Grammaire française Participe passé

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Réponses

  • Oh là là, Zaj !

    Évitons les réactions épidermiques, n'attaquons pas autrui ad hominem. Chacun a sa manière de s'exprimer. Question d'habitude.

    Ceci dit, je fréquente ce forum depuis dix ans à peu près, avec un intervalle de deux années de silence où un modérateur (qui a heureusement disparu, apparemment) ne cessait de me poursuivre de critiques fort cruelles avec une certaine délectation. J'en ai été malade, littéralement.

    "Un cercle élitiste à l'ego gonflé" ? Non, des membres qui en savent plus que d'autres dans certains domaines et qui proposent une aide bénévole. Des profs souvent retraités qui éprouvent le besoin de continuer à transmettre leur savoir, de garder le contact avec des élèves et d'échanger des arguments.

    Tel est mon avis.

  • Bonjour,

    La phrase suivante avec si et l'imparfait dans la subordonnée et dans la principale un imparfait et non un conditionnel me parait tout à fait correcte, mais je n'arrive pas à m'expliquer pourquoi.

    Il a dit que si le nombre de cas augmentait (il s'agit de contaminations), il n'excluait pas de prendre de nouvelles mesures.

    Pourtant avec un autre verbe, le conditionnel s'impose.

    Il a dit que si le nombre de cas augmentait, il prendrait de nouvelles mesures.

    Merci.

  • JehanJehan Modérateur

    Bonsoir.

    Cela ne dépend pas du verbe. C'est parce qu'il s'agit d'un discours indirect.

    En discours direct, ce serait : Il a dit : "Si le nombre de cas augmente, je n'exclus pas de prendre de nouvelles mesures.".

    La principale étant au passé, en discours indirect, les verbes au présent passent à l'imparfait :

    Il a dit que si le nombre de cas augmentait, il n'excluait pas de prendre de nouvelles mesures.

  • Bonsoir Jehan,

    C'est en comparant avec l'autre phrase que ça se complique pour moi.

    Discours direct : il a dit : "Si le nombre de cas augmente, je ne prends pas (ou ne prendrai pas) de nouvelles mesures."

    Discours indirect : il a dit que si le nombre de cas augmentait, il ne prendrait pas... Mais on ne peut pas mettre l'imparfait "prenait".

  • JehanJehan Modérateur
    septembre 2020 modifié

    On peut tout à fait mettre "il prenait" (correspond au présent "je ne prends pas" ).

    On peut mettre aussi "il prendrait" (correspond au futur "je ne prendrai pas" ).

    Au futur en style direct correspond un conditionnel temporel en style indirect.

    De même, à Il a dit : "Si le nombre de cas augmente, je n'exclurai pas de prendre de nouvelles mesures" correspond "Il a dit que si le nombre de cas augmentait, il n'exclurait pas de prendre de nouvelles mesures."

    Cette dernière phrase est d'ailleurs ambiguë, car elle peut correspondre également à un imparfait modal et à un conditionnel modal en discours direct :

    Il a dit : "Si le nombre de cas augmentait, je n'exclurais pas de prendre de nouvelles mesures."

  • Du moment qu'il est possible de dire :

    Il a dit que si le nombre de cas augmentait, il (ne) prenait (pas) de nouvelles mesures, il n'y a plus de problème, c'est juste que ça sonnait mal à mon oreille.

    Merci beaucoup Jehan.

  • lamaneurlamaneur Modérateur

    C'est tout à fait possible, mais effectivement ça sonne assez mal, parce que la séquence temporelle semble trop ramassée, mettant sur le même plan la condition et sa conséquence. C'est la même chose d'ailleurs au présent et en discours direct :

    Si le nombre de cas augmente, il (ne) prend (pas) de nouvelles mesures.

    Il va de soi qu'on s'attend plutôt à un futur pour la conséquence :

    Si le nombre de cas augmente, il (ne) prendra (pas) de nouvelles mesures.

    Naturellement, un présent est possible pour une décision prise en même temps que la condition :

    Si le nombre de cas augmente, il (n') exclut (pas) de prendre de nouvelles mesures.


  • Oui, Lamaneur, on comprend pourquoi exclut et excluait sont plus facilement acceptés que "prendre".

  •  Bonjour,

    Peut-on employer le cond. passé 2e forme dans cette phrase ? J'aurais dit : il serait tombé.

    Si les mineurs ne l’avaient pas retenu, il fût tombé.


    Est-il exact que eût été tombé et eut été tombé n'existent pas ?

    Si ce catcheur n'avait pas été si fort, il eut (eût ?) été tombé. C'est la voix passive, non ?

    Qu'il eût été tombé par son adversaire. ?

    Merci beaucoup.

  • JehanJehan Modérateur

    Bonjour.

