Fiches méthode Bac de français 2020

salut tout le monde! Donc voila je suis en plein milieu de mes révisions pour l'oral et je viens de commencer la séquence des moralistes du XVIIeme. Une pensée de Pascal me cause problème; j'ai plusieurs éléments d'analyse mais je n'arrive pas à formuler au moins deux axes pour organiser mes idées. Voila le fragment et je demande simplement de l'aide pour organiser mes idées et les classer. Merci d'avance et bon wkend a tout le monde:)

La dignité royale n'est-elle pas assez grande d'elle même, pour rendre celui qui la possède heureux par la seule vue de ce qu'il est ? Faudra-t-il encore le divertir de cette pensée comme les gens du commun ? Je vois bien, que c'est rendre un homme heureux, que de le détourner de la vue [198] de ses misères domestiques, pour remplir toute sa pensée du soin de bien danser. Mais en sera-t-il de même d'un Roi ? Et sera-t-il plus heureux en s'attachant à ces vains amusements, qu'à la vue de sa grandeur ? Quel objet plus satisfaisant pourrait-on donner à son esprit ? Ne serait-ce pas faire tort à sa joie, d'occuper son âme à penser à ajuster ses pas à la cadence d'un air, ou à placer adroitement une balle ; au lieu de le laisser jouir en repos de la contemplation de la gloire majestueuse qui l'environne ? Qu'on en fasse l'épreuve ; qu'on laisse un Roi tout seul, sans aucune satisfaction des sens, sans aucun soin dans l'esprit, sans compagnie, penser à soi tout à loisir ; et l'on verra, qu'un Roi qui se voit, est un homme plein de misères, et qui les ressent comme un autre. Aussi on évite cela soigneusement, et il ne manque jamais d'y avoir auprès des personnes des Rois un grand nombre de gens qui veillent à faire succéder le divertissement aux affaires, et qui observent tout le temps de leur [199] loisir, pour leur fournir des plaisirs et des jeux, en sorte qu'il n'y ait point de vide. C'est à dire, qu'ils sont environnés de personnes, qui ont un soin merveilleux de prendre garde que le Roi ne soit seul, et en état de penser à soi ; sachant qu'il sera malheureux, tout Roi qu'il est, s'il y pense.
Je ne parle point en tout cela des rois chrétiens comme chrétiens, mais seulement comme roi.
Mots clés :

Réponses

  • Qu'est-ce distinguerait un roi d'un citoyen lambda?
    Quels sont les causes du bonheur et malheur?
  • JSC,
    je vois très bien les causes du bonheur et du malheur (qu'on a besoin de divertissement pour ne pas être dans le vide qui rend maheureux...), par contre ta deuxième idée me cause un peu de problèmes.
    Est-ce que la critique du roi est-elle présente dans ce texte? Le roi n'est-il pas simplement un élément qui aboutit à une généralisation pour tous les humains?
  • Le Roi n'a pas les mêmes soucis qu'un plébéien. Mais les deux ont la même composition physique, la même nature.
    Je n'ai pas dit "critique" du roi.
  • Ah daccord, je vois. Ils nont pas les mêmes soucis mais ils ont quand même tous les deux besoin de divertissement...
    Merci, super gentil:)
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Ce texte met en œuvre les notions de bonheur, de divertissement et de royauté.
    La visée de ce texte est de dénoncer les dangers du divertissement, nous dirions aujourd’hui les distractions futiles.
    L'homme souffre de sa finitude : l'homme est mortel. Pour éviter de penser à sa fin et à l'au-delà, l'homme a inventé le divertissement. Devant cette peur viscérale de la mort et des fins dernières il cherche à remplir le vide de sa vie, à échapper à la conscience de sa faiblesse et de son néant. Il va recourir à la conversation des femmes, à la guerre, à la danse...
    A l'opposé, la seule attitude raisonnable serait de rester seul pour prendre la mesure de la misère de notre condition.
    Le texte qui est proposé choisit l'exemple de la condition royale pour mettre en valeur les dangers qui guettent tout homme qui fuit sa nature. Le roi est plus que tout autre homme celui qui se disperse dans une effervescence vaine. En apparence le roi est celui qui bénéficie d'un statut et d'une vie que chacun de ses sujets envie. Pour son malheur, il est entouré de conseillers ou de proches qui vont créer pour lui l'illusion d'un bonheur...

