1376377378379380382»

Réponses

  • Absolument! 😊 Je répondais à la remarque de fandixhuit.

  • Le problème, c'est que des tas de gens ont cru vraiment à ce qu'il racontait !

  • C'est que des tas de gens confondent information et roman, et c'est bien dommage... 🤔

  • PlumevertePlumeverte Membre
    6 janv. modifié

    Pour commencer 2021, j'ai lu La Femme au miroir, d'Eric-Emmanuel Schmitt lors d'un long trajet en train. J'ai passé un très bon moment de lecture. Le style de l'auteur est d'une grande finesse. Il y a une mise en parallèle extrêmement intéressante de la vie de trois femmes. L'une vit à La Renaissance ; la seconde dans une Autriche freudienne ; la troisième, à l'époque moderne. Ce livre aborde des thématiques telles que le rapport à la maternité, les contradictions du désir, la nature, le sentiment de solitude/incompréhension des autres ; les addictions ; la spiritualité ; la psychanalyse. J'y ai retrouvé ce que j'avais tant aimé dans La Nuit de feu : de magnifiques descriptions de la nature ; de grandes questions sur le rapport à la spiritualité et sur la façon dont nous nous percevons nous-mêmes. Une fois la lecture terminée, j'ai eu la sensation d'avoir beaucoup appris et ressenti.

    Autres lectures récentes :

    Brexit Romance, de Clémentine Beauvais. C'est un roman dit "jeune-adulte", basé sur une idée d'intrigue originale. Une jeune femme a décidé de créer une application pour organiser des faux mariages, afin de contourner les mesures prises dans le cadre du Brexit. J'y ai trouvé certains effets de styles intéressants, accompagnés d'une description subtile des différences culturelles et linguistiques entre la France et le Royaume-Uni, sur un ton humoristique. Mais les personnages manquent cruellement de profondeur et de nuance, et avaient tendance à m'irriter. Je ne le recommande pas. J'ai préféré Les Petites reines de la même auteure.

    Autobiographie de Mélanie Georgiades (Diam's). Le style est fluide et assez lyrique. Le talent de l'auteure ne concerne pas uniquement ses textes de rap. Le livre aborde la célébrité, le milieu psychiatrique, le rapport à la religion, mais également le clivage de la personnalité.

    Pilote de Guerre d'Antoine de Saint-Exupéry. Lecture très intéressante. Le narrateur y expose son rapport à la guerre : il décrit à quel point son rôle militaire guide sa façon de réaliser ses gestes. Il y a là aussi un certain clivage entre le pilote de guerre/l'être humain affectif.

  • Quoiqu'en ce moment, ce qu'on nous raconte aux informations dépasse la fiction romanesque... 😁


    @Plumeverte merci pour tes petites chroniques littéraires. Je note qu'entre Diam's et Saint-Exupéry tu es très éclectique dans tes choix. 🙂

  • Merci @freddy.lombard En fait, ça dépend. Si j'aime le style, que j'y trouve de la sincérité, que ça me fait découvrir quelque chose, je peux lire des choses très variées. Mais si je trouve cela mal écrit, qu'on essaie de me convaincre, que j'y vois de la malhonnêteté intellectuelle et que je l'impression que le lecteur est pris pour un idiot, je lâche au bout d'une page. Mais il est vrai que j'aime particulièrement dans la littérature le fait de partager le point de vue de narrateurs différents.

  • Salut !

    Trouvé aujourd'hui, Le voleur de mémoire, de Jean-Marie Haegy. Un récit un peu fantastique, où l'âme d'un patient décédé se transfère dans l'esprit de l'urgentiste qui le soigne. Guidé par les souvenirs du défunt, l'urgentiste va se lancer à la poursuite d'un tueur.

  • J'ai terminé Le voleur de mémoire, de Jean-Marie Haegy.

