Grammaire française Participe passé

Un Français, un Anglais; le français (la langue française)...
Doit-on écrire: un Noir ou un noir; un Blanc ou un blanc quand il s'agit d'un individu?
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Réponses

  • D'après les dictionnaires on écrit un Noir, un Blanc. Et aussi le Sud, le Nord. Les Noirs vivent dans le Sud et les Blancs dans le Nord du pays...
  • JehanJehan Modérateur
    La minuscule ici ne concerne que l'emploi comme nom de chose :

    un noir profond (une teinte)
    dans le noir (l'obscurité)
    un petit noir (un café)

    un blanc pur
    un blanc d'œuf
    un petit blanc (un verre de vin)

    etc.
  • COONY34COONY34 Membre
    BONJOUR

    Si l'on veut parler dans un texte, de personnes de couleurs différentes : des personnes blanches ou noires, doit-on écrire avec des majuscules : les Blancs et Les Noirs ou bien sans majuscules : les blancs et les noirs ? :/

    Dans l'attente d'une réponse, merci d'avance. :)
  • TatooTatoo Membre
    et bien apparemment c'est avec une majuscule ^^"
  • Au choix :
    Avec ou sans majuscule ?

    L’hésitation à nommer concerne aussi la façon dont on écrit «un Noir», avec une majuscule ou sans. A l’AFP, Omar Sy est «le premier noir» à remporter un César, mais pour Le Monde, c’est «le premier Noir». La majuscule est normalement réservée aux nationalités et aux peuples, mais le Grevisse note que l'on met souvent la majuscule à «des noms qui désignent des groupes humains d'après la couleur de leur peau».

    Dans Le Monde, noir et blanc –quand ils sont utilisés comme substantifs– prennent la majuscule. «Ce sont des définitions aujourd’hui neutres, renvoyant à la pigmentation de la peau, et plus à de quelconques races humaines», précise le chef correcteur.

    Cette majuscule est pourtant parfois interprétée comme un parti pris idéologique. Pour l’écrivain Claude Ribbe, «on ne peut mettre la majuscule au substantif noir ou au substantif blanc que si justement on valide la notion de race».
    http://www.slate.fr/story/52115/noir
  • Quand on parle des Blancs et des Noirs, en Afrique du Sud par exemple, on les considère (à tort ou à raison) comme des groupes ethniques relativement homogènes : des Espagnols, des Russes, des Chinois, etc. Il faut alors des majuscules. Quand on rencontre un Blanc ou un Noir dans la rue, on considère aussi sa couleur de peau comme un signe distinctif (majuscule aussi). Mais s'il s'agit d'adjectifs, on recommande les minuscules : "Il est blanc" comme "Il est italien", etc.

    Cela ne veut pas dire pour autant qu'il existe une race blanche et une race noire. La couleur de la peau n'est qu'un critère physique parmi beaucoup d'autres, même s'il est le plus apparent. Pour le groupe sanguin, je suis par exemple plus proche d'un Noir du groupe A que d'un Blanc du groupe B. On peut même dire à la limite que chaque individu constitue une race à lui seul ! ;)
  • DeliaDelia Membre
    A l’AFP, Omar Sy est «le premier noir» à remporter un César, mais pour Le Monde, c’est «le premier Noir».

    Plutôt que de se demander s'il faut ou non une majuscule, il faudrait souligner le caractère scandaleux d'un tel libellé ! et donc, s'abstenir d'écrire de pareilles horreurs...
  • Je ne dirais pas "scandaleux", mais sans intérêt à coup sûr !
    De même, qu'Obama soit blanc ou noir (métis en fait) importe beaucoup moins que ses compétences comme président ! :rolleyes:
  • paulangpaulang Membre
    Il y a déjà eu ici une longue, trop longue discussion sur le "noir".
  • Pour ma part, je m'en tiens à la graphie retenue par l'Académie :
    III. N. 1. Personne appartenant à une population dont l'un des caractères physiques est la couleur sombre de la peau. Un Noir, une Noire. L'esclavage, la traite, l'émancipation des Noirs.

    Le TLFi, dans son art. "Nègre" utilise, à maintes reprises, l'initiale majuscule ("Noir"), sauf ici :
    I. Subst. masc.
    A. Homme de race noire. Nègres et mulâtres! (...)
    [...]
    Rem. Nègre, employé en parlant des pers. a eu des connotations péj. et, à ce titre, s'est trouvé concurrencé par noir qui est moins marqué (voir HUGO, loc. cit.). Actuellement nègre semble en voie de perdre ce caractère péj., probablement en raison de la valorisation des cultures du monde noir (v. négritude). https://www.cnrtl.fr/definition/n%C3%A8gre

    Il s'agit bien pourtant d'un substantif, et non d'un adj.
  • Il semble en fait que si l'on écrit habituellement les noms "Blanc" et "Noir" avec des majuscules, c'est pour se référer à des groupes ethniques (à tort ou à raison). Par contre, "nègre" n'a pas son équivalent blanc. Ce serait alors une appellation non ethnique.
    Cela dit, je n'affirme rien ! :rolleyes:
  • On écrit :
    un chrétien, un musulman et un juif
    ou
    un Chrétien, un Musulman et un Juif ?
  • Lorsqu'un juif est considéré comme adepte d'une certaine religion, il faut l'écrire avec une minuscule. Si ce Juif est considéré comme membre d'un groupe ethnique, on met alors une majuscule : comme un Espagnol, un Russe, un Chinois, etc.

