Baudelaire, Élévation

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par-delà le soleil, par-delà les éthers,
Par-delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!
Je dois faire un commentaire sur ce texte mais je n'ai jamais fait de commentaire sur une poésie et je ne vois quels axes choisir. Merci d'avance pour votre aide
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Réponses

  • Relis ce poème attentivement. Quelles en sont les idées principales ?
  • Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
    Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,

    Par-delà le soleil, par-delà les éthers,
    Par-delà les confins des sphères étoilées,
    ________________________________________________
    Mon esprit, tu te meus avec agilité,
    Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
    Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
    Avec une indicible et mâle volupté.

    Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
    Va te purifier dans l'air supérieur,
    Et bois, comme une pure et divine liqueur,
    Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
    ____________________________________________________
    Derrière les ennuis et les vastes chagrins
    Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
    *Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse =>
    S'élancer vers les champs lumineux et sereins;

    Celui dont les pensers, comme des alouettes,
    Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
    - Qui plane sur la vie, et comprend sans effort =>
    Le langage des fleurs et des choses muettes!
    * Cf Sermon de Christ sur la montagne
    Rimes
    Syllabes
    4 éléments
    Des adjectifs surprennants
  • Salut wazerty,
    Pour commencer essaye d'établir une définition d'"élévation".
    Ensuite quelques questions qui pourraient t'aider:
    1)Intéresse-toi à l'opposition sémantique entre les rimes des deux premiers quatrains. Que symbolisent-elles?
    2)Quels sont les champs lexicaux qui structurent le poème? pourquoi?
    3)Intéresse-toi aux sonorités du poème (allitérations et assonances déjà soulignées par JSC). Que mettent-elles en évidence?
    4) Analyse le champ lexical de la spiritualité. Que nous montre-t' il?
    5)Observe et analyse l'opposition spleen/idéal :l'ombre qui s'oppose à la clarté/lumière, etc
    Après avoir répondu à ces questions il te reste à les harmoniser et à en faire des parties pertinentes.
    Bonne chance!
  • Bonjour,

    J’ai fait un plan de commentaire sur Elevation de Baudelaire.
    Est-ce que vous pouvez me donner votre avis et m’aider à l’améliorer ?
    Merci beaucoup
    Voici le plan :

    I-Recherche de l’idéal / Montée vers l’idéal
    A. Purification (« nature »=pure)
    B.L’idéal = ?
    II-La réalité
    A. Dégout de la terre
    B. redescente vers le spleen

    et voici le poeme
    Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
    Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
    Par-delà le soleil, par-delà les éthers,
    Par-delà les confins des sphères étoilées,

    Mon esprit, tu te meus avec agilité,
    Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
    Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
    Avec une indicible et mâle volupté.

    Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
    Va te purifier dans l'air supérieur,
    Et bois, comme une pure et divine liqueur,
    Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

    Derrière les ennuis et les vastes chagrins
    Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
    Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
    S'élancer vers les champs lumineux et sereins;

    Celui dont les pensers, comme des alouettes,
    Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
    - Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
    Le langage des fleurs et des choses muettes!
    merci beaucoup
  • JanuaJanua Membre
    Bonjour.
    J'aimerais savoir si une fable appartient au genre poétique. SI une sujet de dissertation concerne la poésie, puis-je prendre une fable comme exemple?

    Par ailleurs, j'ai une question sur le poème Elévation de Baudelaire que l'on peut trouver ici. Nous pouvons observer que tous les vers sont des alexandrins excepté le vers 10 qui est un décasyllabe. Je me demandais donc s'il n'y avait pas deux diérèses dans ce vers?
    Pouvez-vous m'aidez? Merci.
  • ComateenComateen Modérateur
    Oui, la fable est bien considérée comme une forme poétique ;). Et en effet, il y a bien deux diérèse au vers 10.
  • JanuaJanua Membre
    Merci beaucoup pour ton aide!
  • Bonsoir à vous =)

    Voilà, je dois dire qu'elle est la relation entre la ponctuation que Baudelaire a mise dans " ELEVATiON " et les trois mouvements qui compose le poème.. et je dois vous avouer que je donne ma langue au chat, j'ai passé mon week-end a y réfléchir sans trouver le pourquoi !
    Besoin de vous ! Merciiii davance :)

    Voici le Poème :
    Elévation


    Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
    Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
    Par delà le soleil, par delà les éthers,
    Par delà les confins des sphères étoilées,

    Mon esprit, tu te meus avec agilité,
    Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
    Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
    Avec une indicible et mâle volupté.

    Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
    Va te purifier dans l'air supérieur,
    Et bois, comme une pure et divine liqueur,
    Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

    Derrière les ennuis et les vastes chagrins
    Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
    Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
    S'élancer vers les champs lumineux et sereins;

    Celui dont les pensers, comme des alouettes,
    Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
    - Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
    Le langage des fleurs et des choses muettes!


