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Réponses

  • Je crois en Dieu,
    le Père tout-puissant,
    créateur du ciel et de la terre ;
    et en Jésus-Christ,
    son Fils unique, notre Seigneur,
    qui a été conçu du Saint-Esprit,
    est né de la Vierge Marie,
    a souffert sous Ponce Pilate,
    a été crucifié,
    est mort et a été enseveli,
    est descendu aux enfers,
    le troisième jour est ressuscité des morts,
    est monté aux cieux,
    est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant,
    d’où il viendra juger les vivants et les morts.
    Je crois en l’Esprit-Saint,
    à la sainte Eglise catholique,
    à la communion des saints,
    à la rémission des péchés,
    à la résurrection de la chair,
    à la vie éternelle.
    Amen.

    Aucune certitude, vraiment, chez les auteurs de cette profession de foi ?
    La certitude tuerait la foi ? mais la foi est certitude, adhésion, adhérence selon la belle expression d'André Chouraqui.
  • J'ai celui-ci également que l'on chante dans toutes les messes en latin des compositeurs les plus illustres.
    Je crois en un seul Dieu,
    le Père Tout-Puissant,
    Créateur du ciel et de la terre
    de l’univers visible et invisible.
    Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ
    le Fils unique de Dieu,
    né du Père avant tous les siècles
    Il est Dieu, né de Dieu,
    Lumière, né de la Lumière,
    vrai Dieu, né du vrai Dieu,
    engendré, non pas créé,
    de même nature que le Père,
    et par Lui tout a été fait.
    Pour nous les hommes, et pour notre salut,
    Il descendit du ciel ;
    par l’Esprit Saint,
    Il a pris chair de la Vierge Marie,
    et S’est fait homme.
    Crucifié pour nous sous Ponce Pilate,
    Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
    Il ressuscita le troisième jour,
    conformément aux Écritures,
    et Il monta au ciel ;
    Il est assis à la droite du Père.
    Il reviendra dans la gloire,
    pour juger les vivants et les morts ;
    et son règne n’aura pas de fin.
    Je crois en l’Esprit Saint,
    qui est Seigneur et qui donne la vie ;
    Il procède du Père et du Fils ;
    avec le Père et le Fils,
    Il reçoit même adoration et même gloire ;
    Il a parlé par les prophètes.
    Je crois en l’Église,
    une, sainte, catholique et apostolique.
    Je reconnais un seul baptême
    pour le pardon des péchés.
    J’attends la résurrection des morts,
    et la vie du monde à venir.
    Amen.

    On peut réciter ces mots par tradition, par habitude, et sans en croire un mot, comme un perroquet. On peut également croire à ce qu'on dit, mais quelle certitude a-t-on ?
    La certitude est le privilège de celui qui a la foi, qui n'est pas donnée à tous.
  • C'est gentil de publier le Credo symbole des Apôtres.

    Oui et le deuxième est le Symbole de Nicée-Constantinople qui a d'ailleurs fait l'objet de controverses à l'époque des Pères de l'Eglise, a divisé sur la question du Filioque aboutissant au grand Schisme de l'an mille.

    NON, la foi n'est jamais une certitude.

    La foi justement est quelque chose qui n'est jamais acquis. La foi est une recherche, une quête.

    Croire c'est jeter un pont sur l'abîme du doute. Je doute donc je crois. ET JE NE SUIS JAMAIS CERTAIN.

    Quand on est certain de quelque chose c'est qu'on n'y croit plus, parce qu'on a plus besoin d'y croire en en étant certain.

    C'est justement quand on commence à avoir des certitudes que l'on est quelqu'un de dangereux, parce que l'on est dans l'absence d'une recherche, d'un questionnement intérieur. Et personne, ni aucune religion ne détient La Vérité.
    Je doute qu'André Chouraqui soit partisan d'une religion construite sur des certitudes.

