GENTIL
Étymologie
Cet adjectif est un emprunt au latin gentilis, "propre à la race, à la famille", d'où "de bonne race", puis par glissement sémantique "généreux, aimable".
Ancienne langue
- Cet adjectif conserve son sens étymologique, traduisant l'idée d'une élite sociale : "d'origine noble".
- Cette notion d'élite, d'aristocratie, peut par extension de sens s'appliquer :
- Au domaine moral : d'où le sens de "noble par ses sentiments, par son comportement".
- Au domaine esthétique : d'où le sens de "gracieux, agréable à regarder". Dans cet emploi, il est en concurrence avec l'adjectif "gent".
- Au domaine des relations humaines : d'où le sens de "bienveillant, délicat, amical".
Remarque : l'adjectif "gent", disparu en français moderne, a suivi une évolution sémantique proche de celle de gentil dans l'ancienne langue. En revanche, l'adjectif "cortois" a toujours conservé l'idée d'appartenance sociale sans jamais renvoyer à l'idée de beauté physique ou d'agrément visuel.
Évolution jusqu'au français moderne
- Le sens de noblesse sociale, désormais vieilli, ne s'est conservé depuis l'époque classique que dans le mot composé gentilhomme ("aristocrate, homme noble de naissance"), en particulier grâce à la fameuse pièce Le Bourgeois Gentilhomme.
- Quoique rarement, cet adjectif peut encore renvoyer à des qualités esthétiques ("agréable à voir pour sa délicatesse, son charme grâcieux") : "une petite femme ronde et gentille" (Camus).
- Mais le plus souvent l'adjectif gentil renvoie désormais aux qualités morales d'un individu au sens d' "aimable et complaisant" : "Que c'est gentil à vous d'être venue" (Ionesco). Le terme s'emploie en particulier pour qualifier le comportement des enfants.
N. Andrieux-Reix, Ancien français, fiches de vocabulaire, P.U.F., 2004.
M. Rouquier, Vocabulaire d'ancien français, Nathan Université.
L. Hélix, L'épreuve d'ancien français, fiches de sémantique, Du Temps, 2000.
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