Recherche de textes littéraires écrits au conditionnel

bonjour à tous,
je suis à la recherche de textes littéraires (poésies, extraits de romans ou d'essais) d'auteur français classiques ou contemporains écrits au CONDITIONNEL ....
Si quelqu'un avait des suggestions, je serais très intéressée.
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Réponses

  • Car tu ne trouves rien dans tes livres et recueils?

    J'ouvre La Fontaine au hasard
    Si tu n'avais servi que d'un meunier, comme moi,
    Tu ne serais pas si malade.
    Les Deux Mulets.
  • JehanJehan Modérateur
    Trouver un conditionnel dans un texte est sûrement très facile.
    Trouver un texte ou tout un paragraphe entièrement au conditionnel comme semble le souhaiter Volubilis est un peu moins aisé...
    Je croyais bien en trouver un dans les Exercices de style
    de Queneau, mais non... Même pas là.
  • Entièrement au conditionnel, cela me parait impossible grammaticalement, et même la célèbre phrase du petit Gibus, "Si j'aurais su, j'aurais pas venu" n'appartient pas au roman de Louis Pergaud.
  • Barjavel a écrit un texte en partant d'une supposition : "Si j'étais Dieu..."
    L'ensemble n'est certainement pas écrit au conditionnel, mais il se trouve dans l'hypothétique.
    Le titre c'est "Si j'étais Dieu..."
  • Merci, Jehan, pour nous avoir révelé le fond de la pensée de volubilis.
    ***
    Les journalistes ont pris l'habitude d'écrire dans la conditionnel pour éviter des problèmes juridiques. Quand ils ne sont pas 100% certains d'un fait. Quand le criminel n'a pas encore confessé, ou n'a pas encore été jugé "il aurait tué son arrière-grand-père". Quand les faits se prouduiseront dans un futur hypothétique.

    Rappel des
    Valeurs du conditionnel

    Le conditionnel est employé avec la valeur d’un mode quand il exprime la possibilité d’un fait ou l’incertitude sur ce qu’il dit ou écrit.

    Dans une phrase comportant une subordonnée de condition ou hypothétique, le conditionnel exprime une action éventuelle, soumise à une condition.

    Cette condition est énoncée dans la subordonnée hypothétique à l’indicatif introduite par si. Le conditionnel est employé dans la principale.

    Si je retrouvais la composition de l’élixir, je serais riche.


    Dans une phrase ne comportant pas de subordonnée hypothétique, le conditionnel permet d’exprimer selon le contexte :

    l’incertitude, le doute, l’indignation :
    Je pourrais peut-être retrouver la recette.

    Moi, je vous mentirais !

    l’atténuation (demande, conseil, reproche, ordre poli…)
    Vous devriez vous mettre au travail tout de suite

    le souhait, le rêve, le regret
    Nous serions riches et célèbres

    une éventualité dépendant d’une subordonnée de condition sous-entendue
    Nous n’aurions plus qu’à mettre l’élixir en bouteille (sous-entendu : si je retrouvais sa composition

    Dans les subordonnées relatives ou conjonctives, le conditionnel est parfois employé à la place de l’indicatif pour exprimer le caractère possible ou improbable de l’action :

    Il cherche une idée qui le sauverait (possible)

    On dit qu’il abandonnerait tout. (improbable)

    Source https://web.archive.org/web/*/http://membres.multimania.fr/af2004/pet/autoportrait3youpi.doc
    Je serais toi, je nous dirais le contexte de ta recherche, volubilis.
  • JehanJehan Modérateur
    Le conditionnel d'imagination ludique est peut-être une piste :

    "On dirait qu'on serait bien embêtés. Toutes les formes verbales auraient disparu. Seul le conditionnel resterait. On râlerait un peu, bien sûr. Parce que nous serions râleurs. Mais on se débrouillerait. Que diriez-vous de ça ?"

    Bien sûr, ce n'est pas très littéraire !
  • WynWyn Membre
    Bonsoir à tous,
    JSC nous a donné plusieurs usages du conditionnel dans le monde du possible mais il ne faut pas oublier que on emploie, tout simplement, le conditionnel présent pour exprimer le futur dans le passé. C'est-à-dire qu’il remplace le futur quand le temps du verbe dans la principale est au passé. Ici il ne s’agit pas du monde du possible mais plutôt celui du probable.
    Comparez :
    Les Jeux olympiques auront lieu à Londres en 2012. (événement probable.)
    À ce moment là il nous a annoncé que les prochains Jeux olympiques
    auraient lieu en Chine. (événement probable du futur dans passé)

    Il promet à ses parents qu’il leur téléphonera dès son arrivée.
    présent futur
    Il a promis à ses parents qu’il leur téléphonerait dès son arrivée.
    passé composé conditionnel présent

    Le conditionnel antérieur -- on l’emploie pour exprimer un futur antérieur dans le passé. Un événement qui aurait été accompli au futur dans le passé avant un autre événement (du futur dans le passé)
    Comparez
    Le Premier ministre déclare qu’il prendra une décision quand il aura
    présent futur
    consulté toutes les parties intéressées.
    futur antérieur
    Il y a deux événement du FUTUR, la consultation suivie de la décision.

