La fin de "Le Bruit et la Fureur" de Faulkner

Bonsoir à tous !

Je me suis lancée dans la lecture de ce fameux roman de William Faulkner : Le bruit et la fureur.

Cependant, la fin me laisse perplexe et j'aurai voulu savoir ce que d'autres lecteurs ont pu en penser.

Pour ma part, j'ai ressenti ça comme une sorte de crescendo/decrescendo rapide. A la suite du récit apaisé de Disley, la narration s'accélère dans un dernier souffle... Puis tout semble rentrer "dans l'ordre accoutumée".

Il y a toute une poétique autour de la fleur brisé de Benjy, et la Badine de Luster... Le regard de Benjy presque en symétrie de celui du confédéré, "vide".

J'ai l'impression d'être passé à côté de cette fin, et j'aimerai réellement savoir ce que d'autres en ont pensé.

Merci de vos réponses !

La fin de "Le Bruit et la Fureur" de Faulkner

le Bruit et la Fureur  de William Faulkner est un roman particulièrement ardu et qu'il est intéressant de lire puis de relire car:

-l'ordre chronologique des évènements n'est pas respecté
-les personnages ont des prénoms dédoublés : Jason et Quentin
- le "narrateur" principal est un simple d'esprit qui ne pose un regard étroit et incomplet sur le monde qui l'entoure et qui ne s'exprime avec des grognements ou gémissements.

Il est l'objet des soins de Disley ,la servante  ,seul personnage qui semble doté de bon sens ;

Pour moi , Disley est plus résignée ,qu'apaisée (le mot "apaisé" ne correspond pas aux romans de William Faulkner qui sont  complexes, d'un réalisme froid ou noir ,voire morbide (dans "as I lay dying " ,le récit s'étire sous un soleil de plomb ,des fils et leur père portant  à l'infini le cercueil de leur mère )

Il semble juste de dire que les actes et les propos de Disley forment la partie la plus légère du roman .

A côte de la folie de Quentin qui se suicide ,de la jalousie féroce de Jason sacrifié(car c'est Quentin qui est censé faire des études supérieures)et qui donc nourrit une rancœur tenace, de la légèreté de leur sœur qui ne semble pas non plus diriger ses choix (je ne la condamne pas pour sa légèreté mais elle donne au lecteur l'impression d'une fuite en avant) OUI Disley incarne une certaine paix ou bien un "ordre des choses"

Ce roman encore une fois mérite qu'on remette ses quatre parties dans l'ordre chronologique et une deuxième lecture . C'est un véritable chef d'œuvre qui s'ouvre sur des doutes ou interrogations : en anglais il y a trois ou quatre emplois de "wh" qui linguistiquement ,questionnent (les fameux ,Who , Why ,How...)qui ouvrent directement le roman.

Comme dans beaucoup de romans  réussis, je pense que les lecteurs avertis s'accordent sur les grandes lignes .Quand à l'interprétation , William Faulkner laisse la porte ouverte ;et là est bien l'intérêt de la littérature.

J'ai passé l'agrégation d'anglais et ce livre était au programme avec un autre :Les voyages de Gulliver de Jonathan Swift : les deux professeurs de littérature dont j'ai suivi les cours n'étaient absolument pas d'accord sur la fin:
Pour l'un ,Gulliver devenait fou et s'isolait ,pour l'autre il s'isolait du monde qui était fou (je schématise!) J'ai suggéré au premier l'interprétation du second (et inversement ) car je suivais des cours dans deux facs éloignées l'une de l'autre et bien aucun des deux n'a changé d'idée!

Je pense que toute lecture est recevable si elle s'appuie sur des exemples bien précis, qu'elle prend en compte les influences du livre, et qu'elle n'est pas "extravagante"

Je n'oublie pas néanmoins le titre "le bruit et la fureur "et  je choisirai le mot apaisé par résigné.

Je rajouterai qu'il n'est pas interdit d'avoir une lecture psychanalytique du roman (j'avais un excellent professeur de littérature américaine , M. Happe  également traducteur émérite) qui appliquait cette grille : La fleur "brisée"  de Benjy est ainsi l'expression de la castration de ce dernier.

Ce roman est tombé des mains de certains lecteurs car il est très exigeant .
Ce que je propose n'est qu'une interprétation personnelle . 

3

La fin de "Le Bruit et la Fureur" de Faulkner

C'est l'un des très rares livres que j'ai trouvé pénible à lire et dont l'intérêt - ou tout du moins la compréhension - m'a complètement échappé. Je l'ai cependant lu sans qu'il me tombe des mains, c'est à dire jusqu'au bout - à vrai dire parce qu'on me l'avait conseillé et d'autre part parce qu'il est souvent cité parmi les grands ouvrages de la littérature universelle.