Grammaire française Participe passé

Quelle est la forme correcte :
"il y a un mois que je suis au lit" ou "cela fait un mois que je suis au lit" ? pourquoi ?

On peut dire ? : "comme tu voudras", en espagnol "como quieras"

En espagnol 3+5 = 8, le signe + peut se traduire par : " plus " ou " et " ?

merci infiniment.

Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir Royal,

    Toutes ces expressions sont correctes.
    Pour les deux premières, tu noteras un effet d'insistance sur la durée marqué par le présentatif cela dans le seconde.
    Pour les dernières, "plus" est plus scientifique, "et" marque une expression plus littéraire.
  • J'estime que "trois et cinq" relève de la licence, dans ce cas précis; en effet il s'agit d'une opération précise et donc "plus" et, à mon avis, recommandable. Car je puis dire aussi, hors contexte, trois et cinq font trente cinq!
  • EdyEdy Membre
    Bonsoir !

    Pour éviter une incertitude, il vaut mieux en effet utiliser PLUS lorsqu'il s'agit d'une addition mathématique.

    Je signale cependant que le Petit Robert, à propos de ET, dit ceci :

    Deux et deux font quatre. → plus.

    Le TLFI, dans cet emploi, fait de ET un synonyme de PLUS.
  • Puisque nous sommes dans les présentatifs j'aurai voulu savoir si des expressions balzaciennes telles que "figurez vous un (et là commence la description)" peuvent être considérées comme des présentatifs. Si tel n'est pas le cas, j'aimerais savoir comment cela s'appelle.

    Quel est votre avis ?
    Je vous remercie :)
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Jérémy,

    Grammaticalement les présentatifs sont des gallicismes, ce qui n'est pas la cas de l'impératif que tu nous soumets. J'y verrais plutôt un outil au service de la fonction impressive du langage (tentative de prendre en main le lecteur) ou de sa fonction phatique (maintien du contact).
  • Est-ce que c'est vraiment le présentatif "cela" qui produit l'insistance sur la durée dont parle Jean-Luc ? Ne serait-ce pas plutôt le verbe faire ? Dans "il y a" l'action est absente, dans "faire", elle est présente.
    Dans l'espace, si on ne précise rien, faire 10 km, c'est les parcourir. Il y a 10 km ne comporte pas cette idée. Il est certainement correct d'écrire "De Paris à Lyon, cela fait 500km", mais je ne l'écrirais pas, "il y a" étant préférable.
    Par analogie, faire un mois, serait quelque peu le parcourir, ou du moins entrerait en résonance avec une idée de fabrication jour après jour. Je ne sais pas ce qu'est un présentatif, mais "cela" est sûrement un pronom. "Je suis au lit"=cela. Entre "Je suis au lit depuis un mois" et "cela fait un mois que je suis au lit", c'est le verbe faire qui fait la différence. S'il y a une différence entre "Je suis au lit depuis un mois" et "cela fait un mois que je suis au lit", c'est le verbe faire qui la fait.
  • Salut,

    d'abord je réponds la question de royal:

    la seule différence entre "il y a" et "cela fait...", c'est le registre de langue, c'est-à-dire, "il y a" est employé plutôt dans la langue familière et "cela fait" dans la langue écrite. Pourtant, "ça fait..." on l'entend à l'oral.

    Pour la question en espagnol, oui, tu peux traduire "comme tu veux" para "como quieras" car c'est le souhait de la personne, donc on emploie le subjonctif présent en espagnol.
    En ce qui concerne les chiffres: on utilise les deux, mais c'est vrai que "plus" on l'entend surtout dans les maths (en cours ou des trucs comme ça).


    Par rapport à ce que Jérémy avait demandé, je peux dire que "cela" n'est pas un présentatif mais un pronom.
    Les présentatifs sont:
    Voici, voilà, il y a, c'est
  • Merci à vous !
    Mais en réalité, je crois qu'il s'agit d'une figure de style... ce "figurez-vous" et il part ensuite dans ce qu'on appelle plus communément "digression" (didactique).
  • Bonjour Dec4
    La question de Royal datant de... novembre 2006, c'est sans doute un peu tard ;)
    Mais ce sera utile pour d'autres !
  • (j'avais pas remarqué, désolée)
  • J'ai trouvé !
    Il s'agit d'un appellatif. ;)
  • JehanJehan Modérateur
    Pas d'accord, Jérémy...

    Wilmet classe l'expression "Figurez-vous que" dans les outils de focalisation permettant de mettre en relief une phrase entière, à l'nstar de C'est que.