    Voilà deux axes pour organiser ton commentaire :
    Le roi, un homme comme les autres ?
    La royauté, un service plus périlleux que les autres pour l'âme
  • Merci beaucoup!!
    Je vais essayer de classer tous mes éléments dans les axes que vous m'avez proposé et je les afficherais le plus tôt possible..
    :) Slt:)!
    Une petite question encore..qu'indique la précision de Pascal dans la dernière phrase? Je ne comprends pas pourquoi il fait cette remarque...est-ce pour dire qu'il ne veut faire aucune critique du roi?
    Merci
  • Une question de motivation, je crois.
    Un roi chrétien aura des moteurs de plus derrière ses décisions.
    Par exemple, il est responsable pour le bien-être des citoyens:
    - il pourrait (logiquement) imposer sur les riches pour générer l'argent nécessaire pour faire vivre les plus misérables; mais un roi chrétien aurait en plus la charité comme devoir.
    - il pourrait décréter un jour férié par semaine; mais s'il était roi chrétien, il aurait le devoir supplémentaire de faire construire des églises et envoyer le citoyen y prier.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir,

    Je suis ennuyé pour répondre à ta question.

    Il me semble que Pascal, dans cette formule, généralise sa constatation : ce qu'il vient de dire est vrai de tout roi comme de tout homme. Si le chrétien peut avoir conscience de ses misères et de ses péchés plus qu'un autre, tout homme au fond a peur de se retrouver seul face à son vide intérieur.

    Pascal veut également signifier aussi que cette charge royale n'est qu'une image symbolique pour servir son raisonnement. En effet, à un autre endroit des Pensées, il définit tout homme comme un roi dépossédé. Donc, si ce qu'il dit du roi à la situation particulièrement enviable est vrai, combien plus cette misère se vérifiera-t-elle pour un homme ordinaire.
  • bonjour!
    Moi aussi j'ai un problème sur ce même texte, mon oral est mercredi et en faisant une dernière révision de mes fiches j'ai trouvé que celle de cet extrait ne contient presque pas d'éléments :S
    J'ai essayé de construire un plan sur les axes que vous avez proposé pour organiser les idées un peu mai j'ai l'impression qu'il est trop vide et qu'il ne tient pas 5 minutes. Est-ce que vous pourrez enrichir un peu mes analyses ou m'eclairer sur un exemple de problématique s'il vous plaît, ce sera d'une grande aide. Merci d'avance :)

    I_ Le roi, un homme comme les autres?
    1) roi doit echapper au vide
    2) exemple du roi: generalisation vers l'humain

    II_La royauté, un service plus périlleux que les autres pour l'âme
    1) critique des courtisans
    2) ?

    J'en ai honte..le pire plan que j'ai jamais fait mais je suis vraiment à court d'idées.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Voilà un canevas possible qui pourrait t'aider sur une question portant sur l'objet d'étude argumentation :

    I_ Le roi, un homme comme les autres?
    1) une situation enviable
    2) pourtant le roi est d'abord un homme avant d'être un roi
    3) et comme tout homme, il a peur de se retrouver seul avec lui-même.

    II_La royauté, un service plus périlleux que les autres pour l'âme
    1) Le divertissement est indigne d'un roi
    2) critique des courtisans
    3) ce qui est dangereux pour un roi, l'est encore plus pour un roi chrétien
  • Tu pourrais également faire un élargissement sur l'oeuvre de Gionot, Un roi sans divertissement comme échappatoire au cas ou il te resterait du temps disponibles ...