    Sinon, on écrit généralement "un chrétien", "un musulman", "un bouddhiste", etc, donc avec des minuscules. En effet, les chrétiens, les musulmans et les bouddhistes ont toujours été trop divers pour former vraiment des groupes ethniques, contrairement aux Juifs. Cela vient sans doute du fait qu'ils sont beaucoup plus nombreux que les Juifs, donc moins homogènes, avec une conscience ethnique quelque peu diluée, en tout cas à l'échelle planétaire. ;)
  • Les noms qui désignent les adeptes d'une religion prennent, en général, une initiale minuscule.

    Un chrétien, un musulman.

    Pour le nom juif/Juif, le "Grevisse" constate que l'usage est partagé et donne les ex. suivants :
    Avec majusc. : Nous étions des étrangers […], mais l’étions-nous parce qu’Allemands ou parce que Juifs ? ( Cl. Malraux, Apprendre à vivre, p. 189). — Nous visitâmes la synagogue où viennent en pèlerinage des Juifs du monde entier ( Beauvoir, Force des choses, p. 201). Etc. — La majusc. est constante pour le peuple de l’Antiquité, par ex. dans les trad. de l’Évangile.

    Avec minusc. : Trois agents français gardaient des juifs prisonniers (Cl. Mauriac, Espaces imaginaires, p. 237). — Une juive antisémite (Étiemble, C’est le bouquet ! p. 282). — On ne peut définir un juif que par sa religion, ou par celle de ses ancêtres (A. Lwoff, Jeux et combats, p. 151). Etc.
  • Ça se rejoint.

    Sauf dans le cas de Beauvoir dont le J me gêne.
  • DeliaDelia Membre
    En effet, les chrétiens, les musulmans et les bouddhistes ont toujours été trop divers pour former vraiment des groupes ethniques, contrairement aux Juifs. Cela vient sans doute du fait qu'ils sont beaucoup plus nombreux que les Juifs, donc moins homogènes, avec une conscience ethnique quelque peu diluée, en tout cas à l'échelle planétaire.

    C'est un festival...

    Voilà où en arrive quand on commence par une innocente question sur l'emploi des majuscules.
    Voici pourquoi je parle de scandale.
  • albardealbarde Membre
    En fait, c'est assez compliqué. Pour ce qui est de juif ou Juif, cela dépend des auteurs. Beauvoir l'écrit toujours avec une majuscule, ce qui se faisait beaucoup à son époque. Mais Finkielkraut, Elisabeth Lévy, Shlomo Sand (tous d'origine juive et même Israélien pour le dernier) et bien d'autres ne mettent généralement pas de majuscule à juif.

    Pour noir et blanc, c'est très compliqué puisque le CNRTL parle du substantif "blanc" sans majuscule:
    "Substantif
    A.− Blanc, blanche. Homme, femme de race blanche. La traite* des blanches :
    27. ... comment la dissemblance du nègre et du blanc accuserait-elle autre chose que la diversité de leur histoire religieuse, politique et naturelle? Lacordaire, Conf. de Notre-Dame,1848, p. 219.
    28. Notre seul espoir est que les psychologues découvrent quelque jour des « tests » qui élimineront le facteur de l'éducation, pour établir des comparaisons entre les blancs et les races exotiques. R.-H. Lowie, Manuel d'anthropol. culturelle,1936, p. 17."
    Pour ma part, la réflexion de Claude Ribbe me semble ici, comme bien souvent chez lui, complètement exagérée. Il faut dire qu'il abuse parfois de discours politique. En effet, les "races" existent dans la langue française (cf l'Académie) même si elles ne concernent pas une classification scientifique. C'est-à-dire que, bien sûr, dans un congrès d'anthropologues, on n'emploiera pas le mot race qui n'aurait là aucun sens, mais, dans le langage courant de gens non anthropologues, le terme de race définit une vague appréciation de gens selon des évidences sensuelles (la vue, voire "les bruits et les odeurs" pour certain buveur de 1664). De même que l'on peut parler de la race des blonds ou ce celle des idiots.
    Sans en être sûr, je pense qu'il vaut mieux mettre une majuscule à Blanc ou Noir, voire la mettre ou non selon le contexte de façon à ce qu'il n'y ait pas risque d'ambiguïté.
    Pour ce qui est du mot "nègre", c'est un synonyme de noir qui n'a pris un caractère péjoratif qu'assez récemment. Parler d'un Nègre n'a pendant longtemps rien eu de discriminant, du moins en France (c'est moins vrai dans les pays anglo-saxons de culture protestante). La majuscule à nègre devrait donc suivre les mêmes règles que pour blanc et noir.
  • Voici ce qu'en disent Grevisse et Goosse :
    "Par analogie avec les gentilés dérivés de noms propres, on met souvent la majuscule à des noms qui désignent des groupes humains, par ex. d’après la couleur de leur peau ou d’après l’endroit où ils résident (lequel n’est pas désigné par un vrai nom propre).
    Des Noirs en file indienne (Malraux, Antimémoires, p. 163). — Les femmes ne sont pas comme les Noirs d’Amérique, comme les Juifs, une minorité (Beauvoir, Deux. sexe, t. I, p. 17). — L’Asie rassemble la plus grande partie des Jaunes de la planète (Grand dict. enc. Lar., art. Asie)."
    (C'est moi qui graisse.)

    Personnellement, "un noir" ne me choque pas le moins du monde si l'on écrit, dans le même, texte "un blanc" (et non "un Blanc).
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