Grammaire française Participe passé

Bonjour,

J'aimerais aujourd'hui attirer l'attention sur les expressions employées avec les conjonctions suivantes. Exemple : "Ni l'un ni l'autre ne sont des imposteurs" Faut-il employer le pluriel ? Idem pour "ou" et "et" et a contrario : peut-on employer le singulier pour chacune d'elles ?
Merci. ;)

P.-S : Et quel est l'emploi en nombre du verbe qui suit l'expression "une série de rêves ondulent (ou ondule) dans son esprit" ?
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Réponses

  • Bonsoir, Jérémy !

    * Ni l'un ni l'autre ne sont des imposteurs.
    Selon Riegel, le singulier est plus logique.
    * Ni l'un ni l'autre n'est venu.
    Personnellement, je laisserais passer le pluriel, en raison de l'attraction de l'attribut pluriel "imposteurs". Le singulier sonnerait mal.
    Ou alors :
    → Ni l'un ni l'autre n'est un imposteur.

    * Une série de rêves ondulent.
    Riegel met le pluriel parce que "série" est "un simple quantificateur qui dénote la diversité plurielle des individus".
    * Une série de télescopages se sont produits.
  • Merci beaucoup Edy ; une dernière expression dans le même sens : "Ils s'étaient promis que s'Il revenait, Bill le bègue, Mike, Beverly, Richie, Ben, Eddie et tout le « Le club des ratés » se rallierait pour le combattre une fois encore."

    L'emploi du verbe rallier est-il juste ?
  • Sans autre précision, je mettrais le pluriel "se rallieraient".

    Mais, si les six personnes citées font partie du club, cela pourrait être différent. Encore faudrait-il que "tout le club des ratés" ne soit pas précédé de la conjonction de coordination ET.

    Je m'exprime autrement par l'exemple :
    * ... Bill, Mike...., tout le club des ratés se rallierait.

    Référence : Grevisse n°439c2 :
    "le terme qui détermine l'accord résume [...] une énumération, à laquelle il n'est pas joint par une conjonction de coordination".
    * Sa parole, sa voix, son sourire, TOUT vint à lui déplaire. (Flaubert)
  • Merci Edy.
    De même, je me permets de revenir sur la notion de pluriel avec "leur raison est valable" ou "leur raison sont valables" ?
    Merci d'avance.
  • "leur raison est valable" : ils sont plusieurs, mais ils ont la même raison
    LEUR : un seul objet possédé, plusieurs possesseurs
    "leurS raisonS sont valables" ils sont plusieurs, mais chacun a sa raison
    LEURS : plusieurs objets possédés, plusieurs possesseurs

    En fait c'est comme au singulier
    SA raison est valable : une seule raison, un possesseur
    SES raisons sont valables : plusieurs raisons, un possesseur
  • J'avais un petit doute que tu m'as désormais enlevé. Merci Leah !
  • L'expression "ni l'un ni l'autre" reste ambiguë. Concrètement, dans une phrase telle que : "ni Abraham, ni Sarah, ni Satan, ni Isaac ne devinent la volonté divine" : "ne devinent" ou "ne devine" ?

    De même, pour "comme" : "Eric comme Zemmour sont (est ?) une seule et même personne" ou "Grand-père comme grand-mère sont (est ?) allergiques au pollen"
    (P.-S à Cyril : la barre des smiles est revenue !)
  • 1
    * Ni Abraham, ni Sarah, ni Satan (?), ni Isaac ne DEVINENT la volonté divine.
    Tout dépend de savoir si c’est la notion de conjonction ou si celle de disjonction exclusive (ou d’opposition) qui l’emporte.
    Dans l’exemple, c’est celle de conjonction : Abraham ne devine pas, Sarah ne devine pas, etc.
    Donc, le pluriel.
    Le pluriel s’impose aussi lorsque les sujets sont des pronoms personnels :
    * Ni toi ni moi ne partirons.

    2
    * Eric comme Zemmour SONT une seule et même personne.
    Le pluriel s’impose : il y a deux personnes pour n’en faire qu’une. Valeur de conjonction.

    3
    * Grand-père comme grand-mère SONT allergiques au pollen.
    Le pluriel s’impose : comme a une valeur de conjonction (ET).
    Toutefois, si comme a une valeur de comparaison (de sorte que le second terme est subordonné au premier), ce qui se traduit par la présence de virgules, le singulier s’impose.
    * Grand-père, comme grand-mère, EST allergique au pollen.
    → Comme grand-mère, grand-père EST allergique au pollen.

    Les tolérances grammaticales (françaises) de 1976 acceptent les deux solutions :
    * Ni l’heure ni la saison ne convient / conviennent pour cette excursion.
    * Le père comme le fils mangeait / mangeaient de bon appétit.

