Fiches méthode Bac de français 2020

Bonjour dans deux semaines je dois rendre un commentaire sur mystique de Rimbaud (poeme ci dessous). Je ne vois pas quoi mettre dans mes parties je pensais à. I- poeme en prose- (mais est ce un poeme en prose je ne suis pas sur).

Auriez vous des pistes à me donner svp?
Mystique

Sur la pente du talus les anges tournent leurs robes de laine dans les herbages d'acier et d'émeraude.
Des près de flammes bondissent jusqu'au sommet du mamelon. A gauche le terreau de l'arête est piétiné par tous les homicides et toutes les batailles, et sous les bruits désastreux filent leur courbe. Derrière l'arête de droite la ligne d'orient, des progrés.
Et tandis que la bande en haut du tableau est formée de la rumeur tournante et bondissantedes conques des mers et des nuits humaines.
La douceur fleurie des étoiles et du ciel et du reste descend en face du talus comme un panier, contre notre face, et fait l' abîme fleurant et bleu là-dessous
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Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Chonchon,

    Cette étude très complète pourrait te donner des idées à condition de ne pas la copier bêtement :

    -http://1es1.net/1es1cours/francais/sequence1/RIMBAUD.doc
  • tu peux aussi regarder le tableau L’Agneau mystique des frères Van Eyck.
    Ca te permettra de faire une étude plus personnelle qu'un bête recopiage. Tu en tireras les conclusions que tu souhaites. Mais va au moins voir le tableau !

    Aussi, le doc qui t'était donné en lien, je l'ai regardé rapidement, contient de nombreuses erreurs. Quant au caractère complet... c'est relatif.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Chonchon et Eddie,

    La piste indiquée par Eddie est séduisante.

    Rimbaud aurait agi comme le Baudelaire de "Bohémiens en voyage" qui avait proposé un équivalent poétique d'une gravure de Callot.

    Mais de nouvelles difficultés vont apparaître.

    Comment justifier la visée de Rimbaud ? Son inspiration créatrice ne peut être rattachée à une célébration de la foi comme dans "L'Adoration de l'agneau mystique" des frères Van Eyck. En effet Rimbaud s'est distingué par sa révolte adolescente contre la foi catholique jusqu'à côtoyer le satanisme dans Une Saison en enfer.

    J'ai cru préférable d'orienter notre correspondant vers la thématique des poèmes encadrant "Mystique" tout en sachant que cet ordre est le résultat de choix éditoriaux et non de Rimbaud lui-même.
    Entre "Veillées" et "Aube", nous parcourons l'endormissement, le rêve, le réveil. Il m'a semblé plus pédagogique de privilégier l'expérience poétique du réveil comme métaphore de l'accès à un état de conscience supérieure, comme l'ambition du poète démiurge qui reconstruit fugacement la création par sa prose poétique selon ses intuitions profondes. Cette tentative n'est pas descriptive, mais emportée par un mouvement comme dans "Marine" ou "Barbare". Ici cependant, il semble que le chaos s'éloigne pour un temps au profit d'un ordre temporaire.
    Il me semble aussi que ce poème illustre, en accord avec le titre voulu par Verlaine, une autre constante du recueil : l'usage des couleurs franches.
  • Mystique est un tableau (une vue) à l'envers : il regarde en ayant la tête renversée
    C'est important pour la visée

    Jean-Luc, certes, il a réfuté, mais il ne peut se couper totalement de ce qu'il connaît.... C'est quand même la célébration de quelque chose, différent de la foi catholique, mais il célèbre indiscutablement
  • Mystique

    Sur la pente du talus les anges tournent leurs robes de laine dans les herbages d'acier et d'émeraude.
    Des près de flammes bondissent jusqu'au sommet du mamelon. A gauche le terreau de l'arête est piétiné par tous les homicides et toutes les batailles, et sous les bruits désastreux filent leur courbe. Derrière l'arête de droite la ligne d'orient, des progrés.
    Et tandis que la bande en haut du tableau est formée de la rumeur tournante et bondissante des conques des mers et des nuits humaines.
    La douceur fleurie des étoiles et du ciel et du reste descend en face du talus comme un panier, contre notre face, et fait l' abîme fleurant et bleu là-dessous
    ^ AIR ciel étoiles cieux paradis anges
    I TERRE talus terreau activités d'hommes
    I EAU mer
    I FEU flammes enfers (abîme là-dessous).

