Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour, j'ai du mal à comprendre l'énoncé de cette dissertation, pouvez-vous m'aider ?

"Je n'ai jamais compris, pour ma part la différence que l'on fait entre tragique et comique. Le comique étant l'intuition de l'absurde, il me semble plus désespérant que le tragique. Le comique n'offre pas d'issue", écrit Ionesco. Que pensez-vous de cette réflexion ?

Si j'ai bien compris l'auteur insiste sur le fait que le genre comique relève d'une connaissance de l'absurde. Il répond à des codes (personnages types, comme Arlequin, comique de gestes, etc.) Aussi le dénouement est toujours heureux. Bref les pièces comiques se ressemblent toutes à ses yeux.

Aidez-moi, merci d'avance !
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Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Kevin,

    Le comique auquel fait allusion Ionesco est le comique de dérision.
    La vie est absurde affirme-t-il, (mais nous ne sommes pas obligés de partager son appréciation, avis personnel !)
    Tragédie et comédie mettent en relief cette vision pessimiste, la tragédie en débouchant sur une mise à mort inéluctable, la comédie en tentant de sourire de la vie insignifiante pour se protéger de la folie.
    Le genre comique est plus "désespérant", il "n'offre pas d'issue" parce qu'à la différence de la tragédie, qui, dans sa défaite grandiose, essaie de faire sortir l'homme par le haut, il renvoie l'homme aux murs de sa prison.

    Voilà comment je comprends cette affirmation paradoxale et déroutante d'Ionesco.
  • Merci pour ta réponse Jean Luc.

    Mais, à l'instar de la tragédie, le comique tente d'offrir une issue à notre vie misérable.
    En effet, la comédie est à mes yeux une mise en abime de notre quotidien, ainsi en contemplant nos défauts, nous sommes tentés de les corriger.
    Donc comme l'affirme Ionseco, comédie et tragédie sont indisciossables, n'est ce pas?
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Kevin,

    J'ai essayé de te donner mon interprétation de la pensée d'Ionesco, pas de te donner mon propre avis sur sa réflexion.

    Ton opinion est tout à fait recevable.
    Tu as le droit de penser que la comédie est une mise en abYme de notre quotidien.
    Mais elle n'est pas seulement une tentative de ridiculiser nos défauts comme le voulait l'époque classique "castigat ridendo mores", (même si c'est la voie royale), elle peut être un regard acerbe sur notre condition finie ou même n'être qu'une variation gratuite sur les difficultés à aimer (vaudeville par ex.)...

    Pourquoi comédie et tragédie seraient indissociables ? le siècle classique les avait bien séparées en genre majeur ou noble et genre mineur. Le regard n'est pas le même, la finalité non plus. Le mérite d'Ionesco est de remettre en cause un partage des genres, de redonner à la comédie des ambitions métaphysiques auxquelles elle avait peut être renoncé avec le théâtre de boulevard. Mais Ionesco écrit-il des comédies ?
  • Oui le comique sans issue de Ionesco n'est pas vraiment destiné à nous faire rire.
  • Et surtout, il écrit des "anti-pièces", selon son propre mot : des "farces tragiques", par exemple. En quoi une farce peut-elle être tragique ? Regarde dans Le Roi se meurt : cette "tragédie" d'un Roi (il a vécu plusieurs siècles, tout ce qu'il veut est réalisé/ concrétisé, il est le maître et possesseur de toutes choses, etc. C'est un homme absolu) contraint à mourir (fatalité), quoiqu'il veuille, quoiqu'il fasse, renvoie à notre propre condition. Et nous ne sommes pas roi...

    Et cependant, cette pièce contient de nombreux éléments farcesques/ comiques (jeux de mots, les annonciations mécaniques du garde, les contrastes, etc.). A quoi servent-ils donc ? Pourquoi des passages comiques dans une pièce vraisemblablement tragique (nous ne parlons que des REGISTRES) ? Peut-être que le comique contribue à dramatiser le tragique (paradoxalement) en soulignant l'absurdité, la mécanique, l'invraisemblance, de la vie humaine.
  • Bonjour,

    J'ai moi aussi eu cette citation comme dissertation (ma citation est : "je n'ai jamais compris pour ma part la différence que l'on fait entre le comique et le tragique. Le comique étant l'intuition de l'absurde, il me semble plus désespérant que le tragique " et la problématique est "quels sont les moyens théâtraux à même d'exprimer le désespoir de l'homme") et je ne m'en sors pas, j'ai eu comme question d'"analyser les formes que prend le conflit dans chacun des textes du corpus" et je ne vois pas trop où je peux mettre le "conflit" dans ma dissertation. J'en ai déja rédigé une mais elle n'est pas super alors je vais en refaire une mais j'ai quelques petits problèmes sur le plan. Je voudrais mettre comme plan :

    I Comique


    II Tragique



    et je me demandais si dans les sous-parties je pouvais mettre le conflit (pour comique les conflits comiques et pour tragique les conflits tragiques), sinon je n'ai pas beaucoup d'idées pour les sous-parties je cherche des arguments avec des exemples mais ça ne vient pas trop alors si vous pouviez juste me mettre sur une petite piste je vous en serais très reconnaissant.


    Je vous remercie d'avance.
  • Si tu as un corpus de textes, c'est pour t'en servir ; donc tu devrais y trouver des exemples de conflit et aussi des arguments pour étoffer tes deux parties
  • Ok, je vais d'essayer d'utiliser un maximum les textes du corpus.
  • En fait je voudrais juste avoir une petite précison, je ne crois pas l'avoir vu dans la méthodologie de la dissertation (en fait c'est ma première dissertation et c'est pour ça que j'ai un petit peu de mal).

