qu'est ce que vous pensez de la littérature française au 16éme et au 17éme siécle ?
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Réponses

  • Bonjour,

    Tu veux dire : comment pense-t-on la littérature au XVIe et au XVIIe siècle ? Dans ce cas, il n’y a pas une littérature à définir, mais plusieurs. Il y a évidemment une continuité de l’un à l’autre au siècle, mais aussi de grosses oppositions. On connaît les divergences poétiques, par exemple : quand les poètes de la Pléiade prônent la création de mots nouveaux et l’enrichissement du vocabulaire, Racine, Boileau et compagnie privilégient au contraire un vocabulaire restreint et « noble », se revendiquant du « bon usage » de la langue. Les divergences existent au sein même de ces deux siècles : la Pléiade s’oppose au Pétrarquisme, le burlesque au courant galant et au phénomène précieux… Tu veux peut-être un point de vue global et résumé des courants/phénomènes/philosophies/grands auteurs qui traversent et ponctuent cette longue période ?
  • Bonsoir!En effet, les XVIème et XVIIème siècles ne peuvent former qu une seule et même "littérature".Puisqu'il faut donner son avis, je pense que la littérature du XVIème est une littérature difficile à lire dans le sens où le regitre de langue utilisé est trés soutenu et qu il est impératif d'avoir du vocabulaire en tête.Toutefois la littérature humaniste est riche d'idées et de morale, c'est ce qui la rend incontournable à mon goût.En ce qui concerne le XVIIème siècle, celui qui aime l'ordre et la rigueur s'y retrouve!Mais ce n'est pas seulement cela car le XVIIème a connu deux visages principaux.Il s ouvre par le baroque , le burlesque et la préciosité et se clôt par le classicisme qui connaît l'âge d'or du théâtre avec les grands Molière, Racine et Corneille.Mais aussi les genres mondains comme la fable et le conte(La Fontaine-Perrault), la maxime(La Rochefoucault), les lettres et mémoires(Mme de Sévigné).Sans oublier la querelles des Anciens et des Modernes qui opposent les traditionnalistes aux avant-gardistes.
    On peut donc dire que ces 200ans de littérature sont plus hétérogènes et riches. :)
  • L'âge d'or du théâtre, c'est très subjectif, non .. ? Le 17e siècle lui-même ne se sentait pas véritablement comme un âge d'or, les "grands maîtres" appartenants plutôt à l'antiquité greco-latine. Beaucoup d'écrivains du 18e ont certes considérés l'époque précédante comme glorieuse (Voltaire...), mais ce fut beaucoup moins le cas au 19e siècle, la sempiternelle référence étant plutôt Hugo. A la fin du siècle, il y en avait même pour considérer la période de Louis XIV comme une sorte de "mauvaise passe" de la littérature. Dans l'absolu, il est vraiment difficile à mon avis de déterminer un âge d'or du théâtre français. Pour ma part, j'aime Racine, Molière, Corneille, et même Quinault et d'autres, mais je tiens tout autant en estime certains auteurs du XXe siècle, et Rabelais, et d'autres comme Maeterlinck.

    Sinon, ne pas oublier que le 17e s'ouvre aussi avec le mouvement galant, qui est autrement plus important que le phénomène précieux, plus populaire pourtant dans nos livres scolaires (mais bien moins productif). Le siècle ouvre aussi une longue ère de salons.
  • Cher Le Sphinx,
    Il est toujours intéressant de confronter ses idées et je te remercie d'avoir donné ton avis sur le sujet qui permet d'ouvrir son esprit.Toutefois, il me semble que l on peut parler d'âge d'or du théâtre pour le XVIIème siècle.En effet,irène Nouailhac et Carole Narteau, critiques littéraires n'hésitent pas à employer l'expression; Robert Pignarre emploie les termes "Siècles d'or du théâtre".Je pense donc ne pas être dans le faux car de plus,je te conseille de faire le test , lorsque tu demandes à quelqu'un de citer un auteur de théâtre ou le titre d un epièce, les termes spontanés sont:Molière...Don Juan...L'avare.
  • Bien le bonjour !

