Les syllabes dans la poésie

Ma professeur de français nous a demandé de faire un sonnet pendant les vacances, je ne suis pas certaine du nombres de syllabes de mes vers qui doivent être de 12 normalement.


Le matin la rosée humecte mes pieds
Le vent caresse légèrement mon visage
Et le temps se fige comme une image
C'est la saison d'amours et d'amitiés,

Le soleil rougit ma peau comme un baiser,
Le ciel me parait vide sans ses nuages,
Les fleurs s'ouvrent à leur avantage,
Laissant leurs plaisantes couleurs se dévoiler,

Les oiseaux créent de belles mélodies
Faisant disparaître le son de la pluie,
De nouvelles odeurs s'exhalent du jardin,

Mais cela ne se perpétue qu'un certains temps,
L'été appariait déjà en sonnant la fin,
Bientôt c'est l'hiver qui reprendra les devants.

Merci, Pauline.

Réponses

  • Tu as fait beaucoup de fautes selon moi.
    Voila les "e" a la fin d'un vers comptent comme une syllabe, ensuite si il y a un "e" en fin de mot et qui le mot juste après commence par un consonne alors ce "e" est compté comme une syllabe.
    Voila les erreurs que j'ai trouvées dans ton poème :
    2ème vers : 13 syllabes
    3ème vers: 11 syllabes
    4ème vers : 10 syllabes
    5ème vers : 11 syllabes
    6ème vers : 13 syllabes
    7ème vers : 9 syllabes
    9ème vers : 10 syllabes
    10ème vers : 11 syllabes

    Bon je ne suis pas a l'abri d'une erreur mais je pense que c'est sa.
    Bonne continuation !
  • les "e" a la fin d'un vers comptent comme une syllabe
    Ah bon ? Je n'ai jamais entendu ça =S

    Pour ma part, je dirais, par exemple dans le vers deux, qu'il y a bien 12 syllabes
  • Je croyais que justement en fin de vers le -e ne comptait pas comme une syllabe ?
  • C'est bien ça il me semble :)
  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour.

    Ce qui compte, ce sont les syllabes prononcées.
    Une syllabe en -e muet à la fin d'un vers n'est jamais prononcée, elle ne compte pas.

    Le-ma-tin-la-ro-sée-hu-mec-te-mes-pieds 11 (manque 1) sauf si on dit "pi-é": pas élégant.
    Le-vent-ca-res-se-lé-gè-re-ment-mon-vi-sage 12 (c'est bon)
    Et-le-temps-se-fi-ge-co-mu-ni-mage 10 (manque 2)
    C'est-la-sai-son-d'a-mours- et-d'a-mi-tiés, 10 (manque 2)

    Le-so-leil-rou-git-ma-peau-co-mun-bai-ser,11 (manque 1)
    Le-ciel-me-pa-raît-vi-de-sans-ses-nu-ages, 11 (manque 1)
    Les-fleurs-s'ou-vre-ta-leur-a-van-tage, 9 (manque 3)
    Lais-sant-leurs-plai-san-tes-cou-leurs-se-dé-voi-ler, 12 (c'est bon)

    Les-oi-seaux-créent-de-bel-les-mé-lo-dies 10 (manque 2)
    Fai-sant-dis-pa-raî-tre-le-son-de-la-pluie, 11 (manque 1) sauf si on dit "plu-hi" : pas élégant.
    De-nou-vel-le-zo-deurs-s'ex-ha-lent-du-jar-din, 12 (c'est bon)

    Mais-ce-la-ne-se-per-pé-tue-qu'un-cer-tain-temps, 12 (c'est bon)
    L'é-té-ap-pa-raît-dé-jà-en-son-nant-la-fin, 12 (c'est bon)
    Bien-tôt-c'est-l'hi-ver-qui-re-pren-dra-les-de-vants. 12 (c'est bon)
  • Merci beaucoup Jehan!!


