Fiches méthode Bac de français 2020

Bonjour,

Les sujets de l’épreuve anticipée de français du lycée français de Pondichéry (Inde) viennent d’être publiés.

Chaque année, les lycéens du lycée français de Pondichéry sont les premiers à passer les épreuves du baccalauréat.

Baccalauréat général, épreuves anticipées de français, toutes séries [pdf]
Objet d’étude : Le roman et ses personnages : visions de l'homme et du monde.
Guy de Maupassant (1850-1893), Une Vie, chapitre XIV (1883).
Émile Zola (1840-1902), Germinal, septième partie, chapitre VI (1885).
Jean Giono (1895-1970), Regain, deuxième partie (1930).
André Malraux (1901-1976), La Condition humaine, septième partie (1933).
Albert Camus (1913-1960), La Peste, cinquième partie, chapitre 5 (1947). Questions
Quelle conception de la vie chacune de ces fins de roman vous paraît-elle transmettre ?
Quels rapprochements peut-on faire entre ces textes ?
Commentaire
Vous ferez le commentaire du texte de Jean Giono.
Dissertation
Le but d’une dernière page de roman est-il uniquement de donner un dénouement à l’histoire ?
Vous répondrez dans un développement organisé, en vous appuyant sur les textes du corpus, les œuvres étudiées en classe et vos lectures personnelles.
Écriture d’invention
Les textes du corpus livrent la méditation finale d’un personnage sur ce qu’il a vécu. Vous décidez de réécrire la dernière page d’un roman que vous avez apprécié et / ou étudié. Après en avoir rappelé en quelques lignes le titre et l’essentiel du dénouement, vous imaginez la méditation du personnage principal qui revient sur l’ensemble de son itinéraire.
Baccalauréat technologique [pdf]
Objet d’étude : Le roman et ses personnages : visions de l’homme et du monde.
Honoré de Balzac, Une Ténébreuse affaire, 1841.
Georges Simenon, Les Fantômes du chapelier, 1948.
Pierre Magnan, Le Commissaire dans la truffière, 1978. Questions
1. Les trois textes sont des débuts de romans policiers. Analysez comment les auteurs jouent de l’incertitude du lecteur dans la présentation des personnages.
2. Montrez que le texte 3 se distingue par un ton particulier qui permet au narrateur d’alléger l’atmosphère de son récit.
Commentaire
Vous commenterez l’ouverture du roman Les Fantômes du chapelier de Georges Simenon (depuis le début jusqu’à la ligne 41) en vous aidant du parcours de lecture suivant :
- vous montrerez comment le narrateur installe une atmosphère angoissante autour de la boutique du chapelier ;
- vous montrerez que le climat ainsi créé nous prépare à repérer des éléments troublants dans le comportement du personnage principal.
Dissertation
Romans policiers, romans criminels : comment expliquez-vous que tant de lecteurs prennent plaisir à ce genre de récits où règnent pourtant par convention le mal, la violence et la mort ?
Vous répondrez à cette question de façon organisée et argumentée en vous référant à des exemples précis tirés des textes du corpus, d’œuvres étudiées en classe et de vos lectures personnelles.
Écriture d’invention
Un ami vous reproche votre goût pour les romans policiers qui, selon lui, reproduisent les mêmes schémas : il y retrouve toujours un criminel insaisissable, un enquêteur obstiné et finalement victorieux, quelques fausses pistes pour faire durer artificiellement le suspense, une solution spectaculaire, un style banal...
En vous fondant sur les extraits proposés et sur les œuvres que vous avez pu étudier ou lire, vous rédigerez un dialogue animé où vos arguments élogieux à l’égard de la littérature policière s’opposeront aux blâmes de votre interlocuteur.
Vous ne signerez pas votre texte.
Voir aussi :
- Sujets du bac 2010 du lycée français de Pondichéry
- Sujets du bac 2008 du lycée français de Pondichéry
- Sujets du bac 2007 du lycée français de Pondichéry
- Sujets du bac français 2008 - Centres étrangers : Amérique du Nord

Réponses

  • Je me trompe, ou généralement, on ne tombe pas sur les sujets de Pondichéry ? Ce serait vraiment dommage, car le roman est un objet d'étude des plus passionnants... Surtout que le sujet est splendide (Zola, Giono, Camus, Maupassant, Malraux) : j'en suis encore tout émerveillé !

    Une douche froide pour nous, qui passons notre BAC très prochainement.

    P.-S.
    Bien sûr, ce n'est pas parce que généralement, les sujets de métropoles sont différents, que ça l'est forcément, on me dégottera sûrement moults exemples ;) !
  • Eh bien ! Un très bon sujet de bac, effectivement ! La réflexion sur le roman est ici intelligemment permise.
  • L'année dernière j'étais tombée sur le roman et ses personnages et il était très délicat! Surtout la question !
  • 76man76man Membre
    En effet, deux très bons sujets. La dissertation du bac technologique est vraiment très intéressante.

