Marc81 a écrit :Certes, mais ma remarque était fondée sur l'exemple "L'appartement, la chambre dont je l'ai vu sortir", qui ne comporte pas d'attribut et se construit plus couramment avec d'où qu'avec dont. Mais je fais peut-être erreur...
Je crois bien, car la licéité de la construction avec "je l'ai vu sortir" n'implique pas la licéité de la construction avec "je suis" tout seul. Ce sont deux constructions différentes. Attention, je dis seulement que l'Académie ne s'est pas exprimée sur le tour que nous étudions, je ne dis évidemment pas qu'elle le condamne ; mais elle ne l'approuve pas.
La construction qu'elle note ne pose pas de question aujourd'hui : avec sortir (sortir de), on peut construire indifféremment "la chambre dont je sors" ou "la chambre d'où je sors", même si en grammaire classique, seule cette dernière construction était valable. Vaugelas rappelait la différence classique entre "la maison d'où il est sorti" et "la maison dont il est sorti" : dans le premier cas, c'est la maison au sens matériel, dans le second cas, c'est la maison au sens de race. Ce qui fait la liaison avec votre second paragraphe :
En faisant quelques recherches, je trouve ces propos de Louis Veuillot : "Dans la race dont je suis , il y a des tribus militaires ; je suis d'une de ces tribus". Une piste à creuser ?...
D'une part, le "dont" n'est pas en cause pour la raison déjà évoquée. D'autre part, comme je l'ai dit plus haut, la question de l'usage avec le verbe "être" seul est moins une question de règle de grammaire que de style. Il me semble que la chose passe assez bien quand l'antécédent est un nom avec un article, le pays, la province, la race, etc., mais ne passe pas bien quand l’antécédent est un nom isolé comme Paris : Paris, dont je suis, ... peut être grammaticalement correct, ce n'est pas une phrase qui vient naturellement sous une plume française instruite.