Grammaire française Participe passé

Lors d'une conversation, j'ai donné mon avis concernant une coupe de cheveux et j'ai utilisé la phrase suivante :

1/ Je ne pense pas que cela t'irait.

On m'informe alors qu'il faut dire :

2/ Je ne pense pas que cela t'aille.

Selon moi, le fait d'utiliser le verbe penser m'autorise à employer le conditionnel.

Qu'en pensez-vous ?
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Réponses

  • L'emploi de la négation (je ne pense pas) fait plutôt appel au subjonctif : je ne pense pas que cela t'aille.
    En revanche, l'emploi de l'indicatif est tout indiqué dans la construction "je pense que cela t'irait".
  • Bonjour,

    Je suis d'accord avec Baya sur l'emploi du subjonctif après une négation. Il est donc correct de dire : je ne pense pas que cela t'aille.

    Mais il est tout aussi correct de dire : je ne pense pas que cela t'irait. Le sens est juste différent. Dans la première affirmation négative, cela suppose une opinion sur un fait réel (par exemple une personne se présente avec un vêtement et on lui dit : je ne pense/trouve pas que cela t'aille). Dans la seconde affirmation négative, cela suppose une opinion sur un fait hypothétique (par exemple une personne demande un avis sur un vêtement qu'elle envisage d'acheter et on lui dit : je ne pense/trouve pas que cela t'irait).
    Il suffit de transposer la phrase en phrase affirmative : dans le premier cas, cela donne : je pense que cela te va et dans le deuxième cas, je pense que cela t'irait.

    Bonne journée
    Isabelle
  • "Je ne pense pas que cela t'aille"
    Mais alors, où est la coupe ?
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Eh ! Eh ! :)
  • EdyEdy Membre
    * Je ne pense pas que cette taille t'aille.
    Pas très euphonique, n'est-ce pas ?

    Lorsque la complétive est sous la forme négative (ou interrogative) et est introduite par un verbe d'opnion (penser), son verbe est mis au subjonctif. C'est effectivement ce que l'on constate à l'écrit et même à l'oral, du moins à un niveau soutenu.
    * Je ne pense pas qu'il vienne.

    Toutefois, l'indicatif est possible si l'on veut marquer la réalité des faits que l'on pense. C'est même souhaitable si l'on veut pallier les nuances temporelles absentes du subjonctif ; vous avez évidemment remarqué qu'il n'y pas de subjonctif futur.

    APPLICATION
    Je ne récuse pas les fines interprétations déjà énoncées.
    Mais je suis assez enclin - d'autant que l'euphonie y trouverait mieux son compte - à reformuler les énoncés comme ceci :
    * Je ne pense pas que cela t'ira.
    (Tu as déjà acheté. Cela ne t'ira pas.)
    * Je ne pense pas que cela t'irait.
    (Ne fais pas cet achat ; cela ne t'irait pas, si tu le faisais.)

    Je lis en substance ceci dans Denis-Sancier : un verbe d'opinion impose normalement l'indicatif, mais il PEUT se mettre au subjonctif lorsqu'il est soumis à la négation (l'énonciateur ne prend pas en charge le procès).
    Les auteurs ne s'expliquent pas davantage.

    Personnellement, je suis assez porté à employer l'indicatif lorsqu'il s'agit d'introduire une nuance de futur que le subjonctif ne possède pas explicitement. Mais je sais que cela paraît fautif à certains. Tant pis !

    Je signale encore que la perception est un peu subjective ; dans une vision diachronique, on trouve matière à relativiser la question : dans les siècles antérieurs, les verbes d'opinion étaient souvent suivis du subjonctif dans des phrases où la langue moderne emploie normalement l'indicatif :
    * Le peuple juge que ce soit tyrannie. (Mopntaigne)
    * Tous présument qu'il ait un grand sujet d'enui. (Corneille)
    * On croyait que son esprit allât revenir. (Sévigné)
    Cet usage se rencontre encore parfois au niveau littéraire :
    * Il pensait ce fût un crime. (Hermant)
    Grevisse donne d'autres exemples, et fait observer que le subjonctif imparfait utilisé correspond à un conditionnel présent du discours direct. Je n'ai pas dit autre chose dans ma reformulation.
    * Il pensait que ce serait un crime.




    Qu'en pensez-vous ?
  • EdyEdy Membre
    Le début de ma réponse est incohérent. Excusez-moi, je devais être ailleurs. Veuillez rectifier, s'il vous plaît :

    Lorsque le verbe principal exprimant une opinion est sous une forme négative (ou interrogative), le verbe de la complétive se met au subjonctif.
  • Bonjour !

    Nous avons regretté que vous (ne pas pouvoir) venir à la fête ou que quelqu'un nous (rejoindre)

    Il y a faute de syntaxe à mon avis, mais faites comme si la phrase est correcte svp car elle sort d'un livre d'exercices (qui comporte qques erreurs...)

    Qu'est ce qu'on doit mettre à votre avis ?
    n'ayez pu / ne pussiez / ne puissiez.........?
    ait rejoints / rejoignât / rejoigne ...........?

    Personnellement j'avais choisi le subj. passé...