    Quel tableau? Je songe à "La meule (charrette?) de foin" de Hieronymus Bosch.
  • Pourquoi faut-il à tout prix y voir un tableau ? Rimbaud, allongé par terre, décrit ce qu'il voit
  • Et tandis que la bande en haut du tableau ....... La douceur fleurie des étoiles et du ciel et du reste descend en face du talus comme un panier, contre notre face, et fait l' abîme fleurant et bleu là-dessous
    Ce tableau!

    Décrire ce qu'on voit n'a que très peu de mystique, dirais-je.
  • Arf ! Rimbaud est un farceur
    Ce qu'on voit est exactement ce qu'il y a de plus mystique
    D'aucuns y ont vu les chars d'Élohim. Pourquoi pas ?
    Il y a beaucoup de van Gogh là-dedans, cependant (La nuit étoilée)
  • Anachronique.
  • je sais bien ;)
    N'empêche, beaucoup de Nuit étoilée
  • Et la mer? (Et ne me parle plus de Charles Trenet!)
    Et les flammes?
  • Je ne veux pas trop répondre : le demandeur est Hors charte, je ne suis pas supposée l'aider
  • Pourquoi faut-il à tout prix y voir un tableau ? Rimbaud, allongé par terre, décrit ce qu'il voit
    Je n'ai à aucun moment dit qu'il fallait y voir un tableau. Seulement, il peut être intéressant de faire des rapprochements (d'autant plus que Rimbaud a certainement vu le tableau).
    Aussi, je ne pense pas qu'il s'agisse d'une vision allongé par terre, car Rimbaud, à l'époque du poème, était certainement à Londres (ou du moins dans une grande ville).

    Par rapport à "mystique" et donc une vision d'un tableau qui ne serait pas très mystique... comme si quelqu'un qui faisait une étude sur la névrose, l'intitulant "névrose" devait être névrosé... Rimbaud n'a pas dit qu'il avait une vision mystique, il ne fait qu'intituler son poème "mystique".

    Et puis Rimbaud veut ici créer des pièces purement poétiques, des enluminures. Ce n'est pas incohérent si jamais il s'est inspiré d'un tableau pour ce poème (comme point de départ), car quand on connaît un peu la litétrature, on voit que ça arrive assez souvent, de prendre une ... idée de départ sans pour autant en faire une "transposition"...
  • Eddie a écrit:
    (d'autant plus que Rimbaud a certainement vu le tableau).
    Rimbaud, à l'époque du poème, était certainement à Londres (ou du moins dans une grande ville).
    Bonsoir, eddie.
    Qu'est-ce qu'il te fait dire ça?
    Où se trouve ce tableau en 1872?
    Ce tableau n'a ni mer, ni flammes, nio bataille, ni talus......
    La datation exacte des poèmes reste un mystère.
    Et puis Rimbaud veut ici créer des pièces purement poétiques, des enluminures.
    Non, pas purement quoi qu'il soit. On pourrait aussi dire "d'inpiration autobiographique" ou "à la recherche des couleurs" ou "la passion en poésie" ou "les méchantes grandes villes".....
    "J'ai seul la clef de cette parade".
  • Eddie
    En quoi le fait que Rimbaud était à Londres (fait d'ailleurs incertain car on ne sait pas exactement quand il a écrit ce poème) empêche-t-il qu'il soit allongé sur le sol ? je dois dire que j'ai du mal à te suivre !
    Et puis... vu “le” tableau : quel tableau ?
  • Le tableau de Van Eyck conservé en Belgique (en 1872 peut-être déjà). Rimbaud était allé là bas avec Verlaine (la biographie est connue). Verlaine s'est ensuite converti au christianisme. La relation entre les deux (à distance) n'a pas été interrompue pour autant.
    Regarde mieux le tableau. Encore une fois je ne dis pas qu'il s'en est inspiré, je dis qu'on peut y penser. Tu cites "J'ai seul la clef de cette parade" d'un autre poème, donc ne parlons plus de rien dans ce cas. Et puis cette référence est décontextualisée, et puis faut-il la prendre pour argent comptant... ?

