Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour j'ai une dissertation à faire sur La poésie permet-elle le dépassement d'une épreuve ? J'ai trouvé un plan mais je n'arrive pas a trouver les sous partis du II et III. Voici mon plan :
I- La poésie permet le dépassement d'une épreuve
a) Une épreuve personnelle
b) Une épreuve collective (ex : la guerre )

II- Mais la poésie permet autre chose
a) Une évasion de notre société
b)

III-Cependant, il n'y a pas que la poésie qui permet le dépassement d'une épreuve

Merci de me répondre assez rapidement car je dois le rendre pour demain !
Mots clés :
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Réponses

  • La poésie est avant tout un acte d'écriture, des associations de pensées immatérielles ; quel est son poids face à des "vrais" actes pour dépasser une épreuve ? Dépassons des épreuves sans agir, rien qu'en écrivant ?

    Si tu n'as pas d'idées pour ton II, tu peux le mettre en III, et développer l'inutilité de la poésie dans le dépassement d'une épreuve. Pour le I, tu peux étoffer en donnant vraiment les raisons plutôt que des exemples : pourquoi le dépassement d'une épreuve personnelle? Pourquoi le dépassement d'une épreuve collective?
  • Bonsoir,

    J'ai une dissertation a faire avec comme objet d'étude la poésie et ayant un corpus composé de 3 poèmes.
    Le sujet est : Vous vous demanderez dans quelle mesure la poésie permet le dépassement d'une épreuve.

    Notre prof nous a donné quelques pistes, chercher des synonymes d'épreuve et souffrance (ce que j'ai fais) et nous a indiqué que le dépassement = aller plus loin.
    Je sais que les mots clés sont poésie et dépassement d'une épreuve.

    Maintenant pour pouvoir établir un plan je dois avoir une problématique et c'est là que ça bloque. Je ne trouve pas. Donc si vous pouviez m'aider, je vous en serez très reconnaissant.
  • JehanJehan Modérateur
    Bonsoir.

    Il serait peut-être bon que tu précises quelles sont les trois poésies de ton corpus...
    Et tu peux lire ci-dessus les messages de la discussion où j'ai déplacé ton message.
  • Victor Hugo, "Demain dès l'aube", Les Contemplations
    Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
    Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
    J'irai par la forêt, j'irai par le montagne.
    Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

    Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
    Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
    Seul inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
    Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

    Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
    Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
    Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
    Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

    Guillaume Apollinaire, "Si je mourais là-bas", Poèmes à Lou

    Si je mourais là-bas sur le front de l'armée
    Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
    Et puis mon souvenir s'éteindrait comme meurt
    Un obus éclatant sur le front de l'armée
    Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

    Et puis ce souvenir éclaté dans l'espace
    Couvrirait de mon sang le monde tout entier
    La mer les monts les vals et l'étoile qui passe
    Les soleils merveilleux mûrissant dans l'espace
    Comme font les fruits d'or autour de Baratier

    Souvenir oublié vivant dans toutes choses
    Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
    Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
    Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
    Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants

    Le fatal giclement de mon sang sur le monde
    Donnerait au soleil plus de vive clarté
    Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l'onde
    Un amour inouï descendrait sur le monde
    L'amant serait plus fort dans ton corps écarté

    Lou si je meurs là-bas souvenir qu'on oublie
    - Souviens-t'en quelquefois aux instants de folie
    De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur -
    Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur
    Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

    Ô mon unique amour et ma grande folie

    Pierre de Ronsard, "Je n'ai plus que les os", Derniers Vers
    Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
    Décharné, dénervé, démusclé, dépoulpé,
    Que le trait de la mort sans pardon a frappé;
    Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.

    Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,
    Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé;
    Adieu, plaisant soleil ! Mon oeil est étoupé,
    Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.

    Quel ami, me voyant en ce point dépouillé,
    Ne remporte au logis un oeil triste et mouillé,
    Me consolant au lit et me baisant la face,

    En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
    Adieu, chers compagnons ! Adieu, mes chers amis !
    Je m’en vais le premier vous préparer la place.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir,

