Le relatif où

Bonjour!

Quelle phrase est correcte et pourquoi?

*C'est à ce moment-là où nous sommes partis
*C'est à ce moment-là que nous sommes partis
Merci

Le relatif où

katt a écrit :

*C'est à ce moment-là où nous sommes partis
*C'est à ce moment-là que nous sommes partis
Merci

On dit
C'est le moment OÙ nous sommes partis
Mais
C'est À CE moment-là QUE nous sommes partis

Si tu remplaces le pronom par le nom
C'est le moment, nous sommes partis au moment (la question adéquate d'ailleurs est quand ? et pas où ? ; le relatif de temps n'existe pas on met donc où)
C'est à ce moment-là, nous sommes partis à ce moment-là
La subordonnée est complèment de “moment-là” et plus de “moment” tout seul
Mais ça n'explique pas vraiment le QUE

Edy, SOS  smile

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Le relatif où

Bonsoir Katt,

Seule, la deuxième phrase est correcte.
Le présentatif est c'est... que. Dans cette expression, le présentatif sert à mettre en valeur ce moment particulier et "que" n'est pas un relatif.
En revanche tu pourrais dire : c'est le moment nous sommes partis. Moment devient alors antécédent du relatif où. "C'est" sert à désigner le moment.

Le relatif où

Merci!!

Mais alors dans cette phrase tu dis : C'était dans l'après-midi où un violent orage nous a surpris
ou

C'était dans l'après-midi qu'un violent orage...

Le relatif où

Tu peux écrire les deux ; dans le premier cas on met l'accent sur après-midi mais il faut écrire "c'était l'après-midi où" ; dans le second tu insistes plus sur le fait qu'un violent orage nous surprit

Le relatif où

Bonjour Katt,

Pour vous répondre correctement, il faudrait que vous confirmiez que les phrases se terminent réellement après le mot surpris.
Si c'est le cas, la première est incorrecte, elle ne peut pas se suffire à elle-même.

Par contre, si la phrase se poursuivait de telle façon :
C'était dans l'après-midi où un violent orage nous a surpris que nous nous sommes perdus.
bien qu'étant "lourde", elle retrouverait une construction correcte parce que le présentatif c'est ... que serait présent et complet.

Voir ce message d'Edy : http://www.etudes-litteraires.com/forum … tml#p45559

Édit : Pour la deuxième phrase, il me semble qu'il serait préférable d'écrire :
- Ce fut dans l'après-midi qu'un orage nous surprit.
ou
- C'était l'après-midi quand un orage nous surprit.

Muriel

Le relatif où

Bonjour !

Les réponses sont exactes.
Au préalable, un rappel :

La MISE EN RELIEF ou EMPHASE ou FOCALISATION se fait par l’EXTRACTION d’un constituant de la phrase (appelé focus ou foyer), ENCADRÉ PAR LE PRÉSENTATIF « C’EST » ET UN PRONOM RELATIF.
Selon Riegel, on ne peut cependant parler de PRONOM RELATIF que lorsque le sujet, le COD ou le COI sont mis en emphase ; dans les autres extractions, le QUE est une CONJONCTION. (J'en ai parlé ailleurs.)
Je ne parle pas de la DISLOCATION, autre forme de l’emphase.

EXTRAIT DE MON CORPUS :
* Dans les accidents de chemin de fer, C’EST toujours LE DERNIER WAGON (sujet) QUI est le plus dangereux. C’EST POUR CETTE RAISON (complément circonstanciel) QU’on l’a supprimé. (Pierre Dac)
→ Dans les accidents de chemin de fer, le dernier wagon est toujours le plus dangereux. On l’a supprimé pour cette raison. (Phrases DE BASE OU NEUTRES)

Exercez-vous à retrouver la phrase de base dans les emphases suivantes :
* C’EST déjà UNE PREUVE (attribut) d’attachement QUE de pouvoir se supporter. (Barney)
* Quand elles nous aiment, CE N’EST PAS vraiment NOUS (COD) QU’elles aiment. Mais C’EST bien NOUS (COD), un beau jour QU’elles n’aiment plus. (Paul Géraldy)
* CE N’EST PAS À TOI (COI), fils de putain, QUE je parle, c’est à ta sainte mère. (Anatole France)
* C’est un cocu, et C’EST POUR CELA  (CC) QUE je le trompe. (Sacha Guitry)
* C’EST LA PREMIÈRE FOIS (adverbe ou CC) QUE je trompe votre mari. – Moi aussi, Madame, C’EST LA PREMIÈRE FOIS (adverbe ou CC) QUE je trompe votre mari. (Sacha Guitry)
* C’EST QUAND (proposition subordonnée de temps) on serre une dame de trop près QU’elle trouve qu’on va trop loin. (Alphonse Allais)

RETOUR À LA QUESTION.
La phrase de base est :
* Nous sommes partis à ce moment-là.