    Le-ma-tin-la-ro-sée-hu-mec-te-mes-pieds
    Le-vent-ca-res-se-lé-gè-re-ment-mon-vi-sage
    Et-le-temps-de-meu-re-fi-ge-co-mu-ni-mage
    C'est-la-sai-son-des-a-mours- et-des-a-mi-tiés,

    Le-so-leil-fait-rou-gir-ma-peau-co-mun-bai-ser,
    Et-le-ciel-me-pa-raît-vi-de-sans-ses-nu-ages,
    Les-fleurs-s'é-pa-nou-i-ssent-ta-leur-a-van-tage,
    Lais-sant-leurs-plai-san-tes-cou-leurs-se-dé-voi-ler,

    Tous-les-oi-seaux-créent-d'a-gré-a-ble-mé-lo-dies
    Fai-sant-dis-pa-raî-tre-le-son-de-la-pluie,
    De-nou-vel-le-zo-deurs-s'ex-ha-lent-du-jar-din,

    Mais-ce-la-ne-se-per-pé-tue-qu'un-cer-tain-temps,
    L'é-té-ap-pa-raît-dé-jà-en-son-nant-la-fin,
    Bien-tôt-c'est-l'hi-ver-qui-re-pren-dra-les-de-vants.

    Je ne change pas pluie et pied car ma professeur va juste les corriger sans se soucier de la prononciation je ne pense pas qu'on les lira à haute voix.

    Merci encore!!
  • JehanJehan Modérateur
    Content d'avoir pu t'aider.
    Mais quand tu rends ta copie, surtout, n'oublie pas d'écrire à nouveau normalement, sans traits d'union partout... ;)
  • Merci encore!
  • Bonjours le mot voyageur comporte combien de syllabe, 3 ou 2?
  • Trois. D'où vient l'idée du 2 ?
  • Merci pour ton aide j'ai une autre sollicitation je voudrais savoir si ma découpe syllabique de L'Albatros, Baudelaire est bonne.

    Merci d'avance de vos réponses :)

    Sou/vent/, pour/ s'a/mu/ser/, les/ hom/mes/ d'é/qui/page
    Pren/nent/ des/ al/ba/tros/, vas/tes/ oi/seaux/ des/ mers/,
    Qui/ suivent/, in/do/lents/ com/pa/gnons/ de/ voy/ya/ge,
    Le/ na/vi/re/ gli/ssant/ sur/ les /gouf/fres/ a/mers/.

    A/ peine/ les/ ont/-ils/ dé/po/sés/ sur/ les/ plan/ches/,
    Que/ ces/ rois/de/ l'a/zur/, ma/la/droits/ et/ hon/teux/,
    Laissent/ pi/teu/se/ment/ leurs/ gran/des/ ai/les/ blan/ches/
    Com/me/ des/ a/vi/rons/ traî/ner /à /cô/té/ d'eux/.

    /Ce/ voy/ya/geur/ ai/lé,/ com/me il/ est/ gau/che et/ veule/!
    Lui/, na/guè/re/ si/ beau/, qu'il/ est/ co/mi/que et/ laid/!
    L'un/ a/ga/ce/ son/ bec/ a/vec/ un/ brû/le/-gueule/,
    L'au/tre/ mi/me, en/ boi/tant/, l'in/fir/me/ qui /vo/lait/!


    Le/ Po/ète est/ sem/bla/ble au/ prin/ce /des/ nuées/
    Qui/ han/te/ la /tem/pê/te et/se/ rit/ de/ l'ar/cher/;
    Ex/i/lé/ sur/ le/ sol/ au/ mi/li/eu/ des/ huées/,
    Ses/ ai/les/ de/ gé/ant/ l'em/pê/chent/ de/ mar/cher/.
  • eliroeliro Membre
    Bonjour, je sais que le "e" ne se dit pas à la fin d'un vers, mais je voudrais savoir si quand un mot tel que "surplome", se trouve en fin de vers, il faut lire sur/plom/b' ou sur/plomb' ? merci
    :D
  • surplomb', me semble-t-il.
    Pourquoi ne pas citer le vers entier ?
  • razenrazen Membre
    Bonjour, merci de m'aider
    Une aide pour le découpage syllabique de cette fable que je viens de composer, pour pouvoir comparer à mon propre découpage... j'ai des doutes pour certains vers

