Bac français 2008, série littéraire

Corrigé de la question

Objet d’étude : le roman et ses personnages : visions de l’homme et du monde

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Dans leur manière d’introduire les personnages, ces textes cherchent-ils à donner l’illusion du réel ?
Justifiez votre réponse.

Ce corrigé a été rédigé par Jean-Luc.

Le roman est par définition un récit fictionnel, c’est pourquoi certains auteurs soucieux de doter leurs inventions de plus de consistance ont cherché à leur donner l’illusion du réel. Les quatre textes du corpus, chacun à leur manière, tentent de rattacher les personnages qu’ils présentent à une existence concrète.

Marivaux utilise un procédé déjà employé par Lesage dans Gil Blas de Santillane et plus tard par Choderlos de Laclos dans Les Liaisons dangereuses : la découverte inopinée du journal intime ou de la correspondance d’autrui. L’auteur ne serait donc qu’un éditeur, et de plus un éditeur très prudent qui a choisi de supprimer les deux noms propres repris dans un récit remontant à plus de quarante ans. Ainsi ce souci affirmé d’éviter de nuire à des personnages qui ont bel et bien vécu et ce rattachement au siècle de Louis XIV sont-ils censés donner une plus grande véracité au récit.

Alain Robbe-Grillet, quant à lui, nous fait entrer de plain-pied dans le portrait de son cabaretier par une description en mouvement et par un présent d’énonciation (à valeur gnomique également par la répétition somnambulique de la mise en ordre matinale). Il prend soin d’opposer le rangement rituel qui appartient à la réalité ordinaire, sans surprise, à l’irruption de la fiction perturbatrice apportée bientôt par les clients du dehors. À la rigueur concrète et carrée des gestes machinaux s’oppose la « courbure » des « événements de cette journée, si minimes qu’ils puissent être », marqués de « l’incompréhensible et monstrueux » signe du possible. Alain Robbe-Grillet ancre son « unique personnage présent en scène [, qui] n’a pas encore recouvré son existence propre » de héros romanesque, dans son « décor » familier, avant que ne s’allument les feux du spectacle.

Milan Kundera utilise le procédé de la mise en abyme, celui du roman dans le roman. Son narrateur est en train d’écrire son récit au point d’être hanté par son héroïne, Agnès, qu’il imagine vivant de sa vie propre et parallèle à la sienne. Cette réintroduction dans la réalité du narrateur se double d’un rattachement aux rencontres qui viennent de le marquer : « la dame sexagénaire » ou la « femme de vingt ans » qui ont ébranlé son affectivité.

Philippe Claudel, en ce qui le concerne, multiplie les repères spatio-temporels. Il place son personnage de procureur au cœur du premier conflit mondial à proximité de la ligne de front. De plus le portrait de ce magistrat est fouillé, il est le fruit de plusieurs points de vue qui tous soulignent ce qui les a vivement impressionnés : son caractère impitoyable et distant.

Si tous ces extraits utilisent chacun des procédés qui leur sont propres pour donner l’illusion que leurs personnages sont réels, tous ont recours à l’hypotypose, la concentration de petits détails concrets.

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