    C'eût été : "nous regrettâmes que vous ...." le subj. imparfait : pussiez - ou le plus-que-parfait : eussiez pu - aurait fait l'affaire...

    merci d'avance!
  • Edy a écrit:
    vous avez évidemment remarqué qu'il n'y pas de subjonctif futur
    Il eût été si beau qu'il exitât ! :P
  • Bonsoir !

    Après le verbe regretter, le mode doit être le subjonctif ; s’agissant d’une antériorité par rapport à l’expression du regret à un temps du passé, le temps doit être une forme composée pour exprimer l’accompli : le subjonctif passé, dans l’usage courant.
    * Nous avons regretté que vous n’ayez pu venir à la fête ou que quelqu’un ne nous ait pas rejoints.

    Sauf en langage soutenu, évitez l’imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif, surtout à des personnes autres que la troisième du singulier : comme le dit Riegel, le français courant utilise à leur place le présent et le passé du subjonctif. Si vous y tenez, dites :
    * Nous avons regretté que vous n’eussiez pu venir à la fête ou que quelqu’un ne nous eût pas rejoints.
  • Merci pour votre réponse, sur laquelle je rebondis pour que vous me confirmiez que : dans le langage soutenu, même avec "regrettâmes" on utiliserait le sub. p-q-parfait "n'eussiez pu" et pas de sub. imparfait?
  • Bonjour, Christineh !

    Le subjonctif imparfait n'exprime ni l'accompli ni l'antériorité. C'est pour cela que j'ai proposé "n'eussiez pu".
    Cela étant, la réponse est la même que vous écriviez "nous avons regretté" ou "nous regrettâmes" : deux formes du passé.
    La seconde ne convient cependant guère à des événements récents.
  • oui, merci beaucoup Edy!!
  • nelutaneluta Membre
    BONSOIR, AIDEZ-MOI AVEC CES PHRASES :"Je pensais que ma fille ne (pouvoir ) pas resoudre ce probleme." ET "Il m a repondu que (aller) tres bien depuis quelques jours ."Je parle un peu votre langue , c est une discipline a ma ecole et j aimais l apprendre. Merci !
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir Neluta,

    "Je pensais que ma fille ne (pouvoir) pas résoudre ce problèmes."

    pourrait : le conditionnel a une valeur de futur dans le passé (Évènement postérieur au temps de l'énonciation dans le passé).

    "Il m'a répondu qu'il (aller) très bien depuis quelques jours ."

    allait : valeur durative de l'imparfait.
  • lebeaulebeau Membre
    Le problème que je me pose est le suivant:

    il ne me choque pas de dire:
    "je pense que cela ne te va pas."

    il me gène de dire:
    " je ne pense pas que cela te va."
    Pourquoi?
    Mystère, et pourtant je ressens une nuance intéressante entre les deux formulations, la première relevant d'une affirmation pure et simple, la seconde introduisant une nuance de doute: je le pense mais je peux me tromper.

    je ressens le:
    " je ne pense pas que cela t'aille" comme un appel à la contradiction de la part de l'interpelé.
  • Un petit truc mnémotechnique que ma mère me disait souvent :

    "les si n'aiment pas les raies, ils n'aiment que les navets"

    En d'autres termes, j'amais de si j'aurais toujours un si j'avais ;)
  • neluta a écrit:
    "Je pensais que ma fille ne (pouvoir) pas résoudre ce problème."
    On peut répondre de plusieurs manières à ta question :

    * si je pensais qu'elle ne pouvait pas, sans en être sûr => "Je pensais que ma fille ne pourrait pas résoudre ce problème."
    * si je suis sûr qu'elle ne peut pas => "Je pensais que ma fille ne pouvait pas résoudre ce problème." Mais il est vrai que dans ce cas, on dira pliutôt "Je savais que ...".

    * enfin si, après une tentative infructueuse, je constate et je renchéris : "Je savais que ma fille ne peut pas résoudre ce problème."

    Je savais qu'il ne viendrait pas : valeur de futur dans le passé (comme le signale Jean-Luc).
    Je savais qu'il ne venait pas : valeur de certitude dans le passé => indicatif + concordance des temps.
  • EdyEdy Membre
    Vous avez raison, cher Lebeau.

    La différence est plus évidente encore dans ceci :
    * Je suis sûr qu'il n'est pas médecin.
    * Je ne suis pas sûr qu'il est / soit médecin.
    L'affirmation est plus forte dans le premier énoncé. Le second appelle d'ailleurs normalement le subjonctif de doute.
    Moralité : la place de la négation n'est pas innocente.
  • "Meme si je me trouvais en un lieu où vous ne serez pas avec moi"ou "Même si je me trouvais en un lieu où vous ne seriez pas avec moi ".
    Quel est le bon accord s'il vous plaît ?
    Merci pour votre réponse.
  • JehanJehan Modérateur
    Bonsoir.

    Le futur "vous ne serez pas avec moi" présenterait le fait comme certain.

    Or, ici, ce n'est qu'une hypothèse soumise à une condition ("si je me trouvais en un lieu").

    Le verbe de la principale s'écrit donc au conditionnel :

    "Même si je me trouvais en un lieu où vous ne seriez pas avec moi ".

    Ce n'est pas une question d'accord, mais d'emploi correct des modes.
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