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Réponses

  • Personnellement, je pense que de nombreux auteurs contemporains appartiennent véritablement à la littérature.
    Personnellement, j'aime beaucoup Dominique Lapierre et, mais il ne s'agit pas d'un auteur français, Paulo Cohelo.

    De plus, il y a certainement de grands auteurs qui sont encore inconnus du public, mais qui d'ici quelques générations seront célèbres pour leur talent !

    Enfin... rien ne vaudra jamais Stendhal, Chateaubriand ou Hugo !
  • à propos de la littérature contemporaine, je me permets de vous inviter à lire le dernier roman de Audeguy que je présente ici.

    Fils unique de Stéphane Audeguy

    Présentation de l'éditeur
    " On n'a plus eu de ses nouvelles depuis ce temps-là, et voilà comment je suis demeuré fils unique", écrit dans ses Confessions Jean-Jacques Rousseau en évoquant son frère aîné, ce François Rousseau contraint de quitter Genève où les choses pour lui avaient mal tourné. Jean-Jacques tenait François pour un polisson et un libertin. Ce dernier apparemment ne l'a jamais démenti, qui n'a pas jugé nécessaire de nous laisser récit de sa vie. Il m'a semblé intéressant de remédier à cette négligence. S. A.

    Biographie de l'auteur
    Stéphane Audeguy vit à Paris. Il enseigne l'histoire du cinéma et des arts dans un établissement public des Hauts-de-Seine. Il a publié en 2005 son premier roman, La théorie des nuages, chez le même éditeur.

    Mon commentaire :

    Ah ! Enfin une écriture plaisante à l’oreille, sirotant quelques savoureux délices de la langue française. Une mauvaise tournure dès la première page (la république sait reconnaître ses penseurs, mais c’est quand ils sont morts) confirmée par le groupe de LU, m’indispose quelque peu un instant seulement car vite oublié par l’avalanche d’agréables « joliesses » grammaticales.
    Cette anicroche prédisposait le thème à une sévère critique du beau parti Rousseau ennoblit par nos pairs, déifié par les inconditionnels chercheur de vérité, obnubilés par la compréhension de la nature humaine. Car Rousseau est un gros morceau. Rousseau pacifie les esprits autant qu’il les dérange dès lors qu’il sollicite plus d’humanité dans les rapports sociaux, de justice, de simplicité.
    Son frère François, vit dans l’ombre tel le contraire à ses principes d’authenticité, usant du mensonge et de la violence pour connaître luxe et artificialité des rapports superficiels. Ainsi dépeints, les personnages de cette famille Rousseau nous entraînent dès la prime enfance genevoise, dans une ambiance dix huitième siècle fort bien décrite, abondamment illustrée d’anecdotes aussi « pompeuses » (p.29) qu’intimistes (le dépucelage du héros avec la bergère Denise). Que dirait-on à notre époque, de ces femmes couveuses de marmots, épancher sans ciller, la ferveur précoce d’un garçon de six ans ? (j’émets là tout de même, un soupçon sur la cohérence des propos).

    Les recherches fouillées sur le quotidien d’une époque si lointaine (mais très documentée), donne à l’ouvrage le ton de la véracité des images induites. Le scandale dénoncé par l’association de « l’enfant bleu », et ici relatée par Stéphane Audeguy, n’est pas une honte contemporaine, mais bien une réalité ancrée dans les mœurs depuis que l’homme vit en société ; déviance ancestrale liée aux perversions sexuelles de notables fortunés, d’aristocrates agissant dans l’ombre sordide des faussetés maladives dues à leur rang.
    Au fur et à mesure que s’éloignait la présence de Jean-jaques , s’érigeait peu à peu le priape magistral dans la vie mouvementé de François : je perdis quelques instant le goût de la lecture. Cette débauche d’ambiance orgiaque, loin d’être scabreuse atténua le propos rondement élaboré, musela la joie première ressentit lors de la partie « enfance » de l’ouvrage.