    La religion chrétienne est entièrement construite sur des mystères et c'est ce qui la fait vivre, c'est l'essence même de la foi que de devoir être dans cette constante postulation du doute. Attention je ne dis pas qu'il faille douter tout le temps, mais je signifie par le doute, un questionnement une recherche. Pour moi être chrétien c'est être chercheur de Dieu.
    Je ne connais aucun croyant, qui ne soit pas dans le doute parce que c'est le doute justement qui fait vivre sa foi et qui le fait grandir. (On peut avoir de solides convictions catholiques et être dans le questionnement intérieur)

    Je vous suggère la lecture du "Croire" de Bernard Sesboüé aux éditions Droguet et Ardan.
    (Bernard Sesboüé, théologien, jésuite)

    Lorsque les évêques du monde entier se réunissent pour un Concile comme ce fut le cas pour le Concile Vatican II, on pose davantage des questions, et on est pas du tout habité par des certitudes.
    Et si vous connaissez un petit peu l'Histoire de l'Eglise, vous sauriez que ce Concile Vatican II a posé de nombreuses questions sur la foi et je pourrais vous citer ces théologiens : Henri de Lubac, Karl Rahner, Yves Congar...

    Sachant que j'ai surtout exprimé mon point de vue en partant de celui des catholiques, vous pouvez avec le lien suivant trouver des informations concernant les autres religions en Europe quelque soit votre curiosité à l'égard de celles-ci : Religions en Europe (sociologie et droit) CNRS : http://dres.misha.cnrs.fr/spip.php?article102
  • Alors, si même les croyants disent le credo sans y croire...
  • Ah mais je n'ai pas dit qu'ils n'y croyaient pas !!

    Si on y croit mais le texte du Credo est si profond qu'en creusant chaque phrase on a davantage de questions que de réponses et je n'appelle pas cela des certitudes.

    Je ne pense pas que les chrétiens soient un troupeau de mouton qui croit sans jamais se poser de question. C'est absolument faux.
    Ce serait d'ailleurs des préjugés très anticléricaux que de penser que 2 milliards et demi de croyants lisent la Bible sans jamais se poser de question, habités par une candide certitude !!!

    Mais où donc est passé cette tolérance de Voltaire ?

    C'est intéressant d'étudier les religions car cela permet de comprendre l'humanité. La religion ne s'arrête pas à l'hexagone qui est le pays du monde le plus réfractaire à l'égard des religions, d'où ce type de question sur un forum de discussion qui témoigne d'une sécularisation bien affirmée.
  • gabiana a écrit:
    donc il y a une certitude un être définit comme étant à l'origine du monde est une réalité incontestable.
    Absolument pas.
    Jamais personne n'a pu apporter la preuve de l'existence de Dieu.
    Pas plus Descartes que Pascal, qui dit dit seulement qu'on a intérêt à parier que Dieu est.

    Bonsoir,

    Si vous prenez le temps de me lire, vous vous rendrez compte que ce que je dis découle d'une articulation qui est intégrée dans un argument qui entend que certaines personnes pensent exactement cela, et non une façon de ma part d'affirmer quoi que ce soit sur l'existence de "dieu", je ne pense pas que cette conscience universelle "dieu" existe...

    Bien à vous.

    et enfin à Petite plume apprentie qui dit ceci:
    Surtout que certains philosophes arrivent à démontrer pourquoi Dieu existe. Donc c'est une certitude pour les croyants.
    Descartes a écrit :

    Et par conséquent il faut nécessairement conclure de tout ce que j’ai dit auparavant, que Dieu existe.

    Je tenais à vous dire que pour des questions de méthode, dire simplement la fin d'une citation, en éludant toute la démonstration ne constitue pas un argument dans un échange, dites-moi en quoi ces supposées "preuves" sont acceptables, comment ont-elles été validées, et par quels moyens? pour les "croyants" (de qui exactement parlez-vous?) J'ai lu Descartes, et je serai bien curieux de savoir quels arguments vous ont convaincu?

    Bien à vous.