    C'est vraiment original cette histoire. Un médecin urgentiste du SMUR, Frank Lemoine, intervient sur un accident grave et, lorsqu'il utilise le défibrillateur sur le mourant Marcel Baudin, l'esprit de ce dernier passe dans son cerveau. Baudin va désormais avoir accès à la mémoire du médecin et de tous ceux qu'il sauvera en utilisant le défibrillateur. Mais lorsque le docteur Lemoine tente de réanimer un comptable de la mafia, les souvenirs de ce dernier se transmettent également à l'urgentiste. Sans s'en rendre compte, le docteur Lemoine va se retrouver embarquer dans une terrible affaire criminelle.

    C'est vraiment sympa. L'intrigue policière passe un peu au second plan (elle est assez simple et vite résolue), mais l'auteur détaille bien le quotidien et l'organisation des services d'urgence. L'écriture est également très fine et intelligente, et l'idée vraiment géniale.

    A noter que l'auteur a vraiment été médecin urgentiste et a dirigé un service de réanimation des Hôpitaux civils de Colmar.

    ÉDITION. Une plongée dans l’univers du Samu: à lire d’urgence (lalsace.fr)

  • J'ai commencé KGB La véritable histoire des services secrets soviétiques de Bernard Lecomte.

    J'en suis au tout début, juste après la révolution de 1917. Assez intéressant de voir qu'à l'origine, Lénine et les putschistes n'étaient pas très appréciés de la population russe ! Normalement, il y aurait dû avoir des élections organisées par le gouvernement provisoire que le Tsar avait nommé avant son renversement, et apparemment, les Soviets étaient quasi sûrs de les perdre...

    Le rôle de la Tcheka (futur NKVD et futur KGB) n'était autre qu'éliminer les opposants à la révolution.

  • plutoniumplutonium Membre
    29 janv. modifié

    Si tu t'intéresses à cette période, il y a deux ou trois ans, j'avais lu "Mon ambassade en Russie soviétique (1917-1919)", Joseph Noulens.

    L'auteur décrit les bolcheviques comme des bandits, la faction la plus violente qui a éliminé les autres et la république russe naissante (mais on trouve aussi des récits défendant le point de vue diamétralement opposé, comme les mémoires de John Reed).

  • Je suis sur quatre ouvrages :

    • L'histoire de ma Vie de Casanova. Aimant beaucoup les femmes oui mais parfois mysogine. J'ai le sentiment que les aventures relatées se passent souvent en sa faveur. Aucune ne lui a donc résisté ?
    • Retour à Reims de Didier Eribon. Très agréable écriture. Il raconte le fossé entre son milieu d'origine et le milieu qui l'a fait renaître; celui du monde universitaire. Il a beaucoup de choses à dire sur l'école et les inégalités qu'elle ne peut résoudre seule. Les enseignants font ce qu'il peuvent, selon lui. Vers la fin de l'ouvrage, une très forte ambition et une vision de soi très flatteuse qui est un peu gênante.
    • Les Mots de Sartre. Commencé tout juste. On comprend pourquoi et comment il est devenu écrivain. Un milieu familial exigeant, une curiosité pour le monde et un soif d'écriture et de lecture présentes depuis son plus jeune âge.
    • L'Art d'être heureux de Shopenhauer et ses 50 règles de vie. Je retiens que l'homme, pour atteindre le bonheur se doit de se connaître, de savoir ce qu'i veut faire, et ce qu'il peut faire. Que selon le philosophe, 95 % de notre bonheur provient de notre bonne santé.

    Si vous les avez lus, qu'avez-vous pensé de ces ouvrages ?

  • lamaneurlamaneur Modérateur

    J'ai lu le premier et le troisième. Du premier, je dirais que ce n'est qu'un aimable divertissement. Aucune profondeur.

    Le troisième avait été une découverte merveilleuse. J'avais, il y a une cinquantaine d'années, une vision très négative de Sartre, que je ne connaissais que de réputation. Et voilà-t-il pas que, en faisant le plein d'essence à la pompe, le pompiste me remet "Les mots" en format de poche. C'était l'époque où les sociétés pétrolières faisaient des cadeaux récompensant la fidélité de ses clients. Je l'ai laissé de côté quelques mois, effrayé d'avoir à lire un pensum. Mais la minceur de l'ouvrage m'a finalement convaincu de le commencer, et je ne l'ai plus lâché, tellement Sartre s'y révèle un excellent narrateur, plein d'humour. Un excellent souvenir. Je ne suis pas sûr que tous ses autres livres se lisent aussi agréablement !

