Bac français 2018 (Afrique)

Corrigé de la question (séries S et ES)

Objet d’étude : le texte théâtral et sa représentation, du XVIIe siècle à nos jours

Corpus :

  • Texte A : Marivaux, Les Fausses Confidences, acte I, scène 14, (1737)
  • Texte B : Beaumarchais, Le Barbier de Séville, acte II, scène 2, (1775)
  • Texte C : Feydeau, Occupe-toi d’Amélie !, acte I, scène 10, (1911)

Après avoir lu attentivement les textes du corpus, vous répondrez à la question suivante (4 points) :

Quelles stratégies ont en commun les personnages d’intermédiaires dans les trois textes du corpus ?

Proposition de corrigé
Ce corrigé a été rédigé par Jean-Luc.

Introduction :

Présentation des textes

Les textes du corpus appartiennent au genre théâtral. Ils sont extraits de trois comédies du XVIIIe au XXe siècle : Les Fausses Confidences de Marivaux représentée en 1737, Le Barbier de Séville de Beaumarchais en 1775, et d’Occupe-toi d’Amélie ! de Feydeau en 1911.

Présentation du sujet

Ils reprennent un sujet favori de la comédie, celui des amoureux qui rencontrent des obstacles à la réalisation de leur désir, le premier d’entre eux étant la rencontre initiale. C’est pourquoi ils s’en remettent à un personnage typique de la comédie, l’entremetteuse, ici des hommes en fait. Quelle est donc dans ces textes la stratégie commune mise en œuvre par ces intermédiaires ?

Argumentation :

– Il leur faut d’abord mettre en confiance les jeunes femmes à qui ils s’adressent. À cet effet, seul le général Koschnadieff se présente, car il est un inconnu aux yeux d’Amélie. En revanche Dubois est connu d’Araminte. Figaro, déjà aperçu par Rosine depuis son balcon, est aisément identifiable. Ils n’en ont donc pas besoin.

– Ils flattent la personne distinguée par leur maître. Dubois insiste indirectement sur les charmes d’Araminte qui ont provoqué le coup de foudre de son ancien employeur. Le général Koschnadieff utilise le même procédé pour le prince de Palestrie qui a remarqué la seule Amélie parmi toutes les femmes présentes à la Comédie-Française. Figaro cajole Rosine en dessinant d’elle le portrait d’une « jolie petite mignonne » appétissante à souhait.

– Ils valorisent leur mandataire pour attirer la sympathie des jeunes femmes.
Figaro dresse un tableau flatteur d’Almaviva : « un jeune bachelier de mes parents, de la plus grande espérance, plein d’esprit ; de sentiments, de talents, et d’une figure fort revenante. »
Le général Koschnadieff se contente d’impressionner par le titre de son maître, ce prince qui de plus est reçu officiellement par le président de la République. Il indique que le second voyage officiel du chef d’État cache en fait le désir de voir Amélie.
Dubois révèle que Dorante a repoussé plusieurs riches partis, il met ainsi en valeur le désintéressement de son ancien maître. Il se sert d’expressions hyperboliques pour parler de la « démence » autrement dit la folie amoureuse de Dorante. Il utilise un luxe de détails pour confirmer la réalité des faits. Il relate la mission d’espionnage qu’il a reçue de son ancien employeur. Tout est fait pour mettre en valeur l’obsession, néanmoins respectueuse, de ce dernier. Dorante a beau être devenu fou d’amour, il est resté un homme qui a la délicatesse de ne pas importuner celle qu’il adore.

– Ils stimulent la curiosité.
Dubois distille l’information au compte-gouttes provoquant chez Araminte le désir d’en savoir plus au besoin en piquant la possessivité de la jeune femme.
Figaro joue avec l’impatience de Rosine dans une sorte de questionnaire de police.
Le général Koschnadieff lui aussi pratique, au propre cette fois, l’enquête policière mais au risque de piquer la demi-mondaine.

– Ils dissimulent ou déforment la vérité.
Figaro fait du riche comte Almaviva le pauvre « bachelier » Lindor.
Dubois exagère en affirmant que Dorante a repoussé plusieurs riches partis, en fait un seul. Il met ainsi en valeur le désintéressement de son ancien maître. De plus il force sur les effets du mal d’amour chez le jeune homme.
L’objectif est de jouer avec la compassion féminine pour la maladie et la pauvreté.
Notons que Dubois commente ironiquement le succès de sa manœuvre qui a obtenu le maintien de Dorante par ces mots, « un remède bien innocent ».
Le général Koschnadieff, quant à lui, a la maladresse de ne rien cacher en pointant sur la libido du dirigeant, bévue accentuée par son impropriété où le béguin devient « pépin ».

Conclusion :

Un des principaux ressorts de la comédie réside dans la tromperie. Dubois et Figaro y excellent. Leur habileté réside dans l’exploitation de la curiosité, de la compassion et surtout du désir d’être distinguée féminins. À ce sujet nous pouvons remarquer que le général Koschnadieff est bien différent de Dubois et Figaro : c’est sa balourdise proche de la farce, qui est la source du comique dans cette scène de vaudeville. Dans les deux premiers cas, ce rôle d’intermédiaire propulse sur le devant de la scène le valet au service d’un maître qui ne veut pas s’exposer directement. Ainsi s’effectue l’inversion des rôles : c’est le comparse qui devient le centre d’intérêt par son génie de l’intrigue tandis que le maître, soumis aux initiatives de son domestique, est ravalé au rang de second rôle.

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