    H.
  • Le raisonnement de Descartes est assez long, j'ai simplement choisi de prendre la conclusion du raisonnement. Pour le lire en entier il suffit de lire la Méditation III de ses Méditations métaphysiques mais le texte est trop long pour être posté sur le forum (inutile pour ceux que ça n’intéresse pas, le texte se trouve facilement en ligne), je peux s'il le faut le résumer, mais ce ne serait pas rigoureux comme argumentation.
    Je n'ai pas dit que la démonstration faite par Descartes était convaincante ou non. Je ne veux pas exposer mes croyances intimes qui ne feraient pas avancer le sujet.
    J'affirme par contre que Descartes est un croyant qui est "certain" (pour reprendre les termes de la discussion) de l'existence de Dieu puisqu'il le démontre. Donc en tant que croyant il est certain de son existence. Que la démonstration soit rigoureuse ou non, que dieu existe ou non, peut importe presque puisqu'il y croit, il en est certain. (c'est ce que j'ai voulu exprimer).
    Croyants = "Celui qui croit en quelque chose" (TLFI) et plus précisément ici en l'existence d'un dieu.
  • Mais où donc est passé cette tolérance de Voltaire ?
    Elle m'habite.
    Mais elle ne doit pas habiter tous ceux qui se battent en prétendant que leur religion est la meilleure, et cela depuis des siècles.
  • Bonjour,
    Je me permets une question. J'ai lu quelque part que pour Marx "la religion est une idéologie consolatrice de la misère réelle des hommes". Comme c'est le sujet de la discussion est que je voudrais me renseigner un peu, je voudrais savoir si quelqu'un ici saurait dans quel livre Marx développe cette pensée. Peut-être Le Capital ou Introduction à la Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel ?
    Merci de votre aide :)
  • GABIANA : Je n'affirmerai jamais que ma religion est la meilleure mais je m'insurge contre toute forme d'ignorance, de christianophobie et d'anticléricalisme primaire. Je suis très loin d'être un imbécile et je connais parfaitement les arguments des gens qui crachent sur du catho comme c'est pas permis et de manière gratuite et irrespectueuse.
    Dans tout ce que j'ai dit, j'ai seulement fait mention de l'Histoire et de la théologie. J'ai nullement indiqué que ma religion était la meilleure et franchement c'est tout à fait absurde et stupide de développer ce type de pensée dans le monde actuel.
    Je fais du dialogue interreligieux et je connais sans doute bien mieux l'Islam que certain musulmans peuvent avoir eux-memes connaissance de leur propre religion.
    Je suis très tolérant et sans doute beaucoup plus que d'autres. Je connais aussi très bien le judaisme et je n'ai pas fait seulement que franchir les portes d'une synagogue.
    Ensuite je connais les courants de l'athéisme contemporain et MERCI PETITE PLUME de citer Marx. Tu pourrais aussi citer Sartre, Nietzsche, Fichte et Feuerbach qui sont les philosophes de l'athéisme contemporain.
    Utiliser ces auteurs comme référence ne desservira jamais les religions et pour cause.
    Si c'est pour débattre là-dessus très bien mais à condition d'avoir toujours du contradictoire.
    Je déteste les gens qui pensent de manière univoque : la philosophie c'est de la dialectique, c'est justement être capable de penser avec un discours contraire au sien. Ma démarche que ce soit pour parler du catholicisme que je connais bien, c'est justement de toujours vouloir comprendre, j'ai aucun mal à parler de l'Inquisition...et je dirais même des nombreuses bourdes et erreurs de l'Eglise qui est très loin d'être parfaite ou la meilleure alors là pas du tout. Seulement de nos jours il est parfaitement vain d'évoquer ces sujets parce qu'on est loin du respect des religions, on est plus dans un discours qui fait cliché qu'une approche réelle de ce qui se vit en société. Je suis parfois effaré de certains propos qui témoignent d'avantage soit d'une ignorance totale des religions, soit d'une inculture encore plus grande. Je n'aurai aucun mal à défendre l'Islam ici et avec tout autant de force. J'ajoute cette citation d'un théologien musulman : "C'est parce que l'on ignore qui est l'autre que l'on devient hostile à son égard".

