Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour.

Voila je suis face à un probléme. Ma toute premiére dissertation "officielle" , je suis en 1ere S , alors forcément quand notre cher professeur nous a donné une dissert type bac...
J'espére que vous pourrez m'aider.

Voilà donc j'ai un corpus de 3 texte. ce sont des extraits de piéce de théatre.
L'île des esclaves de MARIVAUX
Les bonnes de Jean GENET
En attendant de Samuel BECKET

les questions préparatoires étaient:
1) quel est le registre de chacune des ces scénes ?
Le registre est comique pour les 3 , chacune présente une relation maitre/valet différente.
2)dans chaque scéne du corpus , précisez les liens qui unissent les personnages.

Donc les questions je me débrouille bien.

Le sujet: Pourquoi le couple du maitre et du serviteur est-il tandemn priviligié dans le théatre , depuis sa création jusqu'à nos jours ? Quelles ressources offre-t-il à l'auteur , au metteur en scéne et aux acteurs ? Quel intérêt peut-il présenter pour le public ?

J'aimerais étre guidée pour le plan , vu que j'ai énormément de mal à trouver une organisation :s

A savoir : j'ai étudié Don Juan et Le jeu de l'amour et du hasard.

Merci d'avance.
Mots clés :

Réponses

  • Eh bien puisque tu as étudié Don Juan, tu devrais pouvoir répondre sur le tandem Don Juan/Sganarelle
  • Oui bien sur. Disons qu'en fait.
    Du moment que j'ai un plan j'arrive trés bien à me débrouiller.
    Seulement... je n'arrive pas à trouver un plan potable.
    c'est pour ça que j'aimerai beaucoup que quelqun me donne une directive , un plan , une organisation (lol)
    Pour m'aider à me lancer !
  • Relis le sujet
    "Pourquoi le couple du maitre et du serviteur est-il tandemn priviligié dans le théatre , depuis sa création jusqu'à nos jours ? Quelles ressources offre-t-il à l'auteur , au metteur en scéne et aux acteurs ? Quel intérêt peut-il présenter pour le public ?"
    On te donne un plan linéaire
    -le tandem maître/serviteur dans l'histoire du théâtre
    -intêret pour l'auteur, le metteur en scène, les acteurs
    -intêret pour le public
    Alors, pourquoi te casser la tête ?
  • ... Oui. c'est vrai.
    Alors dans ma dissertation je peux traiter cela comme ça ?

    Avec ces trois parties tout bêtement ?
  • Regarde quand même les fiches de méthodologie sur ce site même. Mais tout plan est valable, à condition d'être bien argumenté. Et comme tu dis ne pas manquer d'idées ça devrait rouler
  • D'accord merci beaucoup :)
  • Bonjours a tous, voila j'ai un probleme pour ma dissertation de francais.J'aimerais beaucoup que quelq'un m'aide, je n'ai jamais appris a en faire une, d'autant plus que celle que j'ai a faire et plutot difficile. je vous laisse le sujet :


    Le coulple maitre-valet ou maitresse-suivante est trés souvent utilisé pas les dramaturges jusqu'a aujourd'hui encore. Quelles peuvent étre les fonctions du valet ou de la suivante dans une piece? Quel intéret peut-il avoir pour le public? S'agit-il de personnage secondaire?
    Vous construirez votre reflexion à partir des textes etudiés en classe (extraits de phédre, dom juan, tartuffe et l'le des esclaves)


    Je suis vrément bloquer pour ce travaille. Si quelqu'un peut m'aider , n'hesitez pas.
  • Bonjour tout le monde je suis nouvelle ici!Je me suis inscrite à ce site car je vois qu'il est très interessant!Je suis en 1 ES et j'ai une disseratation à faire.Le sujet traîte sur les comédies au 18siècle.Le sujet se présente comme ceci:
    "Qu'entend-on par l'expression"couple maître et valet" dans la comédie du 18 siècle?Le mot "couple" vous semble-t-il approprié,inexact ou réducteur à propos de la comédie que vous avez étudiée?"
    L'objet d'étude est l'île des esclaves de marivaux.
    J'ai lu d'autres pièces comiques:les fourberies de sacpain et dom juan de Molière; Le mariage de Figaro de beaumarchais.

