Fiches méthode Bac de français 2020

Bonjour tout le monde.
Voila la question que le prof nous a posé, il faut écrire un texte de 700 mots.
Dans le poème Une Charogne, de Baudelaire, analysez le thème de la mort
Pour commencer j’ai fait un plan du développement, étant le plus difficile et le plus important.
I - Baudelaire extirpe la beauté du mal et de la mort,il évoque les richesses de la mort.
1- Il ressort la vie de la mort. v.18 v.24
2- associe la mort au luxe. Strophe.2
II - Baudelaire offre une nouvelle représentation de la mort.
1- il recrée une forme idéale de la vie, après la décomposition de la charogne (la mort).
le rôle de l'artiste est de faire revivre ce qui était détruit. Strophe.7-8
2- il met en relief l'état que aura le corps de sa compagnante (nous tous) dans le
futur,comme les restes de la charogne(la mort), mais peu importe ,il va garder l'idée de
ce qu'était la beauté de sa compagnate. Strophe.10-11-12.
J’aimerais savoir si je suis sur le bon chemin? s’il faut ajouter des idées ? si mes idées secondaires se rapportent aux idées principales?
Veuillez m’aider d’avantage et MERCI d'avance

Voila le poème.
Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux:
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,


Le ventre en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.


Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint;


Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.


Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.


Tout cela descendait, montait comme une vague
Ou s'élançait en pétillant
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.


Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.


Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.


Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.


- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!


Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Apres les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.


Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés!


Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire
«13

Réponses

  • Oui ce plan me semble bon

    Je trouve une dimension ironique dans la dernière strophe ; mais c'est peut-être perso
    Le retour à la Nature de toute créature

    C'est surtout dans cette strophe (la 8 je pense) que la charogne prend forme artistique
    Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
    Une ébauche lente à venir
    Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
    Seulement par le souvenir.

    Dans la 7 je ne vois pas trop ; c'est plutôt un rapprochement avec une musique naturelle

    Sur le plan stylistique montrer cet effet de bruit bourdonnant, en vagues : comment est-il exprimé ? (répétition de la rime "vague" par ex)
  • Merci pour les explications.
    le mot vague est une équivoque,il n'a pas le meme sens ... je trouve que ca fait illusion dans les 2 cas a un grand mouvement de la mort (antithese) ce qui n'est pas possible pour les morts.Aussi tout descendait et montait comme une note musicale .
  • Bien sûr pour vague ; mais je pensais à l'effet stylistique pour la répétition du mot (retour, comme le bourdonnement des mouches qui s'éloigne et se rapproche) Entendre aussi dans les deux strophes 4/5 comment sont rythmées les allitérations en É
  • Bien sûr pour vague ; mais je pensais à l'effet stylistique pour la répétition du mot (retour, comme le bourdonnement des mouches qui s'éloigne et se rapproche) Entendre aussi dans les deux strophes 4/5 comment sont rythmées les allitérations en É
    WOW... Merci pour cette explication
  • Pas de quoi Ismaël c'est toujours un bonheur pour moi que de redécouvrir les talents de Baudelaire et d'essayer de les faire ressentir !
  • Bonsoir,

    Je passe l'oral du bac de français dans quelques jours et, en ce moment, je revise Une Charogne (Un poème de Charles Baudelaire).
    Voila un passage :
    Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
    Ce beau matin d’été si doux :
    Au détour d’un sentier une charogne infâme
    Sur un lit semé de cailloux,
    Je ne comprends pas le terme "rime antisémantique", pouvez-vous me l'expliquer. Merci d'avance
  • rime antisémantique : le rapprochement sonore crée un contraste sémantique
    doux/cailloux (les cailloux ne sont pas doux)
  • DeustyDeusty Membre
    moi aussi je l'ai dans mes textes.
    Mais a aucun moment on a parlé d'une " rime antisémantique "
    Sur internet j'ai trouvé cette définition :
    rime antisémantique : le rapprochement sonore crée un contraste sémantique.
  • Merci Leah !

    Deusty : Je pense que le rapprochement sonore des mots "âme" et "infâme" crée un contraste sémantique.
    En effet, l'opposition entre le Beau [ Mon âme = La femme ] et le Laid [ Une charogne Infâme ] est soulignée par cette rime antisémantique.

    Je ne sais cependant pas si cela est pertinent.
  • Oui, âme/infâme est mieux que doux/cailloux
  • DeustyDeusty Membre
    Oui je pense que c'est bon, en tout cas bonne chance pour ton oral.
  • Voilà
    je dois passer à lon oral , et mon examinatrice donne souvent les memes sujets .. à l'oral :
    Une charogne
    En quoi la structure du poème repond elle a une strategie argumentative ?

