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Grammaire et orthographe

Une contribution de Michel. | Version doc

 

Je suis désolé d’avoir à rappeler quelques faits, parfois perdus de vue.   Le français est un code de communication.   Il paraît donc souhaitable que tous ses locuteurs aient une orthographe commune.   Si l’écriture d’un mot dépendait de la fantaisie de chacun, cela ne faciliterait pas la compréhension mutuelle.   Pour s’en rendre compte, il suffit de se reporter à une édition, conforme aux manuscrits anciens, des Chroniques de Jean Froissart ; le fait que la graphie d’un même mot y soit fluctuante rend la lecture de ces Chroniques parfois malaisée.    Ceci ne veut pas dire, bien entendu, que l’orthographe soit intangible et qu’elle ne doive pas être simplifiée ; les siècles passés nous prouvent le contraire.

Ainsi que l’a souligné le collectif « Sauver les Lettres », 58% des élèves de seconde testés obtenaient la note zéro après qu’on les eut soumis à une dictée posée au brevet des collèges en 1976.    Cette défaillance est le symptôme le plus voyant d’un mal bien plus grave, à savoir la non-maîtrise de la grammaire et de la syntaxe.   Il ne servirait donc à rien de nous opposer le les paroles de Jules Ferry, prononcées le 31 mars 1881 lors d’un débat au Sénat portant sur le brevet : « Mettre l’orthographe au premier plan de toutes les connaissances, ce n’est pas faire un bon choix : il vaut mieux être capable de rédiger un récit, de faire n’importe quelle composition française, dût-on même la semer de quelques fautes d’orthographe, si le travail est bien conçu et s’il sert à montrer l’intelligence du candidat ». 

D’ailleurs le même manque d’exigence à l’égard des élèves a conduit, en mathématique, à l’abandon des démonstrations, ce qui a vidé la discipline de toute sa substance, ainsi qu’il est expliqué sur le site

http://www.mathoman.com/index.php/1575-etats-generaux-des-mathematiques

À mon avis, cette dégradation ne peut que continuer. Ne lit-on pas : « Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse […]. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement. » (Christian Morrisson, La Faisabilité politique de l’ajustement, Centre de développement de l’OCDE, Cahier de politique économique no13, OCDE 1996)

L’exposé qui suit s’adresse donc aux parents qui souhaitent aider leurs enfants dans leur apprentissage du français, et, au-delà, à tous ceux qui veulent perfectionner leur connaissance de notre langue.

Ci-après les références 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 désignent, respectivement, Manon Lescaut de l’abbé Prévost (collection Garnier-Flammarion, 1967), Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau (livres 1 à 4, collection Folio classique), La Religieuse de Diderot (collection Garnier-Flammarion, 1968), le tome 1 des Mémoires de Louis-Philippe (édition de 1974, chez Plon), le tome 2 de ces Mémoires, Le Rouge et le Noir de Stendhal, La Rabouilleuse de Balzac, Madame Bovary de Gustave Flaubert, Le Roman d’un enfant de Pierre Loti, Une vie de Maupassant, Du côté de chez Swann et Le Côté de Guermantes (deuxième partie) de Proust. Les références 13, 14, 15, 16 désignent La Gloire de mon père, Le Château de ma mère, Le Temps des secrets et Le Temps des amours de Marcel Pagnol. Lorsqu’il est seulement fait référence à un chapitre, il figure dans La Gloire de mon père. Sauf mention expresse du contraire, toute référence à La Rochefoucauld renverra à ses Maximes (édition de 1678), et toute référence à Jean de La Fontaine renverra à ses Fables ; de même toute référence à Alphonse Daudet renverra aux Lettres de mon moulin, et toute référence à Marcel Aymé renverra aux Contes du chat perché.

Références
1 Manon Lescaut de l’abbé Prévost
2 Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau
3 La Religieuse de Diderot
4 Mémoires de Louis-Philippe (tome 1)
5 Mémoires de Louis-Philippe (tome 2)
6 Le Rouge et le Noir de Stendhal
7 La Rabouilleuse de Balzac
8 Madame Bovary de Gustave Flaubert
9 Le Roman d’un enfant de Pierre Loti
10 Une vie de Maupassant
11 Du côté de chez Swann de Proust
12 Le Côté de Guermantes (deuxième partie) de Proust
13 La Gloire de mon père de Marcel Pagnol
14 Le Château de ma mère de Marcel Pagnol
15 Le Temps des secrets de Marcel Pagnol
16 Le Temps des amours de Marcel Pagnol

Un très grand nombre de considérations proviennent de sites Internet, notamment de :

