Généralement, le futur antérieur exprime qu’un évènement est placé dans l’avenir avant un autre évènement futur : « D’ailleurs, vous-même, quand vous aurez fini de décharger vos meubles, vous serez bien aise d’en siffler un gobelet ! » (chapitre 15), « Tu me raconteras tout à l’heure, quand j’aurai fini ma tournée » (14, chapitre 2), « Il faudrait aller chercher nos pièges […]. Si on attend demain, ceux d’Allauch nous les auront peut-être pris » (14, chapitre 11).
Accessoirement :
- le futur antérieur peut exprimer parfois une supposition relative à un évènement passé. Il a alors la valeur d’un passé composé : « Manon m’aime. Ne le sais-je pas bien ? Il l’aura menacée, le poignard à la main, pour la contraindre de m’abandonner. Que n’aura-t-il fait pour me ravir une si charmante maîtresse » (1, page 52), « Ah ! lui dis-je, c’est ma sœur Sainte-Thérèse, elle vous aura vue passer dans le corridor et entrer chez moi ; elle nous aura écoutées, elle aura surpris nos discours ; que dira-t-elle ? » (3, page 169), « Le drôle se sera dit, en passant devant mon moulin : “Ce parisien est trop tranquille là-dedans, allons lui donner l’aubade” » (A. Daudet, Nostalgies de caserne) ;
- le futur antérieur peut signaler un bilan, une rétrospection, ou marquer une nuance affective : « Allons, je constate que mon flair aura fait des siennes une fois de plus. Je vais être ici comme dans un bain de sirop de sucre » (Courteline, Les Boulingrin, scène 1), « Décidément, son trimestre scolaire aura été médiocre », « Ah ! mon pauvre ami ! le funeste incendie ! en quelques heures tu auras vu disparaître le fruit de plusieurs années de travail ! ».