    I. La presenration de la strategie argumentative ( adresse à la femme aimée + evocation progressive du terme charogne
    II . Procédés argumentatifs
    III. Une organisation révélatrice de la volonté de convaincre


    J'ai fait ça en pensant que c'est vraiment ce qui serait bien de faire , mais etant carément erméthique à la poésie .. je n'arrive pas à faire des sous parties ...
    de l'aide s'il vous plait ! Je veux juste quelques pistes..etc

    Mercoi
  • Salut tout le monde,

    Est-ce qu'il y a quelqu'un qui peut m'aider à trouver une bonne étude du poème La Charogne? Je dois rédiger un commentaire de tout le poème et analyser le plus de vers possibles. J'ai déjà trouvé des commentaires mais ils ne sont pas toujours si précises, il est presque toujours un commentaire global. Toute forme d'aide est la bienvenue! Merci d'avance!
  • Bonsoir.
    J'aurais une simple question sur ce poème : s'agit-il d'un poème autotélique (= "Qui n’a pas d’autre but que soi-même, en parlant d’un objet artistique." - wiktionnaire) ? Je pose ici la question car mon professeur m'a affirmé que s'en était bien un, pourtant, en le lisant, je n'arrive pas à comprendre et à voir où il s'agit bien d'un poème autotélique... pourriez-vous m'éclairer là dessus s'il vous plaît ?

    Merci.
  • Bonsoir je cherche une explication a la strophe 8 de charogne
    Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
    Une ébauche lente à venir
    Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
    Seulement par le souvenir.


    Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
    Qui vous mangera de baisers,
    Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
    De mes amours décomposés!
    merci
  • Bonjour j'ai une question a laquelle je n'arrive pas à répondre : Dans quelle tradition littéraire et philosophique ce texte s'inscrit-il ? Quelle est l'originalité de Baudelaire dans le traitemant de ce lieu commun ?
    Pouvez-vous me reformuler la question car je n'arrive pas à la comprendre ?

    Je pense que la question veut-dire dans quelle mouvement s'inscrit ce poème !?

    Merci d'avance !
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Le poème s'inscrit dans la tradition du carpe diem, une forme de l'épicurisme pratiquée par les poètes de la Renaissance.
  • Pas Compris --'
  • JehanJehan Modérateur
    Quand on ne comprend pas, il n'est pas interdit de se servir de Wikipedia, ou même d'un simple dictionnaire... Tu as cherché "épicurisme" ?

    Quant à Carpe diem = "Cueille le jour".
    Jouis du moment présent...
    "La vie est courte et il faut se hâter d'en jouir.", comme dit le commentaire explicatif de cette citation d'Horace, dans les pages roses du Petit Larousse.
  • Bonjour,
    Je dois passer mon bac de français oral, et j'ai un petit doute, si on me pose cette problématique:
    Pourquoi prendre un sujet infâme commet sujet poètique?
    Je pourrais répondre avec ce plan:
    I fusion du laide et du beau, ironie grainçante.
    II Comparaison femme et charogne
    II Tout détruit sauf l'art
    ?

    Et puis à cette problématique:
    En quoi peut-on voir une critique du romantisme?
    Je peux répondre avec le même plan?


    Ou peut-être vous avez d'autres idées de plans.
    Merci de bien vouloir me répondre.

    Je vous laisse ici le poème
    XXIX - Une Charogne

    Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
    Ce beau matin d'été si doux:
    Au détour d'un sentier une charogne infâme
    Sur un lit semé de cailloux,
    Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
    Brûlante et suant les poisons,
    Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
    Son ventre plein d'exhalaisons.
    Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
    Comme afin de la cuire à point,
    Et de rendre au centuple à la grande Nature
    Tout ce qu'ensemble elle avait joint;
    Et le ciel regardait la carcasse superbe
    Comme une fleur s'épanouir.
    La puanteur était si forte, que sur l'herbe
    Vous crûtes vous évanouir.
    Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
    D'où sortaient de noirs bataillons
    De larves, qui coulaient comme un épais liquide
    Le long de ces vivants haillons.
    Tout cela descendait, montait comme une vague
    Ou s'élançait en pétillant
    On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
    Vivait en se multipliant.
    Et ce monde rendait une étrange musique,
    Comme l'eau courante et le vent,
    Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
    Agite et tourne dans son van.
    Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
    Une ébauche lente à venir
    Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
    Seulement par le souvenir.
    Derrière les rochers une chienne inquiète
    Nous regardait d'un oeil fâché,
    Epiant le moment de reprendre au squelette
    Le morceau qu'elle avait lâché.
    - Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
    A cette horrible infection,
    Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
    Vous, mon ange et ma passion!
    Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
    Apres les derniers sacrements,
    Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
    Moisir parmi les ossements.
    Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
    Qui vous mangera de baisers,
    Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
    De mes amours décomposés!

    Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire
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