    Il est bien sûr passionnant d’en débattre, mais discuter avec des raisonnements plutôt que des noms serait, je crois, à la fois plus enrichissant et plus agréable. Je veux bien que Nouailhac, Narteau et Pignarre, qui ne sont pas les seuls critiques, défendent cette idée, mais j’aimerais mieux savoir ce qu’ils entendent précisémment par « âge d’or », et comprendre les tenants et les aboutissants de leurs réflexions, quite à me laisser convaincre. Si ce n’est pas trop de caprices, j’aimerais encore mieux connaître ta réflexion à toi (que tu peux tout à fait agrémenter des raisonnements de ces critiques), et tu comprendras qu’un test ne puisse me satisfaire : depuis quand la popularité est-elle gage de supériorité ? Et surtout, Molière et Racine sont servis par les livres scolaires de l’école au lycée, il est difficile de ne pas retenir leurs noms. En outre, s’il faut malgré tout faire ce test, et bien je considère l’avoir fait après trois ans d’option théâtre : Racine et Molière figuraient peu dans les hit parades des élèves et des professeurs. Je ne veux pas montrer par là que ce que tu dis est faux, mais que cela reste à mon avis très relatif : le théâtre est un monde tellement riche… Je voudrais que tu me dise, d’une façon pertinente, rationnelle, quelle valeur intrinsèques aux œuvres de ces auteurs leur confèrent une supériorité sur toutes les autres de l’histoire. Pourquoi ? Comment ?

    Il faudrait déjà mieux saisir cette notion d’âge d’or. Je m’oppose à l’idée que Racine, Molière et compagnie représente l’apogée du théâtre français, car cela induit que les autres auteurs ont moins de valeur or cela me semble tout à fait improbable. Y’a-t-il une étude pour montrer que Phèdre vaut davantage que Le Roi se meurt ? Que Molière est plus intéressant que Genet ? En revanche, je peux adhérer à l’idée que ces auteurs représentent un âge d’or du théâtre, parce qu’il y a des périodes effectivement moins passionnantes que d’autres. Du théâtre français du 18e siècle, nous avons certes déterrés Marivaux, mais enterré Voltaire et Diderot. Mais l’après-guerre, entres autres époques, me semble aussi représenter un âge d’or du théâtre. En encore, si je peux accepter une pluralité des âges d’or, quand l’idée d’un seul âge d’or me semble péremptoire, ce genre de considérations ne me passionnent pas vraiment, car si l’on revient à l’échelle des auteurs plutôt que des périodes, on en trouve qui valent bien Racine à peu près partout.

    Mon avis est que le théâtre de 17e est un âge d’or parce qu’il existe une forme de nostalgie pour cette époque de mesure et de gloire culturelle. Nous avons mystifiés Racine, Corneille, Molière, et l'époque culturelle à laquelle ils appartiennent. Mais concrètement, ça ne dépasse pas cela. Ce sont de très bons auteurs, qui méritent amplement leur large postérité, sans aller jusqu'à dire que c'est véritablement la meilleure période du théâtre français dans l'histoire (au risque de me répéter : mais pourquoi donc le serait-elle ?)

    J'attends maintenant avec impatience ton prochain message (en espérant aussi que d'autres se glissent dans la discussion en ces temps de vacances )
  • Hit Parade:
    - où le trouve-t-on?
    - Le Roi se meurt et Les Bonnes, y sont-elles mieux placées que les pièces de Molière et Racine? Puis en ce qui concerne Aristophane et Plaute.......

    Âge d'Or:
    il me semble que prendre la littérature en dehors de son contexte historique est quelque peu réducteur. Alors que l'opinion générale est que le règne de Louis XIV (1638-1715) marque un âge d'or (routes nationales pour les rélais, organisation et délocalisation des industries -verre, dentelle, etc. - l'encouragement des Arts, des victoires de l'armée.....). Il n'est pas si étonnant de voir croïtre la littérature au sein de la société.

    Cataloguer et qualifier:
    les qualités des œuvres, objets d'art, auteurs sont souvent définitivement établies après la mort du créateur. Le succès pendna t son vivant pourrait être attribué à une mode; un succès qui dure bénéficie de l'approbation de plusieurs générations de critiques, auditeurs, spectateurs, lecteurs.

    Le cursus scolaire:
    se doit de présenter des chefs d'œuvre. Si le programme du ministère permet une ouverture hors des œuvres imposées, rares sont les professeurs qui trouvent le temps pour explorer le patrimoine européen, voire mondial.
    Ainsi sont nées des idées telles 'le Romantisme est un style français 1830-1850'...
  • Hit Parade:
    - où le trouve-t-on?
    Nulle part. Laissons là Plaute et Aristophane : nous parlons de l’âge d’or français. :)
    Ainsi sont nées des idées telles 'le Romanticisme est un style français 1830-1850'...
    Je n’ai jamais entendu ça… où veux-tu en venir ?
  • Le Sphinx a écrit:
    Le 17e siècle lui-même ne se sentait pas véritablement comme un âge d'or, les "grands maîtres" appartenants plutôt à l'antiquité greco-latine.
    !
    Au fait on parlait littérature français XVIème et XVIIème siècles!
    Ainsi sont nées des idées telles 'le Romantisme est un style français 1830-1850'...

