Emploi du participe présent

Bonjour,

autre question: Puis-je utilisé la forme passé du participe présent dans ce contexte:

L'homme est à la fois ravi et étonné, ayant jeté un regard sur la nouvelle voiture.

ayant jeté = désignant l'antériorité de l'action
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Réponses

  • MurielMuriel Membre
    Bonjour Pepinlebref,

    L'expression est correcte mais ce n'est pas un participe présent, c'est un gérondif passé.
    Le gérondif, de son côté, paraît pouvoir être traité, comme l’infinitif, sur les
    plans aspectuels de la tensivité comme forme simple d’une part, et de
    l’extensivité d’autre part, quand il intervient comme composé. D’un point de
    vue strictement temporel, il convoque respectivement la simultanéité par
    rapport au verbe fléchi auquel il est apparié (en faisant cela, vous vous exposez
    à la contestation), et l’antériorité (en ayant fait cela, vous vous exposez à la
    contestation).
    Source : http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/08/73/03/PDF/INFINITIF_ET_GERONDIF.pdf
    D'autre part, il me semble que la phrase serait mieux construite ainsi :

    - L'homme, ayant jeté un regard sur la nouvelle voiture, est à la fois ravi et étonné.
    ou
    - Ayant jeté un regard sur la nouvelle voiture, l'homme est à la fois ravi et étonné.

    Muriel
  • merci beaucoup
  • MurielMuriel Membre
    Réflexion faite, je pense qu'il s'agit plutôt d'un participe passé composé : le gérondif passé aurait été dans cette phrase :
    - En ayant jeté un regard sur la nouvelle voiture, l'homme s'est exposé à la convoitise.

    Mais j'avoue que j'ai toujours eu des difficultés à saisir les nuances de ces différentes formes... Encore maintenant, d'ailleurs.
  • WynWyn Membre
    Bonsoir à tous,
    La terminologie pour les catégories grammaticales est souvent trompeuse. Le participe présent n’a rien à faire avec « le présent »

    « Il habite un appartement appartenant à son directeur. » ( présent)
    « Il habitait un appartement appartenant à son directeur. » (passé)

    Le participe présent exprime la SIMULTANÉITÉ entre les deux temps
    « L’appartement appartient à son directeur. »
    « Il habite cet appartement. »

    « L’appartement appartenait à son directeur. »
    « Il habitait cet appartement. »

    Pour exprimer l’antériorité avec le participe, on emploie la forme composée du participe « ayant appartenu »

    « Elle porte une broche ayant appartenu à une de ses aïeux. »
    « Elle portait une broche ayant appartenu à une de ses aïeux. »
    « À la soirée elle portera une broche ayant appartenu à une de ses aïeux. »

    « Elle porte une broche. »
    « Cette broche a appartenu à une de ses aïeux. »

    « Elle portait une broche. »
    « Cette broche avait appartenu à une de ses aïeux. »

    C’est l’ASPECT qui est important. Pour exprimer la simultanéité, on emploie le participe présent. Pour exprimer l’antériorité on emploie la forme composée du participe.
    "Ayant jeté un regard sur la nouvelle voiture, l'homme est à la fois ravi et étonné.> (forme composé du participe … exprime l’antériorité)

    "Jetant un regard sur la nouvelle voiture, l'homme est à la fois ravi et étonné." (participe présent – les deux actions sont presque au même temps)
    "Pendant qu’il regarde la nouvelle voiture, il est à la fois ravi et étonné.

    "En jetant un regard sur la nouvelle voiture, l'homme est à la fois ravi et étonné." (gérondif – exprime la simultanéité mais aussi il insiste sur la cause de ses sentiments.).

    Moi, je n’ai jamais trouvé la forme composée du gérondif. Je pense qu’on emploie le gérondif toujours pour exprimer la simultanéité et pour souligner soit la cause, soit la manière ou bien la condition.

    « L’enfant a pris froid en sortant sans écharpe et sans bonnet. » (cause)
    « Il est sorti en courant. » (manière)
    « En arrivant de bonne heure (condition), vous trouverez encore des places pour le spectacle de ce soir. »
    Wyn




    .
  • RitayRitay Membre
    Bonsoir à tous,
    Est-il plus correct de dire: la maison faisant l'angle, appartient à Mr. tel ou alors: la maison qui fait l'angle appartient à Mr. tel? merci pour vos réponses.
  • L'un ou l'autre sont parfaitement corrects
  • PetrPetr Membre
    Bonjour,
    je ne comprends pas la différence entre l'emploi du participe présent et du gérondif si je veux exprimer la simultanéité, la condition ou la cause. Quelle est la différence entre les deux phrases suivantes?

