Grammaire française Participe passé

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Réponses

  • JehanJehan Modérateur

    Bonsoir.

    Tout dépend de la nuance qu'on veut exprimer.

    La règle de concordance normale demande ici l'imparfait et le plus-que-parfait dans le discours indirect.

    La personne qui rapporte les propos ne les prend pas à son compte, elle ne fait que les rapporter :

    Il m'a dit qu'il avait rencontré une fille qui était en étude. (Je ne sais pas si c'est vrai : je ne prends pas position)

    On m'a dit que vous étiez une entreprise qui recrutait beaucoup. (Je ne sais pas si c'est vrai : je ne prends pas position.)

    Mais si la personne qui rapporte les propos veut exprimer qu'elle les prend à son compte, elle peut déroger à la règle stricte, et employer ici passé composé et présent dans le discours indirect :

    Il m'a dit qu'il a rencontré une fille qui est à l'étude. (Je suis enclin à penser que c'est vrai.)

    On m'a dit que vous êtes une entreprise qui recrute beaucoup. (Je suis enclin à penser que c'est vrai.)

  • Merci beaucoup !!!

  • Cesar21Cesar21 Membre
    mars 2020 modifié

    Bonjour,

    J'avais une autre question, lorsqu'on raconte un souvenir datant peut-on utiliser du futur dans le passé ?

    Par exemple '' Il y a 5 ans, elle m'a disputé, parce qu'elle avait appris qu'il viendrait la semaine suivante'' mais d' un côté cette phrase ne me plaît pas, j'aurais tendance à dire "venait".

    Pourtant je peux très bien dire '' Il y a 5 ans, avant son anniversaire , j'ai cherché un bon illustrateur qui nous ferait de beaux portraits le jour de son anniversaire''

    Bonne journée

  • JehanJehan Modérateur

    Bonjour.

    Un "souvenir datant" ? Plutôt "un souvenir daté", non ?

    Dans tes deux phrases, le conditionnel "futur du passé" convient tout à fait.

    Cela dit, je ne pense pas que "venait" soit incorrect... Mais cela me plaît moins.

    Comme quoi, des goûts et des couleurs...

  • Bonjour,

    J’ai de forts doutes sur la concordance des temps.

    Si l’on corrige la phrase surlignée en gras du texte ci-dessous en écrivant : « Ils marchaient sur la promenade qui longeait le bord de mer, lorsque soudain, Nasreddine trébucha sur une pierre et manqua de peu de s’affaler sur le sol. », peut-on quand même laisser la phrase qui suit au présent (« Le pauvre, il a quand même les genoux tout égratignés, et Khadidja sait déjà qu’il va se mettre à pleurnicher. »), ainsi que le dialogue final ? (« — Aïe ! j’ai failli me casser… commence-t-il à gémir, lorsqu’il aperçoit en relevant la tête, une magnifique jeune femme blonde devant lui… J’ai failli casser les verres, reprend-il alors sur un tout autre ton, plein d’assurance, et sans pleurs ni jérémiades. »)

    En vous remerciant par avance,

    Texte:

    Sans pleurs ni jérémiades

     

    Nasreddine est très douillet. Il pleurniche au moindre bobo. Cela a le don d’énerver Khadidja, car elle ne peut rien lui demander.

    —     Nasreddine, tu peux m’émincer les oignons ?

    Et cinq minutes plus tard :

    —     Tiens ! Regarde ! Tu vois le résultat : je me suis coupé !

    Et le voilà qui court jusqu’à l’armoire à pharmacie pour se mettre un pansement.

    Un autre jour, Khadidja lui demande s’il peut déplacer légèrement la commode qui est devant la fenêtre, car elle voudrait nettoyer les vitres.

    Mais, à peine s’est-il baissé et a-t-il touché à la commode, que le voilà qui gémit :

    —     Aïe ! mon lumbago ! Mon lumbago s’est réveillé ! Tu vois ce que tu me fais faire !

