Grammaire du français

L’on

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Réponses

  • JehanJehan Modérateur
    Je crains que ceux qui me lisent pensent que je suis ignare et ne connais pas cette règle.
    Mais encore une fois, ce n'est pas une règle. Rien d'obligatoire.
    Alors, être tenté d'utiliser l'on rien que pour montrer qu'on connaît une règle qui n'existe pas...
    Voilà un genre d'élégance qui risque fort de passer inaperçu.
    Et l'on n'utilise pas forcément l'on par niaise pudibonderie bourgeoise, tout de même...

    D'un autre côté, appeler ça une "option optimale"... Un peu excessif dans l'autre sens !
  • Je me suis mal exprimé, je ne voulais pas dire qu'on utilisait "que l'on" au lieu de "qu'on" par pudibonderie bourgeoise ridicule, mais que c'était l'origine de cet usage. Ensuite les gens le reproduisent plutôt par conformisme, dans l'idée qu'il s'agit de quelque chose d'élégant.

    Je sens une certaine impatience dans votre réponse. Je réalise en allant sur la page d'accueil de ce site que sa vocation est scolaire, donc cela explique peut-être que mon interrogation est un peu décalée par rapport à ce contexte ?
  • Bonsoir Martin,

    Pas du tout ! La rubrique « Langue française » est ouverte à tous. :)

    Bonne soirée !

    Muriel
  • JehanJehan Modérateur
    Et toutes mes excuses d'avoir paru impatient... :P
  • Me voilà rassuré. ;)

    Nouvelles pièces versées au dossier :

    Dans le corpus de Sade proposé par Wikisource, il y a un rapport de 2 à 1 entre les "que l'on" et les "qu'on"... Pourtant pas un spécialiste de la pudibonderie... (1:1 chez Rousseau)

    L'introduction à la Comédie humaine de Balzac par l'auteur comporte la phrase suivante :

    "L’idée première de la Comédie humaine fut d’abord chez moi comme un rêve, comme un de ces projets impossibles que l’on caresse et qu’on laisse s’envoler (...)".

    C'est étonnant je trouve à quel point ça passe bien malgré le traitement différencié des deux termes de la conjonction. Il y a sans doute le désir d'éviter "l'on laisse", mais aussi plus profondément peut-être "caresse et qu'on laisse", une sorte de conjonction sonore entre deux formes très proches...
  • dans cette phrase pourquoi on a écrit (l'on )
    La France est l’un des pays où l’on a le plus de jours de vacances.

