Masculin seul ou masculin plus féminin ?

Si je dis "Bonjour à tous" "Merci à tous" "Chers amis", les femmes doivent-elles se sentir exclues de mon bonjour, de mon merci, de ma déclaration d'amitié ?

Quand le Code pénal déclare "Les contrevenants sont passibles de six mois de prison", les femmes peuvent-elles contrevenir sans risque ?

Villon aurait-il dû ajouter "Soeurs humaines" à "Frères humains qui après nous vivez..." ?

Quand l'évêque dit "Mes chers frères", les femmes sont-elles concernées ?

Est-il (grammaticalement...) nécessaire de s'adresser aux "Electeurs et électrices", "chers concitoyens, chères concitoyennes", ou "chers électeurs, chers concitoyens" suffirait-il ? (toujours grammaticalement parlant, bien entendu).

Dois-je dire "Ceux et celles", tournure qui fleurit actuellement, ou bien "Ceux" suffit-il pour désigner les deux genres ?

Plus généralement, quels peuvent être les cas qui relèvent nécessairement de l'indication des deux genres dans de telles locutions ?
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Réponses

  • Il me semble que la manie de mentionner la gent féminine à tout prix dans un discours ou un écrit est une réaction à la forte sensibilisation à l'égalité des sexes et fait partie du politiquement correct, en constante augmentation depuis le mouvement pour la "libération" des femmes dans les années 60.
    Voir par exemple.
    Ce qui pourrait étonner est que l'on n'entende pas d'autres inégalités sociétales mentionnées:
    "Chers hétérosexuels, chers homosexuels" ou "Chers Juifs, chers chrétiens, chers agnostiques........" ou bien "Chers hommes et femmes de couleur, chers autres".
    Pourquoi aurait-on tendance à penser que ces trois dernières formes d'adresses soient plus discriminatoires que celle contenue dans tes illustrations?

    Pourtant, on s'adresse en règle générale aux gens (l'un des plus neutres des mots français). quand on dresse une liste, on accord l'adjectif au masculin pluriel :
    J'ai mis sur la table les poissons, cornichons et boissons chauds.C'est une règle grammaticale.

    Je ne comprends pas pourquoi une dame se trouverait exclue des termes tels "tous", "citoyen", "amis".

    "Mes chères frères" de nos jours pourrait sembler maladroit, surtout que l'église chrétienne est plus fréquentée par les femmes que par les hommes. Pourtant, on trouve l'origine de la locution dans l'épître de Saint Paul aux Romains: chap. 15 verset 30.
    Je rappelle l'effort dans les années 70 de traduire la Bible en égalité de sexes politiquement correct:
    Notre père et/ou mère, qui êtes aux cieux.....
    Au début fut Dieu et/ou Déesse...et sans lui et/ou elle n'était jamais rien créé......


    Bon, si on veut faire plaisir aus femmes.....

    Édit: je me souviens d'un discours à une réception après la première d'un Opéra. Le Directeur du théâtre disait "Mesdames et Messieurs les Présidents, je crois d'avoir inclus tout le monde...." au rire général, car ce n'était pas vrai. :lol:
  • ZorahZorah Membre
    JSC a écrit:
    Pourtant, on s'adresse en règle générale aux gens (l'un des plus neutres des mots français). quand on dresse une liste, on accord l'adjectif au masculin pluriel :
    J'ai mis sur la table les poissons, cornichons et boissons chauds.C'est une règle grammaticale.
    D'accord. Mais, si, au lieu de et tu emploies ou l'accord se fait avec le dernier nom, quel que soit son genre. Ex. : Liaisons dangereuses: liaisons avec des hommes ou des femmes dangereuses" (Littré). Littré n'était donc pas macho du tout...

    Merci de ta réponse pleine de bon sens.
  • J'ai eu occasion d'écrire récemment à deux Maires, femmes.
    L'une demandait que l'on l'adresse comme Madame le Maire et l'autre comme Madame la Maire.
    En tant qu'étranger, je donne parfois des connotations de sens dont la sensibilité ne se trouve pas dans la grammaire.
    Dans le premier cas, je sens que la dame attribue plus d'importance à sa fonction qu'à sa personne et, à la limite, est un peu traditionnaliste. Dans le deuxième cas, j'ai affaire à une dame qui attache beaucoup d'importance à son état de femme et pourrait même être féministe.
    Ce genre de conclusion pourra m'aider au moment de pârler avec elles.
  • ZorahZorah Membre
    Tu as mairesse, vieilli mais qui ne demande qu'à être remis en selle, doctoresse, etc... Madame la Mairesse, c'est sûrement beaucoup plus français et même à connotation plus "féministe" que Madame le ou la Maire. C'est aussi plus beau à ouïr.

    A propos de beau à ouïr, j'ai lu dans le Traité de prononciation française de Pierre Fouché que sauf est plus beau prononcé sof que sôf. Qu'en penses-tu ? Ce n'est absolument pas mon avis."Sove qui peut !"
  • Merci pour la récommendation, je vais tout de suite commencer à appeler toutes les dames de ma connaissance avec une "Maîtresse"!

