Grammaire française Participe passé

1568101123

Réponses

  • JehanJehan Modérateur
    Avec "à moins que", je ne vois pas ce que l'on exprime de sensé.
    Rien d'insensé dans cette formulation.
    Il y a une idée de restriction dans à moins que, qui équivaut à sauf si.
    Le "ne" après à moins que n'est pas négatif, mais explétif, et peut donc se supprimer.

    Il serait arrêté à moins qu'il (ne) quittât le pays avant.

    Il serait arrêté sauf s'il quittait le pays avant.
  • Bonjour Paulang,
    Je n'ai pas recommandé de passé simple mais un subjonctif imparfait à l'écrit. A l'oral, on admet le subjonctif présent.
  • JehanJehan Modérateur
    Eh oui, Paulang. Ne pas confondre éclatât et éclata... ;)
  • Bonjour,

    Merci pour les précisions, mais mon problème vient du fait que plusieurs romanciers utilisent le subjonctif présent dans les subordonnés quand la principale est au passé (comme à l'oral). On dirait que la règle à l'oral commence à s'imposer à l'écrit.

    Je suis un peu perdu.
  • JehanJehan Modérateur
    Pas vraiment de quoi être perdu.
    Il n'y a pas de règle contraignante dans un sens ou dans l'autre.
    L'usage à l'oral du présent du subjonctif dans le cas cité est un fait, c'est tout
    Et même à l'écrit, de nos jours, le présent du subjonctif ne choquera pas, surtout dans un registre courant.
    Même s'il est plus conforme à l'usage classique, l'usage du subjonctif imparfait paraîtra souvent moins naturel.
  • je dois être en ce moment dans une piètre condition car la première phrase décidément ne passe pas. Elle m'écorche le tympan déjà bien endommagé.

    Même en remplaçant à moins que par "sauf si" je ne parviens pas à lui donner du sens en présence de "il serait arrêté" ou 'il aurait été arrêté"

    Par contre j'accepterais sans réserve
    il sera arrêté sauf s'il a quitté le pays avant
    ou encore
    il sera arrêté à moins qu'il ait quitté le pays avant

    A chacun son français.

    Pour l'autre phrase, je n'avais même pas prêté attention à l'orthographe tant j'étais convaincu de l'indicatif. Je serai plus attentif la prochaine fois.
  • JehanJehan Modérateur
    Vous êtes fâché avec les règles classiques de concordance du discours indirect.
    C'est pourtant de l'excellent français.
    Tout dépend du temps de la principale.

    Il pense (présent) qu'il sera arrêté, sauf s'il quitte le pays avant.
    Il pensait (passé) qu'il serait arrêté, sauf s'il quittait le pays avant.
    Et en discours indirect libre, avec omission de la principale, on obtient bien :
    Il sera arrêté, sauf s'il quitte le pays avant.
    Il serait arrêté, sauf s'il quittait le pays avant.

    Notez qu'on a le choix entre quitte ou a quitté et entre quittait et avait quitté, selon que l'on considère l'action de "quitter" déjà accomplie ou non.
  • Bonsoir,

    Pour répondre à l'un(e) d'entre vous qui a demandé un document simple sur la concordance (ou mieux : "correspondance") des temps, je me permets de conseiller "le GIRODET" (oui, encore faut-il le détenir !), p. 862 à 864. Les règles sont présentées sous la forme d'un tableau.

    Le tableau indique le temps auquel doit se mettre la proposition subordonnée en fonction :
    - des mode et temps de la principale [ou "du mode et du temps" ! Cf. une discussion très récente] ;
    - du mode de la subordonnée ;
    - de la situation, dans le temps, de l'action "subordonnée" par rapport à l'action "principale" (antériorité, simultanéité, postériorité).

    La dernière colonne exemplifie chaque solution.


    Concernant l'emploi du subjonctif, il existe Le subjonctif. Comment l'écrire ? Quand l'employer ? de jacques CELLARD, éditions Duculot, 89 p. Il s'agit d'un guide qui apporte rapidement une réponse aux questions que l'on peut se poser en la matière. Je crois qu'il est encore disponible sur Amazon.fr


    Enfin, quant au participe passé, on peut faire très utilement l'acquisition de l'ouvrage suivant : Maurice GREVISSE, 7e édition revue par Henri BRIET, L'accord du participe passé, de Boeck/Duculot, 2010, 208 p. (il fait presque le tour de la question ; je dis "presque" car j'ai rédigé un projet d'article sur l'accord du pp suivi d'un infinitif qui me paraît plus "complet"). Il s'agit, à mon sens d'une réédition du Savoir accorder le participe passé
    de M. GREVISSE, Duculot, 1983. 15 €.

    Très bonne soirée.

    Roméo
    (agr. lettres mod. - il "se la pète" !)
  • bonjour,

    Dans le cas qui nous occupe ce n’est pas la concordance des temps qui fait débat mais le bien fondé de « à moins que » ou « sauf si » qui, à tort ou à raison, n’a pour moi aucun sens dans cette phrase.

    Ce n'est pas bien grave. Comme pour "donc" adverbe ou conjonction d'une question plus récente, je renonce à comprendre ce qui est pour moi incompréhensible. Après tout, on peut écrire à peu près correctement sans connaitre ces casse-tête.