    1. la simultanéité
    En lisant ce livre, j'ai eu envie de voyager.
    Lisant ce livre, j'ai eu envie de voyager.

    2. la condition
    En suivant mes conseils, tu aurais pu réussir.
    Suivant mes conseils, tu aurais pu réussir.

    3. la cause
    En révisant bien ses cours , il a réussi son examen.
    Révisant bien ses cours, il a réussi son examen.


    Merci de votre réponse.
  • TyaginTyagin Membre
    Le participe présent seul sonne un peu faux, je trouve. Il a de toute façon souvent tendance à sonner faux

    Quant à l'intitulé des exemples, la simultanéité et la cause ne s'excluent pas: il s'agit d'une cause proche dans les deux cas. Il n'y a pas de gérondif qui porte de sens coditionnel: l'indication qu'il s'agit d'ue condition et non d'une cause qui a provoqué la procès, c'est le mode du verbe...

    Sinon, pour chercher des cas ou gérondifs et participe présent pourraient apparaître en concurrence, voici le peu que j'ai trouvé. D'abord de façon certaine, le gérondif comlète le verbe (i.e. le procès verbal), et on parle plutôt de comlément circonstanciel de manière, tandis que le participe, présent comme passé, complète toujours un nom, ou peut se mettre en apposition d'un pronom, comme tu l'as fait dans tes phrases, mais le résultat est plutôt bancal.

    Tanja, râlant et pestant, comme d'habitude, n'est rentrée qu'à miniuit. (+ comment peut on caractériser Tanja?)
    = Tanja, couverte de ketchup, ...
    Tanja est rentrée à minuit en râlant. (=Comment est elle rentrée?)
    = Tanja est rentrée rapidement
  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour, Petr.

    Je viens de voir que deux autres réponses se sont affichées pendant que je tentais d'envoyer celle-ci... Je ferai peut-être des commentaires ultérieurs à leur sujet, mais pour l'instant, je t'envoie mes premières réflexions telles quelles...

    C'est vrai que la nuance est souvent difficilement perceptible entre gérondif et participe présent.

    C'était encore plus vrai dans l'ancienne langue, où le gérondif pouvait s'employer sans la préposition en. il en reste quelques traces dans des expressions figées comme chemin faisant (= en faisant le chemin) ou tambour battant (= en battant le tambour), et dans une préposition comme suivant (= en suivant).

    Dans une phrase d'Apollinaire comme: "Schulz vint portant un baquet.", on peut hésiter sur le mode de "portant": participe présent adjectivé qualifiant le nom "Schulz", ou gérondif à valeur adverbiale (manière) modifiant le verbe "vint". On voit que la frontière est mince !

    Parmi les phrases que tu proposes, il en est une que je trouve assez ambiguë, du fait que "suivant" sans "en" est devenue préposition avec la signification de "selon":

    "Suivant mes conseils, tu aurais pu réussir." ne pouvant signifier que:

    "Selon mes conseils, tu aurais pu réussir."

    Dans tes autres phrases, comme je te l'ai dit, la nuance de sens entre gérondif et participe présent me semble plutôt mince. Faire une claire distnction à ce niveau est assez hasardeux. Peut-être d'autres personnes plus compétentes pourront-elles donner leur avis !
  • Petr a écrit:
    1. la simultanéité
    En lisant ce livre, j'ai eu envie de voyager.
    Lisant ce livre, j'ai eu envie de voyager.

    2. la condition
    En suivant mes conseils, tu aurais pu réussir.
    Suivant mes conseils, tu aurais pu réussir.

    3. la cause
    En révisant bien ses cours , il a réussi son examen.
    Révisant bien ses cours, il a réussi son examen.
    Bonjour, Petr.
    En tant qu'étranger, j'ai souvent un sentiment de différence de sens qu'aucune régle ne sait substancier! Voici mon sentiment:

    En ____ant = l'état de (la durée de) l'action de ______.

    En lisant = pendant/durant ma lecture..
    En suivant = l'action durable de suivre.
    En révisant = l'action durable de réviser.
    Je dirais que ce sont des gérondives. Elles focalisent l'attention sur la condition exprimée (si tu avais lu, si tu avais suivi, si tu avais révisé).

    Les syntagmes introduits par le participe présent me semblent tous qualifier le pronom personnel qui les suit. Ils sont en apposition à ce pronom. Ils focalisent l'attention sur la personne représentée par le pronom.

    Lisant ce livre, je
    Suivant mes conseils, tu
    Révisant bien ses cours, il

    Sans garanti technique!! :|
  • JehanJehan Modérateur
    L'approche de JSC me semble assez juste. Je la nuance cependant.

    Le gérondif n'exprime pas fondamentalement la durée, il a plutôt la valeur d'un complément circonstanciel ou d'une subordonnée conjonctive, il complète la phrase.