    Oui, bien sûr, on peut dire : Si les mineurs ne l’avaient pas retenu, il fût tombé. Mais c'est moins naturel et plus recherché que Si les mineurs ne l'avaient pas retenu, il serait tombé.

    Si ce catcheur n'avait pas été si fort, il eût été tombé. Oui, bien sûr, dans l'emploi rare et spécialisé que tu indiques (verbe "tomber" en emploi transitif à la forme passive) c'est correct. Cela dit, on emploierait plutôt il aurait été tombé, plus naturel, moins affecté. Mais même ainsi, la phrase pourra déconcerter, on ne verra pas forcément qu'il s'agit de l'emploi rare et spécialisé, surtout si l'on ne précise pas par son adversaire. Pourquoi ne pas écrire tout simplement, avec "tomber" intransitif : Si le catcheur n'avait pas été aussi fort, il serait tombé ? Le sens n'est pas tout à fait identique, certes, mais au moins tout le monde comprendra.

  • Super Jehan !

    Bon soir.

  • septembre 2020 modifié

    Bonjour,

    Concordance avec si, on sait:

    Présent..... futur simple.

    Imparfait.... conditionnel (futur du passé).

    Mais

    1.Si je veux exprimer l'éventualité, je peux bien mettre un conditionnel après le présent, non ?

    Si tu continues de travailler ainsi, tu pourrais te blesser.

    2.Je peux placer l'imparfait dans l'avenir pour exprimer l'éventualité, non ?

    Si demain, tu voulais conduire, il te faudrait un permis.

    3.Si le verbe de la principale se situe dans l'avenir par rapport à aujourd'hui et celui de la subordonnée dans le passé, le conditionnel est toujours de rigueur.

    Si tu avais acheté cette maison l'an dernier, tu pourrais la revendre plus cher l'an prochain. Le futur simple (pourras) est-il possible dans ce cas ?

    Merci.

  • lamaneurlamaneur Modérateur

    Oui aux trois questions.

    Pour la troisième, le futur serait possible avec une autre construction :

    Si tu as acheté cette maison l'an dernier, tu pourras la revendre plus cher l'an prochain.

  • la première phrase est peut-être bonne mais elle blesse mon oreille délicate.. 😉

  • Bonsoir Lamaneur, bonsoir Paulang,

    Oui, Paulang, heureusement qu'on a des oreilles pour nous guider un peu, sinon nous aurions du mal à nous en sortir. Personnellement, je trouve tout à fait naturel qu'un présent dans la subordonnée s'accompagne soit du futur simple, soit du conditionnel, selon le sens. Il faudra trancher cette question.

    Lamaneur, mon oreille accepte tout à fait un futur simple avec le passé composé dans la phrase 3. C'est bizarre, vu que le passé composé est aussi un passé. Je perçois toutefois des différences de sens. Avec l'imparfait (le+que parfait), on déplore en quelque sorte que l'achat n'ait pas eu lieu (dommage, si tu avais acheté...). Avec le passé composé, il me semble que le sens est : si tu as acheté cette maison l'an dernier (et non à un autre moment), tu pourras le revendre, tu as la possibilité de la revendre si tu veux, la loi (par exemple) ne te l'interdit pas,

  • JehanJehan Modérateur
    septembre 2020 modifié

    Oui,il y a bien les différences de sens que tu relèves.

    Le plus-que-parfait n'a pas ici un emploi temporel, mais un emploi modal. C'est l'équivalent d'un conditionnel passé (irréel du passé, action qui n'a pas eu lieu).

    Si tu avais acheté cette maison l'an dernier, tu pourrais la revendre plus cher l'an prochain.

    = Tu aurais acheté cette maison l'an dernier, tu pourrais la revendre plus cher l'an prochain.

    Tandis que le passé composé, lui, n'a pas de valeur modale :

    Si tu as acheté cette maison (ce qui est possible, ce qui a pu avoir lieu; ce n'est pas un irréel du passé) tu pourras la vendre plus cher l'an prochain.

  • septembre 2020 modifié

    Merci Jehan, mais tu ne nous dis rien à propos de la phrase 1, objet de mes hésitations et qui ne plait pas beaucoup à Paulang.

  • lamaneurlamaneur Modérateur
    septembre 2020 modifié

    La première phrase est souvent critiquée par des gens à qui on a inculqué que "les si n'aiment pas les rais", mais elle est parfaitement correcte. Elle introduit une simple éventualité consécutive et liée à la condition énoncée.

  • Oui, Lamaneur, elle est tout à fait correcte ; la phrase que j'ai donnée en exemple le prouve bien.

    Si tu continues de travailler ainsi, tu pourrais te blesser (ce n'est pas certain, il y a juste un risque).

    Si tu ne me livres pas la marchandise, je ne te payerai pas (Là, c'est certain qu'il n'aura pas un rond, il n'y a aucun doute).

    Magnifique, ce forum !

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