Subjonctif ou indicatif ?

Bonjour,

En accueillant un ami chez moi, je lui ai dit :" Je suis content que tu SOIS venu"

Après une petite réflexion, je me suis rendu compte que j'avais utilisé le subjonctif pour un fait accompli, réel....

Aurait-il fallu que je dise : " Je suis content que tu ES venu" ?

Pour la sonorité et l’habitude j’opterais pour la première formulation. Mais ne maitrisant pas encore les règles de la "concordance des temps", je souhaiterais qu’on m’explique la différence et/ou la nuance entre les deux phrases.

Merci par avance à tous.
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Réponses

  • EdyEdy Membre
    Bonjour, Hamid !

    Ce n'est pas un problème de concordance des temps, mais un problème relatif à l'emploi des modes.
    Etant donné que la proposition principale exprime un sentiment (je suis content), la subordonnée doit être au mode subjonctif.

    → Je suis content que tu SOIS venu.

    L'idée d'accompli se trouve dans la forme composée "soit venu".
    La venue peut coïncider avec l'ouverture de la porte.

    Sinon on devrait écrire :
    → Je suis content que tu viennes. (Demain, par exemple)
  • HamidHamid Membre
    Merci pour le réponse!
  • Edy a écrit:
    Etant donné que la proposition principale exprime un sentiment (je suis content), la subordonnée doit être au mode subjonctif.
    L'espoir ou l'espérance ne sont-ils pas des sentiments ? On dirait pourtant bien avec l'indicatif : "J'espère que tu es bien arrivé"
  • EdyEdy Membre
    Bonne nuit, si j'ose dire !

    Bien sûr que l'espérance est un sentiment.
    Il n'empêche que espérer appelle habituellement l'indicatif.
    * J'espère que tu viendras. / que tu viendrais.

    L'usage admet même le passé.
    * J'espère qu'il y est allé.

    On trouve aussi le subjonctif pour exprimer une attente, un souhait :
    * Le docteur répondit qu'il fallait seulement espérer que sa femme guérît (Camus)
    * Espérons que ce ne soit pas comme l'agneau dans la gueule du loup. (Bernanos)
    * Il dénie tout réalisme à ceux qui espèrent que ce redressement puisse être obtenu... (Giraudoux)

    Cela tient au fait que, avec l'indicatif, espérer exprime une conviction, alors qu'avec le subjonctif il exprime un souhait. La distinction me paraît éminemment subtile.
  • HamidHamid Membre
    (Bonjour)

    Subtile!

    Encore une fois merci.
  • Voilà,mon bescherelle et le site n'ont pas pu m'aider donc je sollicite votre aide merci d'avance !

    " l'histoire est introduite de sorte que le lecteur sache/sait tout de suite...."


    et, souvent au début des histoires et contes, on a de l'imparfait , est ce que c'est parce que ce qui est raconté est dans un passé révolu, ou alors c'est une " règle " ?

    J'ai quelque soucis au niveau de l'expression je dis des choses qui ne veulent rien dire...
  • JehanJehan Modérateur
    Bonsoir.

    Ici, la subordonnée exprime la conséquence, le résultat découlant de la construction de l'histoire.Les deux modes sont admissibles. Tout dépend de la nuance que l'on préfère exprimer.

    Si l'on ne veut exprimer qu'un simple constat , le résultat constaté s'écrit plutôt à l'indicatif :
    "L'histoire est construite de telle sorte que le lecteur sait..."

    Si l'on veut souligner davantage la finalité, l'intention, le résultat visé s'écrit plutôt au subjonctif :
    "L'histoire est construite de telle sorte que le lecteur sache..."

    Pour l'autre question sur l'imparfait au début du récit, comme le fameux "Il était une fois"...

    Ce n'est pas une règle. Mais l'imparfait, qui exprime un fait passé se prolongeant sans qu'on en précise le début ni la fin, est particulièrement indiqué en entrée pour "planter le décor" d'une histoire, présenter les acteurs ou décrire l'ambiance. Les événements et péripéties qui se sont succédé ensuite sur cette toile de fond s'expriment alors au passé simple.

    "Ce soir-là, dehors, il pleuvait. Le tonnerre grondait. Le vent soufflait en tempête. Je regardais la télé. Tout à coup, j'entendis un cri, et quelqu'un frappa à la porte."
  • merci beaucoup !!!
  • J'ai effectué une traduction de l'italien au français et j'ai un doute sur cette phrase:

    "Pour avoir du succès les stratégies de niche doivent s’addresser à des niches qui soient: - suffisamment grandes...."

    en italien soient est au subjonctif mais en français, je trouve que ça sonne bizarre.

    Qu'en pensez-vous?

    Merci beaucoup :)
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Lululom,

    Les deux s'emploient, ce n'est qu'une question de nuance :
    - l'indicatif insiste sur la réalité, donc en quelque sorte la nécessité...
    - le subjonctif sur le doute, le souhait, donc ici sur une intention, une suggestion, une part de liberté...

    Au fait adresser en français ne prend qu'un "d" contrairement à l'anglais.
  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour.

    Dans une telle phrase, même si l'indicatif est possible,
    le subjonctif est tout de même nettement plus approprié.

    La "part de liberté" du subjonctif est ici toute relative !
    Car il exprime tout à fait la nécessité exprimée par "doivent"
    "Les stratégies doivent s'adresser à des niches qui soient..."... Il faut que les niches soient...

    L'indicatif marque bien une réalité effective, un constat, mais non la nécessité, qui est du ressort du subjonctif.

    Il y aurait aussi la possibilité de supprimer le "qui soient", correct mais lourd. Ce qui supprimerait toute sensation de bizarrerie.

    "Les stratégies de niche doivent s'adresser à des niches suffisamment grandes..."

    Aucune perte de sens à mon avis !
  • "Il est content que tu l'aies reconnu " ou " il est content que tu l'ai reconnu " ?
    Merci de votre réponse.
  • JehanJehan Modérateur
    Bonsoir.

    La bonne orthographe :

    "Il est content que tu l'aies reconnu. "

    La proposition principale exprimant une appréciation personnelle, la subordonnée se met logiquement au mode subjonctif.

    (Il est content, fâché, surpris, etc. que tu l'aies reconnu.)

    De toute manière, quand le sujet est "tu", jamais le verbe avoir ne peut prendre la forme "ai'. Cette forme est réservée au sujet "je" et au présent de l'indicatif : J'ai.

    Tandis qu'au subjonctif, on écrit :

    Il faut que j'aie, que tu aies, qu'il ait, que nous ayons, que vous ayez, qu'ils aient.
  • D'accord Jehan et merci. Je crois que la question de l'accord du participe passé s'est téléscopée pour moi avec celle du subjonctif entrainant une certaine confusion...qui m'encombre encore...
    Merci
  • ijij Membre
    Bonsoir,

    faut-il écrire :

    "la meilleure note que j'aie jamais eue", "la plus belle table que j'aie jamais vue"

    ou alors

    "La meilleure note que j'ai jamais eue", "la plus belle table que j'ai jamais vue"...

    C'est le "jamais" qui m'ennuie à vrai dire...

    Merci !
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