    Pour chaque sous-partie il faut combien d'arguments ?
    Est-ce que chaque argument doit donner lieu à une sous-partie ? Parce que dans la méthodologie que notre professeur nous a donné, il nous conseillé de chercher une dizaine d'arguments appuyés d'exemples avant de commencer la rédaction. En clair il faut trouver ses sous-parties et caser un maximum d'arguments, non ?
  • Dans ma premiere dissertaion que j'avais faite j'avais choisi ce plan :

    I les registres
    a. comique
    B. tragique




    II les conflits
    a. les conflits normaux
    b. les conflits interieurs






    Mais je n'ai pas du tout été convaincu et comme je voudrai réussir ma dissertation je veux la refaire.

    Mais peut être que ce plan n'était pas si mauvais que ça apres tout non ?
  • Une dizaine d'arguments en tout, ça en fait cinq par parties ; avec deux sous-parties ça devrait aller
  • ok merci, juste un dernier petit renseignement, je te demande juste ton avis sur les deux plans ( les grands axes) tu trouves que lequel est le mieux ?
  • J'ai toujours dit qu'un plan en vaut un autre ; l'important c'est de bien structurer (parties équilibrées) et de dérouler le truc comme si c'était normal que ça soit comme ça et pas autrement. Soit de bons exemples, bien articulés (travailler les transitions) et de bons arguments appuyés sur les exemples
    Désolée de te laisser à la liberté de ton choix :)

    Toutefois si tu n'étais pas convaincu par le premier plan évite-le...
  • Ok, ben merci beacoup Léah, il ne me reste plus qu'a tout finir. ( je pense que je vais en rendre un au prof et lui montrer le second histoire de voir ce qu'il en pense. )

    Allez a la prochaine et encore merci, surtout pour la rapidité.
  • Je viens de relire le sujet et le flash s'est fait ;)

    Le comique n'offre pas d'issue
    Donc : le tragique en offre une (la mort, souvent, les exemples ne manquent pas)
    Pourquoi et comment le comique n'offre pas d'issue
    Pourquoi et comment le tragique en offre une

    Avec les échanges déjà faits sur le théâtre un peu partout dans le Forum (et sur ce sujet même ci-dessus), as-tu encore le temps de refaire ton plan avec ce dernier point de vue s'il te convient bien sûr ?
    Sinon, bonne idée de montrer tes propositions au prof
  • Oups excuses je crois que tu n'avais pas la citation entière
    ma citation est : "je n'ai jamais compris pour ma part la différence que l'on fait entre le comique et le tragique. Le comique étant l'intuition de l'absurde, il me semble plus désespérant que le tragique " et la problématique est "quels sont les moyens théâtraux à même d'exprimer le désespoir de l'homme")

    Mais avec le mot "absurde" tu peux puiser tant d'exemples chez Ionesco, ne t'en prive pas !
    De Pirandello aussi, si tu connais les Six personnages en quête d'auteur
  • Bonjour moi aussi je dois faire une dissertation et le sujet est :

    "Je n'ai jamais compris pour ma part, la différence que l'on fait entre le comique et le tragique. (...) le comique est tragique, et le tragédie de l'homme, dérisoire." (Ionesco)
    Pensez-vous, comme Ionesco, qu'il n'y ait aucune différence entre le comique et le tragique au théatre?

    Merci d'avance pour ceux qui me feront avancer !

    Bisous (k)
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir,

    En fait Ionesco est sensible à la misère de la nature humaine qui peut paraître risible ou ridicule mais qui cache toujours un fond tragique. C'est une conception moderne liée au théâtre de l'absurde.

    Comédie et tragédie sont des genres bien distincts. Le bon sens permet de distinguer l'une de l'autre. Chaque genre a ses caractéristiques propres : type de personnage, fin, style...

    Mais, la frontière entre comédie et tragédie est parfois ténue : certaines comédies de Molière pourraient être des sujets tragiques ou du moins des drames bourgeois.
    Vois Musset qui juge ainsi le théâtre de Molière :
    Quelle mâle gaîté, si triste et si profonde
    Que lorsqu'on vient d'en rire on devrait en pleurer !
    En revanche il est rare que des tragédies donnent des sujets de comédies sauf dans les parodies.
    Disons que le sujet n'induit pas en lui-même le genre, c'est la volonté de le traiter comme une comédie ou une tragédie qui va le faire entrer dans un des deux genres. C'est le recours à certains procédés qui détermine le genre.

    Il est vrai aussi que les grands comiques sont plutôt des pessimistes invétérés.
  • Merci beaucoup !! :)
    Mais quels points communs ont le tragique et le comique?
    & quand vous dites que certaines comédies de Molière pourrait etre aussi des tragédies, auquelles faites-vous allusion?
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir Princesse pressée,

    Tu peux prendre l'Avare où Harpagon fait régner la terreur dans sa famille et dont la monomanie le conduit à sacrifier allègrement ses enfants.
    Ce pourrait être Tartuffe dont les intrigues menacent toute une famille.
    Quant à Dom Juan, le final qui voit disparaître le libertin entraîné par la statue du commandeur le classe dans la tragi-comédie.
    Presque toutes les grandes comédies de Molière (à l'exception des farces) tangentent le drame à défaut de la tragédie.

    S'il y a un point commun entre tragédie et comédie, c'est bien dans la mise en scène des passions qui aveuglent l'homme au point de le faire sombrer dans le ridicule pour la comédie et de le conduire vers sa malheureuse destinée dans la tragédie.
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