  • Pour ce qui est de Schopenhauer, le grand pessimiste, c'est bien qu'il ait aussi réfléchi au bonheur ! 😉

  • Tiens, c'est curieux, j'avais lu plusieurs Sartre d'affilée lorsque j'étais en première (de mémoire : Huis clos, Les mouches, Les Mains sales, Le Mur et La Nausée, parce que c'était au programme et parce que c'était à la mode. Je n'ai pas gardé un souvenir impérissable.

    Depuis, j'ai beaucoup lu et appris à propos de Sartre - et aussi lu Camus -, mais cette petite discussion me donne envie de lire Les Mots qu'il ne semble pas avoir lu.

  • Lucid_LynxLucid_Lynx Membre
    1 févr. modifié

    Je viens de lire :

    • Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants, Oe Kenzaburo, 1996 : je n'en garderai pas un grand souvenir, si ce n'est un vague malaise, à cause de sa violence, moins factuelle que suggérée grâce à force ellipses... Certains éléments visuels de cette vallée isolée demeurent néanmoins en mémoire, à la façon d'un huis-clos où personnages comme lecteur tournent en rond. Je n'ai pas bien saisi la portée ou la symbolique visées par l'auteur, à part une présentation crue des sévices et du mépris infligés aux enfants sortants des maisons de correction au sein d'une société en déliquescence (le Japon rural durant la Seconde guerre mondiale).
    • Le pont de la rivière Kwaï, Pierre Boulle, 1952 : révélation, excitation, enchantement ! Je connaissais d'autres œuvres de Pierre Boulle, que j'avais appréciées. Cela se lit d'une traite (c'est-à-dire une nuit, nous nous comprenons...) et l'adrénaline est au rendez-vous. Le délire croissant, l'hystérie de ces hommes perdus au fond de la jungle, la montée en puissance d'une force tragique et déchaînée qui n'est rien d'autre que la folie humaine, tout cela me fait penser au roman de J. Conrad, Au cœur des ténèbres, autre révélation de mon adolescence de lecteur... La finesse de certaines analyses de caractère (je devrais écrire psychologiques) m'a étonné. La simplicité du style, sans effet ni prétention comme toujours chez Pierre Boulle, invite à partager cette lecture. J'estime que c'est un récit profond sur la condition humaine, rien de moins.

    Je suis en train de lire Les enfants tristes, de Roger Nimier, 1951. S'il faut reconnaître à Nimier un certain don pour la formule et quelques paragraphes de haute volée, la confusion de la narration et de l'énonciation me fait penser à un brouillon de François Mauriac, auteur que j'admire beaucoup par ailleurs. Reste pour Nimier un aperçu lucide - autant dire cruel et cynique - de la jeunesse désorientée des années 40-50, période finalement assez méconnue aujourd'hui.

  • Merci encore, plumeverte, Hildegarde, Lucid-Lynx de venir alimenter ce fil (je ne mentionne pas Simon UA, peut-être le plus gros contributeur sur les deux fils consacrés aux lectures (domaines français et étranger).

    Je voudrais profiter de ce fil que je tente moi aussi de faire vivre comme je le peux pour signaler l'existence d'un blog littéraire intitulé Propager le feu https://propagerlefeu.fr/

    Né il y a quelques années, ce petit site a démarré très modestement d'une initiative individuelle, et il monte désormais lentement en puissance. En quoi se différencie-t-il des nombreux blogs au fil de l'eau où chacun raconte ses lectures ou de sites plus commerciaux comme Babelio ? Et bien le projet est de constituer une petite base de référence des meilleures éditions des classiques :

    1/ Référencer la meilleure édition, la ou les meilleures traductions, parfois les plus beaux livres, le cas échéant ceux qui proposent le meilleur appareil critique... bref, comparer les versions disponibles afin qu'un lecteur potentiel puisse aller droit au but et trouver son bonheur, de l'amateur passionné au néophyte, en passant par le lycéen, l'étudiant et pourquoi pas le professeur, voire l'universitaire... C'est certes ambitieux, mais il semble que sur ce point précis il y ait quelque chose à constituer.