    On peut raisonner selon la tradition et limiter la tolérance au point 1.
  • Eh bien raisonnons selon la tradition ! Merci beaucoup Edy (et ne t'étonne pas des phrases prises en exemple, la première vient d'une analyse de ma prof sur "Abraham Sacrifiant", première tragédie françoise s'il en est !) :P
  • "Toute une série de pièces dans laquelle vous pouvez faire votre choix"
    Phrase que j'ai repérée de mon prof de lettres à la fac. Est-elle correcte ?
    Merci.
  • Je mettrais
    Toute une série de pièces parmi lesquelles vous pouvez...
  • C'est toujours rassurant d'apercevoir de fins lettrés produire de telles fautes - oralement du moins. Je ne veux pas leur trouver des excuses mais je me demande s'il s'agit, pour certains, d'une confrontation latente - exprimée parfois de façon crispée - entre le langage écrit et le langage parlé.
  • Je suis d'accord avec Léah, mais l'autre tournure ne me paraît pas fautive : on peut choisir dans une série de pièces, comme on choisit dans un lot.
    → dans laquelle on peut choisir.
  • Ah oui je suis d'accord aussi, mais "parmi lesquelles" c'est plus joli non ? Et ça fait prendre conscience de la difficulté de ces accords avec nom singulier et complément de nom pluriel ; pourquoi dire "parmi lesquelles" et 'dans laquelle" ? parce qu'on ne peut pas choisir parmi une seule (série), alors qu'on peut choisir dans une série. Que c'est amusant !
  • Bonjour,

    Petit cas épineux que je rencontre. Doit-on écrire : "Ce qui commence le livre et ce qui le termine est identique ou sont identiques" ? Le pluriel semble correct, mais il est étrange à l'oreille d'accorder "ce" au pluriel, et deux "ce" est-ce que ça fait un pluriel quantifiable ? Ou peut-on considérer que c'est le même "ce" (vu que la suite de la phrase montre que c'est bien le cas) ?

    Merci !!
  • Bonsoir et bienvenue !

    Le pluriel est la règle : ce sont deux choses différentes.

    Mais, lorsque les termes coordonnés (ou juxtaposés) sont neutres (ce + ce), le singulier est souvent utilisé.
    * Ce que nous avions vu, ce que nous voyions encore ne nous AIDAIT guère... (Vercors)
    * Ce qui reste du modèle, ce qu'apporte le copiste COMPOSENT un troisième personnage. (Cocteau)

    Une autre solution serait d'écrire : ... , c'est identique.
  • Merci Edy, pour toutes ces précisions très érudites !

    Je crois que je suivrai l'exemple de Vercors...

    Autre question du même genre : que se passe-t-il quand le "et" coordonne deux propositions dont la seconde, certes s'ajoute techniquement à la première, mais est comprise dans celle-ci comme la partie dans le tout ? Exemple : "Notre-Dame de Paris et son bossu difforme s'inscrit (ou s'inscrivent ?) dans le prolongement de textes antérieurs de Victor Hugo..." "Le bossu difforme" est-il un sujet véritable (vu que c'est Notre-Dame de Paris qui s'inscrit stricto sensu dans la ligné des textes littéraires de Hugo, pas Quasimodo...) ? Une solution serait de mettre "le bossu difforme" en incise entre deux virgules et d'accorder le verbe au singulier, mais sans virgule peut-on le faire ?
  • Je mettrais (et son bossu difforme) entre parenthèses, et s'inscrit. En effet c'est N-D qui est dans le prolongement des textes.
  • Bonjour !

    Je suis d’accord avec Léah : le SINGULIER du verbe semble la seule forme normale. Je vais tenter de justifier ce choix.

    Je n’ai pas trouvé dans Grevisse une situation exactement pareille, mais je lis en substance ceci :
    Lorsqu’un des termes coordonnés L’EMPORTE sur les autres et que le PREMIER est PRÉDOMINANT dans la pensée de l’auteur, la conjonction ET équivaut plus ou moins à AVEC, et le verbe s’accorde avec ce terme.
    * Que me FAIT le monde ET ses vains jugements ? (Stendhal)
    * Le vieillard ET ses deux écuelles de haricots RESSEMBLE… (Jouhandeau)
    (Notre ami Bill Gates proteste à propos de l’accord dans la seconde citation…)

    Et ailleurs (à propos de la coordination, non à propos de l’accord) :
    Par la figure littéraire appelée HENDIADYS, on coordonne deux noms, alors que l’expression normale ferait DE L’UN D’EUX un COMPLÉMENT ou une épithète :
    * Comme un temple rempli de voix ET de prières. (Lamartine) (→ DE voix qui prient).
    Dans votre exemple, on comprend en effet « AVEC le bossu difforme ».

    Grevisse : n°439b et 263 remarque 2.

    Je vois trois solutions pratiques pour évacuer éventuellement le problème :
    - mise entre virgules,
    - mise dans une parenthèse,
    - surtout, le remplacement de ET par AVEC.

    Dans Gradus, de Dupriez :
    Hendiadys (ou hendiadyn) : dissocier, en deux éléments COORDONNÉS, une formulation qu’on aurait attendue normalement en un seul syntagme, dans lequel l’un des éléments aurait été SUBORDONNÉ à l’autre.
  • Bonjour,

    C'est impressionnant, tout ce savoir...
    Et avec OU, alors ?

    "Cela engendre un gain ou une perte considérable(s)."

    C'est un "ou" nécessairement exclusif, mais dans les deux cas le résultat est "considérable"...

    Pluriel ou singulier ?
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