    Quelques pistes dans le désordre :
    - une bonne part de la littérature poétique relève de la veine élégiaque : tristesse, mélancolie, amour contrarié, mort d'un proche...
    - la poésie permet de mettre au dehors une souffrance qui étouffe ou fait hurler,
    - elle participe au travail de deuil,
    - elle permet de partager la souffrance,
    - elle met des mots sur les maux,
    - elle peut rendre présents les absents,
    - elle peut surmonter la mort par l'éternité apparente de l'oeuvre d'art,...
    Mais les mots sont souventt impuissants devant l'injustice, la souffrance, la perte. Tout au plus ils peuvent apporter une consolation, ils peuvent enchanter la douleur. Il existe aussi un courant poétique qui cultive la souffrance, qui voit dans la douleur le seul sujet vraiment digne d'intérêt.
    La poésie véhicule des émotions fortes, les recherche. L'épreuve est une occasion qui peut susciter puissamment l'affectivité.
  • Merci pour avoir répondu rapidement
    Je viens de trouver une problématique, est-elle bonne ?
    On pourrait se demander comment la poésie par sa forme stricte permet au poète d'exprimer librement et de surmonter ses maux par les mots ?
  • JehanJehan Modérateur
    On te demande "dans quelle mesure".
    Tu ne dois donc pas oublier les réserves mentionnées par Jean-Luc dans l'annonce de ton plan...
    Mais les mots sont souvent impuissants devant l'injustice, la souffrance, la perte. Tout au plus ils peuvent apporter une consolation, ils peuvent enchanter la douleur.
  • Donc le "comment" serait plutôt un "si"...
  • Bof, comment ou si, on sait déjà que la réponse est non.
  • Merci pour vos réponses, j'ai pu construire un plan.
  • Bonjour !
    J'ai le même sujet ( Dans quelle mesure la poésie permet-elle le dépassement d'une épreuve ?).
    J'hésite entre 2 plans (approximatifs):
    I) La poésie peut permettre le dépassement d'une épreuve pour le poète
    II) elle peut aussi permettre le dépassement d'une épreuve pour le lecteur
    III) Mais la poésie permet avant tout de fuir le quotidien

    ou

    I) La poésie peut permettre le dépassement d'une épreuve
    1) Pour le poète
    2) Pour le lecteur
    II) Mais parfois elle n'est pas suffisante pour permettre le dépassement d'une épreuve
    III) La poésie permet avant tout de fuir le quotidien

    Est-ce que quelqu'un saurait m'orienter et me corriger ces plans ? :)
    Merci
  • Dans quelle mesure la poésie permet-elle le dépassement d'une épreuve ?

    De quels textes disposes-tu ?

    La poésie, pour dépasser l'épreuve ou la traverser ? ...

    La poésie à l'épreuve des émotions. Elle aborde les thèmes universels et suscite des émotions

    La poésie à l'épreuve des mots. Elle dit l'indicible avec un autre langage

    La poésie à l'épreuve du temps. Pour dépasser l'épreuve, pour trouver la distance, elle ne peut suffire. Elle accompagne la traversée.
  • Eh bien je n'ai aucun texte donné avec le sujet mais j'ai étudié cette année : "Le matin du monde" de Supervielle, " Fonction du poète" et "Ce que dit la Bouche d'Ombre" de Victor Hugo.
  • C'est un corpus intéressant auquel tu peux ajouter tes propres choix pertinents.

    Ma réponse n'est qu'une suggestion de structure ...
    Notre vie

    Notre vie tu l'as faite elle est ensevelie
    Aurore d'une ville un beau matin de mai
    Sur laquelle la terre a refermé son poing
    Aurore en moi dix-sept années toujours plus claires
    Et la mort entre en moi comme dans un moulin

    Notre vie disais-tu si contente de vivre
    Et de donner la vie à ce que nous aimions
    Mais la mort a rompu l'équilibre du temps
    La mort qui vient la mort qui va la mort vécue
    La mort visible boit et mange à mes dépens


    Morte visible Nusch invisible et plus dure
    Que la faim et la soif à mon corps épuisé
    Masque de neige sur la terre et sous la terre
    Source des larmes dans la nuit masque d'aveugle
    Mon passé se dissout je fais place au silence.



    Paul Eluard, Le Temps déborde (1947)
  • D'accord merci je prendrai compte de cette suggestion
  • Dans l'épreuve, nous sommes chacun sensibles à des voix, à des poètes qui semblent nous rejoindre mais nous faisons des choix différents et c'est bien normal.