    Khadidja est exaspérée, elle ne peut jamais rien lui demander sans qu’il ne lui arrive quelque chose et qu’il ne finisse par pleurnicher.

    Pourtant, un jour, elle eut sa revanche et rit beaucoup. Ils étaient en vacances au bord de la mer, et elle venait d’acheter deux magnifiques verres en cristal. Nasreddine, qui habituellement ne portait jamais rien, car il avait toujours mal au dos, voulut bien cette fois se charger du paquet. Ils marchaient sur la promenade qui longeait le bord de mer, lorsque soudain, Nasreddine trébuche sur une pierre et manque de peu de s’affaler sur le sol. Le pauvre, il a quand même les genoux tout égratignés, et Khadidja sait déjà qu’il va se mettre à pleurnicher.

    —     Aïe ! j’ai failli me casser… commence-t-il à gémir, lorsqu’il aperçoit en relevant la tête, une magnifique jeune femme blonde devant lui… J’ai failli casser les verres, reprend-il alors sur un tout autre ton, plein d’assurance, et sans pleurs ni jérémiades.

  • JehanJehan Modérateur

    Bonjour.s

    Il ne s'agit pas vraiment de concordance des temps au sens strict.

    Dans le paragraphe, il y a passage du passé simple au présent de narration...

    Si l'on rétablit le passé simple "trébucha", il me paraît logique de rétablir les temps du passé pour la suite.

    Mais le présent de narration me paraît ici bien plus vivant et expressif.

  • Décidément, je ne connaissais pas le présent de narration. J’ai vraiment de grosses lacunes.

    Un grand merci à vous.

  • JehanJehan Modérateur
    octobre 2020 modifié

    Oui, avec l'irruption du présent de narration dans un récit au passé, on a soudain l'impression d'être présent, d'assister vraiment à la scène. Un exemple connu, cette strophe de la fable Le Rat de ville et le Rat des champs :

    À la porte de la salle

    Ils entendirent du bruit :

    Le Rat de ville détale ;

    Son camarade le suit.


  • '' il m'a dit qu'il avait rencontré une fille qui était/est en étude"

    Plus court :

    Il m'a dit avoir rencontré une étudiante.

    '' on m'a dit que vous étiez une entreprise qui recrutait/recrute beaucoup''

    "on m'a dit", bien que correct, n'est pas à recommander.

    J'ai appris que votre entreprise recrutait.

  • Alcofribas1Alcofribas1 Membre
    octobre 2020 modifié

    Merci beaucoup pour ces exemples. C'est vrai que l'emploi ici du présent de narration permet de donner une plus grande force au texte. Espérons que ma mémoire, parfois si capricieuse, saura retenir la leçon.

    J'aime bien aussi cet exemple tiré des Confessions de Rousseau:

    "J'étudiais un jour seul ma leçon dans la chambre contiguë à la cuisine. La servante avait mis sécher à la plaque les peignes de mademoiselle Lambercier. Quand elle revint les prendre, il s'en trouva un dont tout un côté de dents était brisé. A qui s'en prendre de ce dégât ? personne autre que moi n'était entré dans la chambre. On m'interroge : je nie d'avoir touché le peigne. M. et mademoiselle Lambercier se réunissent, m'exhortent, me pressent, me menacent : je persiste avec opiniâtreté ; mais la conviction était trop forte, elle l'emporta sur toutes mes protestations, quoique ce fût la première fois qu'on m'eût trouvé tant d'audace à mentir."

    En vous souhaitant une bonne soirée,

  • Bonjour. Je n’ arrive pas à m’ expliquer la règle de la concordance des temps dans cette phrase: "Je regretterai que le port où vous nous avez fait aborder, n'ait pas été un écueil pour toute notre flotte"... Futur de l' indicatif suivi du passé composé de la relative et subjonctif passé. Je vous remercie.

  • lamaneurlamaneur Modérateur

    Oui, ce serait d'ailleurs le même temps si la principale était au présent :

    "Je regrette que le port où vous nous avez fait aborder, n'ait pas été un écueil pour toute notre flotte"...

