Étant un nouvel arrivant, quel fut ma surprise en m'apercevant qu'il n' y avait pas de discussion sur le sujet.
Je ne suis pas littéraire au sens littéral du terme, pour preuve je suis étudiant en philosophie ( 7 au bac français 17 en philo au bac, j'ai toujours pas compris.....). J'avoue être assez hermétique ( pour l'instant ) à la littérature française classique ( Hugo, Balzac, Zola,...).
Mais la littérature russe, en particulier Dostoïevski, m'a captivée dès les premières lectures.

Donc j'aimerai lancer une discussion sur cette littérature russe. ( Pouchkine, Gogol, Dostoïevski, Tolstoï, Tchekhov,....)

Je suis d'ailleurs à ce propos en plein dilemme je n'arrive pas à me décider entre Guerre et paix et
Anna Karénine, si vous pouviez m'éclairer sur le sujet, je n'ai pour l'instant lu de Tolstoï qu'un recueil de nouvelle qui m'a assez plus. Il faudra bien que je lise les deux œuvres, mais laquelle me conseilleriez vous en premier ?

J'aimerais également savoir ce que vous pensez de Crime et Châtiment et des Frères Karamazov, pour ma part j'ai préféré Crime et Châtiment. Cela tiens peut être au fait que le personnage de Raskolnikov ma passionne bien plus qu'Aliocha ( même si les protagonistes sont nombreux dans cette œuvre ).

J'attends vos réactions, merci d'avance.
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Réponses

  • ah la littérature russe fait battre mon coeur:))) si seulement je pouvais la lire en version originale:( J'ai le projet de lire trois oeuvres russes importantes prochainement:

    Crime et Châtiment (que j'ai commencé)
    Les âmes mortes
    Guerre et Paix

    Trois oeuvres hyper importantes quoi.

    Dans les livres russes que j'ai lus et aimés jusqu'ici:

    Les frères Karamazov Dostoïevsky
    Pratiquement toutes les pièces de Tchekov, me préférée est La mouette
    Anna Karénine de Tolstoï
    Premier amour de Tourgeniev
    La dame de pique de Pouchkine
    Journal d'un fou, le nez...et autres nouvelles de Gogol

    J'oubie sûrement des auteurs là...

    La littérature russe est sublime
  • ? !

    Je te conseille plutôt de commencer par Anna Karénine, d'abord pour une raison de longueur (un tiers de moins environ) et surtout parce que le contexte historique y joue un rôle bien moins important. Pour profiter pleinement de Guerre et paix, il faut tout de même certaines connaissances sur la campagne de Russie de 1812-1814, sur l'armée et la société russes de l'époque d'Alexandre Ier. Cet ancrage est sans doute plus lâche dans Anna Karénine, qui est elle contemporaine de son auteur. Il est bon d'avoir quelques idées sur la vie mondaine de l'époque, éventuellement sur le système du?(zemstvo, difficile à traduire, assemblée provinciale de la noblesse en gros), guère plus.
  • Tolstoi a aussi écrit une piece que j'ai jouée avec plaisir: les Spirites

    c'est drôle et mordant


    sinon, il ya aussi le grand Nabokov (comment ne pas le citer)? qui a écrit en russe jusqu'à La Vraie Vie de Sebastian Knight en 1941, mais il a lui même révisé les traductions russes et françaises de ses oeuvres les plus connues en anglais: Lolita, Ada, La Vraie Vie de Sebastian Khnight

    cette année j'ai découvert Despair , écrit en russe au départ. je crois que le titre français est La Méprise
    brefn c'est très russe comme roman dans le sens où Nabokov exploite à fond le mythe du double et ses problèmes.
  • Je connais encore mal la littérature russe, mais c'est un domaine que j'ai l'intention de creuser petit à petit.

    Pour l'heure voici ma petite liste d'accomplissements... J'ai lu Premier Amour de Tourgueniev, L'Idiot et Crime et Châtiment de Dostoïevski dans des traductions anglaises, La Cavalerie Rouge d'Isaac Babel, La Dame de Pique, Doubrovski et Récits de feu Ivan Pétrovitch Biélkine de Pouchkine.