    J'ai pensé qu'il fallait se baser sur la définition du mot couple dans le dictionnaire et ensuite établir un plan critique pour sire si les raltions entre maitre et valet dans ces pièces peuvent être qualifiées de couple ou pas.
    J'ai vraiment besoin d'aide pour établir un plan je ne sais pas exactement sur quoi me baser!
    Je vous remercie d'avance je dois rendre le sujet lundi et j'ai vraiment besoin d'aide!
  • 10lu10lu Membre
    Bonjour,

    Je suis en 1ère S et j'aurais besoin d'aide.
    J'ai une question qui porte sur un corpus : Étudiez la figure du maître dans chacun des textes présentés dans le corpus.
    Alors voilà, j'ai un problème. Je n'arrive pas à savoir si je dois étudier la figure du maître texte par texte, ou bien essayer de retrouver des points communs et de rassembler les textes.
    Du coup, j'ai fait quelque chose entre les deux : j'ai choisi d'étudier séparément les textes, puis de les regrouper dans des grandes parties (l'une pour les maîtres dominant leurs valets, la seconde pour les maîtres placés au même niveau que leurs valets et la troisième pour les maître dominés). Dans ma conclusion, j'ai résumé ces trois grandes parties et j'ai aussi mis en évidence les points communs. Je me demandais donc si le plan que j'avais établi n'était pas trop simpliste, et si j'avais le droit de procéder comme ça.

    Donc si quelqu'un pouvait me conseiller, parce que là je sais absolument pas si ce que j'ai fait est bien.

    Merci.
  • honta2honta2 Membre
    Bonjour ! :)

    Alors, une première dissert' "officielle" cela se fête ! Cela se savoure, cela se goûte, cela se déguste avec volupté. Un exercice nouveau, une forme inédite de tourner sa pensée _ petit veinard, va ! Tu sais cela ? Je t'envie. Tu vas découvrir un petit plaisir de l'existence, une petite joie anodine, un ordinaire délice _ non seulement tu ne le vois pas mais en plus tu viens t'en plaindre. Rhâ, ces jeunes ils ne méritent vraiment pas leur jeunesse.
    =D

    Pour commencer, garde bien à l'esprit que des conseils, des pistes, tu vas en recevoir des quantités, et qu'à peu près toutes sont bonnes à prendre TANT QUE TU SAIS LES REFORMULER. L'inté^rêt prfond d'une dissert, à long terme, c'est que les idées vont finir par venir de toi _ et de toi seul, même si pour cela tu auras dû commencer par les emprunter ici et là, par en faire ton aliment. En ce moment je ruisselle d'idées inemployées _ je veux bien servir à approvisionner le garde manger collectif, mais je déconseillerai à quiconque de les reproduire telles quelles sur une copie de bac. Recracher ce qu'on aura ingéré, en faire une énumération de thèmes et de concepts, c'est passer à côté de l'exercice, qui est d'arriver à construire sa propre pensée. Car chaque élève de première ou d'un autre niveau ruisselle lui aussi d'idées inemployées. Et si l'exercice paraît monstrueusement difficile ou rhédibitoire, c'est parce qu'on a pris l'habitude d'en faire une sorte d'épreuve suprême, une sorte de graal que seuls les Elus sont à même de maîtriser. C'EST FAUX !

