Fiches méthode Bac de français 2021

Je réponds à ma question : non !

L'objet d'une pièce de théâtre n'est pas sa lecture, mais son jeu. Elle doit être incarnée par des comédiens, interprétée.

Sur ce postulat de départ, quelle place accorder au théâtre en milieu scolaire ?
Il n'y a pas meilleur moyen de détourner les élèves du théâtre qu'à leur faire analyser une pièce sans l'avoir au préalable vue, voire revue jouer sur scène.

On pourrait faire un parallèle avec le couple scénario / film, ou une partition symphonique...

Vous pouvez toujours lire un scénario, mais sa finalité est également d'être interprété, comprenant tout un agrégat complexe hors scénario : effets visuels, mouvements de caméra, effets spéciaux, jeu des acteurs, musique, éclairage etc...

Lire la pièce de théâtre, est UNE étape de la compréhension théâtrale, mais ne peut, et surtout, ne doit pas être une finalité.

Dans la culture littéraire, le théâtre, peut-être dans une moindre mesure la poésie, tient une place à part.

Je ne pense pas qu'il soit introspectif.
D'où la difficulté d'intéresser à ce genre en milieu scolaire...
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Réponses

  • Bonjour à vous également :D,

    Je ne peux m'accorder avec vous. Mais vous pouvez toujours lire ce document, rédigé par Jean-Luc, et fortement intéressant: Le spectacle théâtral entre texte et représentation.

    Cordialement,
    Sullyvan

    P.-S. C'est d'ailleurs pour cela que l'objet d'étude est "théâtre, texte ET représentation" :roll:... Bonjour,
    Le document en question a été rédigé par Imad Belghit.
  • Bonjour !

    Je crois tout de même qu'il faut garder à l'esprit que le texte théâtral, même s'il se révèle dans sa dimension scénique, n'en demeure pas moins porteur d'aspects littéraires indéniables, et donc textuels, qui peuvent se passer, dans une certaine mesure, de l'interprétation : étudier un texte de Racine est par exemple un pur bonheur de lecture, et certains ont considéré qu'il s'agissait là de poésie ...
    Par ailleurs, certains textes ne sont pas voués à être joués sur scène, que l'on pense au "théâtre dans un fauteuil" ou bien encore à certaines pièces injouables de Claudel.
    Il n'en demeure pas moins qu'il faut en effet souligner la spécifité d'un genre qui gagnerait à être appréhendé davantage en fonction de sa spécificité de représentation, notamment dans le scolaire !
    Terminons par cette petite citation de Camus (vous m'excuserez...) : "Pour vivre dans la vérité, jouez la comédie !" ( http://www.rts.ch/archives/tv/culture/3461905-albert-camus.html )

    Sébastien
  • Intéressant...
    Mais j'évoque à dessein la vocation du théâtre.
    S'il existe des pièces destinées à ne pas être jouées, elles demeurent de l'ordre du marginal.

    En milieu scolaire, vous étudierez par exemple, le théâtre classique.
    Peut-on ainsi sérieusement soutenir que Molière, Racine, Shakespeare, Corneille, Beaumarchais...sont des auteurs qui n'ont pas écrit pour la représentation ?

    La pièce n'est elle-même que lorsqu'elle est mise en scène et interprétée.
    Elle produit un effet sur l'audience, mesurable, palpable.

    Si la finalité du théâtre est sa représentation face à un public, il convient donc de réfléchir à son enseignement dans le secondaire, qui demeure bien trop souvent théorique.
    Exceptés ses propres codes, que l'on peut apprendre, les élèves ne saisiront pas toute la portée de ce genre particulier de la production littéraire.
    Le théâtre est la littérature orale.

    Bien sûr, un mauvais texte ne sera jamais un chef-d'oeuvre, même s'il est bien interprété.
    Ma question ne portait pas sur la légitimité ou non à considérer le genre théâtral dans le champs de la littérature, mais à déterminer sa raison d'être.

