Platon, Phédon - Aussi longtemps que nous aurons notre corps et que notre âme sera pétrie avec...

Aussi longtemps que nous aurons notre corps et que notre âme sera pétrie avec cette chose mauvaise, jamais nous ne posséderons en suffisance l'objet de notre désir. Or cet objet, c'est disons-nous, la vérité. Et non seulement mille et mille tracas nous sont en effet suscités par le corps à l'occasion des nécessités de la vie ; mais, des maladies surviennent-elles, voilà pour nous de nouvelles entraves dans notre chasse au réel ! Amours, désirs, craintes, imaginations de toute sorte, innombrables sornettes, il nous en remplit si bien, que par lui (oui, c'est vraiment le mot connu) ne nous vient même, réellement, aucune pensée de bon sens ; non, pas une fois ! Voyez plutôt : les guerres, les dissensions, la bataille, il n'y a pour les susciter que le corps et ses convoitises ; la possession des biens, voilà en effet la cause originelle de toutes les guerres, et, si nous sommes poussés à nous procurer des biens, c'est à cause du corps, esclaves attachés à son service ! Par sa faute encore, nous mettons de la paresse à philosopher à cause de tout cela. Mais ce qui est le comble, c'est que, sommes-nous arrivés enfin à avoir de son côté quelque tranquillité, pour nous tourner alors vers un objet quelconque de réflexion, nos recherches sont à nouveau bousculées en tous sens par cet intrus qui nous assourdit, nous trouble et nous démonte, au point de nous rendre incapables de distinguer le vrai. Inversement, nous avons eu réellement la preuve que, si nous devons jamais savoir purement quelque chose, il nous faudra nous séparer de lui et regarder avec l'âme en elle-même les choses en elles-mêmes. C'est alors, à ce qu'il semble, que nous appartiendra ce dont nous nous déclarons amoureux : la pensée ; oui, alors que nous aurons trépassé, ainsi que le signifie l'argument, et non point durant notre vie !
Voilà, je viens d'entrer en terminale S, j'ai une explication de texte à faire en philo sur ce texte de Platon, je ne sais pas du tout comment m'y prendre et j'aimerais avoir de l'aide :)
On pourrait dégager la thèse qui serait "La pensée doit quelque chose au corps dans son effort pour connaître" après je n'sais pas..

Merci d'avance

Réponses

  • La séparation (ou pas) de corps, âme et esprit ainsi que le(s)quel(s) est/sont utilisé(s) pendant la réflexion philosophique donna matière à débattre pendant des siècles.
    Quels sont les obstacles à la pensée pour Platon?
    Comment les écarter?
    Quel est cet "objet de notre désir"?
  • Je n'comprends pas du tout ce que vous avez dit..
  • Tu fais de la philo en première ?
  • Nan j'suis en terminale pourquoi?
  • Tu ne comprends pas Platon à première vue. C'est compréhensible.

    Tu ne comprends pas JSC....alors dans ce cas, tu as besoin d'un traducteur.
  • Okk ...
  • bonjours
    je voudrais savoir JSC si tu pouvais m'apporter une précision sur l'objet de notre désir s'il te plait j'ai bien commencer mon commentaire mais je dois avouer que j'ai un peu plus de mal sur cette partie, du moins à la développer.
    Merci à toi
  • Que dit Platon dans la deuxième phrase?
  • je sais bien que c'est la vérité c'est bien le soucis d'ailleurs. J'ai compris le texte dans son ensemble et j'ai bien exprimé selon moi aussi les choses, mais j'ai peur de me répéter dans le dernier paragraphe sur la vérité, c'est pour cela que je te demandais si tu pouvais me dire à quoi tu pensais. Et je n'ai pas eu de définition philosophique de la vérité donc j'ai peur de partir directement dans le décor :/
  • Désir: tendance spontanée et consciente vers une fin connue ou imaginée.

    KANT
    La vérité est ce qui est nécessairement absolu et absolument nécessaire.

    DESCARTES
    Les rêveries que nous imaginons étant endormis ne doivent aucunement nous faire douter de la vérité des pensées que nous avons étant éveillés.
  • Merci beaucoup pour cette définition je pense pouvoir faire la suite.
    Cordialement :)
  • Bonjour, je suis en terminale ES et je dois faire ma première explication de texte sur Phédon, 66b - 66e de Platon
    «Tant que nous aurons notre corps et que notre âme sera embourbée dans cette corruption, jamais nous ne posséderons l’objet de nos désirs, c’est-à-dire la vérité. Car le corps nous oppose mille obstacles par la nécessité où nous sommes de l’entretenir, et avec cela les maladies qui surviennent troublent nos recherches. D’ailleurs, il nous remplit d’amours, de désirs, de craintes, de mille imaginations et de toutes sortes de sottises, de manière qu’il n’y a rien de plus vrai que ce qu’on dit ordinairement : que le corps ne nous mène jamais à la sagesse. Car qui est-ce qui fait naître les guerres, les séditions et les combats ? Ce n’est que le corps avec toutes ses passions. En effet, toutes les guerres ne viennent que du désir d’amasser des richesses, et nous sommes forcés d’en amasser à cause du corps, pour servir, comme des esclaves, à ses besoins.
    Voilà pourquoi nous n’avons pas le loisir de penser à la philosophie; et le plus grand de nos maux encore, c’est que, lors même qu’il nous laisse quelque loisir et que nous nous mettons à méditer, il intervient tout d’un coup au milieu de nos recherches, nous embarrasse, nous trouble et nous empêche de discerner la vérité. Il est donc démontré que si nous voulons savoir véritablement quelque chose, il faut que nous abandonnions le corps et que l’âme seule examine les objets qu’elle veut connaître. C’est alors seulement que nous jouirons de la sagesse dont nous nous disons amoureux, c’est-à-dire après notre mort, et point du tout pendant cette vie. »

    J'ai commencé à rédiger, j'ai écris mon introduction, et mes développements de parties mais voilà, pour l'introduction je suis un peu perdue et pas très sûre de moi, surtout concernant la problématique et la question. Mon professeur nous a expliqué qu'il fallait faire figurer les deux, d'abord la question puis la problématique mais j'ai du mal à faire la différence et surtout je n'ai pas l'impression que ce que j'ai fais soit juste, de même pour mon plan et mon ouverture (un peu tout en fait :/ ). Pouvez vous m'aider ? Me conseiller ?

    voici ce que j'ai écris :

    "Selon le philosophe grec Platon, « l’âme ne raisonne jamais mieux que quand elle s’isole le plus complètement en elle-même, en envoyant promener le corps ». Ainsi, l’âme au premier abord, indissociable du corps doit rompre toute association avec lui afin de pouvoir aspirer à l’essence des choses et donc à la vérité. Peut-on en conclure que le corps entrave l’esprit dans la recherche de vérité et l’empêche ainsi d’atteindre la sagesse ?
    Plus qu’une certaine distinction, il existerait entre le corps et l’esprit une véritable dualité. Mais l’âme peut-elle véritablement se détacher du corps ou au contraire est-elle condamner à subir les aléas de ce dernier? Dans ce texte, Platon soutient que le véritable objet de notre désir est la vérité mais le corps, agissant comme un véritable obstacle, nous empêche d’accéder à cette dernière.
    Après avoir énoncé sa thèse, l’auteur la démontre. Dans un premier temps, il nous expose en quoi le corps nous trouble puis comment ce dernier constitue-t-il une entrave à la recherche de la vérité et de la sagesse."

    Merci d'avance
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