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Ponge, Le Pain

Je suis en 1èreL et me suis entraînée au commentaire littéraire sur le texte suivant:


La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne : comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes. Ainsi donc une masse amorphe en train d'éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente. Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable… Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.Francis Ponge, Le Parti-pris des choses, 1942, Gallimard p 39.




Voici mon plan:
I. La présentation déconcertante et antithétique d'un simple aliment
a) La surface: éloge et hyperboles
b) La mie, en opposition
c) Un thème prosaïque et étonnant

II. Une véritable création poétique
a) Sonorités et images
b) Un lyrisme latent
c) Un certain onirisme (désamorcé à la fin)

III. Le pain, ou une certaine vision du monde
a) Une allégorie de la vie et du monde
b) Un univers précieux et agréable...
c) ... mais souillé par les hommes et leurs actions

Je sais, c'est un peu long, mais je voulais juste savoir si c'était approprié.
Merci d'avance  smile

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Ponge, Le Pain

Bonjour tout le monde !
Alors voilà, je suis en 1°L aussi (  big_smile  big_smile  ) et j'aimerai vous proposer le plan qu'on a rédigé en cours avec mon (super) prof smile J'ai remarqué que vous tourniez tous autour de la poésie classique et de la religion, ce que j'ai à vous proposer vous semblera bien décalé mais personnellement je le trouve plus simple d'un côté

1- Un regard nouveau sur un objet banal
  a) Le pain, objet quotidien
  b) Les images poétiques révélatrices d'une vision nouvelle de cet aliment

2- Un poème structuré pour souligner la beauté d'un objet tout simple
  a) Description cinématographique
  b) Le sonnet caché

3- Un poème inscrit dans la philosophie matérialiste
  a) La vie vue comme un phénomène matérialiste
  b) La nécessité de jouir de l'existence

Voilà voilà !

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Ponge, Le Pain

Bonjour à tous !
J'ai pu constater que le poème "Le pain" semblait poser problème à nombre d'entre vous, et même si le sujet date de 2008, ce poème est encore d'actualité. Je l'ai moi-même parmi ma liste de textes pour l'oral de français de cette année.
J'ai donc réalisé une fiche à partir de mes notes de cours, et je la publie ici, si ça peut vous aider.
Si l'un de vous constate des inconhérences ou des éléments qui ne lui semblent pas clairs, il peut évidemment m'en informer.

Le Parti pris des choses, Francis Ponge. (1942)
– « Le pain »

Introduction.

Né en 1899 et mort en 1988 en France, études de philo dans les années 1920, a vingt-cinq ans lorsqu’il publie ses premiers écrits. Carrière poétique en parallèle avec celle des surréalistes, mais n’écrit jamais de poésie surréaliste. Abandonne le parti communiste dès 1947, auteurs de deux concepts : proême (prose – poème), objeu (objet – jeu). Poème « Le pain » = objeu.

Je vais maintenant vous lire le poème.

À la lecture de ce poème, on peut se demander : comment le poète met-il en place une double perception du pain ?

I) Perception du pain en tant qu’objet.
II) Le pain en représentation du monde.

I) Perception du pain en tant qu’objet.

·    Poème qui est comme une définition. Temps dominant = présent de l’indicatif (vérité générale). => Valeur descriptive, explicative.
·    Focalisation progressive sur les détails du pain. => Vue d’ensemble pour aller progressivement vers le détail.
·    Première phrase : point de vue subjectif/mélioratif. => « merveilleuse » : place le lecteur dans un contexte positif.
·    « Fut glissé » : passé antérieur => moment où le pain est mis dans le four, geste fluide, puisqu’il « glisse ».
·    Périphrase pour parler du pain : « masse amorphe en train d’éructer » => image plus négative + réf, au volcan, pâte à pain qui cuit.
·    Ponge utilise de manière précise le vocabulaire d’un géographe pour l’appliquer au pain.
·    Marquage d’une rupture : « – » => marque une chute dans «  sans un regard […] sous-jacente » + connotation négative + contraste entre le merveilleux et l’ignominie de la mie.
·    Antithèse entre la croûte et la mie.
·    Connotation se poursuit à ce « lâche et froid sous-sol ». Lâche implique une valeur morale + froid placé sur le même = toucher/sens => forme de personnification.
·    Comparaison + connotation négative : « éponge » à mie = éponge, donc molle, s’imprégnant de liquides (qu’on peut imaginer « suintant »).
·    Allitération en –s + pléonasme : « sœurs siamoises soudées » => image serpentine, résidu de dévalorisation.
·    3e paragraphe : évolution de la fin du pain. Manière dont il va se désagréger => « fanent ».
·    Discours construit : « alors » => conséquence.
·    « La masse en devient friable » => dévalorisation de la mie.
·    Dernier paragraphe viendrait interrompe l’exposé => « … » + « Mais » => rupture.
·    Chute du poème : envolée poétique des trois premiers paragraphes est « brisée » par le dernier paragraphe.
·    Syllepse, homophonie : « Brisons-la » => on s’arrête, cassons la croûte, le pain se rompt.