    La haine de l'autre vient de son ignorance. La fraternité, vient de la connaissance que l'on peut avoir de l'autre. De sa capacité a se montrer empathique, à ne jamais considérer une réalité avec son seul regard qui est beaucoup trop petit pour une compréhension beaucoup plus globale, mais de regarder l'événement et l'objet d'étude avec un 360°. Ca c'est l'idéal. C'est quand on prend de la distance par rapport aux choses, qu'on fait preuve de sagesse.

    Tout ce que j'ai écrit sur le catholicisme, n'a absolument rien de partial. Il faudrait simplement rendre à Rome ce qui appartient à Rome et ne pas non plus faire du déni sur notre Histoire et l'apport des religions et je dis bien DES religions. Sauf qu'en Europe c'est bien plus le judéochristianisme, que le Bouddhisme par exemple chez les Ming en Chine !!

    Et qu'en France le sport national a toujours été de cracher sur l'Eglise. Charlie Hebdo n'est rien d'autre qu'un journal satirique, anticlérical qui ne respecte aucune religion, mais au nom de la liberté d'expression on a le droit de développer des propos gratuit. Moi je revendique la tolérance. Et la tolérance elle est tout aussi valable du côté des incroyants que du côté des croyants. La liberté de croire est constitutionnelle en France, ce serait bien de s'en souvenir. Et non on ne peut pas se moquer de tout au nom de la liberté d'expression et si d'autres pays que la France n'ont jamais publié les caricatures de Mahomet par RESPECT, c'est justement que ces pays ont raison et n'ont pas comme la France cette culture inique de railler les religions pour un oui ou pour un non, alors qu'on vit dans ce pays paisiblement et on ne demande pas mieux qu'on nous respecte comme tout le monde. Le nombre de mosquées et de cimetières catholiques spoliés, ça bat tous les records ces dernières années. Et je ne comprends pas par exemple le problème que cela a posé à la RATP pour une affiche qui dénonçait le génocide des chrétiens d'orient. La laïcité ne me pose aucun problème. Ce qui me pose problème c'est cet espèce de combat absurde contre les religions.

    Vous voulez un exemple ? Si un jour je dis : "Je suis catholique". Ici en France ce sera pas un regard bienveillant et respectueux, ce sera tout de suite une critique relative à la morale sexuelle et ce qu'en dit l'Eglise. Très réducteur comme pensée sur le catholicisme et extrêmement agréable à recevoir.

    Donc oui, je ne demande pas mieux que la tolérance. ET je ne me sens pas du tout dans la position de celui qui agresse de par ses propos, ou de celui qui soi disant défend une position comme étant la meilleure.
    Je me sens plutôt agressé, et dans une position défensive, comme je le suis toujours dans mon propre pays qui paraît il est un pays défendant le pluralisme démocratique, de l'esprit des Lumières. Aucun problème pour parler de ça.
    Je n'ai aucune leçon de tolérance à recevoir.
    Je connais l'athéisme de Sartre tout aussi bien. Et j'adore sa pièce "Le diable et le bon Dieu". Et pourtant ça ne défend pas vraiment Dieu et la religion.

    Je n'ai pas de souci pour avoir de l'humour sur la religion, quand cet humour est teinté de respect ou qu'il est plein d'esprit.

    J'adorerai écouter Sartre parler encore de sa pensée athée. Au moins lui, il savait en parler avec raison.
    Et Jean-Paul Sartre n'était pas un petit père Combes du XXIe siècle, c'était un vrai philosophe qui a toute mon admiration même si je ne partage pas ses thèses existentialistes.

    Comme quoi je n'ai pas de problème avec une pensée contraire à la mienne !!

    Et c'est super que vous parliez de Marx, et je vous ai donné d'autres auteurs de l'athéisme contemporain.