    Pour sauf, je ne vois pas une raison de détourner la prononciation généralement acceptée. TLFi donne
    Prononc. et Orth.: [so:f],
    Fouché, es-il Alsacien? Comptois?
  • JSC a écrit:
    J'ai mis sur la table les poissons, cornichons et boissons chauds.C'est une règle grammaticale.
    Des cornichons chauds ? Beurk !
    JSC a écrit:
    "Mes chères frères" de nos jours pourrait sembler maladroit, surtout que l'église chrétienne est plus fréquentée par les femmes que par les hommes. Pourtant, on trouve l'origine de la locution dans l'épître de Saint Paul aux Romains: chap. 15 verset 30.
    et même déjà dans la première épître aux Thessaloniciens (2.1, 4.10...)
  • ZorahZorah Membre
    Fouché était prof à la Sorbonne.

    Maintenant fais gaffe, puisque tu est étranger, Maîtresse risque d'être mal perçu par celles qui n'entendent pas la plaisanterie.
  • J'ai mis sur la table les poissons, cornichons et boissons chauds
    Certes JSC c'est une règle grammaticale, mais on préferera dire : J'ai mis sur la table les boissons, poissons, et cornichons chauds
    (et d'acc avec Anne, pas de cornichons chauds !)
    Fouché ? lequel ? le révolutionnaire ? (sauf se prononce avec un O fermé, et pas du tout à la marseillaise !)
    "chers concitoyens, chères concitoyennes" Zorah, la bienséance veut que l'on mette les dames d'abord ; donc chères concitoyennes, chers concitoyens.
  • Anne345 a écrit:
    Des cornichons chauds ? Beurk !
    Tu les as déjà essayés?
    Prétends-tu que l'on ne peut pas cuisiner avec des cornichons?
    Dans des cakes par exemple, ou des recettes de tapenade rechauffée.
    Voir ici!
    A bas les préjugés, opinions reçues etc. :D
    JSC a écrit:
    "Mes chères frères" de nos jours pourrait sembler maladroit, surtout que l'église chrétienne est plus fréquentée par les femmes que par les hommes. Pourtant, on trouve l'origine de la locution dans l'épître de Saint Paul aux Romains: chap. 15 verset 30.
    et même déjà dans la première épître aux Thessaloniciens (2.1, 4.10...)
    Hm, c'est prédaté?
    Il est très clair que Jésus n'était pas sans un faible pour les femmes, Marie, Marie dite de Maddalena, Marie et Marthe, la pêcheresse, Sainte Véronique. Pourtant l'évangile de Saint Jean ne cesse pas de parler (parmi les "aimez-vos les uns, les autres") du disciple (masculin) aimé de Jésus.
    Fouché était prof à la Sorbonne.
    et les professeurs sont d'un goût exquis, un jugement parfait. :P
  • ZorahZorah Membre
    Et le principe d'autorité, litière ?
  • L'autorité se donne; elle ne se prête point.
  • C'est vrai, on peut manger les cornichons chauds : j'ai d'horribles souvenirs de langue de boeuf sauce piquante !

    L'épître aux Romains est placée en premier, parmi les épîtres de Paul, dans le Nouveau Testament, non en raison de sa date, mais parce que toutes les lettres attribuées à Saint Paul sont classées par longueur, de la plus longue à la plus courte.
    Celle au Romains date d'enviton 57 et celle au Thessaloniciens de 51.

    Attention JSC, "prédaté" est un anglicisme !
  • Anne345 a écrit:
    L'épître aux Romains est placée en premier, parmi les épîtres de Paul, dans le Nouveau Testament, non en raison de sa date, mais parce que toutes les lettres attribuées à Saint Paul sont classées par longueur, de la plus longue à la plus courte.
    Celle au Romains date d'enviton 57 et celle au Thessaloniciens de 51.
    Merci: je dévore ce genre de connaissance nouvelle (pour moi).
    Attention JSC, "prédaté" est un anglicisme !
    Même chez les scientifiques?
    Par exemple.
  • JehanJehan Modérateur
    C'est une simple boutade, je suppose. Car tu n'as pu manquer de constater que les scientifiques, eux, n'employaient pas prédaté au sens d' "antidaté". Leur prédaté à eux n'est bien entendu qu'un homonyme, de la famille du latin preda, "proie"...
  • Bonsoir,
    Zorah a écrit :
    Plus généralement, quels peuvent être les cas qui relèvent nécessairement de l'indication des deux genres dans de telles locutions ?
    Pour ma part, les seuls cas où je me sentirais dérangée par un "tout masculin" sont les salutations qui contiendraient un mot dont l'équivalent au féminin n'est pas de même racine. Par exemple père/mère ; oncle/tante ; sœur/frère ; etc.

    Pour le couple père/mère, on peut le globaliser en "parents" ; mais pour les autres, c'est impossible (ou plus difficile : rien ne me vient à l'esprit). Pour ces cas, je préfère qu'on salue d'un « Chers tantes et oncles, » ou d'un « Chers sœurs et frères, »...

    Le reste ne me dérange pas. Si je suis dans une assemblée d'hommes et de femmes, je ne suis absolument pas choquée d'entendre l'orateur dire « Chers citoyens, » ou « Bonjour à tous, ».

    Par contre, dans une église, si le prêtre salue d'un « Bienvenue mes frères ! » j'aurais l'impression d'être exclue, c'est certain !

    Muriel
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