VALLET
Étymologie
Le mot est issu du latin populaire *vasselitum, diminutif du bas latin *vassum, « serviteur », lui-même formé sur le celtique *vasso.
Ancienne langue
- Fondamentalement, le valet évoque un « homme, souvent jeune, et nécessairement non marié » (les hommes se marient tard au Moyen Âge), qu'il soit d'origine aristocratique ou roturière. Par spécialisation, le nom peut désigner un « jeune gentilhomme qui n'a pas encore été armé chevalier et qui est placé près d'un seigneur pour l'apprentissage de la chevalerie ».
- Parallèlement, passant de l'idée de service féodal à celle de domesticité, souvent péjorative, valet prend dès le XIIe siècle l'acception de « domestique, serviteur ». Cette valeur ne semble s'imposer qu'au XVIe siècle car, en ancien comme en moyen français, l'idée de service reste attachée à celle de noblesse. Le valet était en général un « officier d'une maison royale ou princière ». Ce sens a pu se spécialiser dans le domaine professionnel : vallet est alors utilisé pour désigner un « apprenti, aide du patron ».
Évolution jusqu'au français moderne
- Dès le XVIe siècle, le mot s'emploie avec une nuance péjorative. Les syntagmes où valet désigne un « homme employé pour effectuer certains travaux » se multiplient : valet de chambre, valet de cuisine, valet d'écurie, valet de ferme, etc.
- Cette idée de service et de péjoration se retrouve à partir des XVIe — XVIIe siècles dans les emplois où le mot désigne un ustensile qui rend un service, facilite un travail :
- Dès le XVe siècle, valet désigne un morceau de fer coudé servant à maintenir une pièce de menuiserie sur l'établi ;
- Au XXe siècle, il peut prendre le sens de « cintre monté sur pieds et pourvu d'accessoires, sur lequel on place ses vêtements quand on se déshabille ».
N. Andrieux-Reix, Ancien français, fiches de vocabulaire, P.U.F., 2004.
M. Rouquier, Vocabulaire d'ancien français, Nathan Université.
L. Hélix, L'épreuve d'ancien français, fiches de sémantique, Du Temps, 2000.
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