    Pour écouter une symphonie, il faut jouer la partition. Très peu de personnes sont capables de "l'entendre" simplement en lisant la partition.
    Il en est de même pour le théâtre dont la vocation est la représentation.
    Il suffit de convoquer l'étymologie pour s'en convaincre...
  • 25p25p Membre
    Voir Musset et ses Spectacles dans un fauteuil, pièces de théâtre uniquement destinées à être lues.
  • Non, je pense qu'une pièce de théatre est d'abord fait pour être vu, jouée !
    Mais la lire peut nous aider si, aprés avoir vu la pièce nous n'avons pas tout compris !
  • Je crois qu'en même temps, le problème que tu soulèves se révèle dans notre rapport au théâtre, aujourd'hui : les représentations sont moins fréquentes par rapport aux siècles précédents (et même jusqu'au milieu du XXème siècle et l'arrivée de la télévision, média de masse, et vrai theatrum mundi...) ; et si de nos jours toutes les pièces sont publiées écrites, cela ne fut pas toujours évident, et, par exemple, dans l'antiquité, les représentations étaient souvent uniques, et sans support écrit. Le contexte a donc changé notre perception du théâtre, un élément extérieur qui l'a modifié.
  • koubkoub Membre
    Sans remonter à l'Antiquité, les auteurs ont toujours écrit majoritairement pour la représentation.
    Ceci a peu de rapport avec notre perception toute médiatique ou non du théâtre aujourd'hui.
    La finalité d'un auteur demeure la représentation. L'incarnation du texte par des comédiens qu'on espère toujours à la hauteur de l'oeuvre.
  • Oh c'est drôle ,c ette question je l'ai eu en dissert' en 1er L lors du bac blanc =)

    elle n'était pas évidente à gérer , mais je la trouvais très intéressante..
  • C'était d'ailleurs l'intention d'Artaud, qui prônait un "théâtre total", ou indirectement de Ionesco soutenant que "tout est permis au théâtre"... Comme l'a mis en évidence koub, ce n'est pas tant la finalité du théâtre en lui-même qu'il faut étudier, mais plutôt celle qu'on lui a donnée ! Le fait de choisir pour support le genre du théâtre n'est bien sûr pas anodin, puisqu'il implique une mise en page, et des choix propres et typiques au genre. Mais pour autant, il me semble très restrictif d'affirmer le théâtre n'être destiné qu'à la représentation... Ce n'est que mon avis .

    P.-S. Toutes mes excuses à Imad Belghit !
  • Je ne connais guère qu'Alfred de Musset qui n'écrivait des pièces que pour être lues.
    Je crois que ses pièces n'ont été intégralement jouées qu'à partir de 1957 je crois...à vérifier.

    Mais je ne connais pas les raisons de ce choix !
  • Bonjour, je suis étudiant en 1ere S et je dois faire une dissertation dont le sujet est : Pensez-vous que le texte de théâtre n'est fait que pour être lu?.

    Voici mon plan :

    I- Le théâtre est fait pour être lu
    a) D'après son histoire il est plutôt fait pour être lu notamment lors du mouvement classique
    b) Certains auteurs comme Musset écrivent des pièces uniquement destinées à être jouées
    c) La lecture favorise l'interprétation et l'imagination personnelle
    d) La lecture permet d'admirer pleinement la beauté du texte

    II- Le théâtre est fait pour être vu
    a) D'après son histoire et son étymologie, le théâtre est plutôt fait pour être vu notamment lors du mouvement Baroque
    b) La forme du texte montre qu'il est fait pour être vu (didascalies)
    c) La représentation permet une meilleure restitution des sentiments

    III- La lecture et la représentation sont complémentaires
    a) Cette complémentarité favorise la compréhension de la complexité de l'oeuvre (la première forme peut être considérée comme une préparation et la deuxième comme un approfondissement)
    b) La complémentarité propose parfois une autre vision de l'oeuvre (par exemple, Bluwal propose une version tragique de Dom Juan)

    Cependant, d'après la prof, dans la conclusion, je dois mettre un exemple qui illustre ma partie III et je n'ai vraiment pas d'idées. Pouvez-vous m'aider s'il vous plaît?
  • Cependant, d'après la prof, dans la conclusion, je dois mettre un exemple qui illustre ma partie III et je n'ai vraiment pas d'idées. Pouvez-vous m'aider s'il vous plaît?

    Si je peux me permettre ; c'est une exigence un peu délirante d'un point de vue méthodologique et qui va à l'encontre de tout ce que j'ai pu lire / entendre / apprendre comme méthodologie de dissertation...
    Je ne vois pas comment il est possible de faire une bonne conclusion si on y insère un exemple, étant donné qu'un exemple exemplifie toujours un élément et qu'on n'est pas censé mettre de nouveaux éléments non-traités dans la conclusion.