    Il faudrait effectivement que j'essaie un peu de Tchékov et de Tolstoï. Il paraît que la moitié de Guerre et Paix est écrite en français, car c'est la langue (ou du moins l'une des langues) que l'on parlait couramment à la cour à l'époque... D'ailleurs, à propos de langues, je me suis (re)mise au russe avec une Ukrainienne à qui j'apprends le français en échange, et je me réjouis à l'idée de pouvoir bientôt attaquer cette littérature en langue originale. :D

    Je suis pour ma part subjuguée par Dostoïevski, qui parle de religion juste autant et comme il faut à mon goût très personnel. Les personnages qui s'incarnent dans ses mots, aussi, m'ensorcellent sans que je sache pourquoi ; tout ce que je sais, c'est que l'empathie est puissante et rare. Je ne peux pas comparer Crime et Châtiment avec Les frères Karamazov, puisque je n'ai pas lu le second, mais j'avoue que j'ai l'intention de m'y attaquer un jour, d'une part parce que Dostoïevski me donne l'impression d'être un de ces auteurs dont toute l'œuvre, indépendamment d'éventuelles redites, reprises et redondances, vaut la peine d'être lue (qu'en pensez-vous ?), et puis d'autre part parce que Gombrowicz (auteur fétiche) déclare lire ce bouquin au début de son Journal.
  • Dostoïesvski, absolument, et dans les (relativement) nouvelles traductions d'André Markowicz. Il faut lire aussi Les Démons (autrefois Les Possédés), Le Joueur (un de mes préférés) et un petit livre très amusant, une sorte de vaudeville, La Femme d'un autre et Le mari sous le lit.
  • Bonjour,

    Si vous aimez la littérature russe et notamment l'œuvre d'Alexandre Pouchkine, je vous signale l'adaptation du roman Eugène Onéguine d'Alexandre Pouchkine à l'Opéra National de Paris en opéra du 6 au 11 septembre 2008 puis en ballet du 16 avril au 20 mai 2009.
    Pour plus d'informations et les réservations, vous pouvez consulter le site de l'Opéra: www.operadeparis.fr

    Avis aux amateurs!
  • On peut opposer la littérature russe à la littérature française comme fait Raskolnikov en disant qu'il aime l'une et pas l'autre, et même si ces choix sont basés sur un petit nombre d'oeuvres, ils indiquent une tendance à aller plus d'un côté plutôt que de l'autre.
    Mais il y a aussi des ponts. Tourguenieff et Mérimée, par exemple.
    Et puis on commence, enfin, à parler de Soljenitszine !
  • La littérature russe, j'aimerais la connaître un peu plus...J'aime beaucoup Dostoievski. J'ai eu l'occasion de lire quelques unes de ses oeuvres et son style m'a immédiatement interpellé. Un grand coup de coeur pour Les Pauvres Gens (que tu cites Raskolnikov à la fin de ton post). Les jeux de mots sont formidables et les échanges très touchants sous forme de correspondance.
  • moi aussi j'ai toujours été mauvaise en littérature bien que j'eu fait au lycée par dépit, terminale littéraire, heureusement que j'avais les math et la philo.
    C'est pourquoi, c'est vers 25 ans que j'ai commencé tout doucement à lire la littérature.Et je continue à prendre mon temps.C'est marrant, car j'ai commencé par le fantastique latino américain et les livres de dostoïevsky aussi.
    Mais je t'avouerais qu'en allant assister par curiosité à des cours, à l'université , de littérature, j'en garde toujours une réaction, comme un genre de ruade à l'égard de la rhétorique des profs.
    Même en philo, comme partout ,ya des profs très vaniteux, prenant plaisir à croiser le fer ou à expérimenter leur ascendance sur ce qu'ils jugent plus faibles qu'eux et qui se persuadent d'avoir le savoir.

    Au fond beaucoup sont souvent des techniciens et bien ignorant de leur voisin.Rare sont des philosophes au sens présocratiques du terme.