    Actuellement pour décrire la "pensée française" actuelle sur les religions, on parle de Nietzsche et de Spinoza. Mais je n'ai pas creusé la question.

    Et pour finir sur une ouverture : la prochaine session des Semaines Sociales de France sur "Religions et cultures" http://ssf-lasession.org/ à l'Unesco à Paris les 2,3 et 4 octobre 2015.
  • Bonjour,
    Je me permets une question. J'ai lu quelque part que pour Marx "la religion est une idéologie consolatrice de la misère réelle des hommes". Comme c'est le sujet de la discussion est que je voudrais me renseigner un peu, je voudrais savoir si quelqu'un ici saurait dans quel livre Marx développe cette pensée. Peut-être Le Capital ou Introduction à la Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel ?
    Merci de votre aide :)
    La misère religieuse est, d'une part, l'expression de la misère réelle, et, d'autre part, la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée par le malheur, l'âme d'un monde sans cœur, de même qu'elle est l'esprit d'une époque sans esprit. C'est l'opium du peuple.
    Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel »
  • Petite précision :
    Et non, non, il n'y a pas de certitude en religion, aucune certitude. Vous ne pouvez pas dire ça. Il n'y a aucune certitude sur l'existence de Dieu, et sachez que l’Église catholique ne l'a jamais affirmé, tout simplement parce que la certitude c'est ce qui tuerait la foi.

    Je ne faisais que répondre à la phrase en gras : bien loin que l'Eglise catholique n'ait jamais affirmé de certitude sur l'existence de Dieu, elle affirme et réaffirme depuis plus de 2000 ans les points exposés dans les deux symboles.
    La certitude ne tue pas la foi, la foi est certitude. Ce qui rendrait la foi impossible, ce serait la démonstration logique et irréfutable. L'adhésion est libre et non forcée : personne ne peut nier l'existence du soleil, il n'y a pas de foi dans le soleil. Le dieu des trois religions monothéistes n'est pas évident comme le soleil.

    Bien entendu, les trois religions monothéistes proclament des vérités, des Vérités comme on l'écrivait autrefois. Ces vérités parfois convergent, parfois divergent et ne sont vérités que pour ceux qui les professent.
    Mais j'y insiste il est inexact de dire qu'une Eglise aussi dogmatique que l'Eglise catholique n'a aucune certitude.
  • Vince67 a écrit:
    Ensuite je connais les courants de l'athéisme contemporain et MERCI PETITE PLUME de citer Marx. Tu pourrais aussi citer Sartre, Nietzsche, Fichte et Feuerbach qui sont les philosophes de l'athéisme contemporain.
    Utiliser ces auteurs comme référence ne desservira jamais les religions et pour cause.
    [...]
    Et c'est super que vous parliez de Marx, et je vous ai donné d'autres auteurs de l'athéisme contemporain.
    Je cite Marx mais je ne connais rien de son avis mis à part la phrase que j'ai cité mot pour mot de mon livre de cours, je me renseigne et verrait si j'ai quelque chose de pertinent à ajouter.

    Merci Anne pour ce lien, c'est exactement ce que je cherchais. :D
  • Au-delà de la diversité des religions et des idéologies, la question philosophique de l’existence d’un être suprême (« Dieu ») ne peut être éliminée. En effet, cette question se trouve constamment soulevée lorsqu’on s’interroge sur les limites de la raison humaine. Selon Bernard Sève, professeur de philosophie à Paris, dans La question philosophique de l’existence de Dieu (Presses universitaires de France, collection « Philosopher », 2e édition, 2010, page 275), « la question s’impose, malgré qu’on en ait. […] Le croyant y verra […] une des formes de l’appel que Dieu adresse à toute âme ; l’athée y verra la marque de la singulière puissance d’illusion contenue dans cet impossible et imaginaire objet du désir qu’est Dieu. […] La question de l’existence de Dieu touche-t-elle au cœur de la raison humaine, ou trahit-elle, au contraire, ce qui peut rester d’irrationalité dans la raison même ? »