    Je n’ai jamais entendu ça… où veux-tu en venir ?
    Lien trouvé sur ce site.
    Qu'il était né ailleurs qu'en France. :)
  • Au fait on parlait littérature français XVIème et XVIIème siècles!
    Dans cette phrase, je parle de l’évolution d’un sentiment sur la littérature du 17e, donc oui, nous parlons bien de littérature française et cette phrase n’est pas hors sujet, puisqu’elle ne parle pas de littérature. J’admets que ce n’était pas clair...
    Lien trouvé sur ce site.
    Qu'il était né ailleurs qu'en France.
    Oui d’accord, mais quel rapport avec la discussion ? ... je ne m'oppose pas à ce que tu dis, simplement je ne comprends pas grand chose... je ne suis même pas sûr de comprendre en gros ton avis sur la question initiale (âge d'or ou pas âge d'or ?) ?
  • Bonjour Le Sphinx,
    Je dois dire en effet que tu es très convaincant et je me dois donc de courber l'échine!Je ne clôs pas la discussion bien au contraire je vais profiter de ta présence pour enrichir mes connaissances sur le théâtre car je vois que tu es une personne émérite dans ce domaine.Je n'ai jamais fait de théâtre et ma culture théâtrale se limite donc à la lecture des oeuvres et des critiques.Toutefois, je me permets de penser que le XVIIème siècle est le siècle d'or du théâtre français car c'est en cette ère que le théâtre a connu son renouveau depuis l'antiqué grecque.En effet, c'est à cette époque que l on revisite les règles aristotéliciennes et que l'on cherche des solutions pour magnifier le théâtre.C'est en ce sens là que je parle d'âge d'or.Je ne veux pas dire que le théâtre des siècles suivants n'en n'est pas moins glorieux, intéressant.De mon point de vue , j'affectionne plus particulièrement le théâtre des XVII et XVIIIème siècles par goût de la langue et des thèmes.Simple affaire de goût.Je n'ai absolument pas aimé Ubu Roi de Jarry, Le silence de Sarraute, Macbett de Ionesco.Par contre , j'ai adoré toutes les pièces de Molière, Phèdre de Racine.J'avoue ne pas connaître en détails l'état du théâtre contemporain.Je suis une classique!!Avec hâte de te lire...
  • Bonjour à tous,
    J'aimerais échanger des connaissances et des idées sur la littérature du XVIème siècle.Avoir vos avis, des connaissances qui semblent incontournables pour tout littéraire qui se respecte.J'espère qu une discussion de ce type n'est pas déjà lancée sur le forum (je n'en ai pas trouvée mais...)Merci pour vos réponses :)
  • ""Mon avis est que le théâtre de 17e est un âge d’or parce qu’il existe une forme de nostalgie pour cette époque de mesure et de gloire culturelle. Nous avons mystifiés Racine, Corneille, Molière, et l'époque culturelle à laquelle ils appartiennent. Mais concrètement, ça ne dépasse pas cela. Ce sont de très bons auteurs, qui méritent amplement leur large postérité, sans aller jusqu'à dire que c'est véritablement la meilleure période du théâtre français dans l'histoire (au risque de me répéter : mais pourquoi donc le serait-elle ?)""

    Il y a aussi (au-delà de mon avis selon lequel le théâtre d'après-guerre n'a absolument pas l'ampleur du théâtre classique) un constat simple, celui de voir dans la notion d'âge d'or se reconnaître des lecteurs ou des publics extrêmement variés, que le théâtre à ce moment de l'histoire de la France est en pleine éclosion et atteint des formes accomplies tout en étant relativement jeune.

    Même s'il est injuste de ne plus lire les tragiques du XVIème siècle (ils sont complètement ignorés, sauf par quelques universitaires qui ne les lisent pas toujours pour de bonnes raisons), la langue du XVIIème triomphe dans le théâtre, pour la simple raison que la langue, très élaborée, est aussi très accessible.

    Je pense à Molière, et même à Racine, que personnellement je n'aime pas beaucoup.

    Cela dit il est vrai que le XVIIème passe pour un siècle de théâtre, et n'est que rarement étudié pour ses autres genres. Même à un âge avancé on mesure le génie absolument immense de La Fontaine, qui se lit et se relit très bien.

