Prépa littéraire Licence lettres modernes
Capes lettres modernes

J'ai essayé de vérifier un maximum de pages pour ne pas répéter un possible sujet existant. J'espère que je respecte le règlement.

En fait, je vous explique la situation. J'ai rendu un mémoire et je suis en M1 lettres modernes. Cette année, j'ai passé sans conviction aucune le capes en même temps, et je vous le déconseille. Je ne l'ai pas eu, peut-être parce que je n'avais pas l'envie de l'avoir, je ne sais pas.
Je n'ai pas envie d'enseigner en lycée ou collège. La fac m'intéresse davantage ; voilà pourquoi j'ambitionne d'enseigner à la fac.

Je me spécialise surtout dans l'esthétique gothique, et je suis "huysmansien", sujet de mon mémoire de cette année que j'ai choisi et que mon directeur a bien voulu noter. J'attends le résultat pour ensuite passer une soutenance très bientôt.

Je sais par ouïe dire qu'il faut une thèse (bac + 8 ?) pour pouvoir enseigner à l'université. Mais, on peut se passer de l'agrégation ?

Pour l'agrégation, je compte passer le concours en interne plus tard, mais pas l'année prochaine. Le latin est obligatoire ou pas ? Si oui, j'ai du souci à me faire... (rires) De plus, l'ancien français est obligatoire ?
Plus tard, je compte repasser l'ENS que j'avais déjà passé en prépa (Khâgne et HK).

Entre-temps, je suis prof chez "acadomia", et l'expérience est salutaire, même si ce n'est pas une classe, évidemment.


Je vous remercie d'avance;)
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Réponses

  • Bonjour,

    La réponse à ta question est une et multiple.

    Que t'imagines-tu de l'enseignement à la fac?

    Ton plan d'action me semble assez confus :) Tu penses passer l'agrégation après quoi? Après ton DEA/M2? Après le CAPES?

    Si tu veux enseigner à la fac, c'est possible en étant doctorant et ça s'appelle le monitorat du CIES (centre d'initiation à l'enseignement supérieur), mais ATTENTION: peu de places et obligation d'avoir les allocations de recherche. C'est un CDD d'un an (nouveauté) renouvelable sur 3 ans. Par contre, c'est beaucoup plus sportif (déjà qu'obtenir les allocs et le monitorat relève du chemin de croix) pour être titulaire par la suite et là, l'agrégation est (quasi) obligatoire.

    Pour ce qui est de l'agrégation: latin et AF obligatoires pour l'externe, bien entendu. Je t'invite à regarder les programmes pour te rendre compte de la difficulté de ce concours. Pour l'interne c'est différent, mais connais-tu les conditions d'accès?

    Les voici:
    Condition de services
    Vous devez avoir accompli 5 années de services publics.
    Sont des services publics, les services accomplis en qualité d'agent public, c'est-à-dire de fonctionnaire ou d'agent non titulaire bénéficiant d'un contrat de droit public, relevant de l'une des trois fonctions publiques et des établissements publics qui en dépendent (fonction publique de l'Etat, fonction publique territoriale, fonction publique hospitalière).
    + master 1 ou équivalent.

    Un conseil, ne le prends pas mal: attention aux plans sur la comète, j'en ai fait aussi et me suis rendu compte que j'allais droit dans le mur. Renseigne-toi bien et bonne chance :)

    Si tu as d'autres questions, j'y répondrai avec plaisir.... si je le peux
  • Pour enseigner à la fac avec un statut de titulaire, trois possibilités :
    -PRAG ou PRCE : c'est-à-dire certifié ou agrégé du secondaire détaché dans le supérieur. C'est un statut peu enviable (charge horaire très lourde, qui laisse peu de temps pour mener à bien un travail de recherche)
    - maître de conf : il faut une thèse de doctorat soutenue et bien soutenue, si possible assortie d'articles remarqués, un directeur respecté. Le fait d'être un ancien de l'ENS ou d'être agrégé est un atout important, qui départage souvent les dossiers. Attention, le recrutement est en deux temps : d'abord une qualification ( = une liste d'aptitude aux fonctions de ...), puis ensuite seulement il faut démarcher les établissements pour être recruté, sans garantie de succès (chaque poste est une sorte de concours sur dossier). Tout cela prend beaucoup de temps, nécessite beaucoup d'efforts, assorti d'un travail informel de couloir (nouer des contacts).
    - professeur des universités : le sommet de la hiérarchie. La même procédure que précédemment, mais concernant des maîtres de conf expérimentés, dont la recherche est pertinente et productive, et qui soutiennent une H.D.R : habilitation à diriger des travaux de recherche.

    Pour le dire clairement, maître de conf - sauf cas rare -, c'est peu envisageable avant la petite trentaine, et prof des universités pas avant la quarantaine.