    « On ne peut pas démontrer l’existence de Dieu. Mais on ne peut pas davantage […] démontrer son inexistence. […] L’idée de Dieu est en effet spontanément produite par la raison humaine […]. » (Bernard Sève)

    Au cours des siècles, de nombreux penseurs ont cherché à répondre à cette question, et certains ont cru démontrer l’existence de Dieu. Cependant, il faut savoir que, par exemple, la plus ancienne « preuve » de l’existence de Dieu, la fameuse preuve ontologique, bien établie par saint Anselme au 11e siècle, a été de nombreuses fois critiquée et renouvelée, et récemment reformulée…

    Voici un tableau personnel et (très) sommaire de ces « preuves », qui peut donner matière à réflexion :

    I. « Preuves » métaphysiques :

    1) Preuve ontologique (relative à l’être) (établie par saint Anselme au 11e siècle ; reprise par Descartes au 17e siècle) : Dieu est l’être tel qu’il n’en est pas de plus grand ; or, s’il n’existait que dans la pensée, on pourrait en concevoir un plus grand, celui qui existerait aussi dans la réalité ; donc, Dieu existe nécessairement dans la réalité.
    Descartes précise : l’essence de l’être parfait comprend nécessairement son existence.

    2) Preuve spirituelle (relative à l’idée d’infini ou de parfait) (propre à Descartes) : Dieu existe, car il se manifeste en nous par l’idée d’infini et de perfection, laquelle ne peut pas venir d’un être fini et imparfait comme l’être humain.
    Toutefois, Descartes lui-même reconnaît que l’idée d’infini et de perfection n’est pas adéquate et n’exprime que la tendance de la pensée à se dépasser. D’ailleurs, son disciple, Malebranche, dira que « l’esprit aperçoit l’infini quoiqu’il ne le comprenne pas. »

    II. « Preuves » physiques :

    1) Preuve cosmologique (relative à la cause première) (à la suite d’Aristote, formulée par saint Thomas d’Aquin au 13e siècle et améliorée par Leibniz au 17e siècle) : Notre monde existe, mais, n’étant ni nécessaire ni parfait, il n’a donc pas en lui-même sa raison d’être, sa cause ; il faut donc qu’il existe par la vertu d’un autre être qui ait en lui-même sa raison d’être, qui soit sa propre cause, l’Etre nécessaire : Dieu.
    Kant voit là une contradiction de la raison coupée de l’expérience, car, établissant un enchaînement infini des causes et des effets, elle oblige à imaginer une « cause première » (Dieu ou le « premier moteur immobile » d’Aristote qui déclare : « Il faut bien s’arrêter »).

    2) Preuve téléologique (relative à la cause finale) : Notre monde est si complexe et si harmonieux qu’il ne peut être que l’œuvre de Dieu et avoir pour fin sa perfection.
    Cette « preuve » est rejetée même par Descartes pour qui l’homme ne doit pas prétendre connaître les intentions de Dieu. En outre, pour beaucoup, le monde, certes complexe, paraît loin d’être harmonieux et ne semble pas tendre à la perfection ! Néanmoins, plus solide est la version de cette preuve qui s’appuie sur l’ordre du monde, c’est-à-dire sur le système des lois physiques donnant au monde sa cohérence et plaidant en faveur d’une intelligence organisatrice.

    III. « Preuves » morales :

    1) Les valeurs morales : Elles ne se justifient pleinement que si elles se fondent sur la notion d’un Dieu juste et bon.
    Afin que se réalise l’union du bonheur (bien sensible) et de la vertu (bien moral), Kant présente l’existence de Dieu comme un postulat (principe légitime, mais indémontrable) de la moralité, un fondement à la morale, non comme une vérité établie.

