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Réponses

  • C'est pourtant aussi une évasion.
  • J'y ai aussi pensé, Jacques, avant de poster mon message, mais ce poème étant assez peu optimiste (de mon point de vue en tous cas), et le reflet de la société (véhiculé notamment par les média) l'étant également, ce poème ne m'a pas permis de "m'évader". Quand j'essaie de m'évader, j'associe cela instinctivement à quelque chose de positif, à tort peut-être...
  • L'évasion, c'est l'ailleurs au moins un instant entrevu. Il y a le dépassement promis par le nuage ou par l'étoile, mais la laideur a aussi ses au-delà. La poésie permet ces dépassements dans sa marche vers l'absolu, heureusement jamais atteint, sinon ça ne serait précisément pas l'absolu, et l'art n'existerait pas.
  • Invité a écrit:
    On ne “devrait” jamais lire de la poésie : la notion de devoir lui est complètement étrangère. On la lit parce qu'elle attire comme un aimant, comme une amante. Parce qu'elle devient aussi évidente que la lumière du jour, aussi nécessaire que l'air à respirer. Ce n'est plus de la lecture, c'est le passage dans un autre univers.


    Invite, tu es extraordinaire! [J'espere que tout cela est vrai!]
    Magdalena

    Nadja, la fonction de la poesie n'est pas de faire un plaisir. On a le sexe pour cela...
  • JehanJehan Modérateur
    Je ne sais pas si Nadja te répondra, son message date de bientôt neuf ans.
    Mais si, la poésie peut être, elle aussi, source de plaisir.
    Il n'y a tout de même pas que le plaisir du sexe !
  • Oui, en effet. La poésie en vers plus particulièrement, qui propose un plaisir unique. C'est un plaisir musical ; d'ailleurs, au départ, à l'époque, on disait la poésie avec de la musique en arrière-fond : un poème classique tel que l'Odyssée d'Homère était chanté et accompagné d'instruments de musique, comme, s'il l'on veut, les chansons du hit parade d'aujourd'hui... à méditer.
  • Je serais curieux de savoir ce que vous entendez par "poésie en vers".
  • Pour reprendre Georges Duhamel sur son écrit sur la musique (la musique consolatrice)...
    "La (poesie) circule comme une eau souterraine dans le royaume de ma vie , elle a la vertu non pas de nous éloigner du réel mais de nous y ramener jusqu'au vertige."
  • La poésie permet l'évasion, mais elle est aussi une béquille, qui peut te soutenir quand tu en as besoin. Connaissez vous l'histoire de cette homme qui avait mémorisé des centaines de poésies qu'il s'est inlassablement répété alors qu'il était enfermé ? Quand il les eu toutes récitées plusieurs fois, il s'est mis à inventer les siennes, et lorsqu'il a été libéré, au bout de plusieurs mois, il a déclaré n'avoir jamais été si libre de sa vie !

    Je lis de la poésie pour certains bout de douceur qui, quand on se les remémore, nous font sourire à l'intérieur

    Je pense à

    "La chair est triste hélas, et j'ai lu tous les livres..."

    "Une fille nue nage dans la mer / Un homme barbu marche sur l'eau / Où est la merveille des merveilles / Le miracle annoncé plus haut ?"

    ou encore

    "Nous enfin qui la nuit n'avions pas peur des balles / Mais de nous réveiller un matin cannibale / Nous enfin qui, marchant et nous battant à jeun / Ne cessions de marcher - "Enfin, j'en vois donc un !" - / Que pour nous battre / Et de nous battre un contre quatre / Marchant et nous battant / Maigre, nus, noirs et gais / Nous, nous ne l'étions pas, peut-être, fatigués ?"
  • Cette vertu n'est pas propre à la poésie : Soljenitsyne a composé mentalement des passages importants de ses romans durant ses années de réclusion.
    Pensez aussi au Joueur d'échecs de S. Zweig...
  • Lire de la poésie pour entrer dans un univers inconnu, pour découvrir de nouvelles associations, de nouvelles images et pour lire l'indicible.
    "Si la cloche
    Pour toi
    Sonne


    Il faudra dire que tout est bien"
    Pierre Seghers

    "La nuit n'est jamais complète
    Il y a toujours puisque je le dis
    Puisque je l'affirme
    Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
    Une fenêtre éclairée"

    Paul Eluard

    "Fuyez les bois et les fontaines
    Taisez-vous oiseaux querelleurs
    Vos chants sont mis en quarantaine
    C’est le règne de l’oiseleur
    Je reste roi de mes douleurs"

    Louis Aragon

    "La blessure guérit tout s'ingénie à se faire reconnaître je parle et sous ton visage tourne le cône d'ombre qui du fond des mers a appelé les perles"
    André Breton
  • Pour répondre à la question, « Non, je ne lis pas de poésie pour m’évader du quotidien ».
  • L'autre jour, je suis parti très loin en regardant un vieux plan de métro.
  • C’était le plan du métro de Moscou ? ;)
  • Oh ! non, de Paname !!
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