    Même chose pour Scarron, Cyrano de Bergerac, Guez de Balzac, etc. Enormément de ressources restent méconnues par les classes de lycée. Si j'aime le XVIIème, c'est que le français y est à la fois humble et brillant, remarquablement différent de ce qu'il était un siècle auparavant.
  • wafaemiss a écrit:
    qu'est ce que vous pensez de la littérature française au 16éme et au 17éme siécle ?
    Un des nombreux aspects de cette littérature que j'aime est que la langue en est suffisamment éloignée de la nôtre pour nous dépayser et nous nourrir étymologiquement, et suffisamment proche pour nous être néanmoins presqu'aisément accessible.
  • je vois que tu es une personne émérite dans ce domaine.
    Je ne suis qu’un étudiant qui entre autres choses aime le théâtre, mais je n’ai aucune autorité.
    le théâtre d'après-guerre n'a absolument pas l'ampleur du théâtre classique
    Une ampleur différente oui, mais je parlais seulement de valeur.
    celui de voir dans la notion d'âge d'or se reconnaître des lecteurs ou des publics extrêmement variés, que le théâtre à ce moment de l'histoire de la France est en pleine éclosion et atteint des formes accomplies tout en étant relativement jeune.
    Dans ce cas, on parlera plutôt d’âge d’or relativement à certains paradigmes, mais pas d’un âge d’or absolu, total. En outre, tout cela est discutable, il n’est pas avéré que ces auteurs, plus que tous autres français, réunissent le plus grand suffrage des publics, et le degré d’accomplissement de leurs œuvres, si il est effectivement très grand, doit se comprendre néanmoins par rapport à l’eshétique dans laquelle ils évoluent, et non par rapport à tous les autres auteurs.
    .J'espère qu une discussion de ce type n'est pas déjà lancée sur le forum (je n'en ai pas trouvée mais...)
    Au pire on nous raccolera à un autre sujet :P
  • Le XVIIème serait-il un siècle de théâtre grâce à l'impulsion de Louis XIV ?
  • Troglodyte, pour te répondre, je pense que Louis XIV a sa part mais il n'est pas le seul à le favoriser. Il ne faut pas oublier le 1er XVIIe siècle durant lequel c'est surtout grâce à Richelieu que le théâtre se développe. Plus tard, Louis XIV favorisera le théâtre mais pas seulement ( tous les arts en profite aussi bien la sculpture que l'architecture...). D'ailleurs, il mettra un certain temps avant d'accorder de l'importance à tout cela. Si tu veux approfondir sur cette période, je te conseille de lire Le Siécle de Louis XIV de Voltaire.
  • Il est vrai que Louis 14 assume personnellement la direction d'une nation puissante.Il donne un nouveau visage dynamique à cette France.C'est l'époque de la montée en force de la bourgeoisie.La cour vit fastueusement.Il faut divertir tout ce beau monde.Toutefois, les écrivains, eux ne voient pas en le théâtre un simple divertissement mais surtout un souci de l utilité morale des oeuvres, la tendance à la simplicité, à la clarté, à l 'ordre.Les écrivain laisse une place prépondérante à l'amour et ses conséquencesLe terme de "raison" commence à s'installer notamment chez Pascal ou Boileau (penseurs non dramaturges) :)
  • Seriez-vous nostalgique du règne de Louis XIV ? N’oublions pas que, si sa politique culturelle protégeait et finançait les artistes de son goût, elle n’était pas pour favoriser l’épanouissement des autres. Un seul opéra français, par exemple, celui de Lully… D’un point de vue plus général, ce temps de « grandeur française » est aussi une ère de crises alimentaires majeures, et le siècle s’achève en beauté avec une mini ère glaciaire qui ruine les récoltes : les guerres du roi coûtaient trop cher pour importer du blé. Sur le plan des mœurs, ce n’est pas trop ça non plus, et à la mort du roi, on soupire de soulagement plus qu’on ne pleure (le libertinage qui s’épanouit sous la Régence en témoigne :P).
  • Mais le sujet de ce fil est "La littérature".
    Il serait intéressant d'approfondir "la politique culturelle" de Louis XIV cependant.
  • Le Sphinx a écrit:
    Bonjour,

    Tu veux dire : comment pense-t-on la littérature au XVIe et au XVIIe siècle ? Dans ce cas, il n’y a pas une littérature à définir, mais plusieurs. Il y a évidemment une continuité de l’un à l’autre au siècle, mais aussi de grosses oppositions. On connaît les divergences poétiques, par exemple : quand les poètes de la Pléiade prônent la création de mots nouveaux et l’enrichissement du vocabulaire, Racine, Boileau et compagnie privilégient au contraire un vocabulaire restreint et « noble », se revendiquant du « bon usage » de la langue. Les divergences existent au sein même de ces deux siècles : la Pléiade s’oppose au Pétrarquisme, le burlesque au courant galant et au phénomène précieux… Tu veux peut-être un point de vue global et résumé des courants/phénomènes/philosophies/grands auteurs qui traversent et ponctuent cette longue période ?
    La question était valide et bien formulée au départ, non? La personne veut connaître les avis de différentes personnes sur cette littérature...
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