    Je pense que le plan de Jean Luc n'est pas si mal sauf peut être la dernière partie quand tu parle du Roi chrétien car, Pascal étant Jansénistes il possède un rapport étroit avec Dieu serait ce de ca que tu voulais parler ? car je n'ai pas trop compris le sens de "surtout pour un roi chrétien"

    Nansouuu.
  • Pascal, Pensées - Fragment 127. Divertissement.
    Divertissement.
    La dignité royale n'est-elle pas assez grande d'elle-même pour celui qui la possède pour le rendre heureux par la seule vue de ce qu'il est? Faudra-t-il le divertir de cette pensée comme les gens du commun? Je vois bien que c'est rendre un homme heureux de le divertir de la vue de ses misères domestiques pour remplir toute sa pensée du soin de bien danser, mais en sera-t-il de même d'un roi et sera-t-il plus heureux en s'attachant à ces vains amusements qu'à la vue de sa grandeur? Et quel objet plus satisfaisant pourrait-on donner à son esprit? Ne serait-ce donc pas faire tort à sa joie d'occuper son âme à penser à ajuster ses pas à la cadence d'un air ou à placer adroitement une barre, au lieu de le laisser jouir en repos de la contemplation de la gloire majestueuse qui l'environne? Qu'on en fasse l'épreuve, qu'on laisse un roi tout seul sans aucune satisfaction des sens, sans aucun soin dans l'esprit, sans compagnies, penser à lui tout à loisir, et l'on verra qu'un roi sans divertissement est un homme plein de misères. Aussi on évite cela soigneusement et il ne manque jamais d'y avoir auprès des personnes des rois un grand nombre de gens qui veillent à faire succéder le divertissement à leurs affaires et qui observent tout le temps de leur loisir pour leur fournir des plaisirs et des jeux en sorte qu'il n'y ait point de vide. C'est-à-dire qu'ils sont environnés de personnes qui ont un soin merveilleux de prendre garde que le roi ne soit seul et en état de penser à soi, sachant bien qu'il sera misérable, tout roi qu'il est, s'il y pense.
    Je ne parle point en tout cela des rois chrétiens comme chrétiens, mais seulement comme rois.
  • Bonjour ! J'ai également ce texte à commenter... Je me suis légèrement appuyée sur le plan ci-dessus, en tentant de reclasser certaines informations dans mon plan. Cependant, je n'arrive pas à comprendre ce que l'on pourrait dire dans le II C "ce qui est dangereux pour un roi, l'est encore plus pour un roi chrétien"...

    Ensuite, je suis vraiment à cours d'idée pour ma conclusion. J'ai pu voir que l'oeuvre 'Un roi sans divertissement' de J. Giono s'appuyait particulièrement sur celle de Pascal mais ne l'ayant pas lu, je ne sais pas comment développer cette idée...

    Si vous pouviez m'éclairer... =)
    Merci d'avance.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir Tropico,

    Le II,c est difficile à exploiter parce qu'il est implicite dans la pensée de Pascal.
    Un roi a mille occasions de se divertir.
    Le roi chrétien serait plus coupable que le roi païen en ce qu'il est chrétien et qu'il devrait donc considérer les fins dernières, celles qui sont situées au-delà de la mort. Mais comme roi chrétien, il devrait aussi savoir que le divertissement est indigne de son service de roi, représentant de Dieu sur terre. Pascal critique indirectement le pouvoir royal qui a oublié les devoirs d'une monarchie de droit divin.
    On peut penser que Pascal utilise dans la dernière phrase une forme de la prétérition pour atténuer la virulence du propos.

    Je ne te conseille pas d'élargir sur l'oeuvre de Giono qui interprète de manière très personnelle ce passage de Pascal en tirant le divertissement vers un remède à l'ennui. Peut-être peux-tu rapprocher Pascal de La Bruyère dans "De la cour", mais en remarquant que la critique de Pascal est plus profonde ou plus fondamentale.
  • Merci pour cette explication.
    Je vais tenter d'établir un lien avec La Bruyère dans la conclusion en me documentant un peu ce soir...
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.