La voix active est celle où le sujet fait l’action. Il est l’agent de l’action. Elle comprend tous les temps simples à tous les modes verbaux personnels comme dans : j’écris, j’écrivais, j’écrivis, j’écrirai, elle s’imaginait que… Cette voix comprend aussi tous les temps composés, formés avec un temps simple de l’auxiliaire avoir (ou, pour les formes pronominales, de l’auxiliaire être) : J’ai écrit, j’avais écrit, j’eus écrit, j’aurais écrit, elle s’était imaginé que… On considère que les verbes non pronominaux qui ne se conjuguent qu’avec l’auxiliaire être sont toujours conjugués à la voix active. Ainsi « ça m’est déjà arrivé » (15, chapitre 22) et « Notre pierre était tombée sur une sorte de petit balcon de roche pourrie » (15, chapitre 25) sont à la voix active, de même que « Ils sont partis il y a une semaine » ou « Elle est montée au troisième étage ».
La voix passive est celle où le sujet subit l’action. Les verbes non pronominaux qui admettent l’existence d’un complément d’objet direct (un COD) peuvent avoir la voix passive. On construit la voix passive, non pronominale, à l’aide de l’auxiliaire être conjugué à tous les temps et du participe passé du verbe de la voix active. Ainsi, dans la phrase « Il n’y a presque pas eu depuis le commencement de la monarchie française un crime d’État, dont la connaissance n’ait été soustraite aux tribunaux ordinaires, ou dans le jugement duquel les formes voulues par la loi aient été suivies » (Mme de Staël, Considérations sur la Révolution française, partie 2, chapitre 4), les propositions subordonnées sont à la voix passive. De même, dans « Ils dévoraient la science comme une nourriture précieuse dont leurs aïeux avaient été privés » (chapitre 2), la proposition subordonnée relative est à la voix passive et son verbe est au plus-que-parfait de l’indicatif.
La proposition « On enverra cette lettre à tous les candidats » a pour équivalent « Cette lettre sera envoyée à tous les candidats ». La transformation d’une proposition active, non pronominale, dans laquelle le verbe est transitif, en proposition passive, se fait comme suit : l’auxiliaire « être » dans la voix passive est conjugué au même temps que le verbe dans la voix active, le verbe de la voix active devient un participe passé, le sujet de la voix active devient complément d’agent, généralement introduit par les prépositions par, de, ou à (ou disparaît s’il s’agit de l’indéfini « on »), et le COD du verbe actif devient sujet du verbe « être » à la voix passive. On obtiendrait ainsi les propositions « Il était surpris de mon refus catégorique » ou « La pelouse a été piétinée par les spectateurs ».
Mais la dernière affirmation souffre des exceptions. C’est ainsi que les phrases suivantes, bien qu’elles comportent toutes des verbes transitifs, ne peuvent pas être transformées à la voix passive : « Les yeux qu’on ferme voient encore » (Sully Prudhomme, Stances et Poèmes, « Les Yeux »), « Il a deux trous rouges au côté droit » (Rimbaud, Poésies, « Le Dormeur du val »), « Jean respire la santé ». D’autres phrases ne doivent pas être transformées à la voix passive, question d’usage : « Tout gouvernement comporte au moins dix ministres », « J’ai bien reçu votre réponse », « La directrice du département l’a rencontrée la semaine dernière » et « Pourriez-vous répéter votre explication ? ».
Enfin, quelques voix passives ne découlent pas ainsi de voix actives avec COD. Exemples : « Je parle en roi, et veux être obéi » (Pierre de L’Estoile, Mémoires-journaux, tome 7), « Il eut le malheur d’être trop bien obéi dans sa fureur contre la presse anglaise » (Stendhal, Vie de Napoléon, chapitre 45). « Pardonnez et vous serez pardonnés » (Évangile de Luc, Bible de la liturgie, 6, 37), « Tu es pardonnée ; je t’aime à la folie » (lettre de Napoléon à Joséphine, datée de Pistoia).