J’ai aussi utilisé le Cours supérieur d’orthographe d’Édouard et Odette Bled et Le Bon Usage du français de Maurice Grevisse (édition de 1993), dont j’ai tiré d’assez nombreuses citations. J’ai repris des citations de « Edy », de « Jehan » et de quelques autres, sur le « forum littéraire », et je les prie de ne pas s’en offusquer. Les modifications orthographiques recommandées en 1990 par le Conseil supérieur de la langue française n’ayant été que partiellement prises en compte dans les dictionnaires, j’ai privilégié la graphie d’avant 1990, bien que la graphie « réformée » soit souvent pertinente. À ce sujet, consulter le site suivant :
http://www.culture.gouv.fr/culture/dglf/publications/rectifications_ortho.pdf [pdf]

Cette contribution n’est pas destinée aux grammairiens. Je me propose seulement d’aider chacun à exprimer en français les nuances de sa pensée et à écrire conformément aux règles de l’orthographe. Pour désigner commodément les mots donc et sinon, par exemple, j’ai décidé de les ranger parmi les conjonctions de coordination, mais je regarde d’avance comme vaine toute discussion sur la pertinence d’un tel choix : « Messieurs, ce que nous vous demandons à tous, c’est de nous faire des hommes, avant de nous faire des grammairiens. » (Jules Ferry, Discours et opinions).

Il eût été souhaitable, dans le passé, de s’affranchir de règles compliquées et de convenir, par exemple, que le participe passé d’un verbe doit s’accorder avec le « sujet réel », et d’écrire « Ce pays où j’ai grandie », si le « je » représente une femme. Cela aurait, notamment, rendu caduques la distinction entre verbes d’état et verbes d’action, et celle entre verbes transitifs et verbes intransitifs. Cela aurait aussi dispensé de considérer de multiples exceptions à la règle actuelle d’accord du participe passé en présence de l’auxiliaire « avoir », ou de se creuser la cervelle pour accorder les participes passés dans les tournures pronominales. Cependant, il ne m’appartient pas de changer des règles remontant souvent au seizième siècle ou au dix-septième siècle. En conséquence, je suivrai la plupart des grands auteurs depuis le dix-septième siècle, et dans l’attente d’une hypothétique réforme, j’écrirai « Les impôts ont augmenté », « L’annonce a paru » et « Les idées qu’elle s’est appropriées ».

Dans une phrase, il y a différentes natures de mots : les verbes, les noms, les articles, les pronoms, les adjectifs, les prépositions, les conjonctions, les adverbes, les interjections, les explétifs (comme dans « Prenez donc une chaise ! »). Un mot peut parfaitement être d’une nature dans une phrase et d’une autre nature dans une autre phrase.


Sommaire

  1. Les propositions
  2. La conjonction
  3. Le pronom
  4. La phrase interrogative
  5. Emploi pléonastique de « dont » et « qui »
  6. La préposition
  7. L’adjectif
  8. Verbes
  9. Voix active et voix passive
  10. La forme (ou tournure) pronominale
  11. La tournure impersonnelle
  12. Le participe passé
  13. L’attribut du sujet
  14. Le complément direct d’objet
  15. Le complément indirect d’objet
  16. Accord des attributs avec l’auxiliaire « être »
  17. Accord des participes passés avec l’auxiliaire « avoir »
  18. Accord des participes passés dans les formes pronominales
  19. Participe passé antéposé
  20. Le participe présent
  21. L’adjectif verbal
  22. Présent de l’indicatif
  23. Passé composé
  24. Imparfait
  25. Plus-que-parfait
  26. Passé simple
  27. Passé antérieur
  28. Futur simple
  29. Futur antérieur
  30. Conditionnel présent
  31. Conditionnel passé
  32. Subjonctif
  33. Alternance indicatif-subjonctif
  34. Temps du subjonctif dans la subordonnée
  35. Subjonctif présent
  36. Subjonctif imparfait
  37. Subjonctif passé composé
  38. Subjonctif plus-que-parfait
  39. Évolution progressive du subjonctif
  40. Impératif
  41. Accord avec un sujet collectif et « tout, rien »
  42. Accord avec « un des »
  43. Accords avec les déterminants « beaucoup », « peu », etc.
  44. Accord en présence de « avec »
  45. L’accord avec « et »
  46. L’accord avec « ou » et « ni »
  47. Autres coordonnants occasionnels
  48. Sujets en gradation
  49. L’adverbe
  50. Le mot « tout »
  51. Adverbes variables
  52. « Pire » et « pis »
  53. Nombre des noms
  54. Noms composés
  55. Pluriel des mots étrangers
  56. Pluriels inhabituels
  57. Les homonymes « quand », « quant » et « qu’en »
  58. Le pronom « ceux »
  59. Les pronoms « se » et « ce »
  60. Les adjectifs démonstratifs « ce », « ces » et l’adjectif possessif « ses »
  61. « Ce sont », « c’étaient », « ce furent », etc.

Ordre alphabétique