    Ainsi pour la première "dissert'officilelle", on se sent obligé de venir consulter les anciens, on va scruter longuement les annales et en retenir le corrigé, on va vouloir mettre toutes les chances de son côté, regarder comment font les autres et faire comme eux, répéter ce qui a le plus de chances de plaire à son correcteur. Nous y sommes tous passés : mais au fond, une première dissert n'est rien qu'une première dissert. Il y en aura d'autres, et d'autres, ce n'est rien de plus qu'un exercice un peu différent de ceux que tu maîtrises, j'en suis sûre, dejà très bien _ rien d'autre qu'un coup à prendre. Et pour cela, pour le prendre ce coup il n'y a qu'un secret : plutôt que les annales, plutôt que les fiches méthodo, plutôt que les conseils piochés ici et là et qui vont de toutes façons tous se contredire, plutôt que d'amasser un maximum de données (ce qui n'aura pour effet que de te faire prendre l'exercice encore plus au sérieux, te le rendre inaccessible, et te filer par dessus le marché un mal de crâne de tous les diables ) : PRATIQUE ! Pratique, rassemble tes idées, même si elles sont décousues. Essaye les ensemble, vois si celle ci va avec celle là, fais des combinaisons, exerce ton esprit. Tu arriveras beaucoup plus vite à quelque chose qu'en ressassant pour un sujet donné ce qui a été abordé en classe ou dans un bouquin d'annales _ car vouloir se sonformer à la norme c'est prendre le risque e ne fournir absolument rien qui vienne de toi. Et songe un peu, songe... à ce ruisseau d'idées perdu... :roll:


    Cela dit ça ne va pas m'empêcher de t'aider à traiter le sujet, et je vais le faire après manger. Je vais essayer d'y mettre un minimum de détail pour que ça ne soit pas abstrait et tout pondu tel quel. On va bien voir, si j'arrive à quelque chose : il n'y aura là qu'un exemple bidouillé sur le vif _ mais si cela peut te donner une idée de comment réflechir...

    manger ! =D
  • honta2honta2 Membre
    Bon, I'm back.
    Ayant parcouru les sujets précédemment publiés on auras sans doute remarqué qu'il y en avait un extrêmement proche, publié par "bidouille", à propos du couple maître-valet. Je ne vais pas traiter de celui là mais bien de celui publié par Clément _ la nuance se trouvant dans le fait que celui-ci s'intéresse uniquement au personnage du serviteur, mis en scène dans ce couple et non au couple.

    Et commençons par constater. Balançons les constats de départ les plus élémentaires. Est ce que ce sujet se justifie ? Y -t-il beaucoup de couples maître-valets connus ? vraiment? Lesquels ? Et par ordre chronologique, pourquoi pas ? Est-ce que vraiment on en retrouve pour chaque époque ? Chaque genre ?


    Je note mes exemples. Il y en a sans doute que tu connais. Si l'on commence à partir de l'âge classique et baroque il nous vient naturellement les couples :
    *Clindor et Matamore (Corneille, l'illusion comique) tragi-comédie
    *Don Juan/Sganarelle (Molière, Don Juan)
    *Scapin et les jeunes maîtres (Molière les fourberie dudit) comédie
    *Oenone/Phèdre (Racine, Phèdre) tragédie

    *Le double couple Lisette/ Silvia et Dorante/Bourguignon (Marivaux, les lumières)
    *L'immortel couple Figaro/Almaviva (Beaumarché)

    Passons sur les drames historiques et Victor Hugo, je n'y ai trouvé rien d'intéressant pour nous. Mais, arrivent les temps modernes et :
    * Strindberg (Mademoiselle Julie) Une jeune et riche péronelle partage un soir de réveillon les réjouissances de ses domestiques, soir au cours duquel elle flirte et s'offre à son valet, Jean, un rude gaillard qui connaît la vie et méprise au fond de lui sa légèreté de fille choyée. Elle finit par s'en remettre à lui dans un élan romanesque, s'offre de fuir et d'être sa compagne, lui qui a les pieds sur terre la repousse; déshonorée elle n'a plus de ressource que dans le suicide.
    *Beckett, En attendant Godot, théâtre dit "de l'absurde" (même si cette affirmation en fait regimber beaucoup)
    *Camus, le malentendu
    *Genet, Les bonnes.