    Je ne viendrai pas. Je suis malade.
    Je ne viendrai pas. Figurez-vous que je suis malade.
    Je ne viendrai pas. Je suis malade, figurez-vous !
    Je ne viendrai pas. C'est que je suis malade !
  • Hm, discutable je pense. Il me semble que mon professeur me l'avait soufflé en M1, il y a un an.
    Je dis "discutable" car les exemples que tu proposes ne semblent pas avoir le même sens par rapport à leur place dans le texte de Balzac (il s'agissait de LA PEAU DE CHAGRIN pour être précis). Concrètement, rappelons-nous de ce célèbre épisode de la rencontre... je dirais Hoffmannienne :

    Tout à coup il crut avoir été appelé par une voix terrible, et tressaillit comme lorsqu'au milieu d'un brûlant cauchemar nous sommes précipités d'un seul bond dans les profondeurs d'un abîme. Il ferma les yeux ; les rayons d'une vive lumière l'éblouissaient ; il voyait briller au sein des ténèbres une sphère rougeâtre dont le centre était occupé par un petit vieillard qui se tenait debout et dirigeait sur lui la clarté d'une lampe. Il ne l'avait entendu ni venir, ni parler, ni se mouvoir. Cette apparition eut quelque chose de magique. L'homme le plus intrépide, surpris ainsi dans son sommeil, aurait sans doute tremblé devant ce personnage extraordinaire qui semblait être sorti d'un sarcophage voisin. La singulière jeunesse qui animait les yeux immobiles de cette espèce de fantôme empêchait l'inconnu de croire à des effets surnaturels ; néanmoins, pendant le rapide intervalle qui sépara sa vie somnambulique de sa vie réelle, il demeura dans le doute philosophique recommandé par Descartes, et fut alors, malgré lui, sous la puissance de ces inexplicables hallucinations dont les mystères sont condamnés par notre fierté ou que notre science impuissante tâche en vain d'analyser.

    Figurez-vous un petit vieillard sec et maigre, vêtu d'une robe eu velours noir, serrée autour de ses reins par un gros cordon de soie. Sur sa tête, une calotte en velours également noir laissait passer, de chaque côté de la figure, les longues mèches de ses cheveux blancs et s'appliquait sur le crâne de manière à rigidement encadrer le front.

    Section "Le talisman", in La Peau de Chagrin, Balzac.

    Dans ce contexte, ce "figurez-vous" est un appel à la représentation et non pas une formule proche de la précaution oratoire.
  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour, Jérémy. :)

    Je veux bien reconnaître que mon "figurez-vous"
    a un rôle différent de celui de Balzac.
    Il n'en est pas pour autant une "précaution oratoire"...
    Il n'atténue rien, ce n'est pas un euphémisme.
    Il a un rôle d'insistance et de mise en relief...

    Quant à celui de Balzac :

    "Figurez-vous un petit vieillard sec et maigre..."

    Tu évoques toi-même "un appel à la représentation".
    On peut nettement assimiler cette tournure à un présentatif...

    "Figurez-vous" est bien une invite à voir analogue à celle d'un voyez là → vois làvoilà.
  • PRESENTATIF ! Tu as trouvé ça y est
    Merci mon cher Jehan (toujours un plaisir) ;)

    p-s : je viens de me rendre compte que je soumettais cette hypothèse la première fois. Idiot je suis
  • JehanJehan Modérateur
    Oui, je viens de voir ça... Mais il semble que Jean-Luc n'était pas d'accord avec ce terme,
    ce qui t'a fait y renoncer.

    Il t'écrivait ceci :
    Grammaticalement les présentatifs sont des gallicismes, ce qui n'est pas le cas de l'impératif que tu nous soumets. J'y verrais plutôt un outil au service de la fonction impressive du langage (tentative de prendre en main le lecteur) ou de sa fonction phatique (maintien du contact).
    Mais que cette tournure soit un outil stylistique ne l'empêche nullement de fonctionner comme un présentatif, même s'il ne figure pas dans la liste "officielle". Tout verbe à l'impératif de sens analogue peut ëtre considéré comme un proche cousin de voilà : " Voyez, près des étang /Ces grands roseaux mouillés..."

    Le verbe au subjonctif soit est déjà catalogué comme un présentatif. Si Balzac avait été prof de maths, il aurait introduit ainsi sa présentation : "Soit un petit vieillard de 1m 60 et de 54 kg.." Mais il était littéraire, et il a choisi "Figurez-vous..."

    D'autre part, un présentatif n'est pas tenu d'être un gallicisme pur. Certains sont traduisibles mot à mot dans d'autres langues : c'est = this is = das ist...
  • D'accord, Jehan. Merci. :)
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