    Les autres statuts : AMN, ATER sont des statuts précaires pour doctorants, ou pour l'immédiat après-doctorat.

    Il existe aussi à la fac des chargés de cours, qui ne font qu'un enseignement ponctuel (celui dont ils sont spécialistes ou, plus prosaïquement, celui dont aucun titulaire ne veut !)
  • D'accord... Merci à vous, j'y vois plus clair.

    Mes objectifs s'effondrent alors. Parce que je n'ai pas 5 ans de services publics, je dois donc passer l'agreg externe.
    Donc passer l'A.F et le latin où je suis archi-nul, il faut bien le reconnaître. Je n'aurai donc jamais l'agrégation. Lapin, dans mes objectifs, je comptais passer l'agrégation, pas l'année prochaine, mais après un M2 je pense. Ou après ma thèse.

    Comment vois-je l'horizon ? Je pense que j'irai jusqu'à ma thèse et après ? Sans diplômes ? Il me reste un chemin de croix...
    Et je ne suis pas fataliste pourtant...
  • Je ne voulais pas te décourager, juste parler de mon expérience (c'est un bien graaaand mot)

    Tout le monde semble déconseiller l'agrégation après la thèse: perte des réflexes de dissertation, d'étude forcée etc etc...

    Passe au moins le CAPES, ça peut aider...

    Quant à l'AF et le latin (il n'y en a pas obligatoirement au CAPES), tu peux rattraper le niveau à force de travail.

    Attention au français moderne qui est une matière "vicieuse". On la croit facile, elle est en réalité plus dure qu'on ne le pense.

    Si tu es vraiment excellent dans ton domaine, lance-toi, tu ne risques rien. Ou cherche-toi ce que j'appelle une niche.

    Phil à l'air d'être beaucoup plus calé que moi sur le sujet, attendons de voir ce qu'il en pense.
  • A mon humble avis, il FAUT passer un concours de recrutement type CAPES ou Agrégation avant de s'engager dans une thèse, et se donner les moyens de réussir. Il y a tant de docteurs sans boulot, ou incroyablement sous-employés ! (Il y a de nombreux contractuels ou vacataires de l'Education nationale qui sont docteurs). Il faut absolument avoir un statut sécurisant, sans quoi c'est la possibilité matérielle de la thèse qui est hypothéquée ...
    Tu n'es pas bon en AF ni en latin : qu'à cela ne tienne, c'est donc là qu'il faut fournir un gros effort => seul dans les bouquins, ou en fréquentant en auditeur libre des cours de licence dans les disciplines en question.
    D'autre part, quand on dit que l'agrégation est un plus non négligeable pour un recrutement universitaire (ou même pour un chargé de recherche CNRS), il faut entendre : agrégation externe. L'agrégation interne joue beaucoup moins ce rôle de "brevet d'excellence généraliste".
  • Phil, ne penses-tu pas qu'une niche doctorale avec des compétences bien précises que "personne" d'autre ne possède n'assure pas un avenir un peu plus serein?
  • ENSENS Membre
    Salut Lapin (Phi = ENS, c'est la même personne ! j'ai enfin retrouvé mon code :) ).

    Je vois ce que tu veux dire ... certains tentent effectivement ce pari : travail de recherche béton, novateur, et tant pis pour l'agreg. Ca peut marcher, mais c'est quand même très risqué. Quand les universités recrutent un maître de conf, elles recrutent un enseignant généraliste pour le premier cycle, avant de recruter un chercheur pointu. Il faut donc donner, d'une manière ou d'une autre, des garanties dans ce sens. L'agreg a ce rôle.
  • J'avais en effet cette idée de me spécialiser à fond en Huysmans et dans la littérature gothique en particulier.
    Bon, l'agrégation, soit. Ancien français et latin, je vous attends !
    j'ai l'obstination, c'est déjà ça...
    Par contre, je ne sais pas pq mais dans le programme de l'ens pour les lettres modernes, l'ancien français et le latin sont obligatoires ? Je me souviens qu'en prépa, je n'avais pas passé ces matières... Mais c'était dans un cadre plus généraliste... Peut-être que je pourrais retenter ça...

    Merci à vous en tt cas. Vraiment. J'aimerais connaître ton parcours Lapin, par curiosité :)
  • Bonsoir,

    Pour enseigner à l'Université et faire partie de commissions de spécialistes qui recrutent des Maîtres de Conférences, je peux vous assurer que l'agrégation de Lettres est nécessaire à l'obtention d'un tel poste, pour les candidats français. Le système est assez hypocrite, j'en conviens : dans le profil, seul le doctorat est exigé, mais d'autres critères entrent en jeu.