    merci
  • La rencontre de deux voyelles qui appartiennent à des syllabes différentes engendre un phénomène hiatal (on parle d'hiatus). Dans le cas du pronom "on", le l est ajouté pour faciliter la prononciation et éviter cette dissonance phonique. De plus, pour éviter certains sons jugés désagréables (comme qu'on), on trouvera cet article élidé (que l'on...).
    Par contre, attention à ne pas trop généraliser cette règle. On n'emploiera pas l' si le mot qui suit commence par l ! On dira donc si on lit, et non si l'on lit.
    Quant au pourquoi du comment, en ancien français, on était un nom, qui signifiait homme, et on le faisait précéder, tout comme les autres noms, d'un article (l'homme est devenu l'on).
  • merci Mithridate
    en effet c'est ça que je pensais mais comme tu a dit on ne peut pas généraliser
    parfois (l') est c.O.D
    vos exemples sont très compris.
  • Pour éviter toute confusion possible, sache que le l' qui précède on n'a aucune fonction dans la phrase (juste une nature). Il est donc supprimable sans altération du sens de la phrase. ;)
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    bassem71 a écrit:
    en effet c'est ça que je pensais mais comme tu a dit on ne peut pas généraliser
    parfois (l') est c.O.D
    Oui, ce n'est pas le même « l' » !
    Ici, il s'agit de l'article "le" élidé, comme dans « l'hiver », « l'obstacle » ou « l'homme » dont « l'on » est le doublet.
    Il est donc placé devant un nom.
    Ce n'est pas la même chose que le pronom "le" élidé, qui est placé devant un verbe, comme dans « je l'aime ».
  • merci lamaneur
    vous voulez dire que l'on ne peut pas dire
    les jeunes où l'on la voient
    la= la lune
    où=une région
  • Peut-être veux-tu dire les jeunes sont dans un lieu où ils la voient ? Attention, car on ne s'utilise jamais pour la troisième personne du pluriel !
    On ne peut cependant pas dire nous sommes dans un lieu où l'on la voit à cause des deux liquides (deux l) qui se succèdent. On dira alors nous sommes dans un lieu où on la voit ou bien encore nous sommes dans un lieu où l'on voit la lune.
    Ceci dit, je n'ai pas très bien compris ce que tu voulais faire, alors je me trompe peut-être...
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    bassem71 a écrit:
    vous voulez dire que l'on ne peut pas dire
    les jeunes où l'on la voient
    la= la lune
    où=une région
    Bassem, je ne comprends pas bien ta question, comme Mithridate.
    Écrite comme ça, effectivement, ta phrase n'a pas de sens en français.
    Comme l'a dit Mithridate, "l'on la voit" (il ne peut pas y avoir "l'on la voient") est grammaticalement correct mais pas euphonique à cause du son "lonla". On préfère dans ce cas dire "On la voit".
    Mais je ne vois pas le rapport avec "les jeunes" en tête de phrase.
    On pourrait avoir "les jours où on la voit" : les jours où on voit la lune.
    Peut-être faut-il préciser ta pensée et ta question.
  • JehanJehan Modérateur
    Avec "les jeunes", ton exemple n'a pas de sens.
    On pourrait plutôt écrire :
    Les jours où on la voit.
    Ou plutôt, puisque tu parles de "régions" pour "où" :
    Les régions d'où on la voit.
    (Avec les sujets on ou l'on, le verbe est toujours au singulier.)
    Mais qu'as-tu voulu dire exactement ?
  • NBeoNBeo Membre

    Bonjour,

    je voudrais connaitre la raison pour laquelle on utilise le pronom 'l'' dans une phrase de ce type:

    La seule chose que l'on puisse dire...

    Les mots que l'on préfère taire...

    Merci pour votre aide.

  • lamaneurlamaneur Modérateur

    Pour éviter d'avoir à écrire "qu'on" et à prononcer "con", jugé disgracieux.

  • ricardoricardo Membre
    26 mars modifié

    Sans vouloir trop épiloguer sur la "chose", je trouve que "disgracieux" est mal adapté, car on a l'impression que c'est l'organe qui est ainsi jugé, et ce n'est pas mon avis, dans la majorité des cas. "Trivial", à la rigueur , si on estime le mot (?)

  • JehanJehan Modérateur

    On comprend bien que c'est le fait de prononcer "con" qui est jugé disgracieux...

  • JocrisseJocrisse Membre
    26 mars modifié


    https://www.etudes-litteraires.com/forum/discussion/comment/112769#Comment_112769Merci pour cette jolie mise au point.

    On voit aussi que "que l'on" est plus long, et qu'il sera plus souvent élidé à l'oral. Si bien que "qu'on" est ce que l'on entend, et aussi ce que l'on prononce, dans la conversation quotidienne. Le l' fait plus formule écrite. En l'espèce, je crois que le caractère écrit ou oral est plus important que, peut-être, l'aspect usage quotidien/soutenu.

    Lorsque je dis "écrit", j'entends un message qui n'est adressé à personne. (Puisque qu'il s'adresse à tout le monde). On ne s'étonnera pas de le retrouver dans le discours politique, journalistique, médiatique et autres tiques prurigineuses. Des gens qui parlent comme ils écrivent.

  • Ce que je n’ai jamais compris, ce sont les phrases, voire les paragraphes, qui commencent par L’on, et que je rencontre assez fréquemment chez des auteurs connus dès que le propos verse un peu dans la philosophie ou la polémique.

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