifier la chose, planquant dans les tiroirs de la langue française les propos obsolètes du reste. Autrement, et à ce rythme-là (que Dieu nous garde du Malin), le SMS deviendra la norme dans peu de temps :)
    En matière d'écriture, le subjonctif exprime une certaine élégance - une maîtrise de la langue doublée d'un souci esthétique. Il faut encore que le contexte corresponde. Par contre, lorsque le propos est exprimé plus généralement ou s'il faut seulement parler, je reconnais qu'il eût fallu plutôt éviter le barbarisme susmentionné au risque de noyer son auditoire dans les marasmes abscons des constructions trop savamment alambiquées. On parle alors de compassion :)
    La nuance est large. Ce n'est pas toujours simple ++
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