    Compte tenu du très petit nombre de postes à l'Université, se lancer actuellement dans la préparation d'une thèse sans avoir un concours de recrutement (CAPES ou Agrégation) est déraisonnable. Beaucoup de directeurs de thèse acceptent, pour justifier des étudiants lors des évaluations, mais cela n'est pas honnête de leur part.

    CB
  • CBréchet : Dites-moi si je me trompe, mais vous n'êtes pas MC en littérature comparée?

    Jérémy : Mon parcours? Bac S spé Maths, puis pur produit de la fac: 5 ans de Lettres Modernes avec un CAPES passé en même temps que le master 2.
  • Non, je ne suis pas MCF en Littérature comparée, mais en Grec ancien. Mais je pense que le principe est globalement le même en lettres (modernes, classiques, littérature comparée) et en histoire, où j'ai des collègues et où je vois le résultat des élections!

    CB
  • Je ne remets absolument pas en compte ce que vous avez écrit auparavant. Je ne me le permettrais pas :)

    Les MC et professeurs de comparée ont quand même un regard différent sur les concours. Ils en voient l'intérêt, mais relativisent leur valeur indicative quant aux compétences en littérature comparée. Combien de candidats passant les concours n'ont que des connaissances très limitées en langues étrangères, ce qui est fort dommageable pour un enseignant de comparée...
  • C'est exact! Je n'ai pas dit que j'étais d'accord avec ce critère de l'agrégation, qui ne préjuge en rien des facultés de recherche des candidats. C'est un simple constat. Peut-être les recrutements en littérature comparée sont-ils différents, je demanderai.
  • Pour ce que j'en sais (je ne suis pas une source de première-main), le recrutement des profs de comparée est, dans certains cas, sujet à disputes.

    En effet, ce ne sont pas (en tout cas dans les facs que je connais) seulement les profs de comparée qui recrutent leurs futurs collègues. Des profs de française sont également présents dans les commissions et se tournent plus facilement vers les dossiers des candidats ayant CAPES et/ou agrégation sans regarder plus que ça le reste.

    Pourriez-vous m'expliquer plus exactement ce que vous entendez par "malhonnêteté" des enseignants acceptant des doctorants sans concours?
  • Lapin a écrit:
    CBréchet : Dites-moi si je me trompe, mais vous n'êtes pas MC en littérature comparée?

    Jérémy : Mon parcours? Bac S spé Maths, puis pur produit de la fac: 5 ans de Lettres Modernes avec un CAPES passé en même temps que le master 2.
    D'accord monsieur Lapin :d

    Et depuis ? Tu enseignes ?

    Car je n'ai pas envie de retenter un Capes pour l'année prochaine, à condition que je sois en M2 évidemment.
    Etant actuellement en M1, j'attends les résultats de mon second semestre, j'ai eu la mention Bien au premier semestre.

    J'ai envie de faire un M2 recherche, en prenant mon temps, et me préparer déjà à un concours pour deux ans, à l'agrégation justement. Je compte le préparer en deux ans en réalité, ce serait plus sage. Si vous avez des conseils, je prends volontiers.
    Merci !
  • J'enseigne, oui. 64 heures de TD en niveau L.

    Pour ce qui est du CAPES/Agrégation, voici mon avis (Mr Bréchet ainsi que ENS sont, à mon avis, plus qualifiés que moi pour te répondre):

    Passe le CAPES avant l'agrégation. Je vois tant de personnes qui ratent le CAPES et passent l'agrégation l'année d'après pour "ne pas perdre une année". Ceux qui réussissent? On se rapproche du 0.

    Quand tu parles de préparer l'agrégation en deux ans, tu te serviras de ta première année pour rattraper l'AF et le latin? Et pense à la langue vivante : c'est un très bon moyen pour faire la différence.

    Le CAPES n'est pas un concours très très difficile. Il faut faire attention à ne pas rater la dissertation. Ensuite assurer en AF et FM, puis faire la différence sur la langue. Pour les écrits.
    Pour les oraux, on peut entendre des milliers de sons de cloche différents. Je pense que de bonnes connaissances de bases appuyées par une assurance orale peuvent amener au succès.

    Je voudrais insister sur un point : autant d'étudiants, autant de cas. Ce que j'écris n'engage que moi. Je ne parle au nom de personne. Ce sont juste quelques observations tirées de ma propre expérience. :)
  • J'ai passé le capes, sans le réviser, je ne l'ai pas eu, mais j'attends de voir les résultats. Je sais que je l'ai raté en ancien français et linguistique, ça c'est sûr.
    Pour l'anglais en version et le français, j'arrive à gérer (pour être modeste). A moi de bosser l'ancien français et le latin pour la suite...
    Merci beaucoup en tt cas :)
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