    J'ai un corpus d'exemples _ laissons-le pour l'instant. Mais voyons plutôt si le sujet est illustré : il y a bien des couples valets-maîtres, ou serviteurs-servis issus de tous les siècles, de tous les genres, de tous les courants d'idées.Sont-ce pour autant les mêmes rapports ? Evidemment, non.
    Jusque là tout va bien.
    Arrive l'éternelle question vexatoire : "pourquoi?". Et c'est là que les choses sérieuses commencent. On ne s'en tire pas ici avec un simple parce que.
    Qu'est ce qui a changé d'abord ? Qui sont les valets sous l'ancien régime ? Des gens du peuple, souvent peu éduqués, des bouffons de comédie (cf commédia dell'arte et Arlequin). Le valet qui est un personnage vulgaire issu du bas peuple, une essence populaire brute; il ne devrait pas avoir sa place sur une scène de théâtre, qui par définition ne doit montrer que des choses hors du commun, des intrigues remarquables et des personnages fameux : parce qu'il n'a rien de remarquable, rien de fameux. Est-ce sa destinée que de toujours se trouver dans l'ombre d'un grand de ce monde, roi ou seigneur ? Et dans ce cas, pourquoi le représenter ? Ne gêne-t-il pas l'action au contraire ? A présent que la condition sociale n'est plus fixée dès la naissance mais aux mains et en la posséssion de chacun, peut on dire que représenter un valet sur scène a la même valeur ? Sont-ce les mêmes rapports qui sont mis en lumière ? Si les Sganarelle ou les Oenones pouvaient être fiers d'être placés, d'être dans la confidence de leur maître et de servir son intimité, le service à notre époque est plutôt considéré comme un état dégradant, peu gratifiant et qui aliène l'être. On attend maintenant des maîtres qu'ils se fassent respecter pour être obéis _ en tendant le rasoir à Mademoiselle Julie, Jean n'a t-il pas marqué l'avènement d'un nouvel ordre social où le valet va dicter sa conduite au maître ?


    voilà mes notes en vrac. Et maintenant je vais essayer de structurer tout ça.

    D'abord, oui, je crois qu'il y a une partie à faire sur l'essence fondamentalement populaire du personnage de serviteur au théâtre. Il fait partie des petites gens, il va forcément s'opposer en idée à une personnalité remarquable ou haut placée. Qu'est ce que va apporter sur scène cette intrusion du penser et du parler commun dans un espace qui est régi par les lois de bienséance et vise l'édification ?
    _ Contre les excessives complications qu'apporte un mode de vie raffiné et un esprit habitué à raisonner dans le subtil, il incarne une certaine sagesse populaire, qui parle franc et va au plus simple. ex : Lisette, dans cette scène :https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Jeu_de_l'amour_et_du_hasard#Sc.C3.A8ne_premi.C3.A8re

    Quand le maître raisonne trop, finasse trop, s'égare dans la controverse, il figure l'alternative populaire, matérielle qui accuse ce ridicule se place en extrême inverse. : https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Femmes_savantes#SC.C3.88NE_V
    Ainsi les deux extrêmes sont illustrés, et la figure de l'honnête homme, entité du juste milieu, peut être identifiée.

    Ainsi le domestique en tant qu'essence, en tant que "représentatif de son genre", de son caractère (n'oublions pas que c'est une figure constitutive du théâtre de caractère) est bien plus qu'un personnage secondaire servant uniquement à faire rire le public : il sert le positionnement des personnages et des idées sur scène. Il est lui même un protagoniste du jeu des caractères.

    Mais est-il réduit à cette seule incarnation? Son rôle, qui tempère l'humeur des maîtres et parsème l'action de traits d'humours est il uniquement de rester en dehors et d'en être en quelque sorte, le commentateur? Sganarelle reste sur le seuil des enfers, et à aucun moment ne s'oppose clairement à la vie dissolue de son maître. Lisette, Marianne... ceux là sont en dehors du coup et n'ont aucune prise sur l'action. Ils subissent, entre guillemets les décisions et caprices de leurs maîtres et maîtresses. Ils sont la réaction _ mais existe-t-il des valets action ?