    Zadek, je crois malheureusement pour vous que les thèmes diffèrent chaque année entre Pondichéry et la métropole. En 2006, Pondichéry avait eu le droit au théâtre et argumentation (Marivaux, Anouilh, Sartre, Koltès), et nous, nous avions eu la poésie (Bertrand, Rimbaud (x2), Michaux, Ponge).
  • 76man a écrit:
    La dissertation du bac technologique est vraiment très intéressante.
    Je suis bien d'accord. C'est ce genre de question simple et profonde qui peut donner aussi bien un sujet de bac qu'un sujet de thèse.
    Quant au sujet de dissertation des séries générales, il était déjà à moitié traité par la question de corpus… Ce qui devait grandement aider à faire le plan, moins à éviter les redites.
  • Oui... Quoiqu'il ne me semble pas que j'aurais été capable d'avoir des citations et illustrations précises en tête !
  • 76man a écrit:
    En effet, deux très bons sujets. La dissertation du bac technologique est vraiment très intéressante.

    Zadek, je crois malheureusement pour vous que les thèmes diffèrent chaque année entre Pondichéry et la métropole. En 2006, Pondichéry avait eu le droit au théâtre et argumentation (Marivaux, Anouilh, Sartre, Koltès), et nous, nous avions eu la poésie (Bertrand, Rimbaud (x2), Michaux, Ponge).
    J'aimerais tellement que ce soit le cas cette année =)
    J'espère qu'on aura le droit à la Poésie !
  • Effectivement le roman est tombée en France l'année dernière en épreuves anticipées !
  • slatanslatan Membre
    Bonsoir, je voudrait savoir ce que vous penser de ce plan:

    I/Certes, la dernière page d'un roman referme un dénouement

    A/circularité dans l'économie de l'oeuvre
    B/Toutes les actions du roman s'achèvent, un retour au calme disons

    II/Mais elle peut renfermer un "appel de l'auteur au lecteur"

    A/méditation du narrateur
    B/Peut faire l'objet d'une description allégorique

    III/Par ailleurs, elle peut être le lieu privilégié du dialogue narrateur/lecteur
    A/mises en garde du narrateur
    B/confidence, enseignement
  • J'ai eu le thème du roman et du personnage l'an dernier, j'ai pris la dissert' et j'ai vraiment apprécié: 18/20 !
    Je trouve que les textes autour de ce sujet sont souvent bien choisis, et c'est un thème qu'on peut approfondir sans trop de difficultés, et avec plaisir.
  • slatanslatan Membre
    Impressionnant
    combien avais-tu pendant l'année ?
    Peux-tu me dire ce que tu penses de mon plan.
  • En 2nd j'étais à 15, et en 1ère ES, avec la meilleure moyenne à 10 et des poussières, prof très exigeante sur la forme, mais avec le recul, sans doute comme elle se devait.

    Tout d'abord, afin de mieux cerner les enjeux de l'intitulé, peux-tu mettre les textes correspondants ?

    La brève analyse qui va suivre est surtout une ébauche, un abordage abstrait du sujet qui s’appuie sur la première question et le sujet de dissertation. C’est crucial de se baser sur le corpus, et faute de les avoir maintenant, je vais tenter une très brève étude de la dissertation avec au passage une réponse à la première question.

    Les références au corpus sont un pilier de la méthode, or ce serait puéril de nier que son apprentissage m'a beaucoup aidé: comme je le dis souvent, on peut sans difficultés présenter "de la merde dans du papier cadeau". Une culture générale permet d'enrober les quelques excréments des textes: sans pour autant que ce soit une approche superficielle, nul besoin de subir une épreuve littéraire pour qu'en 4h tu défèques une bonne, voire une très bonne copie. Après tout, déféquer ne signifie-t-il pas clarifier, séparer les parties subtiles des parties grossières ? C'est en tout cas ce dont m'informe mon Littré.

    Qui plus est, il me semble qu'on puisse rapprocher cette anecdote sémantique de ton sujet: la fin du roman n'est-elle pas la maturation attendue de l'œuvre ? L'auteur est soulagé, il a achevé son labeur (Zola hurlait ses phrases afin de découvrir, enfin !, la phrase parfaite par l’euphonie). Le lecteur est lui aussi apaisé, il sait l'histoire conclue, il peut clore l'ouvrage sans regret: le dénouement satisfait sa soif curieuse. C'est en tout cas une possibilité, tout comme l'est celle d'une fin qui, d'ailleurs, laisse sur sa faim.