L’EMPHASE PEUT PORTER SUR :
1 CE MOMENT-LÀ (CC) :
→ C’est À ce moment-là QUE nous sommes partis.
→ C’est le moment OÙ nous sommes partis. (Proposition relative en OÙ)
N’est pas grammatical, parce que la préposition est exprimée deux fois :
* ° C’est À ce moment-là OÙ nous sommes partis.
2 NOUS (sujet) :
* C’est NOUS qui sommes partis à ce moment-là.
3 PARTIR (verbe) :
* C’est PARTIR que nous avons FAIT à ce moment-là.

Grevisse ajoute que la DOUBLE expression de la préposition était fréquente chez les classiques.
* C’est À VOUS, mon Esprit, À QUI je veux parler. (Boileau) → que je veux parler.
* Ce n’est pas D’UN SAINT DONT un dévot sait dire du bien. (La Bruyère) → qu’un dévot…
* C’était À SON ÉPOUSE chérie et outrée À QUI il avait affaire. (Saint-Simon) → qu’il avait affaire.

Ce pléonasme, CONDAMNÉ PAR LES GRAMMAIRES, se trouve encore notamment ici :
* C’est DE LUI DONT il s’agit. (Théophile Gautier) → qu’il s’agit.
* C’est DE DYNAMOMÈTRE DONT le graveur a besoin. (Bachelard) → que le graveur a besoin.
* C’est toujours DES YEUX de Nicolas DONT je me souviens. (Duras) → que je me souviens.
* C’est LÀ OÙ vous vous trompez. (R. Martin du Gard) → C’est là que…
* Il n’y a pas QU’EN FRANCE OÙ les questions d’orthographe enflamment les esprits. (Dauzat) → que les questions…

Tant qu’on n’est pas un écrivain confirmé, il est préférable de ne pas s’écarter de l’enseignement des grammairiens.

Sachez encore que sont ÉGALEMENT grammaticales les formes dans lesquels la PRÉPOSITION est JOINTE non pas au présentatif, mais AU PRONOM RELATIF :
* Si c’est mon portefeuille DONT il s’agit. (Chateaubriand)
→ Si c’est DE mon portefeuille QU’il s’agit.
* Ce n’est pas cela DONT j’ai besoin. (Bernanos)
→ Ce n’est pas DE cela QUE j’ai besoin.
* C’est elle À QUI tu passes la mission de m’empêcher de parler. (Giraudoux)
→ C’est À elle QUE tu passes…
* C’est votre cœur OÙ j’aspire. (Bosco)
→ C’est À votre cœur QUE j’aspire.

Mais je trouverais un tout petit peu insolite :
* C’est ce moment-là OÙ nous sommes partis.
Probablement parce que je m’exprime habituellement comme il est dit sous 1.
Alors cependant que nous considérons comme grammatical :
* C’est le moment OÙ nous sommes partis. (Cf. Jean-Luc)

Bonne réflexion !

Le relatif où

Je me suis fait distancer.

Quand je cite Jean-Luc in fine, j'aurais dû ajouter Léah. Excusez-moi.

Je vais réfléchir aux dernières interventions.

Mais déjà j'ai le sentiment que Muriel remet la balle au centre, en rappelant opportunément que la véritable extraction se fait avec "c'est... + qui / que".

Riegel ne parle que de cette structure.
Grevisse en fait autant dans la définition, mais, plus loin, sous la même rubrique, il écrit : "On continue à trouver, moins rarement que ne le disent les grammairiens, les tours anciens consistant […] à utiliser les formes du relatif qui contiennent la préposition (dont, où)[…]."
Il en fournit des exemples, que j'ai reproduits. Notamment :
* C'est votre coeur où j'aspire. (Bosco)
C'est ce qui nous permet d'accepter :
* C'est le moment où nous sommes partis.

Le relatif où

Décidément, je ne me relis pas suffisamment :

→ C’EST LA PREMIÈRE FOIS (adverbe ou CC) QUE je trompe MON mari. – Moi aussi, Madame, C’EST LA PREMIÈRE FOIS (adverbe ou CC) QUE je trompe votre mari. (Sacha Guitry)

Le relatif où

Charmante celle-là
C'est votre cœur où j'aspire

Le poète a parlé... et il a toujours raison...