II) Le pain en représentation du monde.

·    Juxtaposition du micro (petit à pain) au macro (grand à monde).
·    Antithèse + comparaison + accumulation en gradation : « comme si […] Andes » à relief du pain = celui des plus grandes chaînes de montagnes au monde. + « crêtes, ondulations, crevasses … » => paysage qui se forme, oscillations entre le haut et le bas. + champ lexical de la géographie physique donne un caractère quasi-encyclopédique au poème.
·    « Panoramique » => panem : pain => on voit tout.
·    Modalisateur : « quasi » => on ne voit qu’une partie du monde (cf. globe)
·    Analogie : « four stellaire » => métaphore + réf. aux étoiles, et par extension, à la voûte céleste, à l’Univers. Microcosme ( = un petit univers).
·    Cycle de vie du pain => évoque le travail du boulanger à = Dieu à poète (processus de création avec les mots). + Intervention extérieure à « elle s’est façonnée » => pain créé par le boulanger comme le monde est créé par Dieu.
·    « dalles minces » => grande surface plane arrachée du sol à terme géologique.
·    Syllepse : « lumière qui couche ses feux » => création d’un paysage, fin de journée.
·    « feuilles et fleurs » => terrestre, végétation, plantes.
·    Globalisation complète : « tout » + « les » + « à la fois » => infini, généralisation des feuilles et fleurs. => volonté de ne rien faire dans le détail.
·    Comparaison au monde : analogie de la boule de pain et de la sphère (montagnes, vallées, dessin, croûte) + voûte céleste => analogie à la demi-sphère du monde.

Conclusion.

Objeu. Monde. Analogie. Définition. Encyclopédique. Jeu poétique. Référence au travail du poète. (Voir « Éléments + »)

Éléments +

·    Dimension ludique dans l’idée de « jeu », référence au cratylisme (le poète choisit les mots pour les sons qu’ils évoquent), discours argumentatif, explicatif et poétique, ironie de la part du poète, rêverie d’enfant dans le poème de Ponge (merveilleux, extraordinaire), on trouve TOUT dans le pain (on est à l’intérieur), ironie sur la fin puisque le pain est fait pour être mangé alors qu’on a eu une description poétique à son propos, poétisation des objets du quotidien.

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Ponge, Le Pain

Bonjour,

alors voilà j'ai une question sur corpus et je dois donc présenter les documents au début dans l'intro
mais je n'arrive pas à trouver le registre du poème : Le parti pris des choses "Le pain" de Francis PONGE !
J'ai trouvé qu'il était du registre épique mais j'ai des doutes.. pourriez-vous m'aidez?
Merci d'avance


Le poème est :

La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne : comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes. Ainsi donc une masse amorphe en train d'éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente. Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable… Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.

Ponge, Le Pain

Bonjour smile ,
J'ai bientôt un bac blanc et je ne comprend pas très bien le texte " Le pain"
J'ai déjà ma première partie :
               I. Description d’un objet ordinaire
A. Une définition-description
B.Une description méthodique et raisonnée
C. Une description poutant subjective et impressive

Mais je ne trouve pas de grand 2...
Merci d'avance

Ponge, Le Pain

Bonjour, je dois rédiger une lecture analytique sur "Le pain" de Francis Ponge. Ma problématique est la suivante : "En quoi le pain est-il une invitation aux voyages pour le lecteur?". Et mon plan est celui-ci :
1) Le pain, un séjour à la montagne
2) Le pain, une représentation des 4 éléments

Pourriez-vous m'aider s'il vous plaît à trouver des éléments pour chaque partie? Je suis bloquée et j'aurai vraiment besoin d'aide...
Merci d'avance

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Ponge, Le Pain

Bonjour  smile

Pour le poème "Le Pain" de Francis Ponge, je souhaite faire une ouverture sur le genre des vanités en disant que le pain représente le caractère illusoire de la vie avec la préparation à la vie éternelle. Mais, je n’est pas compris pourquoi le pain représente le caractère illusoire de la vie et le lien avec la préparation à la vie éternelle ?

Pouvez-vous me l'expliquer s'il-vous-plaît ?

Merci.

Ponge, Le Pain

Bonjour.

Je n’ai pas compris pourquoi le pain représente le caractère illusoire de la vie et le lien avec la préparation à la vie éternelle.

Moi non plus... Qu'est-ce qui t'a donné cette idée-là dans le texte de Ponge ?

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Ponge, Le Pain

Ces idées là proviennent de la définition du genre des vanités, et il y avait une caractéristique de ce genre qui se rapprochait du pain, donc j'ai voulu prendre cette idée pour l'ouverture du commentaire.

Ponge, Le Pain

Dans cette vanité-là, par exemple, il ne semble pas que le pain représente ce que tu as dit...
Et le pain est loin d'être un élément couramment utilisé dans les vanités.

http://www.cetad.cef.fr/meditation_395- … ctions.htm

Mieux vaut pas d'ouverture qu'une ouverture un peu tirée par les cheveux...