    Je n'ai pas dit (enfin, je crois) que le poème a été réalisé à Londres. Je sais très bien que ce recueil est très problématique, mais c'est possible qu'il l'ait été.

    Pour le "allongé sur le sol", je croyais que Léah parlait de "ce qu'il voyait allongé sur le sol", et donc peut laisser penser à quelque chose de peu citadin, c'est tout, mais peut-être que j'ai interprété trop vite. Ca arrive aussi.
  • Oui, j'ai bien dit qu'il voyait la tête à l'envers (puisqu'il voit le ciel en bas)
    En quoi un environnement citadin empêche-t-il d'aller s'allonger au bord de la Manche, ou sur les berges d'un fleuve ?
    Le retable de van Eyck me paraît bien trop complexe par rapport au poème de Rimbaud... et il y manque pas mal d'éléments du poème
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Je suis personnellement reconnaissant à Eddie de sa géniale ouverture. En effet on peut retrouver dans le poème de Rimbaud une correspondance à chaque élément du tableau des frères Van Eyck. C'est troublant !

    JSC n'a pas su voir la mer : elle est sur la ligne d'horizon en trait bleuté discontinu, on peut même discerner une "conque", une échancrure arrondie comme la concha de San Sebastian. La bataille est une extrapolation des chevaliers (les ordres monastiques guerriers) peints sur la partie gauche séparée par une "arête"... C'est troublant.

    Pour répondre encore à JSC, le polyptique n'a jamais quitté la cathédrale de Gand. Rimbaud a séjourné en Belgique et il a sans doute vu cette oeuvre.

    Ce qui me gêne, c'est de ne voir dans ce poème qu'une transposition d'un tableau. Si Rimbaud l'a nommé Mystique, c'est qu'il voulait nous parler de SA mystique. De fait, il évacue toute référence à la foi catholique de son enfance pour lui substituer une expérience de voyant en superposant à l'organisation du tableau ce qu'il a expérimenté dans "Aube", un réveil émerveillé de vagabond dans la nature... C'est l'hypothèse que je formulerais.
  • Apparemment je ne le vois pas de la même façon ! ça ne me trouble pas du tout (mais l'hypothèse est intéressante)
    et peut-on sans erreur affirmer que Rimbaud a vu ce tableau ? quelqu'un qui se rebelle contre le catholicisme n'entre pas dans les cathédrales....
  • Il fait partie du retable dans la grande Église St Bavo à Ghent. (Gand).
    Il est vrai que R & V passaient deux mois en Belgique en 1872, allant un peu partout. Je n'ai pas trouvé la preuve qu'il l'a vu, mais moi, en tant que touriste, si.

    Ma suggestion est un peu plus poussée! Actuellement dans la Prada à Madrid (avec une deuxième version dans un monastère au nord de Madrid), il est peu probable que Rimbaud aurait vu l'original. Je trouve peu de preuve qu'il était même "cultivé" :(
    {Mais je l'ai en bonne réproduction,peut-être AR aussi....}

    Enid Starkie dans sa biographie anglaise sur AR suggère par tout un chapitre que l'inspiration pour Une Saison en Enfer et Les Illuminations fut......les livres sur l'alchémie et la magie qu'il aurait dévorés dans la bibliothèque municipale de Charleville.
    A E I U O est, paraît-il l'ordre qui correspond non seulement à une progression en couleurs dans la logique alchimique, mais certaines images trouvées dans la poésie correspondraient aux procèdés de cet Art dans la recherche pour la Pierre Philosophicale.

    Ne cherchait-il pas lui-même la poèsie parfaite?
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