    Charles Baudelaire
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir Guapa,

    Regarde comment est évoqué le vol : ascension, vol stationnaire, reprise de l'ascension. Voilà le rôle des points. Les virgules servent à indiquer les paliers sur un rythme croissant. Il faut mettre la ponctuation et le rythme qu'elle crée en relation avec les champs lexicaux.
  • Salut tout le monde! :)

    Elevation est un de mes poèmes préférés de Baudelaire .. on en a discuté rapidement en classe, et quelques élèves ont parlé de mort. J'arrive pas très bien à comprendre le lien entre la mort et l'élévation qu'il décrit, même s'il regarde la mort en tant que soulagement et liberté .. et vous ?
  • Bonsoir Crystal,

    C'est curieux, je ne ressens pas la mort à la lecture de ce poème, pas du tout. Je ressens au contraire l'esprit de quelqu'un qui dépasse ses conditions terrestres, qui a la capacité — bien qu'étant bien vivant — d'aller chercher les vérités plus haut, ou, au contraire, dans de petites choses terrestres que tout le monde ignore. Ce que sait faire le poète.

    Muriel
  • crystal16 a écrit:
    Salut tout le monde! :)

    Elevation est un de mes poèmes préférés de Baudelaire .. on en a discuté rapidement en classe, et quelques élèves ont parlé de mort. J'arrive pas très bien à comprendre le lien entre la mort et l'élévation qu'il décrit, même s'il regarde la mort en tant que soulagement et liberté .. et vous ?

    Bonjour, désolé du déterrage de topic.

    En fait quand je l'ai lu pour la première fois j'ai pensé à la même chose et quand je le relis aujourd'hui c'est plus ou moins la même.

    Le premier quatrain nous indique qu'il parle de quelque chose qui n'est plus de ce monde.
    L'avant dernier quatrain voudrait peut-être signifier qu'il vaut mieux quitter ce monde avant de se faire écraser par le poids de la vie ?
    Le champ lexical de la mort ou de ce qui s'y rapporte n'est pas non plus totalement absent du poème.

    Après c'est comme ça que j'ai lu ce poème et à priori je ne suis pas le seul. Nous avons chacun notre grille de lecture selon nos ressentis. Je ne suis pas sur que l'une soit forcément meilleure que l'autre. :)
  • Moi, je vois plutôt du platonisme dans ce poème... L'âme quitte le monde d'ici-bas, où règne le spleen et s'envole au-delà de la réalité sensible, vers le monde des Idées, où tout est beau et pur, vers l'idéal au sens propre. La "mort" si l'on veut, en tant que départ (rêvé), mais nullement l'abolition de la conscience et des sensations (cf le mot volupté)
  • Bonjour à tous !

    J'ai un commentaire à réaliser prochainement sur Élévation de Baudelaire.
    Elévation


    Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
    Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
    Par delà le soleil, par delà les éthers,
    Par delà les confins des sphères étoilées,

    Mon esprit, tu te meus avec agilité,
    Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
    Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
    Avec une indicible et mâle volupté.

    Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
    Va te purifier dans l'air supérieur,
    Et bois, comme une pure et divine liqueur,
    Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

    Derrière les ennuis et les vastes chagrins
    Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
    Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
    S'élancer vers les champs lumineux et sereins;

    Celui dont les pensers, comme des alouettes,
    Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
    - Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
    Le langage des fleurs et des choses muettes!


    Charles Baudelaire

    Tout d'abord, je ne comprend pas la métaphore des "espaces limpides", je pense qu'il s'agit d'un espaces rédempteur, pur bien loin des "miasme morbide", qui détruisent progressivement l'auteur !

    Ensuite, je ne comprend pas non plus : "Heureux celui qui peut" Est-ce un projet d'avenir ? Un espoir ? Une désilusion de ne pas être "celui qui peut" ...


    Merci d'avance :D
    Je suis en 1ère S
  • (Ce poème de Baudelaire a été envoyé dans l'espace avec l'une des sondes Voyager)

    Troisième poème de la Section Spleen et Idéal. Tout un programme poétique ... Entre L' Albatros et Correspondances.

    Le poète à l'aise dans l'élément aérien et dans l'élément liquide. Il est tiraillé entre le monde d'en bas et le monde d'en haut.

    C'est en "s' élevant" par la création poétique que le poète accède au sens mystique du monde réel révélé par les Correspondances. Le poète par "l'élévation" évoque le lieu inaccessible de l'Idéal.

    L'aspiration à l'élévation est suggérée de façon concrète et progressive : anaphores, champs lexicaux, énumération, légèreté de l'esprit
    Le désir du poète lié à l'élévation : la soif de purification, le besoin d'échapper au Spleen , une compréhension du monde visible et invisible et un rêve de maîtrise du vers ...
    "Heureux celui qui peut ... " mais tous les poètes ne le peuvent pas ... Exigence de Baudelaire.
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