    En lisant, je m'instruis. = Par la lecture, je m'instruis. (moyen)
    En lisant, je réfléchis. = Pendant ma lecture, je réfléchis. (temps)
    Tout en lisant, je t'écoute. = Bien que je lise, je t'écoute. (concession)
    En lisant, je comprendrais. = Si je lisais, je comprendrais. (condition)

    Effectivement, dans nos phrases, le participe présent (proche en cela d'un adjectif), complète un nom ou un pronom. Mais je ne parlerai pas d'apposition: plutôt d'épithète détachée. ( Il y a eu récemment une question là-dessus. ) . Il exprime en priorité la caractéristique du sujet, sa "qualité de sujet agissant", si je puis me permettre ce jargon.

    "Lisant ce livre, j'ai eu envie de voyager." On attire surtout l'attention sur le sujet, sur le fait qu'au moment de l' envie de voyager, il avait pour caractéristique d'être un "sujet lisant"

    "En lisant ce livre, j'ai eu envie de voyager". Ici, on attire davantage l'attention sur la simultanéité de l'action de lire avec l'envie de voyager, sur cette circonstance de temps.

    En pratique, je crois que nos phrases seront perçues comme étant de sens identique... Comme je l'ai déjà souligné, la nuance est peu perceptible. :/
  • MurielMuriel Membre
    Bonsoir à tous,
    Jéhan a écrit :
    "Lisant ce livre, j'ai eu envie de voyager." On attire surtout l'attention sur le sujet, sur le fait qu'au moment de l' envie de voyager, il avait pour caractéristique d'être un "sujet lisant"

    "En lisant ce livre, j'ai eu envie de voyager". Ici, on attire davantage l'attention sur la simultanéité de l'action de lire avec l'envie de voyager, sur cette circonstance de temps.
    Je ne suis pas tout à fait d'accord. C'est très difficile à déterminer, dans ces énoncés, ce qui a initié l'envie de voyager.

    Pour moi, c'est la même chose... Mais pas tout à fait... :D

    - Lisant ce livre (participe présent), j'ai eu envie de voyager. = Au moment où je lisais ce livre, une envie subite de voyager m'a prise (mais est-ce vraiment en rapport avec la lecture de ce livre ?).

    - En lisant ce livre (gérondif), j'ai eu envie de voyager = il y a un rapport étroit et certain entre le fait que je lisais ce livre et mon désir de voyager...

    Muriel
  • JehanJehan Modérateur
    Bonsoir, Muriel.

    Nous sommes tout de même plus qu'à moitié d'accord...
    puisque je mentionne que le gérondif est un complément de phrase, une sorte de complément circonstanciel. Exprimant une circonstance, il introduit forcément un rapport (moyen, temps, concession, condition...) entre lui et tout le reste de la phrase.
    En lisant, je m'instruis. = Par la lecture, je m'instruis. (moyen)
    En lisant, je réfléchis. = Pendant ma lecture, je réfléchis. (temps)
    Tout en lisant, je t'écoute. = Bien que je lise, je t'écoute. (concession)
    En lisant, je comprendrais. = Si je lisais, je comprendrais. (condition)
    C'est vrai que mon analyse du participe présent dans les mêmes phrases est un peu trop "jargonnante". J'aurais dû , comme toi, simplement souligner qu'avec le participe présent (qui n'est pas complément de phrase), cette mise en rapport est beaucoup moins nette.
  • MurielMuriel Membre
    Jéhan a écrit :
    C'est vrai que mon analyse du participe présent dans les mêmes phrases est un peu trop "jargonnante". J'aurais dû , comme toi, simplement souligner qu'avec le participe présent (qui n'est pas complément de phrase), cette mise en rapport est beaucoup moins nette.
    Tu sais, Jéhan, l'important est de faire part de sa pensée analytique... Tu as des qualités pédagogiques et c'est ce qui est le plus important. Dis tout ce que tu as envie de dire, ce sera enrichissant. Le tout est de rester humble, cela me semble essentiel. Voilà, c'est tout.

    Muriel
  • "Le gérondif a les mêmes valeurs aspectuelles et temporelles que le participe présent". (Riegel)
    Le participe présent est une forme adjectivale du verbe, il peut occuper toutes les fonctions de l'adjectif, sauf attribut du sujet.
    C'est en position d'épithète détachée qu'il y a (parfois) les deux posssibilités, sans différence de sens.
    "il n’est pas rare que l’on trouve dans la langue littéraire des participes présents devant lesquels en serait tout à fait possible (faut-il les appeler des gérondifs sans en ?) :
    Célimène […] répondit, pesant les mots : […] (Duhamel) " (Grevisse)
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