    2/ Ne référencer que les auteurs et les œuvres classiques. Pour plus de précisions, on peut aller voir la page d'accueil du site. La tâche est vaste, mais pas insurmontable. Je répète qu'il ne s'agit pas de monter un nouveau Lagarde et Michard, mais bien d'établir une liste d'éditions anciennes ou modernes mais disponibles et de tenter d'en faire émerger les caractéristiques en fonction des besoins du lecteur.

    Les premiers contributeurs sont venus de plusieurs horizons, notamment universitaire pour quelques fiches consacrées à des auteurs de l'Antiquité. Mais ils se font rares, et pour l'instant le site est surtout nourri par une paire de passionnés et quelques exégètes et curieux. Aujourd'hui, je me permets de vous signaler l'existence de ce site en devenir pour demander à toutes celles et tous ceux qui le souhaitent de ne pas hésiter à participer, soit en réagissant ou complétant des fiches d'auteurs existantes, soit - plus ambitieux mais ô combien gratifiant -, d'écrire la critique d'une œuvre ou de composer la fiche d'un auteur et de proposer votre travail à l'auteur du blog.

    J'espère que ce petit message amical sera bien reçu ; si toutefois la modération pense qu'il n'a pas sa place ici, n'hésitez pas à me le signaler.

    De fil en aiguille, c'est par le forum des études littéraires que j'ai découvert d'autres sites littéraires qui m'ont conduit au site que je signale ici. C'est - entre autres - pourquoi je poursuivrai toujours mes petites « chroniques de lecteur » ici. 🙂

  • Simon UASimon UA Membre
    9 févr. modifié

    Un grand merci !

    Effectivement, la férocité de Lénine n'avait pas grand chose à envier à celle de certains Tsars. La personnalité de Lénine est aussi, semble-t-il, très différente de celle décrite par les historiens soviétiques. Il a été décrit comme un sage quasi-omniscient, prêchant la bonne parole au peuple et d'une grande modestie. Mais pour les historiens qui ont eu accès à ses papiers personnels, c'était plutôt un homme aigri et rancunier, vindicatif et impitoyable.

    Il rédigeait souvent les listes de personnes à exécuter, donnait des cotas de personnes à pendre ou fusiller et son langage était plutôt grossier, brutal et injurieux.

    Intéressant de voir aussi que pas mal de leaders de la révolution n'étaient pas Russes, mais beaucoup Polonais, Baltes ou Caucasiens, Juifs (considéré comme une nationalité).

  • Sinon, je termine laborieusement Lëd de Caryl Férey. Une enquête criminelle qui se passe dans la ville de Norilsk. Rythme assez mou, personnages sans grand intérêt, sauf le "méchant" pour qui j'ai une certaine sympathie.

  • nyctalopenyctalope Membre
    29 mars modifié

    Je lis plusieurs ouvrages, notamment dans le cadre de la khâgne, et en ce moment je parcours le deuxième tome de Problèmes de Linguistique Générale, de Benveniste (j'aimerais devenir linguiste).

    Bien que je m'abreuve moins de fiction que d'essais, j'ai terminé aujourd'hui Epépé, roman de Ferenc Karinthy (auteur hongrois) paru en 1970, qui décrit les pensées et le cheminement d'un linguiste hyperpolyglote, Budai, atterri par erreur dans une métropole inconnue où la langue parlée est inintelligible pour lui (idem avec l'écriture) et où les habitants ne parlent aucune des dizaines de langues qu'il connaît.

    Ce roman a pu être qualifié de kafkaien, et l'un de ses intérêts réside dans le décalage entre la rationalité du protagoniste et l'absurde de la situation. La focalisation interne (le texte est à la troisième personne) sert le roman : on en sait autant que ce linguiste (c'est-à-dire rien), et l'on connaît son point de vue, ses méthodes et analyses pour décrypter ce monde indécryptable (ceci est un néologisme). Je le conseille d'autant plus qu'en France il est assez méconnu.

Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.