    En deuxième partie nous verrons la représentation des valets au théâtre a pu subir une évolution, notamment à travers l'apparition de figures qui ont une prise sur l'action et prennent leur intrigue en main. Un serviteur, ce n'est pas seulement l'idée de peuple et de vulgaire : c'est aussi celle de travail. Le serviteur est celui qui travaille, qui arrange les affaires de son maître, qui combine, ouvrage et officie, par opposition au maître qui ordonne et se laisse servir.
    Phèdre par exemple, (la pièce) sans la présence et l'action d'Oenone n'aurait pour ainsi dire pas lieu d'être; puisque Phèdre se laisse mourir dès l'acte un pour échapper au scandale et à la tragédie, et que scandale et tragédie n'arrivent que parce que quelqu'un aura été là pour la presser de parler, pour l'encourager d'avouer, pour la soutenir d'agir, pour l'inciter de calomnier, pour se faire calomniatrice enfin, à sa place et la servir malgré elle. Phèdre est une force mourante, indécise, et Oenone sa force agissante et industrieuse. Et de fait souvent le maître, accablé, désespéré, incapable d'agir, tenu par ses mbonnes moeurs ou par la bienséance de son état va s'en remettre à celui qui va de l'avant et machine par habitude. Angélique dans le médecin malgré lui. Les deux gentilhommes dans les fourberies de Scapin. La comptesse à Figaro dans Le Mariage de celui ci, après que le compte s'en soit déjà remis à lui à l'épisode précédent, le barbier de Séville. : https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Mariage_de_Figaro#Sc.C3.A8ne_2_2

    Ainsi, tandis que le personnage de valet en vient à constituer un moteur de l'intrigue : tandis que le maître évolue dans un monde où tout se sait, tout est lois, tout se paye d'honneur ou de réputation, tout est codes et conventions, le valet lui vient d'un monde où l'on combine pour sa bonne fortune, où rien n'arrive sans rien et où le plus industrieux, le plus astucieux, le plus doué d'initiative est le mieux servi (cf le monologue de Figaro _ une première dans l'histoire du théâtre, ce long monologue d'un serviteur, habituellement l'apanage de la haute classe)

    Mais n'est ce pas là le signe d'un renversement de l'ordre social ? Avec la répolique célèbre de Figaro : "Aux vertus qu’on exige dans un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d’être valets ?", ne voit-on pas se préférer un avertissement aux nobles de la scène ? Dorénavant, n'est ce pas à celui qui est serviteur et travaille, et s'active que va notre sympathie, et à celui qui ordonne et attend que va notre condescandance ? Le bouleversement social et l'effondrement de l'ancien régime a-t-il changé ces postures ?


    Et nous voici dans notre troisième partie, étudiant non plus le théâtre classique ni celui des lumières, mais celui dont les protagonistes sont plus proches de nous. Et l'on voit émerger des intrigues où le service n'est plus un état mais une punition, une sorte de disgrâce. Dans le malentendu de Camus, dans les bonnes de Genet... Ces personnages auraient pu être autre chose, rêvent toujours d'être autre chose, caressent l'espoir de le devenir, d'être leur propre maître, d'être en mesure de suffir seuls à leurs besoins. Et survient le client, et survient Madame, cet être pour qui tout est facile, cet être qui a le droit de se poser en être suppérieur, de s'entendre louer, d'avoir des avantages, et le rapport qui se crée n'est plus hierarchique et social mais EXISTENCIEL. Car ces maîtres là, _ et c'est la clé _ ignorent tout de la vie intérieure riche de celui qui les sert. Ils n'y ont pas accès :

    - Rien ne vous empêche de prendre le langage des clients.
    - Quel est ce langage ?
    - La plupart nous parlaient de tout, de leurs voyages ou de politique, sauf de nous-mêmes. C'est ce que nous demandons. Il est même arrivé que certains nous aient parlé de leur propre vie et de ce qu'ils étaient. Cela était dans l'ordre. Après tout, parmi les devoirs pour lesquels nous sommes payées, entre celui d'écouter. Mais, bien entendu, le prix de la pension ne peut pas comprendre l'obligation pour l'hôtelier de répondre aux questions. (Martha à Jan. I, 5)

    Tandis que les Sganarelle, les Marianne, obéissent en regimbant, et parfois désobéissent, mais n'ont aucun secret pour leur maître et leur exposent en long en large et en travers leur façon de penser comme de vrais moulins à parole qu'ils sont, ces valets modernes opposent une soumission absolue et une obéissance affichée _ mais ils ont une profondeur et cachent leur pensée. Celle ci est secrète. Ils sont des individus complexes à part entière.


    Ainsi le cercle a été renversé.
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