    2) Les aspirations humaines : Elles nous poussent à croire au Bien, à la Justice, à la Vérité qui ne peuvent se rencontrer qu’en un être parfait : Dieu.
    Cette « preuve » s’avère la plus faible, car est-il évident que les aspirations de l’être humain doivent être satisfaites ? L’exigence morale d’un Dieu juste et bon, « rémunérateur et vengeur », suppose une preuve ontologique (voir plus haut !).

    N.B. Kant, dans La critique de la raison pure (2e partie « Logique transcendantale », 2e division « Dialectique transcendantale », livre 2e « Des raisonnements dialectiques de la raison », chapitre III « Idéal de la raison pure », 7e section « Critique de toute théologie fondée sur les principes spéculatifs de la raison »), propose une autre classification des différentes sortes de théologie, « c’est-à-dire la connaissance de l’être suprême ».
    Il distingue la théologie révélée et la théologie rationnelle, laquelle se subdivise en :

    I. Théologie transcendantale (connaissance de l’être suprême par la raison pure ou déisme : Dieu comme cause nécessaire du monde) :

    1) Ontothéologie (connaissance sans recours à une expérience : cf. « preuves » métaphysiques susmentionnées) ;

    2) Cosmothéologie (connaissance ayant recours à une expérience en général : enchaînement des causes et des effets : cf. « preuve » cosmologique susmentionnée).

    II. Théologie naturelle (connaissance de l’être suprême par la nature ou théisme : Dieu comme créateur libre du monde) :

    1) Théologie physique (connaissance par l’organisation du monde : cf. « preuve » téléologique susmentionnée) ;

    2) Théologie morale (connaissance par les valeurs morales : cf. « preuves » morales susmentionnées).

    Seulement, Kant juge que la théologie rationnelle est absolument infructueuse, car notre entendement ne peut connaître l’être suprême ni par la raison pure ni par la nature, puisque celui-ci dépasse les capacités de notre entendement et ne fait pas partie du champ de l’expérience. Seule la théologie morale peut avoir une utilité pratique. Cela dit, Kant estime qu’il n’est pas non plus possible de démontrer l’inexistence de l’être suprême. Selon lui, « l’être suprême demeure donc, pour l’usage spéculatif de la raison, un simple idéal, mais un idéal exempt de défauts, un concept qui termine et couronne toute la connaissance humaine. La réalité objective de ce concept ne peut sans doute être prouvée par cette voie, mais elle ne peut pas non plus être réfutée. »
  • GABIANA : Je n'affirmerai jamais que ma religion est la meilleure mais je m'insurge contre toute forme d'ignorance, de christianophobie et d'anticléricalisme primaire. Je suis très loin d'être un imbécile et je connais parfaitement les arguments des gens qui crachent sur du catho comme c'est pas permis et de manière gratuite et irrespectueuse.....
    Mais qu'est-ce que tu cherches Vince67, pour m'adresser une telle dissertation ?
    T'ai-je accusé quelque part d'être un imbécile ?
    Et qu'est-ce qui te permet de sous-entendre que je suis christianophobe, d'un anticléricalisme primaire, et que je crache sur du catho.
    Tu te fais des romans ma parole !
    J'ai simplement écrit qu'il était impossible d'avoir la certitude de l'existence de Dieu.
    Que sans doute c'était le privilège
    de ceux qui avaient la foi qui, je crois, n'est pas accordée à tout le monde ou du moins ne se commande pas.
    Je ne suis pas disposée à subir des critiques que je ne mérite pas.
    Alors, pour moi, la discussion est close.
    Adieu donc.
  • Non Gabiana, ne te vexe pas et ne le prends pas comme ca.

    Il n'y avait rien d'Ad Hominem.

    Je faisais un discours très général et j'ai profité de ton post pour faire tout un développement.

    Ne le prends pas personnellement car vraiment je ne m'en prenais pas à toi.

    J'ai exprimé un discours par rapport à quelque chose que je retrouve souvent dans la société.

    Je ne m'en prends absolument pas à toi et je ne te critique pas personnellement.

    Je ne m'attaque jamais à une personne mais à l'expression d'une pensée.
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