    Pour moi, c'est le cas d'Eluard, Char et aussi d'Aragon et de Monique Morelli (que nous avons rencontrée avec les élèves, lors d'un spectacle)

    https://www.youtube.com/watch?v=3uDKfTgiSqA

    http://www.poezie.ro/index.php/poetry/13940433/A_Ren%C3%A9-Guy_Cadou
  • Bonjour,
    J'ai le même sujet "Dans quelle mesure la poésie permet-elle le dépassement d'une épreuve?" et mon corpus est composé des textes suivants :
    - Demain, dès l'aube... de Victor Hugo
    Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
    Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
    J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
    Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

    Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
    Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
    Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
    Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

    Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
    Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
    Et, quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
    Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

    - Si je mourais là-bas... de Guillaume Apollinaire
    Si je mourais là-bas sur le front de l'armée
    Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
    Et puis mon souvenir s'éteindrait comme meurt
    Un obus éclatant sur le front de l'armée
    Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

    Et puis ce souvenir éclaté dans l'espace
    Couvrirait de mon sang le monde tout entier
    La mer les monts les vals et l'étoile qui passe
    Les soleils merveilleux mûrissant dans l'espace
    Comme font les fruits d'or autour de Baratier

    Souvenir oublié vivant dans toutes choses
    Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
    Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
    Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
    Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants

    Le fatal giclement de mon sang sur le monde
    Donnerait au soleil plus de vive clarté
    Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l'onde
    Un amour inouï descendrait sur le monde
    L'amant serait plus fort dans ton corps écarté

    Lou si je meurs là-bas souvenir qu'on oublie
    - Souviens-t'en quelquefois aux instants de folie
    De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur -
    Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur
    Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

    Ô mon unique amour et ma grande folie

    30 janv. 1915, Nîmes.

    - Je n'ai plus que les os... de Pierre de Ronsard
    Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
    Décharné, dénervé, démusclé, dépoulpé,
    Que le trait de la mort sans pardon a frappé ;
    Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.

    Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,
    Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé.
    Adieu, plaisant soleil, mon œil est étoupé,
    Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.

    Quel ami me voyant en ce point dépouillé
    Ne remporte au logis un œil triste et mouillé,
    Me consolant au lit et me baisant la face,

    En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
    Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis,
    Je m’en vais le premier vous préparer la place.

    Mon problème est que notre professeur nous a dit d'utiliser une démarche analytique pour faire nos dissertations alors qu'une démarche dialectique m'aurait semblé beaucoup plus logique. J'ai par conséquent des soucis avec le plan. J'ai lu dans une méthode que je devais répondre à différentes questions par partie dans un plan analytique (mon tout premier) qui sont :
    - 1ère partie : de quoi s'agit-il ? = ici je pense définir les notions de poésie lyrique, dépassement et épreuve.
    - 2ème partie : pourquoi? comment?(les causes et ce qu'implique la question)= c'est cette partie qui me pose le plus de soucis car la seule chose qui m'est venu à l'esprit est la suivante : pour qu'il y ait dépassement de l'épreuve, il faut qu'il y ait épreuve qui est ici dans ce corpus la mort.
    - 3ème partie : dans quels buts ? = ici je pense évoquer l'effet sur le lecteur qui peut reconnaître sa souffrance dans celle du poète donc la fonction de la poésie

    J'ai élaboré une problématique qui serait la suivante : Comment la poésie permet-elle de surmonter ses émotions ?
    Les mots "Dans quelle mesure" du sujet me rendent encore plus perplexe car pour moi cela signifie "jusqu'à quel point" ce qui veut dire que je dois également parler de l'inutilité de la poésie dans certains cas de dépassement d'épreuve, ce qui me ramène malheureusement à un plan dialectique où je donne mon avis.

    Comme vous le voyez, je suis un peu (beaucoup) perdue et je vous remercie d'avance pour l'aide que vous pourriez me procurer.
    Cordialement
  • Tu as ici trois démarches très différentes :

    La mort de Léopoldine est réelle. Victor Hugo exprime sa douleur mais il se fait la voix de tous les pères en deuil. Donc il transforme un événement personnel en thème universel.

    Apollinaire est réellement allé au front. Il imagine sa mort à la guerre mais il transforme cette séparation imaginée en explosion poétique.

    Ronsard, poète de Cour, évoque sa propre mort et surtout l'évoque avec dérision comme pour conjurer le sort et faire d'un sujet macabre un sujet poétique d'une suprême élégance.

  • Les mots "Dans quelle mesure" du sujet me rendent encore plus perplexe car pour moi cela signifie "jusqu'à quel point" ce qui veut dire que je dois également parler de l'inutilité de la poésie dans certains cas de dépassement d'épreuve, ce qui me ramène malheureusement à un plan dialectique où je donne mon avis.


    Voir les messages 6 et 8 de cette discussion pour le problème récurrent de l'expression "dans quelle mesure"

    Signifie en effet jusqu'à quel point, dans quelle proportion. Le sujet demande une réponse nuancée mais précise, "à mesurer" en somme.

    Je comprends tout à fait votre souci.
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