Grammaire

Conditionnel présent

Une contribution de Michel.

Le conditionnel présent est parfois un futur par rapport à un évènement du passé : « Ils pensaient que ces malheureux verraient bientôt des rats grimper aux murs, ou qu’ils rencontreraient des girafes sur le cours Mirabeau » (chapitre 2), « Un soir, mon père nous annonça que maman ne rentrerait pas à la maison, parce qu’elle était restée auprès de sa sœur » (chapitre 9), « J’imaginai qu’il serait tout rabougri, et qu’il aurait sans doute des cheveux blancs » (chapitre 9), « Ainsi mes parents seraient informés du début de l’opération » (chapitre10), « Il avait donc loué un petit camion de déménagement, qui transporterait ses propres meubles au prix de sept francs cinquante. Cette somme comprenait la puissance d’un déménageur qui serait à notre service toute la journée » (chapitre 13), « Elles étaient pressées de vivre, et savaient que la mort viendrait avec le soir » (chapitre 14), « Depuis le début des préparatifs, je n’avais jamais douté que je serais admis à suivre les chasseurs » (chapitre 23), « Je voulais aider mon père dans son épreuve. Je me glisserais dans les broussailles, et je rabattrais le gibier sur lui» (chapitre 25), « Mon père allait-il rentrer bredouille, tandis que l’oncle Jules serait tapissé de perdrix et de lièvres comme la devanture d’un magasin ? Non, non ! Cela ne serait pas : je le suivrais toute la journée, et je lui enverrais tant de volatiles, et de lapins, et de lièvres, qu’il finirait bien par en tuer un ! » (chapitre 27), « Il m’inquiéta beaucoup en me disant qu’il serait forcé de me serrer la vis » (14, chapitre 17).
Le conditionnel présent peut marquer :

  • des faits qui pourraient se réaliser si une condition (exprimée ou non) l’était : « On pourrait tirer de cette double anecdote, une conclusion singulière » (chapitre 3), « Si le fusil explose, les éclats pourraient siffler à nos oreilles » (chapitre 23), « S’il manquait un perdreau, je dirais : “ Je l’ai vu tomber !”, et je rapporterais triomphalement quelques plumes que j’avais ramassées dans le poulailler, afin de lui donner confiance » (chapitre 25), « Fallait-il descendre derrière eux au fond du vallon ? La hauteur des broussailles m’empêcherait de voir la chasse. Tandis que si je continuais à suivre la crête, je pourrais tout voir sans être vu. De plus, au cas où ils blesseraient un sanglier, je serais hors de ses atteintes, et je pourrais même achever le monstre en faisant tomber sur lui des blocs de rocher » (chapitre 27), « Il imagine qu’on le laisserait faire » [s’il se conduisait ainsi] ;
  • des faits supposés au moment où l’on parle : « Nanon, je crois que l’œuf gâterait ce cuir là » (Balzac, Eugénie Grandet), « Je suis pauvre, tu le sais ; mais je serais riche que je ne te donnerais pas les moyens de vivre sans rien faire » (Anatole France, Les Désirs de Jean Servien, chapitre 11), « On dirait que la plaine, au loin déserte, pense » (Albert Samain, poème Le Soir, au clair de lune) ;
  • des faits dont on souhaiterait la réalisation : « Pendant ce temps, on pourrait employer les instituteurs à autre chose ! — Eh oui ! disait ironiquement mon père, ils pourraient aller remplacer les fonctionnaires de la préfecture ! » (chapitre 8), « Ici, dit le paysan, il faudrait que Madame descende » (chapitre 13) ;
  • des faits de future réalisation jugée imaginaire : « Je rêve d’une vieille ferme, affaissée sous le poids de trois siècles d’existence, pittoresquement jetée au flanc d’un coteau. […] Je me contenterais de deux ou trois chambres, les plus vieilles, les plus reculées ; j’abandonnerais les autres aux sabbats des rats et des chauves-souris, aux jeux de la végétation, aux caprices de la nature. Et, tapi dans mon terrier, je l’arrangerais à ma guise » (C. F. Ramuz, Journal) ;
  • la politesse : « Peu de jours après que M. de Chalus eut été fait lieutenant général, il vint à moi à la parade et me demanda si je voudrais bien le présenter à la Société des amis de la Constitution, c’est-à-dire, au club des Jacobins de Valenciennes » (4, page 239) ;
  • une restriction après quand, quand même, quand bien même : « Un ancien intellectuel, quand il serait pauvre comme le citoyen Job, et quand il serait devenu maçon, est toujours fâcheusement noté » (Péguy, Compte rendu de mandat).

Lectures suggérées

Grammaire  Grammaire méthodique du français
Grammaire, Le Robert & Nathan.
M. Riegel, J.-C. Pellat et R. Rioul, Grammaire méthodique du français, PUF.

Voir aussi

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