    Mais le pire en littérature, c'est quand ils te font un cours sur des thèmes qui regroupent ceux de la philosophie, c'est la plupart du temps très mal assimilé et ils te vulgarisent la chose, en faisant apprendre n'importe quoi aux étudiants.
    Bon , je crois que mon ressenti apporte peu à ton forum,je vais m'arrêter là!
  • Salut!

    Juste un petit conseil de lecture, puisque le domaine littéraire russe semble intéresser quelques personnes! J'ai découvert au cours de mes études de russe une poétesse extraordinaire: Marina Tsvétaïeva. Vous parliez plutôt des romans russes, qui sont également formidables. Je viens donc ajouter une petite note de poésie dans cette discussion.
    M. Tsvétaïeva écrit des vers assez sombres, imprégnés d'histoire, d'amour et de mélancolie. Elle a beaucoup vécu et raconte avec sobriété des tranches de sa vie: ses nombreuses aventures amoureuses, ses filles qui grandissent, ses rencontres avec des écrivains renommés, son pays mouvant et sanglant... C'est sublime, et je vous invite tous à vite vous procurer ses oeuvres (plutôt difficiles à trouver d'ailleurs...) notamment Le ciel brûle et Tentative de jalousie.
    Bonne lecture!
  • titesouris a écrit:
    Salut!

    Juste un petit conseil de lecture, puisque le domaine littéraire russe semble intéresser quelques personnes! J'ai découvert au cours de mes études de russe une poétesse extraordinaire: Marina Tsvétaïeva. Vous parliez plutôt des romans russes, qui sont également formidables. Je viens donc ajouter une petite note de poésie dans cette discussion.
    M. Tsvétaïeva écrit des vers assez sombres, imprégnés d'histoire, d'amour et de mélancolie. Elle a beaucoup vécu et raconte avec sobriété des tranches de sa vie: ses nombreuses aventures amoureuses, ses filles qui grandissent, ses rencontres avec des écrivains renommés, son pays mouvant et sanglant... C'est sublime, et je vous invite tous à vite vous procurer ses oeuvres (plutôt difficiles à trouver d'ailleurs...) notamment Le ciel brûle et Tentative de jalousie.
    Bonne lecture!
    Ouiiiii....je l'avais oubliée....elle a écrit des merveilles...au sujet de Pouchkine, notamment
  • Bonjour,

    J'ai lu Le Joueur, il y a quelques jours. J'avoue que j'étais quelque peu sur mes gardes, le grand Dostoïevski ! Etais-je à la hauteur ? Et bien oui ! Bien que grand classique, je n'ai eu aucun mal à lire ce livre et j'y ai même pris beaucoup de plaisir. J'ai maintenant très envie de me lancer dans Crime et Châtiment.
  • Bonjour
    Si je peux me permettre une petite suggestion dans le domaine Russe : Grandeur et déclin de Lily Bourbon, poétesse et catin par Iouri Droujnikov. La relève est assurée !
  • Bonjour à tous,

    Entièrement d'accord avec vous en ce qui concerne Dostoievski.
    Par contre l'humour est complètement absent de ses livres alors que nombreux livres et auteurs de la littérature russe en regorgent et souvent ravageur, les ames mortes de Gogol et aussi chez Boulgakov et bien d'autres.
    De mon coté je vous conseille vivement et absolument de lire Vie et Destin de Vassili Grossman, Chef d'œuvre absolu, un roman où tout sonne vrai, philosophie humour sont au rendez vous. Le guerre et paix du 20eme siècle ( le roman se passe en 1942). Attention il faut s'accrocher au début et ne pas se laisser décourager par le nombre important de personnages, l'éclaircissement vient avec l'avancement dans le livre.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Vassili_Grossman
  • Bonjour,
    la littérature russe est très riche et méconnue, mis à part quelques oeuvres devenues "cultes".
    Aux grands oeuves que vous citez, je rajouterai aussi les oeuvres de Boulgakof, en particulier "Maître et Marguerite", et "Coeur de chien" (traduction de Volkoff pour "Coeur..", et que celle-là !)... pour commencer.