    Le Premier ministre a déclaré qu’il prendrait une décision quand il aurait
    passé composé conditionnel présent
    consulté toutes les parties intéressées.
    conditionnel antérieur
    Il y a deux événements du futur dans le passé la consultation suivie de la décision

    Après qu’il les aurait consultées il prendrait sa décision.
    événement accompli événement du futur qui aurait
    du futur dans le passé lieu après la consultation

    Wyn
  • merci à tous pour vos réponses.
    C'était ma première intervention dans ce forum, et j'aurais dû d'abord mieux lire son mode d'emploi....Je trouve vos interventions aujourd'hui!

    J'essaye d'enseigner le français à des adultes dont certains ont déjà un assez bon niveau. (français courant)
    Le conditionnel est ardu pour eux, notamment en ce qui concerne son utilisation.
    Chaque contexte est différent et je m'y perds un peu.
    Comme il s'agit aussi de leur enseigner la littérature, je cherche des textes littéraires comprenant plus ou moins de conditionnel afin de pouvoir le décortiquer et comprendre son utilisation.

    L'idée serait de leur faire repérer les verbes conjugués au conditionnel et d'être capable d'expliquer pourquoi on le trouve à cet endroit du texte. Bien sûr, dans tous les articles de journaux on en trouve ("la crise serait derrière nous"), mais je voudrais leur faire aussi découvrir des auteurs français.
  • Les citations de Grevisse à propos du conditionnel ?
  • volubilis a écrit:
    J'essaye d'enseigner le français à des adultes dont certains ont déjà un assez bon niveau. (français courant)
    Le conditionnel est ardu pour eux, notamment en ce qui concerne son utilisation.
    Dans quel pays?
    C'est sûr que les anglais et les allemands ont une difficulté de reconnaître et utiliser la structure de la forme conditionnelle, par rapport à la pratique en langue maternelle.
  • A Ninon I


    Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,
    Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?
    L'amour, vous le savez, cause une peine extrême ;
    C'est un mal sans pitié que vous plaignez vous-même ;
    Peut-être cependant que vous m'en puniriez.

    Si je vous le disais, que six mois de silence
    Cachent de longs tourments et des voeux insensés :
    Ninon, vous êtes fine, et votre insouciance
    Se plaît, comme une fée, à deviner d'avance ;
    Vous me répondriez peut-être : Je le sais.

    Si je vous le disais, qu'une douce folie
    A fait de moi votre ombre, et m'attache à vos pas :
    Un petit air de doute et de mélancolie,
    Vous le savez, Ninon, vous rend bien plus jolie;
    Peut-être diriez-vous que vous n'y croyez pas.

    Si je vous le disais, que j'emporte dans l'âme
    Jusques aux moindres mots de nos propos du soir :
    Un regard offensé, vous le savez, madame,
    Change deux yeux d'azur en deux éclairs de flamme ;
    Vous me défendriez peut-être de vous voir.

    Si je vous le disais, que chaque nuit je veille,
    Que chaque jour je pleure et je prie à genoux ;
    Ninon, quand vous riez, vous savez qu'une abeille
    Prendrait pour une fleur votre bouche vermeille ;
    Si je vous le disais, peut-être en ririez-vous.

    Mais vous n'en saurez rien. Je viens, sans rien en dire,
    M'asseoir sous votre lampe et causer avec vous ;
    Votre voix, je l'entends ; votre air, je le respire ;
    Et vous pouvez douter, deviner et sourire,
    Vos yeux ne verront pas de quoi m'être moins doux.

    Je récolte en secret des fleurs mystérieuses :
    Le soir, derrière vous, j'écoute au piano
    Chanter sur le clavier vos mains harmonieuses,
    Et, dans les tourbillons de nos valses joyeuses,
    Je vous sens, dans mes bras, plier comme un roseau.

    La nuit, quand de si loin le monde nous sépare,
    Quand je rentre chez moi pour tirer mes verrous,
    De mille souvenirs en jaloux je m'empare ;
    Et là, seul devant Dieu, plein d'une joie avare,
    J'ouvre, comme un trésor, mon coeur tout plein de vous.

    J'aime, et je sais répondre avec indifférence ;
    J'aime, et rien ne le dit ; j'aime, et seul je le sais ;
    Et mon secret m'est cher, et chère ma souffrance ;
    Et j'ai fait le serment d'aimer sans espérance,
    Mais non pas sans bonheur ; je vous vois, c'est assez.