    Sur une phrase plus simple :

    Je regrette que tu ne sois pas venu. Je regretterai que tu ne sois pas venu.

  • paul.gubetpaul.gubet Membre
    28 mars modifié

    Quand on se dit : Je regretterai qu'il n'ait pas réussi à son examen, on en déduit que c'est une projection, une façon d'anticiper une réaction personnelle à propos d'une situation, c'est à dire, la réussite à un examen ? Parce que le "je" est dans l'attente du résultat de cet examen. J'aimerai avoir de plus amples détails quant à l'association du futur et du subjonctif passé. Je vous remercie.

  • JehanJehan Modérateur
    28 mars modifié

    Le subjonctif ne situe pas dans le temps.

    Le subjonctif dit "passé" n'a en fait qu'une valeur d'accompli, d'action achevée à un certain moment de référence

    Et ce moment de référence est indiqué par le temps de la principale à l'indicatif.

    Et ceci, que ce moment de référence soit le moment présent (principale à l'indicatif présent), un moment du passé (principale à un temps passé de l'indicatif), un moment du futur (principale au futur) :

    J'ai regretté qu'il n'ait pas réussi son examen. (Je savais que c'était le cas. )

    Je regrette qu'il n'ait pas réussi son examen. (Je sais que c'est le cas maintenant.)

    Je regretterai qu'il n'ait pas réussi son examen. (Je pense que ce sera le cas plus tard.)

  • Donc, dans " Je regretterai qu'il n'ait pas réussi son examen", le locuteur formule des regrets par avance, et aussi avec certitude; c'est une affirmation.

  • JehanJehan Modérateur
    28 mars modifié

    Oui, il est sûr de son sentiment futur...

    Tout comme il serait sûr de son sentiment présent avec Je regrette...

    Mais cela ne change pas le mode (subjonctif) de la subordonnée : c'est le sentiment à propos de l'échec qui prime,.

  • ricardoricardo Membre

    Donc, dans " Je regretterai qu'il n'ait pas réussi son examen", le locuteur formule des regrets par avance, et aussi avec certitude; c'est une affirmation.

    À moins d'être devin ou Dieu, comment fais-tu pour affirmer une chose qui n'est pas encore arrivée ?

  • Le locuteur, au moment de l'énonciation, pense avec certitude que tel élève échouera à l'examen. La mauvaise situation scolaire de l"élève est telle, qu'elle ne laisse envisager aucun doute à cet échec. Le locuteur peut ainsi conclure, au moment où il parle, qu'il regrettera d'avoir appris quels ont été les résultats de cet élève à l'examen.

  • paul.gubetpaul.gubet Membre
    30 mars modifié

    Je mets à part plus particulièrement cette phrase : "Je regretterai qu'il n'ait pas réussi son examen". Comment vouloir des regrets, tandis que l' aspect d' accompli du passé du subjonctif n' a pas encore été réalisé par rapport au futur de l' indicatif ? Le subjonctif passé exprime un passé quelconque qui à déjà eu lieu précisément dans le passé. Il exprime une notion d' antériorité, qui, dans cette même phrase : " Je regretterai qu'il n'ait pas réussi son examen", n' est pas encore achevée.

  • JehanJehan Modérateur
    30 mars modifié

    Oui, le subjonctif passé exprime l'antériorité achevée, ce qui a été accompli avant une autre action. Comme les autres temps composés : passé composé, plus-que-parfait, passé antérieur et futur antérieur.

    Dans le futur, on ne pourra évidemment regretter qu'après l'échec, même si c'est juste après.

    L'échec (ne pas réussir) sera donc bien antérieur au regret, même si c'est juste avant.

    À ce moment précis du futur où je regretterai (futur), il n'aura pas réussi ((antérieurement à ce moment précis, juste avant).

    Je regretterai (à ce moment précis du futur)  qu'il n'ait pas réussi (antérieurement à ce moment précis, juste avant).

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