    A vos lectures !
  • Je ne connais pas très bien la littérature russe, je n'ai lu pour l'instant qu'un seul ouvrage, et il est de Dostoïevski. C'est L'adolescent. J'ai éprouvé quelques difficultés à le lire, car il est assez complexe. Mais après tout, l'histoire est celle d'un adolescent qui tente de se faire une place dans le monde. Or l'adolescence est une période complexe dans une vie, après réflexion, j'ai donc trouvé que cette complexité ressentie lors de la lecture était sans doute voulue par Dostoïevski. Il n'est pas le plus connu de cet auteur, mais ce livre est pourtant très intéressant.
  • Litera a écrit:
    Je suis aussi contente que le concours de l'agreg 2010 fait honneur à Anna Akhmatova, pour ceux qui parlent russe : vous pouvez TOUTES ses oeuvres sur le net...en tapant son nom en russe dans google.
    A vos lectures !
    Pas moi. Mais ce programme de manière générale me fait dresser les cheveux, et puis l'organisation est catastrophique cette année ; Hikmet en rupture de stock notamment, devant les énormes difficultés techniques et éditoriales, ils pourraient nous l'enlever celui-là, menfin, puisqu'il faut souffrir, souffrons.
  • Bonjour à tous,
    La littérature russe se réduit sur mes étagères aux deux géants que sont Tolstoi et Dostoievski. Ces deux héros, comme tous les grands écrivains, ont aussi eu une vie passionante et hors du commun. Je ne peux pas approcher Nabokov en raison de sa mauvaise foi à l'endroit de Dostoievski.
    J'ai lu tout Dostoievski et je me rappelle l'impression forte de ne vouloir pas que la lecture s'achève...
    Folie, profondeur, quete de l'absolu et complexité psychologique.
    Voici mes recommandations pour ces deux auteurs qui vont très loin :
    - Les frères Karamazov
    - Crime et chatiment
    - la Douce
    - Humiliés et offensés
    - Souvenirs de la maison des morts
    Pour Tolstoi :
    - La sonate à Kreutzer (personne n'en a parlé! Personne ne l'a lu, je suppose)
    - Anna Karénine
    - Résurrection
    Enfin, je recommande la lecture du livre passionnant La fuite de Tolstoi (sur les dernières heures de sa vie) et de l'étude de Steiner, Tolstoi ou Dostoievski.
  • - La sonate à Kreutzer (personne n'en a parlé! Personne ne l'a lu, je suppose)
    Si, c'est d'ailleurs le seul que j'aie lu dans le texte. =) Un petit joyau, comme beaucoup de petits récits (notamment La Mort d'Ivan Ilitch ou Hadji Mourad ; je suis moins sensible aux grandes fresques personnellement... à se demander pourquoi j'ai choisi de faire du russe =D). Mais les convictions moralisatrices de Tolstoï peuvent parfois gêner le lecteur contemporain.
    Par contre c'est un peu dommage de se cantonner à ces deux géants, plein d'auteurs moins prolifiques (sinon auteurs d'un seul grand livre) doivent aussi être découverts !
  • AlphAlph Membre
    Oblomov, de Gontcharov, pourrait faire partie de ces œuvres importantes venues d'un écrivain objectivement mineur (si on le compare aux deux chefs de file que sont Tolstoï et Dostoïevski). Le nom du personnage est célèbre en Russie, où il est passé dans l'usage courant. Il a été cité plusieurs fois dans les écrits de Lénine comme le type même du oisif qu'il faudrait secouer à grand renfort de coups de pieds. Il était en fait représentatif de la paresse d'une certaine Russie de propriétaires terriens. Un tiers du livre est consacré au lever d'Oblomov, qui n'arrive pas à quitter le canapé (c'est rigolo, quoiqu'un peu long), les deux tiers suivants, passionnants, racontent une histoire d'amour entre lui et une jeune femme plus active qui tente de le sortir de sa torpeur. Malgré le coté humoristique, il y a bel et bien un drame, touchant, dans ce livre.
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