    Le "vous" est essentiel dans la question préliminaire: à qui l'auteur s'adresse-t-il, sinon au lecteur qu'il espère avoir satisfait ? La fin est aussi importante que le début, qu'il s'agisse d'une dissertation ou d'un roman: c'est ce que l'acteur retiendra le plus clairement. C'est bien d'un acteur qu'il faut parler, puisque le lecteur agit tout autant sur l'écrit qu'il a sous les yeux que le correcteur: il interprète la pensée écrite de l'auteur. Il y a échange, il y a interaction.

    Comment, en un bref laps de temps, peut-on permettre à autrui de saisir sa conception de la vie: pessimiste, enthousiaste, le prisme à travers tout un chacun vie ou subit la réalité peut-il se partager en un seul chapitre, quelques lignes pour les nouvelles ? La fin s'accorde-t-il avec le début ? L'auteur plonge son lecteur dans un tourbillon dès les premières phrases et l'y perds tout au long de l'aventure pour le repêcher après. Ou à l'inverse, le lecteur n'aime guère jouer à l'aventurier, et l'auteur fournit une boussole dès l'introduction, pour lui livrer en suite une carte complète.

    L'aventure, et à l'opposé la calme ballade, sont deux conceptions de la vie: accepter l'hypothèse, apprécier l'incertain, c'est remettre en question à la dernière minute ses conclusions. Alors est-vous prêt à rembarquer, ou préférer vous la quiétude de confortables assises ? En un mot, l'auteur peut bouleverser vos convictions, ou vous laisser assouvi. On peut rappeler l'exemple éloquent du procès de Flaubert: jugé dangereux pour les mœurs de l'époque, Madame Bovary fut frappé par la censure. Flaubert fut accusé de pervertir les jeunes filles de la bourgeoisie du Second Empire : la vision qu’il transmettait était propice à l’évasion morale. Il me paraît pertinent de citer ce roman pour la question et la dissertation: j’ai survolé la fin de cet ouvrage, mais je me souviens qu’elle était relativement sans surprise. Je me rappelle même avoir été déçu par l’absence d’un ultime sursaut, un spasme salvateur en quelque sorte. Le dénouement par trop attendu, en voici un parfait exemple qui peut servir de transition avec l’antithèse : l’attente ne saurait être satisfaite par le consensus.

    Alors, on peut se référer au conte philosophique Zadig ou la Destinée écrit par Voltaire. Ce cousin germain du roman, si ce n’est même un membre de la famille, selon la définition du roman à préciser d’ailleurs dans l’introduction (c’est capital !), fait plus que clore l’intrigue ; la relation de réciprocité est à son paroxysme, l’auteur mettant en exergue des clés de compréhension du monde qu’il rappelle à son lecteur par un aphorisme au crépuscule de la lecture et à l’aube du véritable éveil intellectuel. « Cultives ton jardin », conseille le philosophe du XVIII° siècle : notons que le Siècle des Lumières illustre avec pertinence l’antithèse, car on y trouve nombre de « leçons de vie » à travers d’innocents contes, à première vue ! En effet, l’histoire est souvent fantasmagorique et n’est guère l’objet du travail de la pensée : les Lettres persanes de Montesquieu sont une sévère critique de l’Ancien Régime, des entraves nobiliaires et cléricales auxquelles on tente d’échapper par un fantasque récit. C’est uniquement parce que la fin est le début, qu’elle est le dernier rouage d’une machine ébranlée, que ce passage du roman est crucial (on prend là le parti du conte comme prodrome du roman tel qu’on le conçoit de nos jours).

    Comme tu peux le voir, le sujet est vaste, et propice à un esprit fécond ; ou plutôt à une imagination vagabonde car je ne pense pas avoir fait montre d’une synthèse particulièrement brillante.
    Ton plan me semble très bon, je l’ai lu après rédaction de cette courte analyse, et je suis agréablement surpris de constater que nous arrivons à d’identiques réflexions.

    Je te souhaite une agréable soirée, et j’espère que mon aide te sera utile. Quoi qu’il en soit, cela me fait très plaisir de replonger dans l’étude de la littérature, car étant en ES voici un domaine définitivement oublié.
  • Bonjour à tous!
    J'ai été voir par curiosité les sujets du Bac de Pondichéry, histoire de me donner une idée, mais je n'ai pas réussi à mettre la main sur ceux de terminale de série littéraire... Les auriez-vous vus?
    Merci de vos réponses!et bon courage à tous pour ceux qui ont commencé à réviser!
  • Il me semble qu'il n'y a plus de série littéraire à Pondichéry, tout simplement !
  • :mad:
    C'est bien dommage pour eux!
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