    Je dois reconnaître que l’auteur est une vraie plume littéraire. Vieux jeu pour certain, nécessaire pour moi dans l’espace culturel livresque (pauvre à mon goût), permettant de dévoiler toutes les facéties de la langue française. Comme du Boucheron m’enthousiasma avec l’utilisation d’un vocabulaire précis, riche, Audeguy agrémente ses lignes de propos élaborés, façonne ses phrases à la manière d’un artisan modeleur, raffine son œuvre par de délicates pointes d’extase « à la française ».

    Le rebondissement arrive alors lorsque l’Adam cloacal et l’Hercule libertin devinrent les objectifs prioritaires de la vie de notre horloger voyageur, obstiné par cette lubie du mouvement perpétuel, recherche destinée malheureusement ici, à la luxure.

    La révolution française initiée par le peuple passe aussi par le mouvement de libération (émancipation) de la femme. François trouve après Paris (tenancière d’une maison de con-plaisance), une nouvelle compagne la fameuse Sophie. Sophie active la révolte des femmes, d’une main de fer, prenant à parti (j’ai bien dit « à ») les hommes encore très arriérés dans leur idées égalitaristes. A ce stade du récit, il est impressionnant de constater que du dix huitième siècle à nos jours le statut de la femme a certes trouvé quelques améliorations mais, restent d’actualité, certaines injustices nuisibles au bon fonctionnement de notre société « moderne ». Sophie, drapeau tricolore porté haut, ressemble à cette Marie-Anne républicaine haranguant le peuple au dessus des barricades révolutionnaires en chemin vers la liberté.

    François Rousseau vécu sans laisser de trace. Jean-Jacques vit encore dans la mémoire collective.
    François invente un système genre mécanique perfectionnée (mue pour procurer du plaisir) dont les ressorts en mouvement ne peuvent rien d'autre, sinon donner du bestial plaisir, sans jamais y affecter de sentiments quelconques.
    Jean-Jacques adopte un système tel une anthropologie qui met en place les ressorts de l’action humaine, ses principes. Ainsi il se rapproche de la vérité quand il écrit dans le deuxième dialogue « la sensibilité est le principe de toute action. Un être quoique animé, qui ne sentirait rien n’agirait point car où serait pour lui le motif d’agir ? »

    Lisez le pour connaître un beau moment littéraire. Si l’ennui vous gagne, persistez et surtout n’abandonnez pas, vous risqueriez de passer à côté d’une belle prose.(bertrand-môgendre)
  • je pense sincèrement que la littérature contemporaine est plus diverse que mauvaise: il y a de très bons romans, comme Créance de sang de Connelly, les Mary Higgins Clark pour les policiers, et bien d'autres encore.
    Et il ne faut pas oublier que Rousseau, Voltaire, Hugo,Zola etc. n'avaient peut-être pas à leur époque la renommée qu'ils ont aujourd'hui! Il faut laisser le temps au temps, et surtout savoir ouvrir ses oeillères, s'adapter à tout sans pour autant vénérer un bide!
    Mais il faut rester ouvert, indulgent, apprendre à respecter tous les genres(Le diable s'habille en prada est bien plus drôle que les Lettres Persanes par exemple!)...
  • La littérature contemporaine, comme son nom l'indique, reste de la littérature. Le principal problème est de la déceler au milieu des rayons de livres-marketing, nouveaux outils du capitalisme pour aliéner la populace de lectures intéressantes. Trier le bon grain de l'ivraie de livres livrés sur commande du département commercial des maisons d'édition, cela restera le défi des générations futures. Nous manquons probablement de recul ; comment expliquer autrement d'ailleurs que l'on ne puisse actuellement identifier aucun véritable courant littéraire, comme il y en eut jusqu'aux années 70? La mondialisation, l'impersonalisation de la société ont-t-elles mis un terme au regroupement des auteurs autour d'idées? Est-on passé à un système de "genre littéraire" uniquement?
    Mais comment les genres se renouvelleraient? Où l'innovation peut -elle se trouver sinon dans l'approche elle-même des choses..
  • "la populace" Je te trouve bien méprisant !
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