    Après, si votre prof vous y oblige...
  • Je suis entièrement d'accord avec toi. Mais je suis malheureusement contraint de respecter sa méthode.
  • Je suis bien d'accord.
    par ailleurs, je me permets des nuances sur ton travail :I→ Le théâtre n'est pas fait pour être lu à la base. Ta partie sur Musset est juste, mais aux époques où les livres n'étaient pas imprimés, et où tout le monde ne savait pas lire, le théâtre existait déjà, uniquement pour être vu. Je pense qu'ils ne concevaient même pas qu'on puisse le lire...
    II : pourquoi ne pas réunir le 1 et le 2, et faire une partie sur la "magie" de la représentation théâtrale, avec les décors, les costumes, éventuellement la musique, l'ambiance...
  • alain8527 a écrit:
    Je suis entièrement d'accord avec toi. Mais je suis malheureusement contraint de respecter sa méthode.

    Je pense qu'en tordant bien l'exemple, n'importe quelle pièce contemporaine - et même autre, sans doute, mais je m'y connais très très peu - trouve entre sa lecture et sa représentation une articulation particulièrement prégnante. Le théâtre "absurde" d'un Beckett ou "engagé" d'un Sarte ou même d'un Camus - je reviens toujours sur ces bases où je me sens à peu près légitime - est parlant en cela.
    L'absurdité - si l'on peut dire cela ainsi - d'une pièce comme En attendant Godot ne s'éprouve pas de la même manière à la lecture qu'à la représentation. Le malaise n'est pas le même et la profondeur philosophique de la chose est comme vrillée entre deux pôles ; il est aussi extrêmement intéressant dans ce cas de réfléchir sur ce que le théâtre dit au lecteur et ce qu'il dit au spectateur. Pour cette pièce ; ce sont deux messages, ou du moins deux tensions qu'il communique, dont le fond peut bien être le même, où l'engagement du lecteur/spectateur est appréhendé autrement. Je pense par exemple cette tirade :
    LUCKY (débit monotone). – Étant donné l’existence telle qu’elle jaillit des récents travaux publics de Poinçon et Wattmann d’un Dieu personnel quaquaquaqua à barbe blanche quaqua hors du temps de l’étendue qui du haut de sa divine apathie sa divine athambie sa divine aphasie nous aime bien à quelques exceptions près on ne sait pourquoi mais ça viendra et souffre à l’instar de la divine Miranda avec ceux qui sont on ne sait pourquoi mais on a le temps dans le tourment dans les feux dont les feux les flammes pour peu que ça dure encore un peu et qui peut en douter mettront à la fin le feu aux poutres assavoir porteront l’enfer aux nues si bleues par moments encore aujourd’hui et calmes si calmes d’un calme qui pour être intermittent n’en est pas moins le bienvenu mais n’anticipons pas et attendu d’autre part qu’à la suite des recherches inachevées n’anticipons pas des recherches inachevées mais néanmoins couronnées par l’Acacacacadémie d’Anthropopopométrie de Berne-en-Bresse de Testu et Conard il est établi sans autre possibilité d’erreur que celle afférente aux calculs humains qu’à la suite des recherches inachevées inachevées de Testu et Conard il est établi tabli tabli ce qui suit qui suit qui suit assavoir mais n’anticipons pas on ne sait pourquoi à la suite des travaux de Poinçon et Wattmann il apparaît aussi clairement si clairement qu’en vue des labeurs de Fartov et Belcher inachevés inachevés on ne sait pourquoi de Testu et Conard inachevés inachevés il apparaît que l’homme contrairement à l’opinion contraire que l’homme en Bresse de Testu et Conard que l’homme enfin bref que l’homme en bref enfin malgré les progrès de l’alimentation et de l’élimination des déchets est en train de maigrir et en même temps parallèlement on ne sait pourquoi malgré l’essor de la culture physique de la pratique des sports tels tels tels le tennis le football la course et à pied et à bicyclette la natation l’équitation l’aviation la conation le tennis le camogie le patinage et sur glace et sur asphalte le tennis l’aviation les sports les sports d’hiver d’été d’automne d’automne le tennis sur gazon sur sapin et sur terre battue l’aviation le tennis le hockey sur terre sur mer et dans les airs la pénicilline et succédanés bref je reprends en même temps parallèlement de rapetisser on ne sait pourquoi malgré le tennis je reprends l’aviation le golf tant à neuf qu’à dix-huit trous le tennis sur glace bref on ne sait pourquoi en Seine Seine-et-Oise Seine-et-Marne Marne-et-Oise assavoir en même temps parallèlement on ne sait pourquoi de maigrir rétrécir je reprends Oise Marne bref la perte sèche par tête de pipe depuis la mort de Voltaire étant de l’ordre de deux doigts cent grammes par tête de pipe environ en moyenne à peu près chiffres ronds bon poids déshabillé en Normandie on ne sait pourquoi bref enfin peu importe les faits sont là et considérant d’autre part ce qui est encore plus grave qu’il ressort ce qui est encore plus grave qu’à la lumière la lumière des expériences en cours de Steinweg et Petermann il ressort ce qui est encore plus grave qu’il ressort ce qui est encore plus grave à la lumière la lumière des expériences abandonnées de Steinweg et Petermann qu’à la campagne à la montagne et au bord de la mer et des cours et d’eau et de feu l’air est le même et la terre assavoir l’air et la terre par les grands froids l’air et la terre faits pour les pierres et les grands froids hélas au septième de leur ère l’éther la terre la mer pour les pierres par les grands fonds les grands froids sur mer sur terre et dans les airs peuchère je reprends on ne sait pourquoi malgré le tennis les faits sont là on ne sait pourquoi je reprends au suivant bref enfin hélas au suivant pour les pierres qui peut en douter je reprends mais n’anticipons pas je reprends la tête en même temps parallèlement on ne sait pourquoi malgré le tennis au suivant la barbe les flammes les pleurs les pierres si bleues si calmes hélas la tête la tête la tête la tête en Normandie malgré le tennis les labeurs abandonnés inachevés plus grave les pierres bref je reprends hélas hélas abandonnés inachevés la tête la tête en Normandie malgré le tennis la tête hélas les pierres Conard Conard… (Mêlée. Lucky pousse encore quelques vociférations.) Tennis !... Les pierres !... Si calmes !… Conard !... Inachevés !...