    Paul
  • je renonce à comprendre ce qui est pour moi incompréhensible.
    Puis-je inscrire cet adage dans mon recueil des sagesses pratiques? C'est si simple et pourtant si vrai! :)
  • Vous pouvez. ;)
  • JehanJehan Modérateur
    paulang a écrit:
    Dans le cas qui nous occupe ce n’est pas la concordance des temps qui fait débat mais le bien fondé de « à moins que » ou « sauf si » qui, à tort ou à raison, n’a pour moi aucun sens dans cette phrase.
    De mon côté, étant donné le sens de ces locutions, je trouve leur utilisation ici absolument limpide, bien éloignée de tout "casse-tête", et je ne dois pas être le seul... Vous semblez avoir une notion toute personnelle du non-sens ! ;) Par curiosité... Pourriez vous préciser exactement ce qui vous chiffonne ?
    Jehan a écrit:
    Il y a une idée de restriction dans à moins que, qui équivaut à sauf si.
    Le "ne" après à moins que n'est pas négatif, mais explétif, et peut donc se supprimer.

    Il serait arrêté à moins qu'il (ne) quittât le pays avant.

    Il serait arrêté sauf s'il quittait le pays avant.
  • Bonsoir à tous,

    une amie russe qui voulait préciser le sens d'une de ses phrases me dit par mail : "j'ai voulu dire que je te parlerais du film". Puisqu'elle me demande de corriger ses fautes, je lui dit que pour moi le "s" de parlerais n'a pas lieu d'être, et qu'on doit employer ici le futur simple de l'indicatif. Elle me rétorque que pour elle il n'y a pas d'erreur, qu'elle doit faire la concordance des temps et que par conséquent, le conditionnel présent doit être utilisé dans ce cas. Elle me fait douter, puisque, ne m'ayant pas encore parlé du film en question, je ne vois pas pourquoi on devrait considérer ici qu'il s'agit de futur dans le passé...

    Bref, pour vous qui a raison ?

    D'avance merci à quiconque pourra nous éclairer :)
  • JehanJehan Modérateur
    Bonsoir.

    Je voulais te dire que je te parlerai du film.

    Il est certain ici que l'imparfait Je voulais te dire n'exprime pas réellement le passé : c'est ce qu'on appelle un imparfait d'atténuation polie, qui se veut moins brusque que "Je te dis" ou "Je veux te dire".
    La concordance des temps n'a donc pas ici à être appliquée de façon mécanique, et j'estime que le futur simple est malgré tout admissible.
    Mais il y aura peut-être d'autres avis !

    Edit : Ah, tu as édité ton message... Si c'était J'ai voulu te dire, j'ai davantage de doutes.
    Quoique on puisse y voir aussi une atténuation polie, me semble-t-il.
  • Jehan, merci pour ta réponse. J'ai toutefois modifié en remplaçant l'imparfait par un passé composé, puisque c'était le temps utilisé. Cependant je pense que ton analyse reste valable et je la partage.

    Attendons de voir s'il y a d'autres avis.

    PS : en essayant de changer de personne : "Nous avons voulu dire que nous te parlerions du film plus tard", ça sonne tout de même très mal par rapport au contexte de la phrase... "Nous avons voulu dire que nous te parlerons du film plus tard" me semble plus répondre au sens qu'elle a voulu donner...
  • Oui, un autre avis.
    Le s ne me choque pas dans : "j'ai voulu dire que je te parlerais du film".
    Mets à la première personne du pluriel :
    J'ai voulu dire que nous parlerions du film est-il choquant ?
  • Salut gabiana, j'ai édité ma réponse au-dessus et peut être que cela t'aidera à te faire une idée... Je pense qu'il est important de conserver le pronom "te" ici pour bien sentir la phrase. Ici nous ne sommes pas dans un contexte de récit, elle me dit juste qu'elle va bientôt me parler d'un film.
  • JehanJehan Modérateur
    Merci, c'est vrai, au temps pour moi.
    Sans que le conditionnel me choque, j'estime cependant que le futur serait également admissible, pour les raisons exposées à l'instant.
  • Je suis en train de retourner ma veste, puisque finalement on ne peut nier que son passé composé n'a d'autre valeur que celle de passé. Elle revient sur un événement passé dont elle précise le sens, on est en plein récit... Pour moi la concordance des temps doit donc être respectée ici. Le futur me semble être acceptable du point de vue du langage courant, mais pas plus. Je ne sais plus quoi penser en tout cas et cela me fait douter sur ma légitimité à pouvoir la corriger héhé.

    Quoi qu'il en soit merci beaucoup pour vos réponses !
  • Finalement, y a-t-il ou pas plus tard dans la phrase, car il me semble que cela à son importance.
    En présence de plus tard je ressens mal le conditionnel présent à la première personne du pluriel.
    j'ai voulu dire que je te parlerai du film plus tard.
    j'ai voulu dire que nous te parlerons plus tard du film.
    Et si on supprime le relatif que se passe t-il et surtout exprimons nous la même chose ?
    j'ai voulu dire : nous te parlerons du film plus tard.
    Dans ce cas le conditionnel n'est, me semble-t-il, pas envisageable.
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.