    Non, je n'étais pas né pour ce bonheur suprême,
    De mourir dans vos bras et de vivre à vos pieds.
    Tout me le prouve, hélas ! jusqu'à ma douleur même...
    Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,
    Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?
    Alfred de Musset
  • merci Cerisia pour ce beau poème d'Alfred de Musset...
    Je vais l'utiliser...
    J'ai également trouver bon nombre de citations d'auteurs ou de personnalités, commençant par "si j'étais Dieu..."
    C'est moins fin mais c'est aussi au conditionnel...

    Si j'étais Dieu, je recommencerais tout, sauf... la femme"
    (René Barjavel / 1911-1985)

    "Il y a une chose que je ne comprends pas, c'est pourquoi Dieu a fait le monde. Moi, si j'avais été Dieu et si j'avais vu que l'existence du monde avait pour conséquence l'existence d'un seul damné, c'est-à-dire l'existence d'un seul personnage condamné à la mort éternelle, jamais je n'aurais rien fait. Je me serais contenté de dormir toute une éternité."
    (Henri Bergson / 1859-1941 / oeuvres)

    "Les bigotes
    Elles vieillissent d'autant plus vite
    Qu'elles confondent l'amour avec l'eau bénite [...]
    Si j'étais Dieu en les voyant prier
    Je crois que je perdrais la foi..."
    (Jacques Brel / 1929-1978 / Les Bigotes)

    "Et puis si j'étais le bon Dieu
    Je crois que je serais pas fier
    Je sais on fait ce qu'on peut
    Mais il y a la manière."
    (Jacques Brel / 1929-1978 / Fernand)

    "Si j'étais Dieu et si je devais créer la terre, je m'y prendrais tout autrement. J'abolirai la mort et Tino Rossi."
    (Pierre Desproges / 1939-1988 / Vivons heureux)

    ou encore:
    Si j'étais Dieu, la mort serait sans proie,
    Les hommes seraient bons, j'abolirais l'adieu,
    Et nous ne verserions que des larmes de joie,
    Si j'étais Dieu.

    Si j'étais Dieu, de beaux fruits sans écorces
    Mûriraient, le travail ne serait plus qu'un jeu,
    Car nous n'agirions plus que pour sentir nos forces,
    Si j'étais Dieu.

    Si j'étais Dieu, pour toi, celle que j'aime,
    Je déploierais un ciel toujours frais, toujours bleu,
    Mais je te laisserais, ô mon ange, la même,
    Si j'étais Dieu.

    Sully Prud’homme
  • Je savais bien que j'avais ça quelque part !
    Yves seul avait conscience d'un changement, mais c'était pour se forger plus d'illusions que tous les autres. Il se voyait au seuil d'une vie brûlante d'inspiration, d'expériences dangereuses. Or, il entrait, à son insu, dans une ère morne ; pendant quatre années, les soucis d'examens le domineraient ; il glisserait aux compagnies les plus médiocres ; le trouble de l'âge, de pauvres curiosités le rendraient l'égal de ses camarades et leur complice. Le temps était proche où le grand problème à résoudre serait d'obtenir de sa mère la clé de l'endroit et le droit de rester dehors après minuit. Il ne serait pas malheureux. Parfois, à de longs intervalles, comme d'un être enseveli, un gémissement monterait du plus profond de lui même ; il laisserait s'éloigner les camarades ; et seul, à une table du Café de Bordeaux, parmi les chardons et les femmes mafflues des mosaïques modern style, il écrirait d'un jet, sur le papier à en-tête, sans prendre le temps de former ses lettres, de peur de perdre une seule de ces paroles qui ne nous sont soufflées qu'une fois. Il s'agirait, déjà, d'entretenir la vie d’un autre lui-même qu’à Paris, déjà, quelques initiés portaient aux nues. Un si petit nombre, en vérité, qu’Yves mettrait biens des années à se rendre compte de son importance, à mesurer sa propre victoire. Provincial, respectueux des gloires établies, il ignorerait longtemps encore qu’il est une autre gloire : celle qui naît obscurément, qui fraie sa route comme une taupe, ne sort à la lumière qu’après un long cheminement souterrain.
    Mais une angoisse l’attendait, et comment Yves Frontenac en eût-il pressenti l’horreur, à la fenêtre de sa chambre, en cette nuit de septembre humide et douce ? Plus sa poésie rallierait de cœurs, et plus il se sentirait appauvri ; des êtres boiraient de cette eau dont il devait être le seul à voir la source se tarir. Ce serait la raison de cette méfiance de soi, de cette dérobade à l’appel de Paris, de la longue résistance opposée au directeur de la plus importante des revues d’avant-garde, et enfin de son hésitation à réunir ses poèmes en volume.
    Yves, à sa fenêtre, récitait sa prière du soir devant les cimes confuses de Bourideys et devant la lune errante. Il attendait tout, il appelait tout, et même la souffrance, mais non cette honte de survivre pendant des années à son inspiration ; d’entretenir par des subterfuges sa gloire. Et il ne prévoyait pas que ce drame, il l’exprimerait, au jour le jour, dans un journal qui serait publié après une grande guerre ; il s’y résignerait, n’ayant plus rien écrit, depuis des années. Et ces pages atroces sauveraient la face ; elles feraient plus pour sa gloire que ses poèmes ; elles enchanteraient et troubleraient heureusement une génération de désespérés. Ainsi, dans cette nuit de septembre, peut-être Dieu voyait-il sortir de ce petit bonhomme rêveur, devant les pins endormis, un étrange enchaînement de conséquences ; et l’adolescent, qui se croyait orgueilleux, était bien loin de mesurer l’étendue de son pouvoir, et ne se doutait pas que le destin de beaucoup serait différent de ce qu’il eût été sur la terre et dans le ciel, si Yves de Frontenac n’était jamais né.