    Cette tirade trouve dans la mise en perspective lecture / représentation quelque chose de terrible.
    Là où la lecture implique une certaine mise en intériorité du flux de pensée du personnage, au point qu'on peut se demander qui de nous ou de lui pense finalement, et où donc c'est un malaise individuel, subjectif, intérieur, existentiel qui est signifié, on pourrait faire l'hypothèse que la représentation, en formant une extériorité, construit un malaise différent ; malaise du surgissement d'une altérité radicale que l'on ne comprend pas - dans le sens profond du terme.
    Ambivalence de la lecture et de la représentation qui peut montrer ici, si on la traite d'une certaine manière (mais je ne sais rien de la pertinence de ce que je viens de dire), que le malaise, s'il repose sur les même mot, ne repose pas dans le même giron ; intériorité / extériorité.
  • Ammy : Je te remercie pour ta proposition fort séduisante mais la prof préfère que je fasse 3 parties. Et, en fait ma première partie est la thèse rejetée, celle avec laquelle je suis le moins d'accord. Merci encore

    Leilhe : Merci beaucoup ! Je vais creuser de ce côté et je pense que cet exemple peut convenir car il est bien plus subtil que tous les autres que j'ai utilisés auparavant et ajoute une petite dimension philosophique sur la question de l'homme. ;)
  • Ammy te propose justement de faire trois parties :
    II : pourquoi ne pas réunir le 1 et le 2, et faire une partie sur la "magie" de la représentation théâtrale, avec les décors, les costumes, éventuellement la musique, l'ambiance...
  • alain8527 a écrit:
    Ammy : Je te remercie pour ta proposition fort séduisante mais la prof préfère que je fasse 3 parties. Et, en fait ma première partie est la thèse rejetée, celle avec laquelle je suis le moins d'accord. Merci encore

    Leilhe : Merci beaucoup ! Je vais creuser de ce côté et je pense que cet exemple peut convenir car il est bien plus subtil que tous les autres que j'ai utilisés auparavant et ajoute une petite dimension philosophique sur la question de l'homme. ;)

    Je ne vois pas ce que cela change : je t'apporte juste des précisions pour améliorer tes deux premières parties, ce qui ne t'empêche pas de garder ton III, et je ne supprimais rien puisque je te proposais une autre piste à ajouter...


    J'ajoute : ton III me paraît pertinent. D'ailleurs souvent l'une mène à l'autre et inversement : parfois on voit une pièce, on l'apprécie, ou elle nous choque, nous surprend, bref réveille quelque chose en nous. Et on achète le texte pour le lire tranquillement et revivre les scènes que l'on a pu voir. D'autre fois on est curieux d'aller voir un spectacle dont la lecture nous a plu.
  • Ok merci !! J'avais mal compris. Je vais essayer d'élaborer un plan de ce que tu me propose mais il me reste très peu de temps.
    C'est surtout pour la conclusion que j'ai du mal :/
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