    Un coq qui chantait à l’aube chaque matin
    Face à lui, son Maître l’apostropha soudain:
    - « Coq, je t’ordonne de ne plus jamais chanter
    Et, si tu t’y obstines, je te plumerai. »
    Le coq prit peur, se résigna puis se dit:
    « Les nécessités agréent les interdits
    Je me soumets et laisse passer la menace
    Faire des concessions, n’est point un enjeu
    Après tout, c’est mon plumage qui est en jeu
    De plus, d’autres coqs chanteront bien à ma place »
    A cette idée, le coq s’en tint les jours suivants
    Ainsi, jusqu’au jour, où son maitre alla lui dire :
    «Tu glousseras telle une poule à l’avenir
    Faute de quoi, je t’égorgerais sur-le-champ »
    Sans objection le coq se dit Comme avant,
    « Les nécessités agréent les privations
    Je m’incline et je laisse passer la tempête
    Et, après tout, cette fois, je risque ma tête
    Notre gallinacé fit ainsi sans délai
    Lui l’indétrônable roi de la basse-cour
    Qui chantait pour annoncer le lever du jour
    En fut subitement réduit à caqueter
    Le coq se comporta ainsi la tête basse
    Un mois, son maitre revint pour le coup de grâce
    « À présent, lui dit-il tu te mettras à pondre
    Sans quoi, je te décapiterais sans attendre
    Le coq pleura toutes les larmes de son corps
    Et dit : « je m’en veux tant de ne pas être mort
    En restant moi-même, dressé sur mes ergots
    La crête haute, entonnant mes cocoricos. »
    Apprenez que toutes concessions faites
    Aux principes et aux valeurs en courbettes
    Au nom de ce qui est dit jurisprudence
    De ces réalités conventionnelles
    Qui mènent surement à l’obéissance
    Consentie, sont couteuses et mortelles
    Les décisions que dicte la dignité
    Sont les plus juste et les plus appropriées
  • Ce n'est qu'une question de "découpage"...

    Un / coq / qui / chan/tait / à // l’au/be / cha/que / matin

    Le vers a bien douze syllabes, mais la césure tombe au milieu d'un groupe syntaxique, après une préposition atone qu'il faut accentuer.
    La prosodie classique l'interdit.


    Fa/ce / à / lui,/ son / Maî/tre // l’a/pos/tro/pha / sou/dain:

    Idem, mais c'est encore pire puique le premier hémistiche se termine par un "e" atone normalement, qu'il faut accentuer.
    Si vous lisez votre vers, vous verrez que l'effet est disgracieux.


    - « Coq, / je / t’or/don/ne // de / ne / plus / ja/mais / chanter

    Idem pour le premier hémistiche,
    Le second a sept syllabes.


    Et,/ si / tu / t’y / obs/ti/nes, // je / te / plu/me/rai. »

    La césure a été placée au 7ème pied, et c'est encore une syllabe atone qu'il faut accentuer qui la termine.

    Vous ne pouvez terminer le premier hémistiche sur une syllabe atone que si celle-ci est élidée (devant un mot commençant par une voyelle).

    Ex : Un / ma/tin, / dans / la / plain(e), // il / ren/con/tr(e) un / ber/ger (V. Hugo)

    Le vers 5 est faux (11 syllabes)
    Au vers 6, syllabe atone terminant l'hémistiche (de plus autre pb)
    Au vers 7, la césure est déplacée, de même au vers 8 (en faisant la diérèse sur concessions)
    etc...


    Seuls les vers 11 - 19 - 22 - 23 (malgré l'hiatus comporta ainsi - 25 - 28 sont justes.

    Habituez-vous au rythme et aux accentuations de l'alexandrin classique en lisant 100 vers de Racine à voix haute.
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