    (F. Mauriac, Le mystère Frontenac, chap. XII, 1933, Livre de Poche, pp. 99-100, éd. 1984)
    Le texte est intéressant, car il commence un peu sur le mode "conditionnel d'imagination", et il finit clairement comme un futur dans le passé.
  • Vieux post mais bon, sait-on jamais cela pourrait servir à quelqu'un.

    Ils auraient aimé être riches. Ils croyaient qu’ils auraient su l’être. Ils auraient su s’habiller, regarder, sourire comme des gens riches. Ils auraient eu le tact, la discrétion nécessaires. Ils auraient oublié leur richesse, auraient su ne pas l’étaler. Ils ne s’en seraient pas glorifiés. Ils l’auraient respirée. Leurs plaisirs auraient été intenses. Ils auraient aimé marcher, flâner, choisir, apprécier. Ils auraient aimé vivre. Leur vie aurait été un art de vivre.
    La vie, là, serait facile, serait simple. Toutes les obligations, tous les problèmes qu’implique la vie matérielle trouveraient une solution naturelle. Une femme de ménage serait là chaque matin. On viendrait livrer, chaque quinzaine, le vin, l’huile, le sucre. /…/ Il y aurait une cuisine vaste et claire, une belle table en bois blanc au centre, des tabourets, des bancs. Il serait agréable de venir s’y asseoir, chaque matin, après une douche, à peine habillé. Il serait tôt. Ce serait le début d’une longue journée de mai.
    Leur appartement serait rarement en ordre, mais son désordre serait son plus grand charme. Ils s’en occuperaient à peine : ils y vivraient. /…/ Ils travailleraient longtemps, sans fébrilité et sans hâte, sans aigreur. Puis ils dîneraient ou sortiraient dîner, ils retrouveraient leurs amis ; ils se promèneraient ensemble.
    Ils appelleraient cet équilibre bonheur et sauraient, par leur liberté, par leur sagesse, par leur culture, le préserver, le découvrir à chaque instant de leur vie commune.
    Ces choses-là ne sont pas faciles, au contraire. Pour ce jeune couple, qui n’était pas riche, mais qui désirait l’être.

    Georges Pérec
    Les choses (1965)
  • Pareil, vieux post, mais peut-être que ça aidera quelqu'un! Je cherchais également des textes au conditionnel et j'ai repensé à la chanson de Joe Dassin - Et si tu n'existais pas (à faire écouter en prime :) )

    Et si tu n'existais pas
    Dis-moi pourquoi j'existerais?
    Pour traîner dans un monde sans toi
    Sans espoir et sans regret
    Et si tu n'existais pas
    J'essayerais d'inventer l'amour
    Comme un peintre qui voit sous ses doigts
    Naître les couleurs du jour
    Et qui n'en revient pas

    Et si tu n'existais pas
    Dis-moi pour qui j'existerais?
    Des passantes endormies dans mes bras
    Que je n'aimerais jamais
    Et si tu n'existais pas
    Je ne serais qu'un point de plus
    Dans ce monde qui vient et qui va
    Je me sentirais perdu
    J'aurais besoin de toi

    Et si tu n'existais pas
    Dis-moi comment j'existerais?
    Je pourrais faire semblant d'être moi
    Mais je ne serais pas vrai
    Et si tu n'existais pas
    Je crois que je l'aurais trouvé
    Le secret de la vie, le pourquoi
    Simplement pour te créer
    Et pour te regarder

    Et si tu n'existais pas
    Dis-moi pourquoi j'existerais?
    Pour traîner dans un monde sans toi
    Sans espoir et sans regret
    Et si tu n'existais pas
    J'essayerais d'inventer l'amour
    Comme un peintre qui voit sous ses doigts
    Naître les couleurs du jour
    Et qui n'en revient pas
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